‹ Cours de chimieChapitre 158 sur 166 · NOMS. USAGES · texte numérisé non relu

NOMS. USAGES

Günrt Pour absorber l'hydrogène bi-carboné.

H/droginc J Pour analyser les mélanges gazeux ren-

- ■ | fermant de l'oxigènc.

-onp« SIMPUC3 / j pour réduire la plupart des Oxides raélal-

SOS métalliques, j Charbon j Üqucs,

Phosphore Pour analyser Pair.

Iode. ....... Pour reconnaître la présence de l'amidon.

(Pour précipiter l'étain, l’arsenic, l’antimoine, le bismuth, le plomb, le cuivre, le tellure , le mercure , l'argent et les métaux du dernier ordre ; pour reconnaître l'acide molybdique.

Métaux. < Jfer 7 Pour précipiter les mêmes métaux.

Étain Pour précipiter for , reconnaître le titane.

Cuivre Pour précipitai» l'argent et le mercure.

Mercure . I Pour reconnaître l'hydrogène sulfuré et

j absorber le chlore.

Argent.. Pour reconnaître l'hydrogène sulfuré.

(/-j f Pour reconnaître l'acide carbonique et le

I p,rChl0rU« mzccure.

narite J Pour rf.c,:>nnailre *c* *“*1“ carbonique ,

‘j sulfurique et l'or.

Acides.

Sels.

Alcalis et Oxides.

Pour précipiter presque toutes les terres et les métaux à l'état d'oxide.

Pour dissoudre les oxides de rinc, d’étain , le prolosidr et le dcutnxidc d’arsenic, les dculoxtde et tritoxide d'antimoine, l'oxide de plomb et celui de tellure , la silice , l'alumine et la glucinc ; pour détruire la cohésion des pierres et faciliter la réduction des métaux.

Oxide d'arsenic.. f *>(|ur •‘«connaître l’hydrogène sulfuré et

Soude. , .

Potasse .

Oxide de cuivre.

j Ace'tiq,

le cuivre.

Pour analyser les matières végétales et animales.

Pour reconnaître le cuivre , pour séparer le nickel du cobalt , pour dissoudre les oxides de fine et de cuivre , de cad-

„ / niium , d'argent , de tellure , les deu-

Ammoniaque / tonde et tritoxide d’antimoine , les pro

toxides de cobalt , de fer et de nickel, le deutoxide d’étain , le dculoxlde de mercure et les deutoxides d’or et de platine , le chlorure d'argent.

{Pour séparer la résine du gluten , pour rougir le papier de tourucsol.

Carbonique f Pour distinguer l'acétate neutre de plomb

| du sous-acétalc.

Pour reconnaître et précipiter l'argent en ,* I dissolution , ainsi que lr plomb ; pour

Hjdro-chlorique / reconnaître l 'ammoniaque à l’état de gas,

' pour dissoudre un grand nombre de’ corps , pour distiuguer le proto nitrate de mercure du deulo-nitratc.

Hydro-sulfurique { Pour reconnaître un grand nombre de

métaux pour séparer le sine du cadmium.

précipiter

y Urique. I Pour dissoudre 1rs métaux ,

l’étain , pour distinguer le fer de l’acier.

et précipiter la chaux, xircone du fer, le cobalt

I Orolio.., ( PoDr «connaître et précipiter la chau».

' pour séparer la xircone du fer. le cobalt

( du fer.

( Pour reconnaître la baritr , la slronliane

Surfun/jiie I et le plomb; pour reconnaître l'indigo ,

1 pour anatyier le» .on Je et [fs potasses ,

ï pour décomposer plusieurs sels.

Tartrique. j Pour sdparer le fer du tiune , pour dis-

| tingucr la mode de la potasse.

Acclair de baritr j Pour rrconnailrc l'acide sulfurique libre

( ou combiné.

Acétate de plomb I Pour reconnaître les acides sulfurique ,

i carbonique , borique, hydro- sulfurique,

1 phosphorique , tarlriquc, etc.

Sous -acétate de plomb i Pour précipiter la plupart des matières

£ colorantes.

Bemoate d’ammoniaque { ^°,ur *fparer fer du manganèse, et le

( fer du nickel et du cobalt.

«yj3. Observations sur l'analyse des Gaz. Nom avons déjà indiqué la manière de les recueillir , de les mesurer ( a ) (3 ) ; nous répétons qu’il est indispensable , quand on les mesure, de tenir compte de la température et de la pression atmosphérique , et de soumettre les gaz à la pression extérieure en enfonçant la cloche dans la cuve , de manière que le niveau du liquide intérieur soit sur le prolongement du niveau extérieur. Les analyses des gaz doivent être faites le plus possible sur le mercure, aiin d’éviter que le gaz sur lequel on opère ne se sature de vapeurs d’eau , qu’une partie ne se dissolve ou ne se mêle avec les gaz que l’eau tient en dissolution et qui peuvent se dégager. Un grand nombre de ces analyses se font dans l’cudiomèlrc ( pag. a;. ) •

1734. Observations sur l’analyse des Corps solides. La première opération à laquelle on doit soumettre un corps solide est la pulvérisation ; elle doit être faite dans un petit mortier d’agathe et sur de très-petites quantités à la fois; si la matière n’était pas magnétique, on pourrait la pulvériser dans un mortier de fonte ou d’acier , mais il faudrait enlever arec un barreau aimanté les parcelles métalliques qui auraient pu se détacher. Ensuite il faut en peser dans une balance très-sensible la quantité sur laquelle on doit opérer , et la soumettre aux agens qui doivent agir sur elle.

Lorsqu’on fait une précipitation, il faut avoir soin de verser un excès du précipitant , à moins qu’il ne dissolve une quantité sensible de précipité.

Le précipité , quel qu il soit , peut être séparé du liquide surnageant ou par filtration ou par décantation ; dans tous les cas, il doit être lavé arec de l’eau distillée; il faut remarquer que souvent le papier à filtre renferme du carbonate de chaux , ce que l’on reconnaît facilement , parce qu’alors il fait effervescence avec les acides ; il faut dans ce cas laver d’abord le filtre avec de l’acide hydro-cblorique très-étendu.

La dessiccation des précipités est très-importante : on fait d’abord sécher le filtre dans une étuve ou au bain-marie; alors il est facile de détacher la matière du papier ; si elle peut supporter la chaleur rouge sans être altérée , on la calcine dans un creuset de platine ; dans le cas contraire, on la dessèche dans une capsule de porcelaine au bain-marie. Quand la matière ne peut point être altérée par les cendres du filtre , on calcine de prime-abord dans un creuset de platine.

Lorsque dans le cours d’une opération on évapore une dissolution à siccilé , il faut avoir soin, vers la fin de l’opératiou, de diminuer le feu et d’agiter continuellement , sans cela une partie de la matière pourrait être projetée au dehors.

1735. Dijfcrens modes d' Analyse. On appelle analyse par la voie humide, celles dans lesquelles on 'emploie des réactifs liquides , et analyse par la voie sèche celles dans lesquelles on ne se sert que de réactifs secs et de la chaleur ; ce dernier mode d’opération est principalement employé en métallurgie.

1726. Chalumeau. Cet appareil est d’une très-grande utilité pour reconnaître les métaux et les oxides métalliques qui sont renfermés dans un corps ; il est surtout

trfes-employc pour distinguer les minéraux. Les chalumeaux sont des tubes métalliques , terminés par un orifice très-capillaire , au moyen desquels on produit , en soufflant par l'autre extrémité , un courant d'air qui en traversant la flamme d’une chandelle ou d une lampe , projette dans sa direction une portion de la flamme dont la température est extrêmement élevée. Les figures 99 , 100 et ioi représentent les chalumeaux les plus ordinairement employés; le premier est en verre, les autres sont en cuivre ou en argent. A est la partie que l'on tient à la bouche , B celle qui est voisine de la flamme , C est un réservoir où se condense la vapeur d’eau que contient l’air expiré. La flamme produite par le chalumeau est composée ( fig . roa) de deux flammes coniques concentriques ; celle qui est intérieure se distingue facilement par sa couleur bleue; c’est à l'extrémité de celte dernière que se trouve le maximum de chaleur. La partie de la flamme intérieure qui donne le maximum de chaleur jouit de la propriété de désoxider les corps qui y sont placés , parce qu’elle renferme beaucoup de gaz combustible ; au contraire , l'extrémité de la flamme extérieure oxide les corps soumis à son influence , parce que là il n'y a plus de gaz combustible et qu'il y a de l’air atmosphérique. Les corps que l’on soumet à l’action du chalumeau doivent être de la grosseur d’un gros grain de moutarde. Les supports sont une pince de platine ( fig . io3 ) , ou un morceau de charbon , dans lequel on a pratiqué un trou conique , ou une lame mince de platine , ou un fil de platine courbé en crochet , ou enfin de très-petites capsules de porcelaine. Les réactifs secs sont de la soude , du borax et du phosphate de soude et d ammoniaque. Nous renvoyons pour les détails à l’ouvrage de M. Bcrzélius , intitulé Essai sur le Chalumeau , et au mémoire de M. Le Baillif , imprimé dans les Annales de l'Industrie nationale et étrangère.

Analyse des Gaz.

1737. Nous commencerons d'abord par déterminer la nature d'un gaz donné , ensuite nous décrirons les procédés d'analyse de quelques mélanges gazeux qui se rencontrent le plus ordinairement.

1738. Un gae étant donné , en reconnaître ta nature. La première épreave à laquelle on doit soumettre le gaz est le contact de l’air: s’il s'enflamme subitement, c’est évidemment de Y hydrogène phosphore.

1739. S’il ne jouit pas de la propriété de s'enflammer spontanément dans l’air , mais qu’il répande des vapeurs rouges , ce sera du deutoiide d'azote ; s’il répand des vapeurs blanches, ce sera de l'acide fluorique-silicé , de l'acide hydriodique , de f acide hydro -chlorii/ue ou de l’acide fluo-borique.

>73o. On reconnaîtra l’acide fluorique silicé au précipité blanc qu’il forme dans l'eau; l’acide bydriodique , parce que le chlore le précipite en violet ; l'acide bydro-cldorique.

parce qu’il précipite le nitrate d'argent ; l’acidc fluo-borique , parce que scs vapeurs sont très-épaisses et qu’il noircit le papier blanc.

