CHAPITRE XV
Des Hydro-chlorates neutres et des Chlorures.
984. Soumis à l’action de la chaleur, les hydro- chlorates du premier ordre laissent dégager l’acide ; la plupart des autres donnent de l’eau et un chlorure métallique , et il en est quelques-uns, comme ceux de chrome, d'argent et d’or, qui donnent de l'eau , du chlore et le métal. On ne connaît point d’une manière précise l'action des combustibles sur les hydro-chlorates- Tous les hydro- chlorates sont solubles dans l’eau , excepté ceux d'antimoine, de bismuth et de tellure; ceux-ci même ne sont insolubles qu’autant que l’eau est en grande quantité : elle s’empare de l’acide et forme un précipité de sous-hydro-chlorate ou d’oxide et de chlorure. L’ordre d'affinité des bases pour l’acide hydro - chloriquc , par l’intermcdc de l’eau , est le suivant : potasse , soude , baritc , strontiane , chaux , magnésie , ammoniaque , etc. Les acides sulfurique , arsénique , phosphorique et nitrique , décomposent tous les hydro-chlorates à la température ordinaire ou à une température élevée ; l’acide borique les décompose à la chaleur rouge.
On ne trouve dans la nature que cinq hydro-chlorates : ceux de soude, de potasse , de magnésie , de chaux et d’ammoniaque.
Mous avons dit que plusieurs hydro-chlorates se transformaient en chlorures par la calcination ; un grand nombre éprouvent cette transformation • par le seul effet de la cristallisation ou d’une simple dessiccation , et réciproquement les chlorures passent toujours à l’état d’hydro-chloralcs en se dissolvant dans l’eau. On conçoit , d’après cela , comme nous l’avons annoncé ( 365 ), qu’il est impossible de séparer l'étude des hydrochloratcs de celle des chlorures.
DE CHIMIE. 46i
g85. Les hydro-chlorates sc préparent par cinq procédés différons : i° en traitant le métal par l'acide hydro-chloriquc liquide , le métal s’oxide par l’oxigène de l’eau décomposée, et il sc dégage de l’hydrogène : on Obtient ainsi les hydro-chlorates du 3* ordre ; 2* en traitant le métal par l’eau, régale , le métal s’oxidc aux dépens de l’oxigène de l’acide nitrique : on prépare ainsi les hydro-chlorates d'étain, d’antimoine , de bismuth, d'or, de platine et de palladium ; 3° en traitant un oxide sulfuré ou un sulfure métallique par l’acide hydro-chloriquc : on prépare par ce moyen les hydrochlorates de barite et de strontiane ; 4* en traitant l’oxide ou le carbonate par l’acide hydro-chloriquc : tous les hydro-chlorates peuvent être obtenus par ce procédé ; 5° en dissolvant les chlorures dans l’eau : ce procédé est applicable à tous les hydro-chlorates des six derniers ordres.
986. On obtient les chlorures par trois procédés : 1* en faisant cristalliser, dessécher ou calciner les hydro-chlorates; l’hydrogène de l'acide et l’oxigène de l'oxide forment de l’eau , et le chlore se combine arec le métal : ce procédé est applicable à tous les chlorures des six derniers ordres ; 2° en faisant passer un courant de chlore sur le métal en fusion ou incandescent; 3° ceux d'argent, de mercure et de plomb, dont les deux premiers sont insolubles et le dernier très - peu soluble , peuvent s'obtenir par la voie des doubles décompositions ; 4* on prépare ceux de barium et de strontium par la décomposition réciproque à chaud du sulfate de barite et de strontiane et de l’hydro- chlorate de chaux; 5° les chlorures volatils, savoir,' ceux de mercure, le proto-chlorure d’antimoine , le deuto-chlorure d’étain , peuvent s’obtenir en chauffant ces métaux avec le deuto-chlorure de mercure.
98 y. La composition des hydro-chlorates sc déduit facilement de la décomposition des chlorures par l’eau. En effet , lorsque l’on met un chlorure dans l’eau , celte dernière est décomposée et aucune portion des gaz provenant de celte décomposition ne se dégage ; par conséquent , tout l’oxigène de l’eau se combine avec le métal , et tout l'hydrogène avec le chlore ; mais comme l’eau est composée d’un volume d’oxigène et de. deux volumes d’hydrogène , et qu’un volume de chlore se combine avec un volume d’hydrogène pour former l’acide h ydrtj-chl orique , il eu résulté qüe
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dans les hydro-chlorates , le volume d’oxigène de l’oxide est au volume de l'acide comme ■ est à 4. °u en poids comme i est à 4i5?6. La composition des chlorures se déduit facilement de celle des hydro-chlorates.
988. On n'emploie dans les ails que les hydro-chlorates ou les chlorures de chaux, de baritc, de soude, d clain, d’antimoine , de bismuth et d'or.
98g. Hydro-chlorate de Zircone. Sel acide, blanc, très-soluble, très-astringent; desséché et mis en contact avec l'eau, il abandonne une partie de sa base; s'obtient en traitant la zircone en gelée par l'acide liydro-chloriquo. L'acide sulfurique précipite un sulfate, et le carbonate d'ammoniaque un carbonate.
