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à laquelle le frottement donne l'éclat métallique ; enfin , par plusieurs sels . notamment par le proto-sulfate de fer et l'hydro-chloratc de protoxidc d'étain ; le premier donne un précipité d’or pur ; celui que produit le dernier est formé d'oxide d’or et d’oxide d’étain (i). Ce précipite , connu sous le nom de Précipité pourpre de Cassais , varie dans sa cumposition et sa teinte suivant que les dissolutions sont plus ou moins concentrées ; les dissolutions étant très-étendues , la teinte du précipité varie du pourpre au violet , suivant l'excès de sel d’étain. Si les dissolutions sont concentrées , le précipité paraît noir et n'est composé que d'or pur.
Un mélange d'acides sulfurique , pltosplioriquc , ou arsoniquo , et d’une dissolution d'iiydro-cldorale d'or , soumis à l'action de la chaleur , laisse précipiter un sousclilorurc d'or , et il se produit un phénomène semblable à celui qui se développe lorsqu’on soumet de I hydro-chlorate d’or cristallisé à une température de 1 5o D , parce que ces acides retardent l'ébullition de la liqueur au delà de cette température. Le nitrate ou le sulfate d'argent versé dans une dissolution d'hydro-chloratc d'or , donne un précipité de chlorure d’argent et d’oxide d’or , parce que l’or est insoluble dans les acides sulfurique et nitrique faibles. Lorsque l'on verse dans une dissolution d'hydro-chloratc d’or une quantité de potasse insuffisante pour saturer l'acide , la liqueur se colore en rouge brun , il se forme immédiatement à chaud , et au bout de quelques heures à froid , un précipita jaune floconneux , composé d’hydrate d'oxide d’or ; mais si l’on ver^c d’abord un excès d’alcali , la liqueur prend une teinte verdâtre et ne laisse déposer qu’un faible précipité pulvérulent , noir , et qui est composé d’oxide d’or anhydre et de potasse ; dans ce cas , l’oxide d’or est tenu en dissolution par la potasse ; ce phénomène est dû h ce que l'oxide d’or joue le rûle d’acide par rapport à- cette hase , et que l’orale , très-alcalin , est soluble.
L'ammoniaque versé dans une dissolution d’hydro-chloratc d’or, y forme instantanément un précipité floconneux jaunâtre , composé d’oxide d'or et d'ammoniaque , qui , recueilli sur un filtre , lavé et séché à une douce chaleur , a la propriété de détoner avec une grande force par une chaleur vive ou par le choc ; les produits de celte décomposition sont de l’eau , de l’azote et de l'or métallique. L’ammouiure d'or présentant beaucoup de danger par la facilité et la force de sa détonation , on n'en prépare qu’une petite quantité à la fois , et on a soin de ne jamais en conserver dans des flacons fermés avec des bouclions de verre , car s'il en restait quelques parcelles dans le goulot, le frottement du bouchon pourrait les enflammer, et faire détoner ce qui se trouverait dans le flacon.
(i) M. Proust pense que for dans re précipité est à l'état métallique ; mais il rat beaucoup plus pis diable qu'il est S l'état tToside , car une forte décharge électrique donne aux feuilles d'or minces une teinte violette , semblable à cette de certaines variétés du précipite çn question.
La magnésie décompose l'hydro chlorate d'or et précipite le deutoxide à l’état d’hydrate ; c'est le meilleur procédé counu pour extraire le deutoxide.
L’hydro-chloratc d’or s'obtient t* en traitant l’or en feuilles minces par l’eau régale un peu étendue ; a* en faisant passer un courant de chlore dans de l'eau tenant de l’or en suspension. Ce sel est employé , «* pour se procurer de l’or dans un grand état de division , en le précipitant par le proto-sulfate de fer ; a" pour former le précipité pourpre de Cassius , qui constitue les teintes roses et violettes que l’on emploie dans la peinture sur porcelaine.
io3o. Hydro-chlorate de Deutoxide de Platine. Toujours acide , très-soluble , d’un |.iunc orangé; la chaleur agit sur ce sel comme sur l'hydro-chlorate d’or. L'hydrochloratc de platine forme des sels doubles avec tous les oxides alcalins ; ceux & hase de potasse et d’ammoniaque , de chaux , de barite et de strontiane sont insolubles ; ce sel est par conséquent un très-bon réactif pour distinguer la soude de la potasse. L'hydro-chlorate de platine n’est point précipité par le proto-sulfate de fer et l'hydrochlorate de protoxidc d’étain ; il est décomposé par l’éther , qui le réduit et dissout le métal. Cette dissolution peut être employée pour platincr les métaux , comme on dore au moyen de la dissolution d'or dans l'éther.