1731. Si le gaz ne répand point de vapeurs dans l'air et qu'il soit inflammable i l'approcbe de la flamme d’une bougie et qu'en même temps il soit absorbable par la potasse, ce sera de l’ acide hydro-sidjurique , de Y acide hydro-sélénique , de Y hydrogène tellure ou du cyanogène. L’acide hydro-sulfurique est caractérisé par les propriétés suivantes: son odeur est celle des œufs pourris; il noircit l'argent et le mercure, et forme des précipités noirs dans les dissolutions d’argent et de plomb. L’acide hydro-sélénique a une odeur analogue à celle de l'acide hydro-sulfurique ; mis en contact avec l'oxigènc et du papier humide , il colore le papier en rouge ; sa dissolution aqueuse exposée à l'air se colore en rouge à la surface ; il précipite les dissolutions de manganèse , de zinc et de cérium en couleur de chair , et toutes les autres dissolutions des quatre derniers ordres en brun ou en noir. L’hydrogène tellure a une odeur qui se rapproche aussi de celle de l'acide hydro-sulfurique ; sa dissolution exposée b l'air laisse précipiter une matière brune , le gaz agité avec du chlore forme un hydro-chlorate qui précipite en blanc par les sous-carbonates alcalins et en noir par les hydro-sulfates. Le cyanogène a. une odeur vive , il brûle avec une flamme bleue ; sa dissolution dans la potasse , traitée par un acide et par un mélange de proto et de trito-sulfate de fer , forme on précipité de bleu de Prusse.

i;3a. Si le gaz est inflammable mais non absorbable par la potasse , ce sera de V hydrogène proto-phosphore , de Y hydrogène potassiè , de l’hydrogène arséniqui , du gaz hydrogène arséniqué , du gaz oiide de carbone , de Y hydrogène bi-carboné , ou de. 1 ' hydrogène proto-carbone. On reconnaîtra chacun d’eux aux propriétés suivantes : l’hydrogène proto-phosphoré a une odeur de phosphore , il donne en brûlant d'épaisses vapeurs blanches acides. Le gag hydrogène a une odeur faible et brûle sans résidu et sans fumées , il absorbe '/, volume d’oxigène. Le gaz oxide de carbone a une odeur faible , il absorbe la moitié de son volume d’oxigène et fournit un égal volume d'acide carbonique. Le gaz hydrogène bi-carboné, mêlé avec une fois et demie son volume de chlore , se transforme en une matière liquide huileuse ; il brûle en absorbant trois fois son volume d'oxigène et donne deux volumes d'acide carbonique. Le gaz hydrogène protocarboné ne forme point d’huile avec le chlore , absorbe moins d'oxigène et fournit moins d’acide carbonique que le gaz hydrogène bi-carboné.

1733. Si le gaz n’est point inflammable et ne répand point de vapeurs dans l’air , ce sera du chlore , de Yoiidc de chlore , du gaz sulfureux , du gaz ammoniaque , de l ‘acide chloro-xi-carbonique , de l'acide carbonique, de Yoxigène , du protoiide d ‘azote ou de Yazote ; chacun d'eux sera facilement reconnu par les propriétés suivantes. Le chlore est jaune verdâtre , son odeur est particulière ; il attaque le mercure et détruit toutes les matières colorantes. L’oxide de chlore est jaune verdâtre ,

son odeur est distincte de celle de tous les autres corps ; il n'attaqae pas le mercure à lar température ordinaire , et se décompose avec explosion k une température peu élevée. L’acide sulfureux se distingue par son odeur. L'ammoniaque est caractérisé par son odeur , sa vertu alcaline et sa grande solubilité dans l'eau. L’acide chloro-xi-carlionique se transforme immédiatement par l'eau en acides carbonique et hydro-chloriquc. L’ acide carbonique est absorbé parles alcalis, il trouble l’eau de chaux. L’oxigènc augmente la vivacité de la combustion et brille deux volumes d’bydrogcne sans résidu gaseux. Le protoxide d’azote jouit également de la propriété de rallumer les allumettes qui présentent quelques points en ignilion , mais il est soluble dans moins de son volume d’alcool , et en le faisant détoner avec son volume d’hydrogène on obtient un égal volume d’azote ; enfin, l’azote est sans odeur , sans saveur et ne jouit d’aucune des propriétés des autres gaz.

1734. Analyse d'un mélange eT Origine et â Azote. Se fait comme celle de l’air ( >8 ).

>735. Mélangé if Origine et d' Hydrogène. On fait détoner 100 parties dans l’eudiomètre ( p. 27 ) , on mesure l’absorption et on observe la nature du résidu : si le résidu est de l’oxigène , la quantité d’hydrogène était égale aux ’/i de l’absorption ; si le résidu est de l'hydrogène, la quantité d’oxigène était évidemment égale au tiers de l’absorption.

1 73G, Mélange de Proto xide d' azote , ou d’Osidc de carbone et d' Origine. On absorbe l’oxigène comme dans l’analyse de l’air , par la combustion lente du phosphore.

1737. Mélangé et Hydrogène plus ou moins carboné et d1 Ch idc de Carbone. On commence par absorber l'hydrogène bi-carboné par le chlore, ensuite on enlève l’excès de chlore par la potasse. L’absorption donne la quantité d’hydrogène bi-carboné ; on détermine ensuite la densité du mélange , et on en prend 100 parties dont nous supposerons le poids égal k a, que l’on fait détoner dans l'eudiomètre avec 100 parties d’oxigène dont nous représenterons le poids par b ; on absorbe l’acide carbonique par la potasse et on mesure le résidu; soit c, le poids de l’acide carbonique formé, d le résidu en oxigène. La quantité totale de carbone est renfermée dans l’acide carbonique: elle est par conséquent égale lex 0,2768 (220). Par conséquent , le poids de l’hydrogène et de l’oxigène du mélange gazeux sera a — c x 0,2768. Mais comme La quantité d’oxigène absorbé est a — </ , et que la quantité d’oxigène qui renferme l’acide carbonique c X o, 7a3x , il en résulte qu’une quantité d’oxigène égale k a —d — c x 0,7282 , plus une quantité d’oxigène et d’hydrogène égale à a — c x o, 2768 s’est transformée en tau ; les deux tiers de cette somme totale représentent donc la quantité d'hydrogène du mélange, et le tiers la quantité d’oxigènt; ayant ainsi les quantités d’oxigène, d’hydrogène et de carbunc , on prendra la quantité de carbone nécessaire pour faire de l'oxide de carbone avec la totalité de l’oxigèoe , et le reste du carbone et de l’hydrogène constitueront l’hydrogène carboné.

17 38. Mélange d' Hydrogène carboné et d‘ Azote. On prend 100 parties du mélange que l’on fait détoner dans l'eudiométre avec un excès d’oxigène. Les yi de l’absorption donnent la quantité d’hydrogène ; le volume de l'acide carbonique s'obtient en absorbant ce gaz par la potasse , on en déduit la quantité de carbone ; enfin , pour avoir le volume de l’azote , il faut mesurer le résidu qui est composé d’azote et d’oxigène , le faire détoner avec un excès d’bydrogcne ; le tiers de l'absorption est la quantité d’oxigene , et la différence entre le volume primitif et celui de loxigène donne évidemment la quantité d’azote.

1739. Mélange d’ Hydrogène Carboné et de Prot oxide d' Azote. On absorbe l’hydrogène bi-carboné par le chlore , et ensuite le protoxidc d'azote par l’alcool qui en dissout plusieurs fois son volume. Le résidu est l’hydrogène proto-carboné.

17^°- Mélange d Hydrogène carboné et de Deui oxide d Azote. On absorbe le deutoxidc d'azote par de l’eau alcaline, l’hydrogène bi-carboné par le chlore, l’excès de chlore par la potasse, et le reste est l 'hydrogène proto-carboné.

1741. Mélange d Hydrogène et d Azote. On (ait détoner dans l’eudiométre 100 parties de gaz avec un excès d’oxigène ; les deux tiers de l’absorption représentent la quantité d 'hydrogène.

» 74’- Mélange d Hydrogène et d Oxide de Carbone. En faisant détoner 100 parties du mélange avec un excès d'oxigène , et absorbant l'acide carbonique par un alcali , la quantité d’acide carbonique donnera celle du carbone , et par conséquent de l’oxide de carbone.

1743. Mélange de Protoxide d Azote , d Hydrogène ou d Azote , ou d'Oxide de Carbone. On absorbe le protoxide d’azote par l'alcool.

1744. Mélange d Acide Carbonique et d Acide hydro - chlorique , fl uo borique ou fluorique silice. On absorbe ces derniers par l’eau.

1 74s. Mélange d Acide carbonique et d' Acide sulfureux. On absorbe l’acide sulfureux par le borax.

1 ;46. Mélange d Acide carbonique et de Chlore. On absorbe le chlore par le mercure.

1747. Mélange d Acide carbonique et d' Hydrogène sulfuré. On absorbe ce dernier par une dissolution d’acétate neutre de plomb.

1748. Mélange d Acide hjàto-chlorique et d Acide sulfureux. On dissout le mélange dans l’eau et on précipite le dernier par l’eau de barile.

Des Corps Combustibles non métalliques.

1749- Ces corps sont si peu nombreux et ont des propriétés tellement tranchées , que nous regardons comme inutile de décrire leurs caractères distinctifs. Nous nous bornerons à donner la manière d’analyser la poudre.

>75o. Analyse de la Poudre. La poudre, est comme on sait , un mélange de salpêtre , de soufre et de charbon. En la traitant par l'eau distillée , on dissoudra le sel; le résidu, lavé et séché, en indiquera la quantité. On traitera ensuite le résidu par l’eau et la potasse ; on dissoudra ainsi le soufre ; le résidu sera le charbon qui lavé, séché et pesé, donnera le poids de cet élément, et on en déduira celui du soufre, en retranchant du poids total de la poudre ceux du salpêtre et du charbon.

Métaux.

1751. Un Métal étant donné, en reconnaître la nature. Les caractères physiques d’un métal sont souvent suffisait! pour le faire reconnaître , ou du moins , on ne peut hésiter que sur un certain nombre d’entre eux ; mais ici nous ne considérons point ces caractères, et nous nous proposons de déterminer sa nature par les effets chimiques.

175a. La première expérience à faire est de mettre le métal en contact avec l'eau; si clic est décomposée et le métal dissous, ce dernier sera un des six métaux suivons: potassium , sodium , strontium , barium , calcium , lithium. Chacun d’eux se reconnaîtra aux caractères suivans.

La dissolution de potassium n’est troublée par aucun carbonate alcalin ; elle l 'est , au contraire, quand elle est suffisamment concentrée, par l'acide tartrique, le sulfate d’alumine et d’hydro-chlorate de platine.

La dissolution de soude n'est troublée par aucun réactif, quelque concentrée qu'elle soit.

La dissolution de barium est troublée par tous les sous -carbonates alcalins, par l’acide sulfurique et les sulfates. Cette dissolution, évaporée à siccilé , donne une substance insoluble dans l’alcool. -

La dissolution de strontianc jouit des mêmes propriétés que celle de barite, seulement le précipité qui se forme par l’acide sulfurique est moins insoluble, et le résidu de l’évaporation de la liqueur est soluble dans l'alcool qui brûle alors avec une flamme purpurine.

La dissolution de calcium est troublée comme les précédentes par les sous-carbouaics alcalins; mais lorsqu’elle est étendue d’eau , l’acide sulfurique n'y forme aucun précipité ; le résidu de l’évaporation est insoluble dans l'alcool.

La dissolution de lilhine n’est précipitée ni par l’acide sulfurique , ni par les souscarbonates alcalins , ni par l’acide oxalique. Le résidu de l 'évaporation est déliquescent , et calciné avec de la soude sur le platine , il l’attaque.

1753. Si l’eau est sans action sur le métal , on le traitera par l’acide sulfurique étendu ; s’il se dissout, ce sera du manganèse , du zinc , du Jer ou du cadmium ; on les distinguera facilement aux caractères suivans.

La dissolution du manganèse est précipitée en blanc par les alcalis et les sous-

DE CHIMIE. 73g

carbonates alcalins ; le précipité est insoluble dans un excès d'alcali , et par le contact de l’air il passe au brun. Ce précipité, calciné arec de la potasse, donne une matière verte ; fondu au chalumeau avec du borax , il donne un verre violet. . Les hydro-sulfures et les hydro-ferro-cyanates alcalins précipitent le manganèse en blanc.