990. Hydro-chloraie de Thorine. Très-soluble, blanc < astringent, incrislallisable ;
évaporée à une basse température, la dissolution de ce sel se transforme en une masse sirupeuse , qui , séchée , abandonne la plus grande partie de son acide et prend l’aspect de l'émail blanc ; à la température de l’ébullition , la dissolution d’hydrocbloratc de thorine laisse déposer la plus grande partie de sa base sous la forme d’une gelée translucide ; s'obtient en dissolvant la thorine ou son carbonate dans l’acide hvdro-cliloriquc. •
991. Hj-dro-chlorate d Alumine. Sel acide, très-soluble, incrislallisable, astringent; se prend par l'évaporation en une masse gélatineuse ; s’obtient en traitant l'alumine eu gclce par l'acide hydro-chloriqiic.
991. Hydro-chlorate d'Ytiria. Sel acide , très-soluble, déliquescent , incrislallisable, sucré; se prend en gelée par l'évaporation ; s’obtient en traitant l’y (tria ou son carbonate par l’acide bydro-cliloriquc. L’acide sulfurique et le carbonate d'ammoniaque agissent sur lui comme sur le nitrate.
gg3. Hydro- chlorate de Gluane. Acide , très-soluble, cristalllsable , sucré; s’obtient comme les prccédcns. Le carbonate d'ammoniaque ainsi que la soude et la potasse agissent sur lui comme sur le nitrate.
gg4- Hydro-chloraie de Magnésie. Ce sel , très -amer, est soluble, déliquescent, difficilement cristaUisablc; par la dessiccation, l'acide sc dégage. Ce sel se trouve dans les eau* de quelques sources salées et dans les matériaux salpétrés. lai chlorure de magnésium peut s’obtenir en faisant passer un courant de chlore sec sur la magnésie, renfermée dans- un tube de porcelaine incandescent.
99-1». Hydro- chlorate de Bari/e. Ce sel est vénéneux, âcre, piquant; I eau à la température ordinaire en dissout le tiers de son poids et 0,6 à la température de 100“; par l'évaporation il passe â l’état de chlorure, qui cristallise en pristucs anhydres, ou du moins qui ne renferment que
de 1 eau interposée. La dissolution concentrée de ce sel est précipitée à 1 état de chlorure par l'acide hydro-chiorique , à raison de 1’affiuilé de ce dernier pour 1 eau. On l’obtient comme le nitrate, en traitant le sulfure par l acide hydro-chiorique , ou en calcinant un mélange de parties égales de sulfate de barite et d’hydro-chloratc de chaux : il en résulte du sulfate de chaux et de l’hydro - chlorate de barite que l'on sépare par l'eau bouillante : un trop long séjour de ce liquide sur le mélange ferait repasser
I hydro-chlorate de barite à l’ctat de sulfate. Ce sel est employé en médecine contre les scrophules , et dans les laboratoires pour reconnaître la présence de l'acide sulfurique libre ou combine.
996. Hydro-chlorate de Stroniiane. Blanc , âcre ; l’eau à la température ordinaire en dissout le tiers de son poids , et les % à celles de ioo".
II cristallise en prismes hexaèdres qui colorent en pourpre la flamme des corps combustibles. On l’obtient comme celui de barite. Par la calcination , il passe à l’état de chlorure.
997- Hydro- chlorate de chaux. Piquant , amer, déliquescent, soluble dans le quart de son poids d’eau à 15” , et beaucoup plus à une température plus élevée ; cristallise en prismes de 6 pans qui éprouvent la fusion aqueuse et la fusion ignée, et se transforment alors en chlorure de calcium qui , refroidi et frotté dans l’obcurité, devient lumineux (1). C’est de cette propriété et du nom du chimiste qui 1 a observée le premier, que lui est venu le nom de Phosphore de Homberg. Ce sel existe dans les matériaux salpctrés et dans quelques sources salées. On l'obtient en traitant la chaux ou son carbonate par l’acide hydro-chiorique ; on en forme beaucoup dans la fabrication de l'ammoniaque. Une dissolution concentrée d'hydro-chlorate de chaux se prend presque en masse lorsqu'on y verse de l’acide sulfurique concentré ou une dissolution de potasse , à cause de la grande quantité d’eau qu’absorbe le sulfate de chaux ou la chaux. Ce sel est employé en médecine , dans la fabrication de l’acide tartarique et dans les laboratoires. Il paraît qu en dissolution dans une grande quantité d’eau , il forme un excellent stimulant pour la végétation. ✓
(1) Il faut Lien distinguer c« chlorure métallique du chlorure d’oxide décrit ( 538 ),
gg8. Hydro-chlorate de Soude. Ce sel a une saveur franche qui plaît à l'homme et à la plupart des animaux. Il doit être regarde comme un chlorure lorsqu'il est solide, et comme un hydro-chlorate lorsqu'il est en dissolution dans l'eau. Le chlorure de sodium cristallise eu cubes qui ne renferment que de l’eau interposée; soumis à l’action de la chaleur , il décrépite , et éprouve la fusion aqueuse à une haute température. L’eau à i3*,89 en dissout o,358 , et à 109*, 38, o,4o38 ; ainsi, il n’est presque pas plus soluble à chaud qu'à froid. Le sel marin est décomposé par les oxides de plomb et d’argent en suspension dans l'eau bouillante. Le sel marin est très-répandu dans la nature : on le rencontre à l’état solide (sel gemme) et en dissolution.
