CHAPITRE VI
Sels dont l'acide oxigéné est à base d'iode. — Des lodates.
939. Propriétés générales. Les iodates sont tous décomposas par le feu au rouge naissant ; les produits de cette décomposition sont : pour l’acide , de l’oxigène et de l’iode ; et pour ta base du sel , les corps qui peuvent résulter de sua action sur ces deux étémens. Tous les iodates sont facilement décomposés par la plupart des combustibles , surtout à l’aide de la chaleur. Les acides combustibles , tels que les acides sulfureux, hydro-sulfurique, hydro-chloriquc , décomposent à froid 1rs iodates , en s'emparant de l’oxigènc de l’acide. Les acides non combustibles n’agissent que par leur affinité sur ta base de l’iodate. Les iodates sont tous insolubles , excepté ceux de soude et de potasse ; aucun d’eux n’est soluble dans l'alcool à 36°. Aucun iodale n’existe dans la nature. On les obtient 1°. en traitant les oxides par l'acide ; 3° par la voie des doubles décompositions ; 3" en traitant les oxides par l'eau et l’iode ( ce dernier procédé n’est applicable qu’aux iodates alcalins ). Dans les iodates la quantité d'oxigène de 1 ’oxide est à celle de l’acide comme 1 : 5 , et à la quantité d'acide comme 1 : ao,Gi.
g3o. Iodale de Potasse. Ce sel est blanc , peu soluble ; projeté sur des charbons incandcscrns , il en augmente la combustion comme le salpêtre. Il exige à la température ordinaire i3 fois /> son poids d'eau pour se dissoute ; mêlé au soufre , il forme une poudre qui détonne faiblement par la percussion. On l’obtient par le dernier procédé ; l'eau est décomposée et il se forme en même temps un iodale et un hydriodatc très-soluble, Pour les séparer , on évapore b siccité , on enlève l hydriodatc par l'alcool , ensuite on sature l’excès d'alcali par l’acide acétique , et on enlève encore l’acétate de potasse par l'alcool. Ce sel est sans usage.
g3i. Iodate de Soude. Ce sel jouit des mêmes propriétés que celui de potasse , et s’obtient par les mêmes procédés.
g3x. Les autres iodates s’obtiennent tous par la voie des doubles décompositions ; l’iodatc de potasse ne forme point de précipité dans 1rs dissolutions de mercure peroxidé et de manganèse. Il n'existe point d'iodates indurés , car les dissolutions d'iodates alcalins ne dissolvent pas plus d'iode que l’eau pure.