La dissolution de zinc est précipitée en blanc par la soude, la potasse et l’ammoniaque; mais le précipité est inaltérable è l’air et soluble dans un excès d’alcali. Les hydro-sulfates et les hydro-ferro-cyanates alcalins précipitent le zinc en blanc.

La dissolution de Jer est précipitée par les alcalis en blanc ou en vert , qui passe au rouge par le contact de l’air, en bleu par 1 Tiydro - ferro - cyanate de potasse lorsqu'on y ajoute un peu de chlore pour sur-oxider le fer; et en violet-noir par la dissolution de noix de galle.

La dissolution de cadmium est précipitée en blanc par les alcalis , mais le précipité n’est soluble que dans un excès de soude ou de potasse ; l’hydro-fcrro-cy anale de potasse la précipite en blanc , et les hydro-sulfates en jaune ou orangé ; l’infusion de noix de galle n’y produit aucun changement.

1754. Si l’eau et l’acide sulfurique étendu ne dissolvent pas le métal, on le traitera par l’acide nitrique concentré ; si le métal est attaqué , il sera un des suivant : cobalt , urane , cuivre , nickel , palladium , arsenic , bismuth , mercure , argent , plomb , tellure , étain , antimoine , molybdène : les cinq premiers donnent des dissolutions colorées , les six suivans des dissolutions incolores , et les trois derniers passent à l’état d’oxide , sans se dissoudre ; on distinguera ces métaux par les propriétés suivantes.

La dissolution de cobalt est d’un rouge-violet; elle donne par les alcalis un précipité d un bleu-violet , vert avec les hydro-ferro-cyanates , et noir avec les hydrosulfates. L’oxide fondu avec du borax le colore en bleu.

La dissolution à' urane est jaune; elle forme avec les sous-carbonates alcalins des précipités de même couleur solubles dans un excès de ces sels; l’iiydro-fcrro-cyanale y produit un précipité couleur de sang ; les hydro-sulfates la précipitent en brun.

La dissolution de cuivre est bleue ; elle donne avec les sous-carbonates de soude et de potasse un précipité bleu clair , insoluble dans un excès de sel; l'ammoniaque lui donne une teinte bleu céleste ; le fer en précipite le cuivre 5 l'état métallique. L'hydro-ferro-cyanate de potasse y forme un précipité cramoisi , les hydro-sulfates un précipité noir.

La dissolution de nickel est vert-pré; la potasse et la soude y forment un précipité de même couleur ; l’ammoniaque la rend d’un bleu violacé , l’bydro-ferroryanate y produit un précipité vert-pomme , et l’hydro-sulfate de potasse un précipité noir.

La dissolution du palladium est rouge ; le proto-sulfate de fer en réduit subitement

7^o COURS

le métal; l'hydro-chlorate d'éiain y forme un précipité noir, et l'hydro-ferro-cyauale de potasse un précipité olive. Le nitrate de palladium est réductible par la chaleur.

La dissolution d 'arsenic est incolore ; elle n'est point précipitée par les alcalis et leurs carbonates, ni par l'hydro- fcrro -cyanate et les hydro-sulfates. L'arsenic se reconnaît d’ailleurs facilement, parce qu’il est très-combustible et répand des lumées blanches ayant l’odeur de l’ail.

La dissolution de bismuth est incolore ; elle est précipitée par l’eau en blanc , et en noir par les hydro-sulfates alcalins.

La dissolution de mercure est incolore; elle précipite en blanc par l "hydro-ferrocyanate de potasse , en noir par les hydro-sulfates alcalins , en rouge par le chromate de potasse; le cuivre en précipite le métal; d'ailleurs, les propriétés physiques du mercure le distinguent suffisamment de tous les autres métaux.

La dissolution à' argent est incolore; elle tache la peau en violet foncé; l'acide bydro-chlorique et les hydro-chlorates y forment un précipité blanc, insoluble dans les acides et soluble dans l’ammoniaque. L'hydro-fcrro-cyanatc de potasse la précipite en blanc , qui bleuit à I ’air ; les bydro-sulfates la précipitent en noir ; le cuivre , le fer et le zinc en précipitent le métal.

La dissolution de plomb est incolore ; les alcalis la précipitent en blanc jaunâtre, les hydro-sulfates alcalins en noir, l'hydro-fcrro-cyanate de potasse en blanc, le chromate de potasse en jaune brillant, lïnfusion de noix de galle en blanc : le métal est réduit par le sine et le fer.

La dissolution de tellure est incolore ; elle forme avec la potasse et la soude un précipité blanc, soluble dans un excès d'alcali ; les hydro- sulfates la précipitent en brun orangé, l’hydro-fcrro- cyanate de potasse ne la précipite point; l’infusion de noix de galle y forme un précipité jaune. Le zinc, le fer et l’antimoine réduisent le métal. Le tellure se reconnaît encore facilement , parce qu’il brûle avec une flamme blene , en répandant des vapeurs blanches dont l’odeur est celle du raifort.

Le précipité à' étain, obtenu en traitant le métal à chaud par l’acide nitrique, est blanc , soluble dans l’acide hydro-chloriquc d’où il est précipité en jaune doré par les hydro-sulfates , et en blanc par le pcr-chlorure de mercure. On reconnaît aussi le métal en le traitant par l’acide hydro- chlorique ; il se dissout h l’état de protoxide , et la dissolution est précipitée en noir par les hydro - sulfates et par le per-chlorurc de mercure, en violet par l’hydro-chloratc d’or. Les sels de protoxide et de deutoxide d’étain sont précipités en blanc par l’hydro-fcrro-cyanate de potasse.

Le précipité formé en traitant l’antimoine par l’acide nitrique, est soluble dans l’acide hydro - chlorique ; la dissolution est précipitée par l’eau en blanc, par les hydro-sulfates en jaune orangé ; le métal est réduit par le zinc ou le fer.

Le précipité formé en traitant le molybdène par l’acide nitrique est de l’acide

' DE CHIMIE. 74i

molybdiquc, il est sensiblement soluble dans l’eau ; celle dissolution devient bleue par le contact du sine ou de l’étain , elle sature les alcalis ; l’acide molybdiquc se dissout à chaud dans l’acide sulfurique , la dissolution devient bleue par le refroidissement ; il se dissout également dans l’acide bydro-chlorique , et la dissolution devient bleue lorsqu'on la sature avec la potasse.

■ 755. Si le métal n’est attaqué ni par l’eau, ni par l’acide sulfurique étendu, ni par l'acide nitrique, on le traitera par l’eau régale; si le métal est attaqué, ce sera de \' osmium, du tungstène , du cérium, de l'or ou du platine. Lies deux premiers ne se dissolvent pas.

L'Osmium se reconnaît facilement aux propriétés suivantes : chauffé à l'air , il se vaporise en une fumée blanche , ayant l’odeur du chlore ; calciné dans une petite cornue avec un poids égal de salpêtre , il se forme un sublimé blanc très-soluble dans l’eau. Cette dissolution est précipitée en bleu par l'infusion de noix de galle ; le zinc , l’alcool et l’étber en réduisent le métal.

ljt Tungstène se reconnaît aux propriétés suivantes : calciné avec du salpêtre , on obtient une matière soluble dans l’eau , qui est précipitée en blanc par une petite quantité d'acide nitrique froid , et en jaune par une plus grande quantité d'acide bouillant.

Le Cérium se dissout dans l’eau régale ; la dissolution évaporée à siccité donne un résidu déliquescent ; les alcalis la précipitent en blanc , le dépôt calciné passe au rouge ; les hydro-sulfates et les hydro-cyanales la précipitent en blanc ; l’infusion de noix de galle et l'acide hydro-sulfurique ne la précipitent pas ; l'acide tartrique la précipite en blanc , et par la calcination le dépôt passe au rouge ; ce dernier résidu dégage du chlore par l'acide bydro-chlorique bouillant.

L'Or se dissout dans l’eau régale; la dissolution est précipitée en pourpre ou en violet par l'hydro-chlorate de protoxide d’étain; elle n'est point troublée par l’bydrocblorate de deutoxidc; le métal est réduit par le proto-sulfate de fer; l’infusion de noix de galle lui donne une teinte verte; l’hydro-fcrro-cyanatc de potasse la précipite en blanc.

Le Platine se dissout dans l’eau régale ; la dissolution est d’un jaune orangé , l'hydro-chlorate d’ammoniaque la précipite en jaune; l’infusion de noix de galle et l’hydro-fcrro-cyanate n’y produisent aucun précipité, l’acide hydro-sulfurique la précipite en noir.

175C. Enfin, si le métal est inattaquable par l’eau régale, ce sera du chrome, du titane, du colombium , du rhodium ou de Y iridium-, on les distinguera par les propriétés suivantes. '

Le Chrome, calciné avec son poids de salpêtre, se transforme en une substance jaune , soluble dans l’eau , et qui précipite les dissolutions de plomb en jaune ,

74a COURS

celle d’argem et de mercure en ronge ; ce dernier précipité étant calciné , passe au vert, et colore au chalumeau le borax en vert d'émeraude.

Le Titane est rouge ; calciné au contact de l’air, il prend une couleur bleue; calciné avec un poids égal de nitre, on obtient un résidu qui, lavé b grande eau , est soloble dans l'acide bydro-chlorique ; celte dissolution , privée de l'excès d'acide , précipite en rouge orangé par la noix de galle , en rouge brun par l’hydro ferro-cyanatc de potasse , et en vert par l’hydro-sulfatc de potasse ; elle n’est point troublée par l'acide hydrosulfurique ; une lame d'étain lui donne une teinte rouge , et une lame de zinc une teinte bleue violacée ; évaporée, elle se prend en une gelée insoluble dans une grande quantité d’eau. ^ •

Le Colombium , calciné avec du nitrate de potasse , donne une matière soluble dans l'eau , d’où les acides hydro-chloriquc et nitrique précipitent l’acide colombique b l’état d'hydrate. Cet hydrate est peu soluble dans l’acide hydro-chloriquc , et se dissout tris-bien dans les acides tarlrique , oxalique, citrique; lorsqu 11 est sec, aucun d'eux n'a d'action sur lui.

Le Rhodium, calciné avec du nitrate de potasse, donne un produit qui, lessivé, laisse un résidu soluble dans l'acide hydru-chloriqnc ; cette dissolution est rouge ; l’hydro-fcrro-cyanale et l’hydro sulfate de potasse ne la précipitent point ; les hydrochlorates de soude, de potasse et d’ammoniaque en précipitent des sels doubles, d'un rose rouge, insolubles dans l'alcool.

L’Iridium, calciné avec du nitrate de potasse, donne un produit noir, qui colore l’eau en bleu ; le résidu du lavage b l'eau est une matière noire soluble dans l’acide hydro-chlorique. Cette dissolution est d'abord bleue , mais par le contact de l'air et l'action de la chaleur , elle passe successivement au vert , au violet et au jaune rougeâtre ; il ne faut que très-peu de ce sel pour donner b I hydro-chlorate de platine la propriété d'étre précipitée par le sel ammoniaque en rouge de brique ; suffisamment rapprochée , l'ammoniaque en précipite des cristaux pourpre foncé; une très- petite quantité de ces cristaux colore une grande quantité d’eau en rouge orangé ; celte couleur disparaît par le proto-sulfate de fer , l'hydrogène sulfuré , le fer , le zinc et l’étain.