Le sel gemme se trouve en Pologne et en Hongrie , à une profondeur de plus de i5o mètres et sur une étendue de près de 200 lieues sur près de 4° de largeur ; dans presque toutes les parties de l’Allemagne ; en Angleterre , dans le comté de Chester ; en Catalogne , dans la Castille ; dans plusieurs provinces Russes , au Pérou , et dans plusieurs parties de l’Asie et de l’Afrique. L’Italie , la Suède et la Norwègc ne possèdent point de mine de sel gemme. On en a découvert une trèsriche en France , près de Vie , département de la Meurthe. Ces mines sont tantôt à de grandes profondeurs , comme celles de Pologne, tantôt à la surface du sol , comme celles de Catalogne , quelquefois à des hauteurs considérables , comme celles des Cordillères ; le sel gemme est ordinairement accompagne de sulfate de chaux , d'argile , de sable et de carbonate de chaux ; souvent il est coloré par des oxides métalliques.
Le sel marin en dissolution se rencontre dans presque toutes les eaux : quelques-unes en contiennent une grande quantité , telles sont celles de la mer , des lacs sans écoulement , et de certaines sources salées de l'intérieur des continens. Les sources salées les plus importantes sont celles de Salins et de Montmorot , dans le département du Jura ; celles de Chanteau-Salins et de Dieuse , dans le département de la Meurthe ; de Sallies , dans les Basses- Pyrénées ; celles de Bcx , en Suisse; et celles de la Sicile et du royaume de Naples. Ces eaux renferment ordinairement , outre le
sel marin , des sulfates de soude , de chaux , de l'bydro-chloratc et du sulfate de magnésie.
L’extraction du sel marin des mines de sel gemme consiste uniquement dans l’extraction du minerai , lorsque celui-ci est suffisamment pur ou que le sel n’est destine qu’à des usages communs ; mais si l'on a besoin de l’obtenir dégagé de toutes substances étrangères , on le purifie en le faisant dissoudre dans l'eau , qu’on fait ensuite évaporer ou par la chaleur ou par une longue exposition à l'air.
Les procédés d’extraction du sel marin des eaux salées varient et suivant le climat et suivant la nature des eaux. C'est ordinairement de la manière suivante qu’on l’extrait des eaux de la mer : sur une plage horizontale et peu élevée au-dessus du niveau de la mer , on pratique de vastes bassins carrés de peu de profondeur , dont le fond et les parois , couverts d’argile battue , retiennent facilement les liquides ; on y fait arriver les eaux de la mer ou des étangs salés, au moyen de machines hydrauliques , mues par des machines à vapeurs , par le vent ou des chevaux ; on y laisse séjourner les eaux un temps suffisant pour que , concentrées par leur évaporation spontanée , elles aient déposé la inajenrc partie du sel qu’elles renferment ; on évacue les eaux-mères , on remet des eaux neuves , et on réitère cette opération tant que la saison produit une évaporation suffisante. Enfin , on évacue les dernières eaux et on retire le sel marin que l’on rassemble en masses pyramidales sur le» bords du salin : ce travail commence ordinairement en avril et se termine en septembre. Le sel ainsi obtenu est quelquefois très-blanc , plus souvent il est coloré par l’argile qui forme le lit des bassins. Ce procédé est employé sur tous les bords de la Mediterranée. Dans le département de la Manche, on suit un autre système d’opération : sur une plage horizontale , qui puisse être baignée par les hautes marées de Ta nouvelle et pleine lune , on étend une couche de sable : après la retraite des eaux , le sable se sèche , et se couvre d’efflorescences salines ; on les recueille , et on s’en sert pour saturer de l’eau de mer , que l'on fait ensuite évaporer au feu. On a aussi quelcficfois recours à la congélation pour augmenter la salure de l'eau de mer i.s^umisc à une température de quelques degrés /. 61
au-dessous de zéro, elle se divise en deux parties; l'une, très-pea salée , sc congèle , el l'autre , chargée de la presque totalité dn sel , reste liquide.
L’extraction du sel des sources salées , dans les climats tempérés , s’effectue de différentes manières. Si les eaux sont très - voisines de la saturation , on les fait immédiatement évaporer dans des chaudières de fer. Mais lorsqu’elles ne sont pas assez chargées de sel , on les concentre par le procédé suivant : sous un hangard , de 3 à 4°° mètres *le longueur sur 10 à ii de hauteur et 5 à 6 de largeur, on forme avec des fagots d'épines une masse dont les dimensions diftèrent peu de celles du hangard ; les eaux salées , élevées par des pompes , circulent dans des canaux placés au - dessus des fascines , et s'écoulent à travers par des trous pratiqués dans ces canaux ; cette eau , extrêmement divisée dans son passage , présente une grande surface à l’air , et éprouve une forte évaporation. On remonte les eaux pour les faire tomber de nouveau , et on répète cette opération jusqu’à ce qu’elles aient atteint le degré de concentration nécessaire pour qu’il soit avantageux de terminer l’évaporation par la chaleur. L’appareil que nous venons de décrire porte le nom de Bâtiment de graduation. Dans l’évaporation des eaux salées par l’application de la chaleur , il sc forme, avant la précipitation du sel marin, un dépôt composé de sulfate double de soude et de chaux , qu'on a soin d’enlever à mesure de sa formation.