L’hydro-chlorate de platine s'obtient en traitant par l’eau régale le platine en mousse qui provient de la calcination de l’hydro-chlorate- ammoniaco de platine, et faisant évaporer et cristalliser.
io3t. llydro - chlorate d’iridium. L’oxide d'iridium ne pouvant pas être obtenu isolé , et le métal n’étant point attaqué par les acides , il est impossible de préparer l'hydro-chlorate simple d’iridium ; on ne connaît que les hydro-chlorates doubles d’iridium et d’ammoniaque. L’hydro-chlorate d’iridium et de potasse s’ohticnt en calcinant le métal avec du nitrate de potasse ; il reste dans le creuset une combinaison de potasse , d’oxide d'iridium , et de la potasse libre ; on enlève celte dernière par des lavages, et en traitant le résidu par l’acide hydro-chloriquc, on obtient le sel double en question. La dissolution de ce sel est bleue ; mais par l’ébullition avec le contact de l'air , ou avec l’addition de quelques acides , principalement des acides nitrique ou hydro-chloriquc, la teinte de la liqueur passe successivement au vert, au violet , au pourpre et au rouge ; on ne connaît point la cause de ce changement , il est probable qu'il provient d'une nouvelle quantité d’oxigène qu'absorbe l'oxide d’iridium. Lorsque l'on neutralise la dissolution bleue par 11 potasse ou l'ammoniaque , il se forme un précipité bleu , floconneux , soluble dans un excès d'alcali ; lorsqu’avant la saturation , on ajoute à la liqueur une dissolution d’alun , le précipité bleu devient plus abondant , mais moins soluble dans les alcalis ; la chaux produit le même effet que la potasse et l’ammooiaquc , mais le précipité est moins intense. La dissolution rouge , concentrée , se prend en une masse composée de petits octaèdres
d’un rouge très-foncé ; cette dissolution précipite, par l'ammoniaque, des rristaus de même couleur, qui sont formés d’hydro - chlorate d’iridium et d'ammoniaque. On conçoit, d'après cela, que lorsque l'iiydro-cldoratc de platine renferme uuc certaine quantité d'bvdro-chloratc d’iridium , l'bydro-clilorale d'ammoniaque y forme un précipité qui doit tendre vers le rouge foncé , d'autant plus que la quantité du sel d'irijium est plus considérable.
io3a. Hydro-chlorale tT Ammoniaque ( Sel Ammoniac). Ce sel , dont la saveur est très - piquante , est blanc , soluble dans trois fois son poids d'eau froide à la température ordinaire , et dans beaucoup moins d’eau bouillante ; une dissolution concentrée à chaud cristallise par le refroidissement en aiguilles qui n’affectent point de formes déterminables ; soumis à l’action de la chaleur , l’hydro-chlorate d’ammoniaque éprouve la fusion aqueuse , se dessèche et se volatilise ensuite. Ce sel est décomposé par tous les oxides et les carbonates du a” ordre ,-ct par plusieurs métaux , principalement par ceux du a** et du 3"* ordre ; il se dégage de l’ammoniaque , du gaz hydrogène , et il se forme un chlorure métallique; celte décomposition a lieu avec les métaux alcalins à une température peu élevée, mais avec ceux de l’ordre suivant, elle ne se manifeste qu’à la chaleur rouge. Ce sel , en dissolution dans l’eau , jouit de la propriété de dissoudre une grande quantité d’oxidc d’étain.
L’hydro-chlorate d’ammoniaque ne se rencontre qu'en petite quantité dans la nature ; il existe principalement dans- les terrains volcaniques. Il se dégage en vapeurs' des cratères de l’Étna , du Vesuve , et des nombreuses fumcrolcs de la Solfatare de Pouzzole. Il parait qu’on l'a trouvé dans quelques mines de charbon d'Angleterre , dans les eaux de quelques lacs de Toscane ; il existe aussi dans les urines humaines et dans la fiente de quelques animaux , principalement dans celle du chameau. Ce sel s’obtient pour les besoins du commerce par deux procédés différens : le premier , qui s’exécute en Égypte , consiste à recueillir la fiente des chameaux , à la faire sécher au soleil et à la brûler sous des cheminées ; le sel ammoniac se volatilise et se condense avec la suie sur les parois de la cheminée ; on recueille cette suie , on l’introduit dans des ballons de verre d’un pied de diamètre environ , que l'on expose ensuite à l’ac~
lion de la chaleur ; le sel se volatilise contre la paroi supérieure du vase et y forme une couche dense et épaisse , que l'on retire en cassant le ballon , et que l’on livre ensuite au commerce. En Europe , on recueille d’abord le sous- carbonate d'ammoniaque qui se forme par la distillation des matières animales ; on le décompose par le sulfate de chaux , il en résulte du sulfate d’ammoniaque et du sous-carbonate de chaux ; en traitant ensuite à chaud le sulfate d’ammoniaque par le sel marin , il se forme de l’hydro-chloratc d’ammoniaque qui se sublime et que l’on peut purifier,' si cela est nécessaire , par une nouvelle sublimation. Nous donnerons plus de détails sur cette fabrication dans la Chimie Animale.
Le sel ammoniac est employé pour décaper les métaux, et principalement le cuivre destiné à être étainé; quelquefois aussi en médecine, en teinture ; on s'en sert pour obtenir l'ammoniaque , le carbonate d'ammoniaque et pour extraire le platine.
Il parait qu’il n'existe point de sous-hydro- chlorate , car les précipités insolubles que l'on pourrait désigner ainsi doivent être regardés comme des sous-chlorures ou des chlorures mêlés d’oxide. On ne connaît point non plus d'hydro-chlorates acides que l'on ne puisse pas regarder comme de simples mélanges d'acide et d’hydro-chlorale neutres.