1757. Nous allons maintenant décrire les procédés d'analyse d’un certain nombre d'alliages pris parmi ceux que l'on rencontre le plus souvent dans les arts.

1758. Analyse d'un alliage de Mercure et d’un Métal fixe, pur la distillation.

1759. Alliage de Plomb et d'Étain. On traite b chaud par l'acide nitrique; l'étain se précipite b l’état de dculoxidc; ce précipité étant lavé, séché et pesé , on en déduit par la composition de l'oxide d’étain la quantité de métal qu’il renferme; la différence entre le poids de l’alliage et celui de l'étain donne celui du plomb. On pourrait aussi obtenir ce dernier métal en le précipitant de safc dissolution par l'acide sulfurique ,

lavant , séchant et pesant le précipité ; la composition du sulfate de plomh ferait connaître la quantité de métal qu’il renferme.

1760. Alliage de Plomb , d Etain et de Cuivre. Se fait comme le précédent , seulement après avoir précipité le plomb , il faut précipiter le cuivre par du souscarbonate de soude ou de potasse , laver et calciner le précipité ; on en déduit la quantité de cuivre par la composition de l'oxide. On pourrait aussi précipiter le cuivre par le fer.

17G1. Alliage de Plomb , d Etain , de Cuivre et de Fer. On opère comme précédemment , seulement après avoir précipité le plomb , on ajoute à la liqueur un grand excès d'ammoniaque pour dissoudre l'oxide de cuivre et ne précipiter que le fer ; après quoi on ajoute à la liqueur séparée de l'oxide de fer un excès de potasse et on fait chauffer pour dégager l’ammoniaque : l’oxide de cuivre se précipite.

1 761. Alliage d Etain , de Plomb , de Cuivre , de Zinc et de Fer. On traite par l’acide nitrique et on sépare l’étain et le plomb comme dans les analyses précédentes , après quoi on verse un excès de potasse caustique dans la liqueur chaude ; le cuivre et le fer sont précipités, et le zinc reste en dissolution. La liqueur étant filtrée , on en précipite le zinc en ajoutant un petit excès d’acide livdro-chlorique , et versant du sous-carbonate de potasse ; le précipité de cuivre et de fer est redissous dans l'acide hydro-cblorique, et on en précipite le fer par un excès d'ammoniaque.

1763. Alliage de Plomb et d Antimoine. Cette analyse se fait exactement comme celle d’étain et de plomb , puisque l’antimoine ne se dissout pas dans l'acide nitrique.

1764. Alliage d Etain et d’ Antimoine. Il faut ajouter assez d'étain pour que la quantité d’antimoine n’en forme que la vingtième partie, et traiter à chaud par l'acide hydro-cblorique : l’étain seul se dissout.

1765. Alliage de Plomb , d' Antimoine et de Cuivre. On traite par l’acide nitrique, on précipite -le plomb par un sulfate alcalin et le cuivre par la potasse.

1766. Alliage d’Or et d' Argent. On traite par l’acide nitrique ; l’argent seul se dissout : si l'argent était en très-petite quantité , l’acide nitrique n’en dissoudrait qu’une partie ; il faudrait alors fondre l’alliage avec une certaine quantité d’argent dont on tiendrait compte : le résidu insoluble sera l'or ; on pourra précipiter l'argent de la dissolution par le sel marin, et le réduire par la potasse ou le fer.

1767. Alliage d Argent et de Cuivre. On traite par l’acide nitrique , on précipite l’argent par le sel marin , et le cuivre par le sous-carbonate de potasse.

1768. Alliage d’Or, d' Argent et de Cuivre. Se fait de la même manière que le précédept.

1769. Alliage de Bismuth , d Etain et de Plomb. On traite par l’acide nitrique concentré et chaud ; le bismuth et le plomb se dissolvent; l'étain se précipite à l'état

d'oxide ; on le sépare par décantation , et on lare avec de l’acide nitrique jusqu’à ce que l’acide de lavage ne soit pins précipité par l'eau ; alors on précipite le bismuth par l'eau , et ensuite le plomb par un sulfate.

1770. Alliage et Etain , de Plomb , de Cuivre et et Argent. On traite encore par l’acide nitrique ; l'étain sc trouve immédiatement séparé , et on précipite successivement l’argent par le sel marin , le plomb par un sulfate alcalin , et le cuivre par la potasse.

1771. Alliage d' Étain , de Plomb , de Cuivre , et Argent et de Zinc. On opère comme dans l'analyse précédente ; seulement quand on précipite le cuivre , on ajoute un excès rde potasse pour dissoudre le zinc , que l’on précipite ensuite en versant dans la liqueur un excès d’acide et un sous-carbonate alcalin.

177a. Alliage et Etain , de Plomb , de Cuivre , d' Argent , de Zinc et de Manganèse. En procédant toujours de la même manière , on isolera l’étain , le plomb , le cuivre , l’argent , le xinc ; le cuivre et le manganèse resteront mêlés ; mais on séparera facilement ces deux derniers par l’ammoniaque , qui dissout l’oxidc de cuivre et ne dissout pas l’oxide de manganèse.

1773. Alliage d' Etain , de Plomb , d' Argent, de Cuivre , de Zinc , de Manganèse , d’Or et de Platine. En suivant toujours la même marche , tous les métaux seront isolés , à Perception de l'oxide d'étain , de l’or et du platine qui resteront mêlés ; on séparera l’oxidc d’étain par l’acide bydro-chlorique , on dissoudra l’or et le platine par l’eau régale , on précipitera l’or par le proto-sulfate de fer et le platine par l'hydrogène sulfuré ; en calcinant ce sulfure arec le contact de l'air , on obtiendra le métal pur.

1774. Alliage et Etain, de Plomb , d' Argent, de Cuivre, de Zinc, de Manganèse , et Or , de Platine et de Fer. En suivant toujours la même marche , le premier précipité renfermera de l’oxidc d’étain , de fer , de l’or et du platine -, le dernier , de l'oxide de manganèse et de l’oxide de fer ; on traitera le premier par la potasse caustique, qui dissoudra l’oxide d'étain , et ensuite par l’acide hydro-chloriquc qui dissoudra le fer : on précipitera l’oxide de la première dissolution par l’acide nitrique , cl celui de la dernière par un sous-carbonate ; quant au mélange d’oxide de fer cl de manganèse, on emploiera un des procédés décrits ( 1097 ).

1775. Analyse de quelques Alliages par la coupellation. Les coupcliç* sont de petits creusets de peu de profondeur , faits avec des os calcinés et pulvérisés ; la matière dont ils sont formés jouit de la propriété d’être perméable aux oxides en fusion , et imperméable aux métaux. On conçoit , d’après cela , que quand on introduira dans la coupelle un alliage composé de plusieurs métaux , dont un ou plusieurs seront fixes , fusibles , inoxidables à l'air , et dont les autres seront oxidables et forment des oxides fusibles , ou seulement l’un d’eux , pourvu qu’il soit en quantité

suffisante ; en soumettant la coupelle à une température convenable , les oxides des métaux oxidablcs passeront à travers la coupelle , et les métaux inoxidables y resteront purs. Pour soumettre les coupelles à une température élevée , on les place dans de petits fours en argile , qu’on désigne sous le nom de Moufles [fig. io3 ) , et qui sont placés dans une espèce particulière de fourneau à réverbère ( fig. io4 )• Les alliages que l'on soumet ordinairement à la coupellation, sont ceux d’argent et de plomb ; d’argent , de cuivre et de plomb ; d’or , d’argent , de cuivre et de plomb. L’alliage commence à fondre dans la coupelle , et bientôt le plomb s’oxide ; nnc partie est volatilisée, et l’autre passe à travers la coupelle en entraînant l’oxide de cuivre : pendant l’oxidation du plomb, on voit se former sur le métal en fusion des points brillons qui se promènent à sa surface et tombent vers la partie inférieure ; à mesure que le plomb diminue, le bouton métallique s’arrondit davantage , les points brillans deviennent plus grands et sont animés d’un mouvement plus rapide ; enfin , lorsque les dernières portions de plomb sont prêtes à disparaître, il se forme à la surface du bain des bandes irisées, et bientôt il prend muantanôaumt un éclat très -vif: ce phénomène , qui indique qu’il uc reste plus de plomb dans le bain, porte le nom A' éclair-, alors il faut rapprocher la coupelle de l’ouverture de la moufle , pour que le bouton puisse se solidifier; on doit éviter cependant de refroidir trop promptement, parce qu’une portion du métal pourrait être projetée au dehors ; on reconnaît que ce phénomène a eu lieu , que l’argent a roché , quand le bouton n’a pas une surface brillante. Si la surface du bouton était terne et aplatie , la chaleur aurait été trop forte et une portion de l’argent aurait été volatilisée. Si sa surface était brillante en plusieurs points et présentait des cristaux d’un blanc mat , s’il offrait des cavités en-dessons, et s’il restait de la litharge dans la coupelle , la température n’aurait pas été assex élevée , et le métal retiendrait encore du plomb.

Pour que le cuivre allié à l’argent disparaisse complètement par la coupellation , il faut que l’alliage renferme une quantité déterminée de plomb; pour coupcler l’argent à 1000 millièmes , on ajoute J/.. de plomb ; pour l’argent au titre de g5o , 900 , 800, 700 , Goo , on ajoute 3 , 7', 10, 1», 14 parties de plomb: pour l’argent au titre de 5oo et au-dessous, on ajoute de 16 à 17 parties de plomb.

Les alliages d’or renferment ordinairement de l’argent et du cuivre : on enlève le cuivre par la coupellation, et l'argent au moyen de l’acide nitrique. Cette dernière opération porte le nom de départ ; on ajoute d’abord à l'alliage l’argent nécessaire pour que la quantité do ce métal soit triple de celle de 1 or . ou à peu près, et en même temps une quantité de plomb qui croit avec celle du cuivre; pour l'or fin de 990 à 1000, on ajouté 8 parties de plomb , 14 pour l’or à 990 , et «o pour celui qui est à 750 ; alors on passe à la coupelle : le boulon de retour ne contient plus que l'or et l'argent. On l’aplatit au marteau, on le fait recuire et on le

passe au laminoir : la lame métallique est alors roulée en cornet et introduite dans un petit ballon arec lio ou 1S0 parties d'acide nitrique à ai". ( Nous prenons pour unité de poids celui de l'alliage 'd'or , d'argent et de cuivre sur lequel on opère ). On porte à l'ébullition, l’acide est ensuite decanté , remplacé par moitié d'acide nitrique à 3a° que l’on entretient bouillant pendant 10 minutes ; après quoi , on décante. On lave et on calcine le cornet , qui n’est plus formé que d'or pur. ( Voyez , pour plus de détails, le Manuel de f Essayeur , par M. Vauquelin.)

177S. Alliage de Plaiine, d' Argent ci de Cuivre. On détermine la quantité de cuivre par la coupellation , mais on ne pourrait pas se servir de l’acide nitrique pour dis* soudre l’argent , parce qu’une partie du platine le serait également ; alors il faut traiter le bouton de retour par l'acide sulfurique concentré et bouillant qui ne dissout que l’argent. Si le platine était en trop petite quantité, à la fin de l’opération on le trouverait en poudre, et l'analyse ne saurait être rigoureuse; il faut alors, pour conserver le cornet , ajouter à l'alliage une quantité connue de platine ou d’or, de manière que la quantité d’argont soit doubla ds mile du platine et de l’or.