Le sel marin a des usages nombreux ; on s'en sert pour assaisonner nos mets ; un grand nombre d’animaux le recherchent avec avidité ; on l’emploie pour conserver les viandes , dans la fabrication de la soude artificielle , du sel ammoniac , du chlore , de l'acide hydro chloriquc , etc.
99g. Hydro-chlorate de Lithine. Ce sel est blanc , déliquescent , intrislallisable , fusible ; s'obtient en traitant la lilliinc ou son carbonate par l'acide hydro-chlorique.
1000. Hydro-chlorate de proloxidc de Manganèse. Blatte , déliquescent , cristallisablc ; les cristaux, dont la forme n’est pas connue, renferment beaucoup d'eau de cristallisation ; s'obtient en traitant le peroxide de manganèse à chaud par l'acide Kydro-chlorique.
L’acide bvdro-chloriqne s’unit au iritoxidc par iA.' contact prolongé ; il en résulte
un sel acide peu étudié : le pcrosidc et le deutoxide ne se combinent pas arec cet acide.
1001. Ifydro- chlorate de Zinc. Blanc, déliquescent , difficilement cristallisable ; s'obtient en traitant le métal par l'acide; Ce sel calciné se décompose ; il se dégage de l’can. , de l’acide , et il reste de l'oxide et un chlorure fusible , volatil , d’un aspect gras , connu autrefois sous le nom de ISeurre de Zinc.
1002. Hydro- chlorate de Protoxide de Fer. Ce sel csl vert pâle , trèssoluble , cristallise facilement ; calciné en vase clos , il se transforme en chlorure ; ce dernier, mis en contact avec Pair et l'eau, passe à l'ctat d’hydro-chlorate de deutoxide et de triloxide. On peut également faire le proto-chlorure en faisant passer un courant de chlore sur du fer incandescent.
L’hydro-chloralc de deutoxide est peu connu ; on Kobtient en traitant le deutoxide par l'acide hydro-chloriquc.
ioe3. Hydro-chlorate île Triloxide de Fer. Sel toujours acide, d’un brun jaunâtre , déliquescent ; la chaleur le décompose : il se dégage de l’eau , du chlore , de l'acide hydro-chloriquc , du chlorure de protoxidc , et il reste du- tritoxide pour résidu. Calciné avec de l’hydrochlorate d’ammoniaque , il se forme un sublimé jaunâtre , connu sous le nom de Fleurs martiales , et qui est probablement composé d'hydrochlorate d'ammoniaque et de prolo- chlorure de fer. L’hydro-chlorate de tritoxide de fer s'obtient en traitant le tritoxide de fer par l’acide hydro-chlorique.
1004. Hydro- chlorate de Protoxide d Étain. Sel blanc , acide , soluble; cristallise en aiguilles ; en’ dissolution , il enlève l’oxigènc à un grand nombre de corps el passe à l’état de sous-hydro-chlorate ou sous-chlorure de deutoxide. Ainsi il absorbe l’oxigène de l’air , décompose à froid les acides nitreux, nitrique .sulfureux , molybdique, chromique , arsenique : ces trois derniers sont précipités , le premier à l’état d’oxide bleu , le second à l’état d’oxide vert , le troisième à l’état d’oxide blanc. Il réduit les oxides de mercure et ceux du dernier ordre , ramène à l’étal de protoxidc les oxides de plomb , de cuivre , de manganèse ; il absorbe le chlore , et par la décomposition de l’eau il passe à l’état d’hydro-chloratc de deu-
toxidc ; enlin , il enlève l'oxigène et l'acide de» hydro-chlorates de cuivre, de mercure et d'or (i) ; le soufre, à l’aide de la chaleur, décompose l’hydro-chlorate de protoxidc d'étain ; il sc dégage de l’acide hydrochlorique et du chlore. Ce sel s’obtient en traitant un excès de métal en grenaille par l’acide hydro-chlorique , faisant chauffer jusqu'à ce qu’il ne se dégage plus de gaz hydrogène ; filtrant , faisant évaporer et cristalliser. L’hydro-chlorate du protoxidc d’ctain est employé dans les fabriques de toiles peintes , pour enlever certaines couleurs ; dans les fabriques de porcelaine , pour obtenir par le proto-sulfate de fer de l’or tres-divisé , pour faire le Précipité pourpre de Cassius , et comme mordant dans la teinture écarlate.
ioo5. H y dro - chlorate de Deutoxide d Etain. Ce sel est toujours acide , blanc , déliquescent , cristallise en aiguilles ; soumis à l'action de la chaleur , il se dégage de l’acide hydro-chlorique , de l’eau , du deutochlorure , et il se forme un résidu composé de deutoxide ; il ne jouit d’aucune des propriétés chimiques de l’hydro-chloratc de proloxide. Ce sel s’obtient en faisant passer un courant de chlore à travers une dissolution d'hydro-chlorate de protoxide ou en traitant le métal par l’eau régale. Ce sel n’est employé que dans les teintures en rouge.