«777. Alliage d’Or , de Plaiine , et Argent et de Cuivre. On obtient les quantités de cuivre et d’argent par les mêmes procédés ; pour avoir celle du platine , on reprend une nouvelle quantité d'alliage, auquel on ajoute une quantité d’argent et d'or Gn, de manière que l’argent forme ’/t de l’or, et l’or les s4„ de l’alliage. On passe de nouveau à la coupelle, et après avoir réduit le bouton en cornet, on le traite par l’acide nitrique à aa" et bouillant : l’argent et le platine se dissolvent ; mais comme une portion du platine pourrait avoir échappé h l’action de l'acide , il faut fondre le cornet avec une nouvelle quantité d’argent , laminer le bouton et le traiter encore par l’acide nitrique , et répéter cette opération jusqu’à ce que le cornet ne perde plus de poids.

1778. Essai des matières d’Or à la Pierre de touche. On estime souvent le titre approximatif des matières d’or par une opération très-prompte, qui consiste à faire sur une pierre dure et noire une trace avec la matière à essayer et & y passer quelques gouttes d'un mélange de 38 parties d’acide nitrique à 1,340 de densité, a parties d’acide hydro-chlorique à 1,173 de densité et a5 parties d’eau; on juge du titre de la matière d’après la teinte que conserve la trace. La pierre de touche est une Coméenne Lydienne qui est principalement formée de silirc et de proloxide de far.

Des Oxides.

1779. Un Oxide métallique étant donné , en reconnaître la nature. On commence par mettre l’oxide en contact avec l'eau; s'il se dissout et si la dissolution cstalca-

line, l’oxide appartiendra au a* ordre , et on le reconnaît par les propriétés énoncées ( 175a ) et suivans.

1780. Si l'oxide est blanc , insipide , non alcalin , irréductible par le charbon , ce sera de la silice , de V alumine, delà glucine, de V yttria , de la magnésie, de la zircone ou de la thorine. Chacune de ces substances se reconnaîtra aux propriétés suivantes.

1781. La Silice est insoluble dans tous les acides, excepté dans l’acide Uuorique ; elle se dissout h la chaleur rouge dans la soude et la potasse , d'où elle est précipitée par tous les acides.

1781. L'Alumine forme des sels déliquescent avec les acides sulfurique, nitrique et hydro-chloriquc ; les alcalis, leurs sous -carbonates et les bydro - sulfates en précipitent l 'alumine ; elle est soluble dans la soude et la potasse. Une dissolution concentrée de sulfate de potasse , versée dans une dissolution également concentrée de sulfate d’alumine, en précipite des cristaux d'alun.

1783. La Glucine , comme l’alumine, forme des sels déliquescens avec les acides nitrique , sulfurique et bydro - chimique , qui sont précipités par les mêmes réactifs ; mais le précipité est soluble non- seulement dans la soude et dans la potasse, mais encore dans le carbonate d’ammoniaque.

1784. V Yttria forme des sels déliquescens arec les acides nitrique et hydro-chlorique, mais avec l'acide sulfurique un sel qui n’est soluble que dans 3o ou 4o fois son poids d’eau ; elle n'est soluble ni dans la sonde ni dans la potasse.

1785. La Magnésie est insoluble dans les alcalis , elle forme des sels déliquescens avec les acides nitrique et hydro-chloriquc ; ces sels ne sont point troubles par les carbonates saturés et les hydro-sulfates neutres, ai par le sous-carbonate d’ammoniaque; mais ils le sont tous par les sous-carbonates de soude et de potasse. L'ammoniaque précipite en partie ceux qui sont neutres , ne trouble point ceux qui sont acides ; la potasse cl la soude les décomposent complètement.

1786. La Zircone ne se dissout ni dans la soude ni dans la potasse , mais elle se dissout sensiblement dans le sous -carbonate d'ammoniaque. Le nitrate de zircone se prend par l'évaporation en une masse analogue à la gomme , quand l’excès d’acide n'est pas trop considérable. Le nitrate de zircone se trouble par la chaleur et laisse déposer une matière gélatineuse. L'hydro-chlorate cristallise ; à la chaleur de l'ébullition , la dissolution de ce sel se trouble et laisse déposer une matière blanche pulvérulente. Tous sont précipités par les alcalis , leurs sous - carbonates et leurs hydro-sulfates.

1787. La Thorine se rapproche beaucoup de la zircone, mais on les distinguera par les propriétés suivantes : le sulfate de thorine cristallise et les cristaux sont décomposés par l’eau , le sulfate de zircone ne cristallise pas; l’hydro-chlorate de thorine se trouble par la cbalenr et laisse précipiter une matière gélatineuse , celui de zircone

laisse précipiter une poudre blanche ; le citrate de thorine se trouble par l'ébullition , celui de zircone ne jouit pas de cette propriété ; l’oxalate d’ammoniaque précipite le sulfate de thorine cl ne trouble pas celui de zircone ; le sulfate ou l’hydrochlorate de thorine dissous et mélé de sulfate de potasse jusqu’à la saturation de la liqueur ne donne aucun précipité ; celui de zircone est entièrement précipité.

1788. Les autres oxides se renconnaltront aux propriétés suivantes.

178g. L'Oxide de Cuivre est soluble dans l’acide nitrique, la dissolution est précipitée par le fer , etc. ( 1784 ).

1790. L’ Oxide d Antimoine est insoluble dans l’acide nitrique , il se dissout dans l’acide hydro-chlorique, et il est précipité par l'eau , etc. (1754).

1791. L'Oxide d' Étain est insoluble dans l’acide nitrique; il se dissout dans l’acide bydro-chtorique , d'où il n’est point précipité par l’eau. Cette dissolution est précipitée en jaune par lliydro-sulfatc de potasse , etc. ( 1754).

■ 793. L’Oxide de Bismuth est soluble dans les acides nitrique et hydro -cblorique ; ces dissolutions sont précipitées en blanc par l'eau , et en noir par l'hydrogène sulfuré.

1793. L'Oxide de Plomb. Calciné, il est rouge ou jaune , soluble dans l'acide nitrique; la dissolution est précipitée en blanc par l’acide sulfurique , etc. ( 1 7 54 )•

1794. L'Oxide d Arsenic , projeté sur des charbons incandesccns, répand des fumées

blanches ayant l'odeur de l’ail. Dissons dans la potasse, il précipite le sulfate de cuivre en vert , etc. ( 1754 ). I

1795. L'Oxide d'osmium a une forte odeur de chlore, etc. ( 175s).

179C. L'Oxide de Manganèse, calciné avec du salpêtre, forme le caméléon niinéra)(i 753).

1797. L'Oxide de Chrome, calciné avec du nitrate dépotasse, donne naissance à un chromatc soluble , qui précipite le plomb en jaune , etc. ( 1756 ).

1798. L'Oxide de Fer se dissout dans l’acide hydro-chlorique , et forme avec l'hydroferro-cyanate de potasse un précipité bleu ou qui le devient par le chlore, etc. (1753).

1799. L'Oxide de Cobalt se dissout dans l’acide hydro-chlorique, et forme un sel rose qui est précipité par les alcalis en bleu violacé ; il forme avec le borax un verre bleu , etc. ( 1754 )•

1800. L’Oxide delSickel est soluble dans l'acide nitrique, et forme un sel vert (1754).

1801. L'Oxide dürane est soluble dans l'acide nitrique , etc. ( 1754 ).

1803. L'Oxide de Cérium se dissout dans l’acide hydro-chlorique , etc. ( 1755 ).

1803. L'Oxide de Titane se dissout dans l’acide hydro-chlorique , etc. (17S6).

1804. L'Oxide de Tungstène passe à l’état acide par la calcination , etc. (1755).

1805. L'Oxide de Molybdène se transforme en acide molybdique par l’action de l'acide nitrique , etc. ( 1754)-

1806. Le chalumeau est un moyen très-prompt pour distinguer les oxides les uns des

DE en IM IE. 749

autres , parce qu’il développe souvent dans les oxides des propriétés bien tranchées et qui sont tout-à-faii caractéristiques; nous renvoyons, pour cet objet, au Traité de M. Bcrzélius.

1807. Analyse des mélanges d'Oxidts. Les mélanges d'oxides correspondant aux alliages dont nous avons décrit le mode d analyse par la voie humide , s’analysent aussi par les mêmes procédés ; nous n’examinerons ici que quelques mélanges d’oxides terreux ou alcalins qui se rencontrent fréquemment.

1808. Mélange de liante et de Slronliane. On dissout dans l’acide hydro-chlorique , on évapore à siccité, et on traite par l’alcool très-concentré : Phydro-chlorate de strontianc seul se dissout.

i8oq. Mélange de Strontiane et de Chaux. On dissout dans l'acide nitrique, on évapore è siccité, et on traite par l’alcool : le nitrate de chaux seul se dissout.

1810. Mélange de Chaux et de Magnésie. On connaît trois procédés pour effectuer la séparation de ces deux terres : 1° on dissout le mélange dans l'acide nitrique ou l'acide hydro-chlorique , on évapore pour chasser l'excès d'acide , on reprend par l'eau , on ajoute un excès de sous-carbonate d'ammoniaque , et on filtre : la chaux seule se précipite à l’état de sous-carbonate ; quant à la magnésie , on peut la précipiter par la potasse caustique , on faire évaporer et calciner ; a* on opère comme précédemment , mais on précipite la chaux par l’oxalatc d’ammoniaque; et la magnésie par le phosphate d'ammoniaque ; 3" on ajoute à la dissolution saline un excès de sulfate d’ammoniaque , on évapore à siccité et on calcine ; après quoi , on traite le mélange des deux sulfates par de l’eau saturée de sulfate de chaux : le sel magnésien se dissout seul; du poids du sulfate de chaux on déduit facilement celui de la chaux et par suite celui de la magnésie. Ce dernier procédé est dû à M. Richard Philips : ce chimiste prétend que le premier procédé est inexact , parce que le souscarbonate d’ammoniaque ne précipite pas toute la chaux, et que le second lest également , parce que quand la chaux est en petite quantité , elle n’est point précipitée même par l’cbullition.

1811. Mélange cl Alumine et de Glucine. Après avoir dissous le mélange dans l’acide nitrique ou hydro-chorique , on verse un excès de sons- carbonate d’ammoniaquel’alumine est précipitée cl la glucine reste en dissolution dans l’excès de sous-carbonate.

181a. Mélange de Magnésie et d’ Alumine. On dissout dans l’acide nitrique ou hydro-chlorique , et on verse dans la liqueur de Phydro-sulfatc d’ammoniaque : l’alumine seule est précipitée. On peut aussi séparer ces terres en les dissolvant dans l’acide acétique et évaporant à siccité : l’acétate d’alumine seul est décomposé , et on enlève par l’eau l’acétate de magnésie.

«8i3. Mélange de Silice et d Oxides terreux. On traite le mélange par de l’hydrate

’j 5o COURS

<1c potasse à la chaleor rouge ; on dissout dans l'eau , on rcrsc un excès d’acidc hydrochlorique , on évapore à siccité et on lave : la silice seule reste insoluble.