1006. Deuto-chlorure d Étain. Le dculo-chlorure d’étain est liquide , très- volatil , d’une odeur très-forte. Il répand dans l'air des fumées épaisses ; il a une grande affinité pour l’eau , la décompose , en produisant beaucoup de chaleur, et sc transforme en hydro-chlorate , qui cristallise ou se dissout, suivant que la quantité d’eau est plus ou moins considérable. Le deutochlorure d'étain s'obtient en distillant dans une cornue de verre parties égales de deuto-chlorure de mercure et d’un amalgame formé de trois parties d'étain et d’une de mercure : le chlorure se volatilise à une température élevée et se condense dans un ballon auquel communique le col de la cornue.
1007. Hydro-chlorate de Cadmium. Ce sel est blanc , soluble , cristallise en pris-
(1} En vcrnnt dans une ditsolulion d'hydro-chlurale d’d tain , Je l’hydro-ehlorate Je Jeu! oxide de mercure , cft dernier mêlai se précipite ; en venant de l'hydro-chlorate d’or , il *e forme un précipité d’or et de deutoxide d’étain ; enfin , en venant une dittolulion d'hydro-chlorate de deutoxide de enivre, il se forme un précipité de proto-chlorure de cuivre, • *
nu rectangulaires , qui s'clfleurissent à l’air ; desséchés, ils perdent leur eau de cristallisation , passent à l’état de chlorure qui sc volatilise à une température plus élevée ; le chlorure sublimé forme des lames transparentes micacées ; fondu et refroidi , il sc prend en une masse lamellaire. L’hydro -chlorate de cadmium s'obtient en traitant l’oxide par l’acide hydro-chlorique.
too8. Uydro-chlorcUe d‘ Antimoine. Liquide , très-acide ; sc transforme par la chaleur en eau et en chlorure volatil ; on l’obtient en traitant le chlorure par l’eau renfermant une petite quantité d'acide hydro-chlorique, ou en traitant à une douce chaleur le sulfure d'antimoine par l'acide hydro-chlorique.
Le proto-chlorure est solide , blanc , translucide , d’une consistance biturcuse, déliquescent, fusible au-dessous de ioo*, cristallise en octaèdres par le refroidissement ; il est volatil au-dessous de la chaleur rouge. L’eau le transforme en hydro-chlorate. On le désignait autrefois sous le nom de Beurre d' Antimoine. On l’obtient par quatre procédés , i* en distillant un mélange de parties égales d'antimoine et de deuto-chlorure de mercure ; 2° en traitant l’antimoine par cinq fois son poids d’eau régale formée d’une partie d’acide nitrique h 32 * et de quatre d'acide hydro-chlorique à 22*, et en distillant la liqueur lorsqu’elle a pris une consistance oléagineuse : cette opération est quelquefois difficile à conduire ; un excès de chlore rend la sublimation très-lente , et un excès d’acide nitrique produit un précipité d’oxide qui occasionne des soubresauts ; 3° en traitant le sulfure d’antimoine par l’acide hydro-chlorique ; on brûle le gaz hydrogène sulfuré qui sc dégage , et quand le sulfure d'antimoine est dissout , on fait concentrer , et on distille dès que la matière est devenue oléagineuse ; 4* en faisant passer un courant de chlore sur le métal. Ce chlorure est employé en médecine et pour bronzer les canons de fusil.
L’hydro-chlorate de deuloxidc est jaune , très-acide , incristallisablc ; l’eau forme un précipité blanc renfermant beaucoup d'oxidc ; le feu le décomposc^o jjrandc partie. Ou l’obtient en traitant le métal par un excès d’eau régale. •
1009. Hydro-chlorate d' Arsenic. Liquide, très-acide ; par l’évaporation, l’acidç. se dégage ; s’obtient en traitant l’oxidc par l’acido , ou eu dissolvant je chlorure dans
l'acide liydro-chluriquc faible. Le chlorure est liquide , incolore , rolatil , répand d'épaisses vapeurs dans l'air ; l’eau précipite l'oxide ; on l’obtient en distillant un mélange d’une partie d’arsenic et de deux parties de dcuto-chlorurc de mercure , ou en faisant passer un courant de chlore sur l’arsenic. Il est sans usages.
ioio. Hydro-chlorate de Chrome. Ce sel est vert , très-soluble ; calciné , H donne le métal pour résidu ; on l'obtient en traitant Pbydrate de protoxide par l’acide hydrochlorique froid , ou le deuloxide et l’acide chromique par cet acide chaud. ,
ion. Hydro-chlorate de Molybdène. Ce sel est très-peu connu ; on Publient en faisant bouillir un excès d’acide hydro-chlorique sur l’acide molybdique , et évaporant à siccité.
toia. L'acide hydro-chlorique ne dissout point l’oxide de tungstène. On ne connaît pas l’hydro-chloratc de colombium , on sait seulement que l’acide hydro-chlorique dissout l’acide colombique et que la dissolution , incolore , n'est pas troublée par l’eau.
1013. Hydro-chlorate de Cobalt. Sel déliquescent , cristallise difficilement ; en dissolution concentrée, il est bleu , et très-étendu d’eau, il est rose ; cette propriété l’a. fait employer comme encre sympathique ; car si on écrit sur du papier avec une dissolution faible de ce sel , les caractères desséchés sont incolores ; mais le papier étant chauffé , la liqueur se concentre et les caractères passent au blc» : si on laisse de nouveau le papier à Pair , les caractères en absorbent l'humidité et disparaissent de nouveau : ce dernier phénomène est beaucoup plus rapide lorsqu'on dirige sur l’écriture Pair humide des poumons. On ajoute ordinairement à l’hydrocbloratc de cobalt une certaine quantité d'hydro-chloratc de fer: les caractères passrnt au vert par la dessiccation, cl les effets sont plus marqués. Ce sel se prépare en irai tant Poxidc de cobalt par l’acide hydro-chloriquct
1014. Hydro-chlorate d'Urane. L'hydro-chlorato de protoxide n'a point été examiné ; celui de deutoxide est d'un jaune verdâtre , un peu déliquescent , cristallise en prisme aplatis , et s'obtient directement.
1015. Hydro-chlorate de Cérium. L’hydro-cbloraie de protoxide de cérium est acide, incolore , sucré , ne cristallise que confusément. On l’obtient en traitant la cérite par l’acide hydro-chlorique bouillant ; cette mine étant composée d’uxide de cérium , d'oxide de fer, de silice , de chaux et d’eau , la dissolution acide ne contient que la chaux , les oxides de fer cl de cérium : en versant de l'ammoniaque dans celle dissolution filtrée, il ne se déposera que des oxides de fer et de cérium ; on lave ces oxides et on 1rs traite à chaud par une dissolution d’acide oxalique ; il se forme de Poxalatr de fer très-soluble et de Postdate de cérium insoluble ; ce dernier , séparé du premier par des lavages cl calciné au rouge , donnera le deutoxide de cérium pur ; et cri faisant bouillir cet oxide avec de l’acide hydro-chlorique, on obtiendra de l’hvdro-cblorate de protoxide^ L’hydro-chlorato de- deutoxide peut sc former en niellant
l’acide et l'oxide en contact à froid ; ce sel , par l'action de la chaleur, dégage de l’eau et du chlore, et se transforme en bydro-chlorafc de proloxide.
1016. Hydro-chlorate de Titane. Ce sel est acide , d’un blanc jaunâtre , se décompose par l'évaporation en produisant un précipité de sous-hydro-chlorate ou de souschlorure ; abandonné â lui-même , il devient laiteux ; un excès d'acide ne le rend pas limpide. L'infusion de noix de galle y produit un précipité rouge orangé , l'hydrocyanate de potasse un précipité rouge brun , et le xinc le fait passer au violet. Ce sel s'obtient en traitant par l’acide hydro-chlorique l'oxide de titane qui a été calciné avec de la potasse , pour en détruire la cohésion
lot 7. Hydro-chlorate de Bismuth. Ce sel est acide , incolore, cristallise facilement, se décompose par la chaleur ; il se volatilise de l'eau , de l’acide , du chlorure , et on obtient pour résidu de l’oxide presque pur : l'eau le décompose et précipite l'oxide. Ce sol s’obtient en traitant le bismuth par Veau régale. Le chlorure de bismuth est blanc , solide , fusible au-dessous de la chaleur rouge ; il a alors l’aspect onctueux du beurre , c'est pourquoi on le désignait autrefois sous le nom de Beurre fie Bismuth. Ce chlorure s’obtient en distillant un mélange de parties égales de bismuth et de deutochlorurc de mercure.
1018. Hydro-chlorate de Deuloside de Cuirre. Sel acide , bleu verdâtre , trèssoluble , déliquescent , cristallise en petites aiguilles ; calciné, il laisse dégager de l’eau, du chlore et passe à l'état de proto-chlorure. On l’obtient en traitant le deutoxide de cuivre par l’acide hydro-chlorique , lorsque l'acide est en excès et concentré , la liqueur est brune ; elle devient verte par l’addition de l'eau , et bletie par la saturation de l’acide.
1019. Hydro-chlorate de Proloxide. Ce sel est incolore , absorbe l’oxigène de l’air et passe au bleu ; il décompose l’acide nitrique et passe à l’état d'hydro- chlorate de deutoxide. L'eau précipite un proto-chlorure ; ce sel s’obtient en traitant à froid par l’acide hydro-chlorique un mélange de 1*0 parties de cuivre très-divisées ( provenant de la précipitation d’un sel de enivre par le fer ) et de 100 parties de deutoxide de cuivre; l’opération est terminée lorsque la liqueur, qui était brune d’abord , est devenue incolore. Le flacon dans lequel se fait l'opération doit être plein et bouché , pour éviter l'action de l'air. Le chlorure de cuivre a été peu examiné : on sait seulement qu’on peut l’obtenir en faisant passer un courant de chlore sur de la tournure de cuivre b a ou 3oo °.