1814. Mélange d Oxide de Fer et de Manganèse. (Voycx 1097).

181 5. Mélange de Barite , de Stronliane , de Chaux et de Magnésie. On dissout le mélange dans l'acide bydro-cblorique , on évapore à siccité et on traite par l’alcool concentré et bouillant qui dissout tous les sels , excepté l’hydrocblorate de barite ; la dissolution alcoolique étant évaporée , on reprend les sels par l'eau , on y verse un excès de sous-carbonate d’ammoniaque qui précipite la strontianc et la chaux à l’état du sous-carbonate , et on sépare ces deux bases en les traitant par l’acide nitrique et par l’alcool : le nitrate de chaux seul se dissout. Si la chaux était en petite quantité , il faudrait séparer la chaux et la strontianc par le procédé de M. Phillips.

1816. Mélange d Alumine , de Glucine , de Silice , d Oxide de Jer et de manganèse. On traite le mélange à la chalcnr rouge par la potasse, puis par l’acide hydro-chlorique qui précipite la silice seule ( 1 8 1 3 ) , ensuite en versant un excès de potasse , on précipite le fer et le manganèse. La dissolution ne renferme plus que la glucine et l'alumine qui seront séparées comme il est dit ( 1811 ). ( Le fer doit être à l’état de peroxide ; s’il n’y était pas, on l'y amènerait facilement par un peu d’acidc nitrique ).

1817. Mélange de Barite , de Stronliane , de Chaux , de Magnésie , de Glucine , d' Alumine , de Silice , d'Oxide de fer et d'Oxide de manganèse. On traite par l’acide hydro-chlurique qui dissout tous les oxides , excepté la silice ; on verse ensuite de l'hydro-sulfatc d'ammoniaque qui précipite l’alumine , la glucine , l’oxide de fer et l’oxide de manganèse ; on les sépare par le procédé (1816), ensuite on verse dans la liqueur un petit excès d’acidc hydro-chlorique , et on chauffe pour dégager l'excès d’acidc hydro-sulfurique , après quoi on procède a la séparation des substances que renferme la liqueur comme il est indiqué ( i8iâ ).

Analyse des Pierres.

■ 818. Les pierres sont pour la plupart des silicates à une , deux et trois bases ; les élémens qui s'y rencontrent le plus ordinairement sont la silice , l’alumine , la chaux , la magnésie , l’oxide de fer et l’oxide de manganèse ; plus rarement elles contiennent de la soude , de la potasse , de la glucine , de l'yttria et de la zirconr, de l’oxide de chrome , et plus rarement encore de la lilhine , de la barile et de l'oxidc de nickel , des acides phosphorique , fluorique , borique. Les méthodes d'analyse précédemment exposées sont donc applicables à un grand nombre de pierres. Mous nous contenterons de tracer ici la marche qu’il faudrait suivre pour reconnaître

dans une pierre la présence d’un alcali ; on commence par calciner la pierre arec trois parties de nitrate de plomb , ou deux parties de nitrate de plomb et une de carbonate de plomb très-pur ; on traite la matière vitreuse qui se forme par l’acide nitrique bouillant : la silice se précipite; on précipite l'oxide de plomb par l’acide sulfurique. On fait bouillir avec du carbonate d'ammoniaque, on filtre et on évapore la liqueur à siccité ; ce dernier résidu renferme l’alcali à l’état de sulfate et ordinairement un peu de sulfate de magnésie. Pour séparer la magnésie, on peut employer différons procédés ; un des plus simples consiste à dissoudre les deux sulfates dans l’eau et à verser de l’eau de barilc. Celte base précipite l’acide sulfurique et la magnésie ; on précipite ensuite l’excès de barite par le sous -carbonate d’ammoniaque, et en évaporant la liqueur, on a le sous -carbonate alcalin , dont on peut reconnaître la nature par les caractères exposés plus haut. On pourrait , à la place du nitrate de plomb , employer du carbonate de plomb ; mais la plus petite quantité de matière désoxigénante , ou même les gaz combustibles émanés du foyer , réduiraient une portion de l’oxide de plomb , et ce dernier , en se combinant avec le métal du creuset , pourrait le percer. On pourrait aussi employer le carbonate ou le nitrate de barite ; mais comme les silicates de barite ne sont fusibles qu’à une température excessivement élevée , la pierre n’est jamais complètement attaquée ; il faut alors répéter plusieurs fois le traitement par la barite sur la matière qui ne se dissout pas dans les acides. On pourrait également employer l'acide borique , les pierres sont très-facilement attaquées ; mais la présence de l’acide borique complique beaucoup l’analyse. C'est à M. Bertbier qu’on doit l'emploi dit nitrate de plomb dans l'analyse des pierres alcalines.

Acides Minéraux.

1813. Reconnaître la nature d'un acide minéral. En parlant des gaz , nous avons déjà donné les caractères distinctifs des acides gazeux ; nous n'avons donc ici à parler que des acides liquides ou solides ; ces derniers se reconnaîtront facilement aux caractères suivans.

■ 8so. Acide Borique. Cet acide est solide , fixe , très-fusible , peu soluble dans l’eau , vitrifie la plupart des oxides métalliques.

18a 1. Acide Phosphorique. Cet acide est très-caustique , déliquescent , incristallisable , volatil.

i8ax. Acide Arsénique. Cet acide est très-caustique , déliquescent , se transforme à la chaleur en oxigène et deutoxide d’arsenic ; l'arséniate neutre précipite le nitrate d'argent en rouge de brique.

i8«3. Acide Chromique. Cet acide est rouge , par la calcination il se transforme

75a COURS

cd oxide vert ; le chromate de polisse précipite les dissolutions de plomb en jaune , celle d'argent en rouge.

i8s|. Acide Molybdique. S’exhale au chalumeau en fumée blanche , sa dissolution passe au bleu par le xinc ou 1 étain ( 1754).

i8x5. Acide Colombique. Solide, blanc. ( Voyez 1756).

i8a6. Acide Tungstique. Solide , jaune. ( Voyez 1 ;5S ).

1817. Acide lodique. L’iode se précipite par la chaleur , l’acide sulfureux et l’hydrogène sulfuré. Il forme avec les alcalis des sels peu solubles qui fusent sur des charbons ardens à la manière du nitre ; celui d’ammoniaque fulmine par la chaleur.

i8a8. Acide Sélcnique. Solide , blanc , déliquescent , volatil. Le séléniate de potasse, calciné avec de l’hydro-cltloralc d’ammoniaque , laisse dégager le sélénium.

,8ag. Acide Phosphoreux. Cet acide est solide , cristallisablc ; les phosphites projetés sur des charbons incandesccns brillent avec une flamme jaune ; les phosphites de soude et de potasse sont insolubles dans l’alcool.

1830. Acide // y po- phosphoreux. Cet acide est liquide , incristallisablc ; les hypophosphites de soude et de potasse sont solubles dans l’eau et l’alcool en toute proportion , ils brûlent avec une flamme jaune comme les phosphites.

1831. Acide Ilypo-phosphoriquc. Liquide, incristallisablc ; labaritectla strontiane le transforment immédiatement en acides phosphorique et phosphoreux : il se forme un précipité insoluble de phosphate. Ces trois acides se distinguent de l’acide phosphorique par la propriété qui leur est commune de dégager de l’hydrogène phosphoré à une température qui excède peu 100°.

i83a. Acide Sulfurique. Cet acide précipite les sels de barite et de plomb ; un sulfate alcalin , calciné arec du charbon , précipite les sels de plomb en noir.

1833. Acide Hypo-sulfurique. Cet acide est liquide , inodore ; la chaleur en dégage de l’acide sulfureux.

1834. Acide Nitrique. Cet acide , traité par le cuivre , laisse dégager des vapeurs rouges , à froid s’il est concentré , à chaud s’il ne l’est pas , et la dissolution devient verte ; il ne précipite aucune dissolution métallique.

1835. Acide Nitreux. Liquide, rouge , répand dans l’air d’épaisses vapeurs de mime couleur ; ne précipite aucune dissolution métallique.

«836. Acide C/dorique. Liquide , incolore , dégage du chlore à une température peu élevée , forme des sels qui dégagent de l’oxigène par la chaleur et se transforment en chlorure ; il ne précipite aucune dissolution métallique.

1837. Acide Chlorique oiigéné. Liquide , volatil ; le chlorate oxigéné de potasse se décompose par la chaleur comme le chlorate simple ; mais quand il est mêlé avec de l’acide sulfurique , son acide se dégage sans altération à i4o*.

x83S. Acide Fluorique. Cet acide se distingue facilement de tous les autres , parce que c’est le seul qui corrode le verre.

1839. Analyse de quelques mélanges d'acides. Nous n’examinerons que les mélanges qui se rencontrent le plus ordinairement

1840. Mélange d'acide sulfurique et d'acide hydro-chlorique. On précipite l'acide sulfurique par le nitrate de barite et l’acide hydro-chlorique par le nitrate d’argent. On déduit facilement le poids des ces acides de ceux des précipités secs , d’après leur composition.

1841. Mélange d'acide nitrique et d’acide hydro-chlorique. On commence par déterminer la quantité totale d’acide renfermée dans un poids donné du mélange , en saturant par du sous-carbonate de soude sec, et pesant la quantité de soude employée ; après quoi on reprend une même quantité du mélange dont on précipite l'acide hydrochlorique par le nitrate d'argent; le poids du chlorure précipité donnera celui du chlore qu’il renferme , on en déduit celui de l’acide hydro-chlorique que contenait le mélange; on calcule la quantité de sous-carbonate de soude que cet acide peut saturer , et retranchant ce nombre du poids de celui qui a été employé pour saturer le mélange , la différence sera le sous-carbonate de soude qui a saturé l’acide nitrique ; de ce dernier nombre on déduira facilement la quantité d’acide nitrique.

184a. Mélange d’acide phosphorique et d’acid* sulfurique. On précipite les deux acides par le nitrate de barite , et on traite le précipité par l’acide nitrique qui dissout le phosphate de barite.

Analyse des Sels.

i843. Déterminer la nature dun Sel donné. Ce problème se compose de deux autres : la détermination de l’acide , et celle de la base.

i844- Détermination de l' Acide. On commencera par verser sur le sel de l’acide sulfurique ; s’il se fait une effervescence à la température ordinaire ou à une température peu élevée , le sel renfermera un des acides snivans :

Carbonique , Sulfureux ,

Hypo- sulfureux , Hypo-nitreux , Chlorique ,

Fluorique , Fluo-boriquc ,

Chloro xi-carbonique , Hydriodiquc ,

Hydro-chlorique , Hydro-sulfurique , Hydro-sélcnique , Hypo-sulfurique.

i843. Chacun de ces acides se reconnaîtra h la nature du gaz dégagé. Les carbonates donnent uç gaz incolore sans odeur ; les sulfites , de l'acide sulfureux ; les hypo-sulfites , de l’acide sulfureux et un dépôt de soufre ; les hypo-nitrites , des vapeurs nitreuses : les chlorates, un gaz jaune verdâtre; les Ouates, des vapeurs blanches qui corrodent

le verre; les fluo borates, des vapeurs blanches qui noircissent le papier; les chloroxi-carbonalcs , de l'acide carbonique et de l’acide hydro-cblorique : les bydriodates donnent de 1 iode et de l'acide sulfureux ; les hydro-chlorates , de l'acide hydro-chloriquc ; les hydro-sulfates elles hydro-séléniates , des acides hydro- sulfurique et hydro-séléuique ; enfin , les hypo-sulfalcs donnent du soufre et de l'acide sulfureux ; on les distingue des hypo-sulfilcs , parce qu’ils ne sont décomposés qu’à chaud par l'acide sulfurique.