■oao. Hydro-chlorate de Tellure. Sel blanc , incolore , acide , cristallise difficilement ; l'eau précipite un sous-hydro-chlorate soluble dans une grande quantité d’eau. On l’obtient en traitant le métal par l’eau régale.
10a t. Hydro-chlorate de Nickel. Ce sel est vert-pomme , sucré, soluble dans deux panics d’eau â 10 • ; il ne cristallise que d’une manière confuse. On l'obtient en traitant l’oxide de nickel par l'acide hydro-chlorique.
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ioaa. Hydro-chlorate de Plomb. Ce sel est blanc , l'évaporation le transforme en chlorure. On l'obtient en dissolvant ce dernier dans l'eau. Le chlorure est blanc , sucré , astringent , soluble dans trente fois son poids d'eau froide ; il cristallise eu lames micacées ; il est fusible à une température peu élevée et se prend par le refroidissement en une masse grisâtre , que l'on désignait autrefois sous le nom de Plomb corné ; il est volatil à la chaleur rouge. On l'obtient en traitant à chaud la litbarge par l’acide hydro-chloriquc étendu , filtrant , faisant évaporer et cristalliser.
ioa3. Hydro-chlorate de Deuioiidede Mercure. Ce sel passant à l’ctat dedeuln chlorure par la cristallisation ou la dcssicraliun , et celui-ci, en se dissolvant dans l'eau, devenant un hydro-chlorate , les propriétés de l'bydro-chlorate se déduiront aisément de celles du deuto-chlorure que nous allons faire connaître. Le deuto-chlorurc ( Sublimé corrosif} est blanc , extrêmement vénéneux , volatil â une température inférieure à celle de la chaleur rouge ; il cristallise alors en aiguilles prismatiques ; le phosphore , â l’aide de la chaleur, le décompose: il se forme du chlorure de phosphore , et le mercure est mis à nu ; il est soluble dans vingt fois son poids d’eau froide , et dans trois d'eau bouillante ; il cristallise par le refroidissement en aiguilles brillantes, si la liqueur n'est pas saturée, et en masses, si elle l'est. Les oxides alcalins y forment un précipité rouge qui passe au jaune lorsque l’alcali domine. Le précipité rouge est composé de deuto-chlorurc et de deutuxide -, celui qui est jaune, est un hydrate de dcntoxidc: l’ammoniaque y forme un précipité blanc composé d’un mélange de deuto-chlorurc ammoniacal et d'ammoniurc de deutoxide de mercure , tel que la quantité de mercure renfermé dans le chlorure double est égale à celle que renferme l'ammoniurc. Ce précipité blanc est décomposé par la chaleur ; il en résulte de l'ammoniaque , de l'eau , de l'asotc, beaucoup de proto-cblorure et un peu de deuto-chlorure , de mercure et d’oxigène. Lorsqu'on distille parties égales de sel ammoniac et de deulo-chloçpre , il se forme un sublimé très-soluble qui est composé de beaucoup de sel ammoniac et de peu de chlorure , et il reste un résidu peu soluble, qui contient au contraire beaucoup de deuto-chlorure ; aussi le sel ammoniac rend le deuto-chlorurc bien plus soluble. Le deuto-chlornre de mercure se prépare ordinairement par le procédé suivant : on prend cinq parties d’acide sulfurique concentré et quatre parties de mercure , on chauffe le mélange jusqu'à ce qu’il soit réduit à cinq parties; on mêle ensuite ce sulfate avec quatre parties de sel marin et une de perosidc de manganèse ; on laisse agir pendant plusieurs jours , ensuite on introduit le mélange dans un matras à fond plat , que l'on place dans un bain de sable jusqu’à la naissance du col -, on ferme le matras avec un creuset renversé , et on chauffe. L’excès d’acide sulfurique en agissant sur le manganèse , fait passer à l’état de dculo-sulfalc une certaine quantité de proto-sulfate qui s'est formé dans l’action de l’acide sulfurique sur le métal ; alors le sel marin et le deuto-sulfate de mercure se décomposant mutuellement , il en
résulte du deulo-chlorurc de mercure , qui se sublime ci s'attache h la voûte du matras , et du sulfate de soude qui reste au fond avec le manganèse en partie desuxigérté ; en opérant sur t k , l’opération dure de i5 à 18 heures ; lorsqu’elle est terminée, on fait mugir le fond du bain de sable, afin que le sublimé éprouvant un commencement de fusion acquière plus de densité. Le dcifto-chlorure de mercure est employé en médecine dans les maladies siphililiques et pour la conservation des matières animales; ce sel en dissolution leur fait acquérir une grande dureté et les rend complètement imputrescibles.