184G. Si le sel ne fait point effervescence avec l'acide sulfurique , il renfermera un des acides suivans :

Nitrique , Sulfurique ,

Iodique ,

Chlorique oxigéué , Sélénique ,

Borique t Phosphorique , Phosphoreux , Hypo-phosphoreux , Arsénique ,

Arsénieux , Chromique , Molybdique 1 Tungstique , Colombique.

idi;. Les cinq premiers se reconnaîtront aux propriétés suivantes : les nitrates, traités à chaud par l'acide sulfurique concentré , laissent dégager des vapeurs blanches , et en y ajoutant du cuivre , les vapeurs deviennent rouges. Les sulfates , chauffés avec du nitrate de barite en dissolution , donnent un précipité de sulfate de barite. Les iodates laissent précipiter de l’iode par les acides sulfureux ou hydro-sulfurique ; ils sont aussi décomposés par l’acide sulfurique à 200 "et parla chaleur rouge obscure. Les chlorates oxigénés , mis sur des charbons ardens , en augmentent la combustion ; chauffés à 1 avec de I acide sulfurique étendu de ’/j d’eau , ils laissent dégager leur acide. Les séléniates calcinés avec du sel ammoniaque laissent dégager le sélénium.

1848. Pour reconnaître facilement les autres, il faut que le sel soit à base de soude ou de potasse ; si cela n’a point lieu , on le traite par le sous -carbonate de soude ou de potasse , à chaud ou à froid , suivant qu’il est soluble ou Insoluble , on sature l’excès de sous - carbonate par l’acide acétique , on évagpre à siccité et on traite par l'alcool ; ce dernier dissoudra l’acétate et laissera le nouveau sel , à moins qu'il ne soit à base d’acide hypo-phosphorique ; dans ce cas , pour avoir le sel isolé , il faudrait saturer l’exers de sous-carbonate par l'acide sulfurique : ce nouveau sel étant insoluble dans l’alcool , le premier s’en séparerait facilement. On distinguera alors les différons sels à base de potasse par les propriétés suivantes : le borate de potasse est précipité en écailles blanches par les acides sulfurique et hydro-chloriquc. Le phosphate de potasse précipite le nitrate de plomb en blanc ; ce précipité , traité par l’hydrogène sulfuré, donne de l’acide phosphorique. Le phosphite et l’hypopbosphite , mêlés avec un excès d 'acide sulfurique et chauffés , laissent dégager de

l'hydrogène phosphore ; on les distingue l'un de l'autre parce que le premier est insoluble dans l’alcool , et que le dernier s'y dissout facilement. L'arséniatc de potasse précipite le sulfate de cuivre en blanc bleuâtre , et n’est point précipité par les hydrosulfures. L'arsénilc de potasse précipite le sulfate de cuivre en vert et les hydrosulfures en jaune. Le chromate précipite les sels de plomb en jaune , le nitrate de mercure en rouge , le nitrate d'argent en rouge violet. Le molybdatc est précipité en blanc par l’acide sulfurique , et devient bleu par une lame d’étain. Le tungstalc est précipité en blanc par les acides nitrique, hydro-chloriquc et sulfurique ; ce précipité passe au jaune par l'acide bonillant. Le colombate est précipité par les mômes acides en une poudre blanche ( 1756).

i84g. Détermination de la baie. Si le sel est soluble dans l'eau , et si la dissolution

n’est point troublée par la soude , la potasse et l'ammoniaque , ni par les sous-

carbonates et les hydro-sulfates de ces bases , le sel sera à base de soude , de potasse ou d'ammoniaque; il sera à base d'ammoniaque si la chaux et la potasse en dégagent

de l’ammoniaque ; à base de potasse , si la chaux ne produit point cet effet et s’il

précipite l’hydro -chlorate de platine; enfin , il sera à base de soude , s’il ne jouit pas de cette dernière propriété.

i85o. Si le sel n’est pas à base de soude ou de potasse , on cherchera s’il n’est pas à base de lithinc en le calcinant avec un peu de soude sur une lame de platine; dans le cas où il ne serait pas à base de lithinc , il faudrait précipiter le sel à l'état de sous-carbonate , dont on déterminera la nature , comme nous avons dit ( 1779 ) ; mais pour savoir si la base est soluble daus l’eau , il faudra préalablement calciner le dépôt au rouge avec du charbon pour mettre la base en liberté; on pourrait encore distinguer les sels de chaux , de barite et de strontiane de tous les autres , parce que les nitrates et les hydro-chlorates de ces bases ne sont point troublés par l'ammoniaque cl l’bydrosulfurc d’ammoniaque.

Analyse des Eaux minérales.

i85t. On désigne ainsi les eaux naturelles qui renferment une suffisante quantité de matières étrangères pour exercer une action sur l’économie animale. Les substances qu’on rencontre le plus ordinairement dans les eaux minérales sont l’oxigène , l’azote, l’acide carbonique, l’acide sulfureux ; les sous-carbonates de fer, de chaux et de magnésie ; les sulfates et les hydro-chlorates de chaux , de magnésie et de soude. On reconnaît dans les eaux minérales l’hydrogène sulfuré , par le sulfate de cuivre; les acides carbonique et sulfurique, par le nitrate de barite ; l’acide hydro-chlorique , par le nitrate d’argent; l’acide sulfureux , par l’hydrogène sulfuré qui en précipite du soufre ; la magnésie , par l’eau de chaux ou l’ammoniaque ; les carbonates insolu-

Mes , par le précipité qui se forme pendant l’ébullition -, le sous-carbonate de fer , par la couleur bleue du précipité que (orme dans la liqueur l’hydro-ferro-cyanalc de fer , après y avoir ajouté un 'acide.

La séparation de toutes les substances étrangères qui entrent dans la composition des eaux minérales, peut se faire par deux méthodes différentes: la première, qu’on appelle méthode directe , consiste , après avoir recueilli les substances gazeuses , à faire évaporer l’eau jusqu’à siccité , et à séparer les sels en plusieurs groupes , en traitant le résidu successivement par l’eau et l’alcool : la seconde , qu’on appelle méthode indirecte , consiste à précipiter séparément les acides et les oxides et les combiner deux à deux. La première méthode présente souvent de grandes difficultés, car l’eau et I alcool ne séparent pas toujours exactement les sels ; la seconde est très-exacte , mais elle a l’inconvénient de laisser souvent incertain le mode de combinaison des élémens ; la première méthode n’est point exempte de cet inconvénient , car plusieurs sels peuvent se former pendant l’évaporation. Nous décrirons le dernier mode d’analyse d’après M. Murray.

■ 85a. On déterminera la nature et la quantité des gaz libres renfermés dans l’eau, en opérant comme il est indiqué ( 71 ). L’hydrogène sulfuré sera absorbé par le sulfate de cuivre ; l’acide carbonique par la potasse, et on mesurera la quantité d’oxigène qui se trouvera dans le résidu , en le brûlant dans l’cudiomètrc. Supposons que l’eau dégagée de gaz renferme des carbonates, des sulfates et des hydro-chlorates de chaux , de magnésie et de soude ; on lui fera subir les opérations suivantes : 1° La liqueur sera réduite par l’évaporation, autant que cela sera possible, sans qu’il se forme de précipité ou de cristaux , afin que l’action des réactifs soit plus complète, a” On versera dans la liqueur une dissolution d’hydro-cbloratc de barilc jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité , en ayant soin de n’en pas mettre en excès. Le précipité renfermera les acides carbonique et sulfurique combinés avec la barite. Le précipité étant déséché et pesé , on en séparera le carbonate par l’acide bydro-chloriquc. 3° On ajoutera à la liqueur filtrée , une dissolution d’oxalatc d'ammoniaque jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité ; le précipité recueilli , lavé, calciné, traité par l’acide sulfurique , calciné de nouveau , sera du sulfate de chaux dont le poids donnera celui de la chaux. 4" La liqueur étant filtrée, rapprochée et chauffée à 38 ou on y versera de l’ammoniaque et du phosphate d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité. Le précipité, lavé et calciné pendant une heure à la chaleur rouge , sera composé de phosphate de magnésie , dont le poids donnera celui de la magnésie. 5° La liqueur claire étant évaporée jusqu'à siccité et chauffée au rouge , le résidu sera du sel marin, dont le poids donnera la quantité de soude que renfermait l’eau minérale, mais une partie de l’acide qui la sature provenant de l'bydro-cblorate de barite , dont un s’est servi d’abord , il faudra déterminer par un autre moyen la quantité de

cet acide qui était renfermée dans l’eau ; pour cela on prendra une nouvelle quantité d'eau dunt on précipitera l’acide carbonique et l’acide sulfurique par le nitrate de baritc, et ensuite l’acide hydro-chlorique par le nitrate d’argent.

Analyse des Substances Végétales et Animales.

i853. Les substances végétales et animales se reconnaissent facilement, parce que toutes sont décomposées par la chaleur , et donnent les produits décrits ( ma).

■ 854- Pour séparer les dificrens principes immédiats qui composent une substance végétale ou animale, on emploie l’eau, l’alcool, l'éther, les acides, les alcalis.

■855. Pour analyser un sel dont l’acide seul est végétal , on calcine le sel, l’oxide reste seul , quelquefois réduit ; dans tous les cas , on en reconnaît la nature par les procédés décrits. Quant à l’acide , on précipite le sel par une dissolution de plomb , on décompose le sel à base de plomb par un courant d’hydrogène sulfuré , l'acide végétal reste en dissolution , et on en détermine la nature par les propriétés connues des acides végétaux.

■ 856. Pour analyser les sels qui ont une base et un acide végétal , on détermine la nature de la base en traitant le sel par la magnésie en excès qui se combine avec l’acide. Le précipité renferme la base végétale, on le traite par l’alcool, et en rapprochant convenablement cette dissolution , la base végétale se dépose par le refroidissement. Ses caractères et ceux de ses combinaisons la font facilement distinguer.

1857. On a souvent aussi pour objet de déterminer les élémens simples qui constituent une substance végétale ou animale, c'est-à-dire, les quantités d’oxigène, d’hydrogène , de carbone ou d'azote qu’elle contient. On y parvient en brillant la substance au moyen d’un corps qui ccdc facilement son oxigène, tel que le chlorate de potasse , le deutoxide de cuivre. L’analyse des matières organiques par le chlorate de potasse a été faite , pour la première fois , par MM. Gay-Lussac et Thénard , et c'est à M. Gay-Lussac qn’on doit l’emploi de l'oxide de cuivre. Ce dernier procédé est maintenant généralement usité. Nous allons le décrire.

■ 858. On se sert d’un tube de verre de o“,4o de longueur et de o”,oo7 de diamètre , bien sec et fermé à une de ses extrémités ; on dessèche la matière à analyser , et on en pèse o*,5. On les met dans un mortier de verre avec Soi d'oxide de cuivre ; on introduit le mélange dans le tube au moyen d'un petit entonnoir de verre; on le recouvre d’une couche de 10 grammes d’oxide de cuivre trituré dans le mèmé mortier employé à faire le mélange, afin d'enlever les dernières portions du mélange qui y étaient restées adhérentes ; on ajoute encore i5 grammes d'oxide de cuivre , et on recouvre le tout d'une couche de limaille de cuivre qui sert à dé-

composer l'acide nitreux qui se forme quand la matière organique est très -azotée ; on remplit le reste de la capacité du tube de verre grossièrement pilé ; alors on courbe k la lampe l’extrémité du tube , et après l’avoir pesé exactement , on le place dans un fourneau alongé ( fig. io5 ) ; à l’extrémité du tube on mastique avec de la cire d’Espagne un tube recourbé dont l’autre extrémité s'engage sous un flacon renversé plein de mercure et reposant dans une cure remplie du même liquide.