ioa4- Le protoxidc de mercure ne se combine pas avec l’acide hydro-chloriqne , mais il existe un proto-chlorure connu dans le commerce sous le nom de Mercure doux , Calomel , Précipité blanc ; il est blanc , insoluble dans l’eau et dans l’acide hydro chlorique , se dissout dans le chlore et passe à l’état de deuto-chlorurc j il est volatil , mais moins que le dcuto-chlorure , et devient noir par les alcalis , parce qu’il se forme du protoxidc de mercure ; il ne se combine point avec le sel ammoniac. Le proto-chlorure de mercure se prépare par trois procédés différons : le premier consiste à verser dans une dissolution de sel marin une dissolution faible de proto-nitrate acide de mercure ; le second ne diffère du procédé indiqué pour obtenir le dcuto-chlorure , qu'en ce que l’on ne met point de manganèse cl que l’on emploie moins d’acide sulfurique ; et le dernier consiste à broyer dans un mortier de porcelaine parties égales de mercure et de sublimé corrosif ; ce procédé est long et moins économique que les deux attires. Le mercure doux est employé en médecine , principalement dans les maladies siphilitiques ; la Panacée mercurielle des anciens n’était que du mercure doux , sublime cinq fois.
ioa5. L’bydro-cblorate d’osmium est inconnu.
iox6. Chlorure d' Argent. Il n’existe point d’hydro-cblorate d’argent. Le chlorure d’argent est blanc , complètement insoluble dans l'eau et les acides ; il entre en fusion au-dessous de la chalenr rouge , et , par le refroidissement , se prend en une masse compacte ayant la consistance de la corne , et que pour cette raison on Résignait autrefois sous le nom à’ Argent corné. Ce chlorure est soluble dans l'ammoniaque ; humide, il est altéré par la lumière et passe au violet; dans cet état, il n’est pas entièrement soluble dans l’ammoniaque. Le chlorure d’argent s’obtient en versant de l’acide hydro-chlorique ou nn hydro-chlorate quelconque dans une dissolution de nitrate d'argent. On l'emploie dans les laboratoires pour obtenir de l'argent pur , en le décomposant par un poids égal de potasse à une haute température , ou ft froid par l’eau , le zinc et l’acide sulfurique faible ; l’hydrogène qui se dégage s’empare du chlore; le zinc se dissout, et l’argent reste au fond du vase en poudre tres-Gne. Le fer et l'eau réduisent aussi le chlorure d’argent k froid ; il se forme un chlorure de fer qui reste en dissolution. Le chlorure d’argent existe dans la nature ;
on le trouve en France, à Allemont ; en Saxe, b Freyberg ; en Sibérie, au Hartz , au Pérou , dam les mines du Potosi.
1017. Hydro-chlorate de Palladium. Ce sel csl rouge brun ; b l'état acide , Il est très -soluble et iucristallisablc ; par l’évaporation , l’excès d’acide se dégage, il devient fauve et beaucoup moins Soluble ; ou l'obtient en traitant le palladium par l’eau régale. Il forme des sels doubles avec la soudr , la potasse et l’ammoniaque ; l’Iiydro-clilorate de palladium et de soude est rouge et très soluble dans l'eau et l’alcool ; l'hydro-chlorale de palladium et de potasse cristallise en tétraèdres qui sont vert clair vus transversalement , et rouges quand on les regarde dans le sens de leur axe ; ils sont solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool : ce sel s’obtient en dissolvant le palladium dans cinq parties d’acide bydro-cbloriquc étendu d’un égal volume d’eau , auquel on ajoute une partie de nitrate de potasse. L’hydro-cbloratc de palladium et d’ammoniaque jouit des mêmes propriétés physiques et chimiques que l’Iiydro-cbloratc de palladium et de potasse , la différence caractéristique de ces deux sels consiste en ce que ce dernier laisse précipiter l’oxide de palladium à l’état d'bydratc, par une dissolution cbaude de potasse ; tandis que le premier , par un excès d’ammoniaque , laisse déposer une matière rose , peu soluble et qui est un sous-sel. L'bydro-cbloratc de palladium est réduit par le proto-sulfate de fer et précipité en noir par l’hydro-cbloratc de protoxide d’étain.
iox8. Hydro-chlorale de Rhodium . Le pcroxidc de rhodium est le seul qui se combine avec les acides ; l'hydro-chloratc de rhodium n’a été examiné qu’en combinaison avec les hydro-chlorates de potasse , de soude et d’ammoniaque. Ces sels doubles sont rouges et cristallisables.
toag. Hydro-chlorale d'Or. Sel très-solublc , déliquescent ; sa dissolution est d'un jaune orangé; par l’évaporation , elle cristallise en prismes quadrangulaircs , qui , soumis b l’action de la chaleur , laissent dégager de l’eau , se transforment en chlorure dont la couleur est presque rouge ; ensuite il se dégage du chlore , et il se forme un sous-chlorate qui se décompose b une température plus élevée. La dissolution d’bydro-cldoratc d’or tache en pourpre toutes les substances végétales et animales. Ce sel est réduit par le phosphore et le charbon , par l'action des rayons solaires ou b la température de xoo"; par le gaz hydrogène, l’élhcr (1), les huiles, b la température ordinaire ; par les métaux des six premiers ordres ; par les acides sulfureux , phosphoreux , hypo-phosphoreux : l’or est précipité en une poudre noire ,
(1) L'Éther , mis en contact avec l'hydro-rhlorate d’or, dissout le mêlai et se colore en jaune : celle dissolution est souvent employée pour dorer les métaux , et spécialement le fer. Ce procédé consiste à appliquer la dissolution sur le meta! , l’éther se vaporise et le métal reste en une couche mince qui par le frottement prend l’éclat de l’or.