On chauffe d'abord graduellement la partie qui contient l'oxide de cuivre pur, et au moyen d'un céran que l'on recule, on échauffe la totalité du tube jusqu’au rouge naissant. Les élémens de la matière organique sont brûlés, et il sc dégage de l’azote, de l’acide carbonique et de la vapeur d'eau ; lorsque le tube étant rouge obscur , il ne sc dégage plus de gaz , l'opération est terminée ; on laisse refroidir , et on mesure les gaz obtenus , en tenant compte de la pression , de la température et de la vapeur d'eau dont iis sont saturés, ou en les desséchant au moyen du chlorure de calcium - Alors on détermine, par les moyens connus, la quantité d'acide carbonique et d'azote que renferme le mélange gazeux , et on en conclut les quantités de carbone et d’azote contenues dans la matière organique. Pour connaître la quantité d'oxigène et d'hydrogène , on pèse le tube après l'opération ; en retranchant ce poids du poids primitif et de celui de la substance organique, on aura évidemment le poids de l’oxigènc dégagé de l’oxide de cuivre. Or , comme cet oxigène a été employé pour faire de l'eau et de l'acide carbonique , en retranchant l'oxigènc renfermé dans ce dernier gaz , le reste sera celui qui a été employé k former de l’eau! nn a ainsi la quantité d’Iivdrogènc qui était en excès , sur relie qui a été transformée en eau par i’oxigène de la matière organique elle-même : pour avoir cette portion d’oxigène et d’hydrogène , il faudra retrancher du poids de la matière analysée, le. poids du carbone, de l'azote et de l’hydrogène; le reste représentera l’eau qui s’est formée par la seule réaction des élémens de la matière organique , et on en déduira facilement les quantités d'oxigène et d’hydrogène qu’elle renfermait. On pourrait déterminer directement la quantité d’eau qui se forme en faisant passer les produits gazeux à travers un tube plein de fragmens de chlorure de calcium , qui serait pesé avant et après l'opération.

Tables de Composition.

iS'mj. Nous avons vu dans ce qui précède , z° que les corps sc combinent en proportions fixes ; a* que quand deux corps forment plusieurs combinaisons différentes , un des deux corps s'y trouve dans des proportions qui sont entre elles dans "des rapports simples; en représentant par l’unité la proportion la plus simple, les autres sont exprimées par i , 3 , 4 ou 5; 3° que les quantités d’acides qui saturent un même

poids d'une base quelconque , sont dans les mûmes rapports pour toutes les bases. Il résulte de là , que si on prend une quantité d’oxigène représentée par 10 , et qu’on calcule, 1* les poids de tous les corps simples qui se combinent arec celle quantité d'oxigène et forment la combinaison la moins oxigénéc ; 2“ les poids des oxides et des acides qui renferment ces quantités de base , en leur ajoutant la proportion convenable d'oxigène ; 3" les poids des sels, en ajoutant ceux, des acides et des oxides { 1 ) , on obtiendra une série de nombres dont les rapports resteront les mêmes, quelle que soit la quantité d’oxigène d’où l'on partirait. Ces nombres portent le nom de nombres proportionnels ou équivalent chimiques. Pour en concevoir l'usage , imaginons que l'on veuille savoir combien 100 parties de sulfate de cuivre renferment d'acide , d’oxide , d’oxigène et de cuivre ; ces cinq nombres , dont le premier seul est connu , appartiennent à une série de nombres correspondons à une certaine quantité d’oxigène qu'on aurait prise pour point de départ. Or toutes les séries étant semblables, les cinq nombres correspondons dans la table calculée sont proportionnels à ceux que nous citer-

( 1 ) Le* nombres qui représentent les sels ne résultent pas toujours de b somme dr celui qui représente l'acide et de celui de l'oxide ; car dans les sels , la quantité d'oxigène de l'oxide étant 4 celle de l’acide dans un rapport constant, cela n’aura lieu que dans certains cas. On peut cependant déterminer le poids des bases des acides , de manière à ce qu’ils se combinent avec un protoxidr qui contient 10 d'oxigène : alors tous les sels de protnxides seraient représentés par la somme des poids de l’acide et de l’oxide, déterminés d’avance ; mais pour les sels renfermant des oxides plus otigénr s , il faudra augmenter la quantité d'acide ou diminuer U quantité de base, de manière i ce que le rapport entre l'oxigcne des deux élémens reste constant. Pour rendre ceci plus clair , concevons qu'on ait pris , pour représenter les métaux , des quantités telles que combinées avec 10 d'oxigène , il en résulte des protoxides ; le nombre qui représentera le cuivre, sera 79, 1 4- Le protoxidr sera représenté par 89,1$ , et le deutoxidc par 99,14; «1* calculant de même la quantité de soufre qui en se combinant avec 10 d'oxigène forme l'acide hypo-sulfureux , on trouve îo ; et l'acide sulfurique qui contient trois fois plus d'oxigène , sera représenté par 5o. Or dans les sulfates neutres , la quantité d’oxigène de l'acide est trois fois plus grande que celle de la base; par conséquent , tous les sulfates •le protoxidr seront représentés par la somme de l’acide et de l’oxide , ainsi le sulfate de protoxidr de cuivre (en supposant qu'il existe) serait représenté par 5o + 89,14 ou 139,14 ; mais pour le sulfate de deutoxidr , il faudra nécessairement , ou doubler l’acide ou prendre la moitié de la base ;

en adoptant cette dernière méthode , le sulfate de deutoxidc de cuivre sera 5o + £2^J ou 99*5’. Il 1 »

est important alors de se souvenir de cette modification , car quand on sépare les élémens des sels , il faut prendre la moitié du nombre qui représente le deuloxide. Par exemple , si l’on voulait connaître tous les élémens du sulfate de protoxidc . ce sel étant représente par 1 3^, x 4 » il se compose de 5o d'acide, 89,14 d’oxide; ou de 10 de soufre, io d’oxigène, 79,14 de cuivre et 10 d'oxigène ; mais le deuto-sulfale représenté par 99,57 , sc compose de 5o d’acide , 49*57 d'oxide t ou de an de soufre , 3o d'oxigène , de 39,3? de cuivre et de 10 d'oxigène.

thons; par conséquent, ces derniers se déduiront facilement des premiers par de simples proportions (i).

1860. Nous avons dit , au commencement de ce Cours , que les corps étaient composés de parties indivisibles , désignées sous les noms de molécules , à' atomes , de corpuscules ; ce n’est qu’une hypothèse , mais elle est d’une très-grande probabilité : car de toutes celles qui ont été émises sur la constitution des corps , c'est la seule qui soit d'accord avec les faits. Dans cette théorie c’est entre les molécules des corps que s'exercent les affinités chimiques; et chaque molécule d’un corps composé est formée d'un certain nombre constant de molécules des corps élémentaires. On ne peut pas déterminer le nombre des molécules des corps qui constituent la molécule de leur composé ; mais quand deux corps se combinent en proportions différentes , on peut déter-

(1) M. Wollaston a eu l'heureuse idée de disposer les nombres proportionnels sur une échelle , de manière à obtenir les nombres cherches sans aucun calcul et par le seul mouvement d'une règle mobile. Pour concevoir la disposition de celte échelle , rappelons- nous que le nombre cherché, quel qu'il soit . appartient toujours à une série de nombres proportionnels dont chaque terme se déduirait de ceux de la série calculée , en les multipliant par un nombre constant ; tout se borne donc à effectuer relie multiplication sans aucun calcul. Imaginons deux règles placées à côté l'une de l'autre , de même longueur, l'une fixe, l'autre mobile, et divisées toutes deux, à partir d'un point commun, par des lignes transversales portant la série des nombres naturels 1 , 2 , 3 , { , etc. , à partir de la première division , et concevons que les divisions soient tellement placées , que les distances de deux quelconques au point de départ , soient entre elles comme les logarithmes des nombres qui portent les divisions. Cela posé, si l'on voulait ipultiplicr un nombre quelconque de l’échelle par un autre nombre , par exemple , par S , il faudrait avec un compas prendre la distance du point de départ à la division marquée 5 , et porter cette division à partir du nombre que l'on veut multiplier : le chiffre dr la division correspondante à l'extrémité du compas serait le produit cherché , car son logarithme qui est sa distance au point de départ , est égal à la somme des logarithmes des facteurs ; au lieu de prendre la distance de la division 5 au point de départ avec un compas , il est évident qu'il suffirait de faire glisser la règle mobile , de manière que son téro coïncidât avec la 5« division de la règle fixe ; la division de la règle mobile qui coïncidait d'abord avec le nombre qu'on voulait multiplier se trouvera en regard du produit. Cela posé , concevons que la règle mobile ne contienne que les chiffres des divisions, et que sur la règle fixe on ait placé les noms des différens corps vîs-i^vis les nombres qui leur correspondent ; si on fait glisser la règle mobile , chacun des corps se trouvera vis-i-vis de nombres différens r mais qui auront entre eux les mêmes rapports , puisque le mouvement de la règle équivaut a une multiplication , on a une division par un même nombre ; par conséquent on pourra obtenir tous les nombres cherchés par te seul mouvement de la règle : par exemple , si on voulait avoir la rompo- * silion de {5 parties de sulfate de cuivre, il faudrait faire glisser 1a règle de manière que le nombre 43 fût vis-i-vU du nom de ce sel , et on trouvera vis- 3- vis les mots acide sulfurique , cuivre , axigène , des nombres qui expriment les quantités de ces élémens qui existent dans les ^5 parties de sel.

miner le rapport des nombres de molécules simples qui se trouvent dans les molécules de ces difrérens corps. Par exemple , l'azote se combine avec l’oxigènc en cinq proportions différentes : en appelant b la quantité d'azote et a la quantité d'oxigène qui constituent le protoxide d'azote , la composition de ce corps sera représentée par b+a, celle du deutoxidc d’azote par b+ ao, celle de l'acide hypo-nilrcux par 6 + 3 a, celle de l’acide nitreux par b + 4 a, cl enfin celle de l’acide nitrique par 4+5o. Il est évident , d'après cela, que si la molécule de protoxide d’azote renferme m molécules d'oxigène , les autres composés en renfermeront 1 m , 3m , .4 m, 5m. Voilà tout ce que l’on peut déduire de l’expérience relativement au nombre des molécules simples qui constituent les molécules des corps composés.

Cependant on a cherché à déterminer les nombres de molécules élémentaires qui conslitucnt les corps composés 1 on s’est appuyé pour cela sur les deux hypothèses suivantes. On a admis comme probable «• que les gaz simples, à la même température et sous la même pression , renfermaient dans le même volume le même nombre de molécules ; a" que le composé qui résultait de la combinaison de deux corps dans la plus petite proportion relative , était fdlmé d’nnc molécule de chaque corps; il suit de là, 1* que la molécule d’un corps dont les élémens sont gazeux , est formée d'un nombre de molécules élémentaires dans le rapport des volumes des élémens; a» que les poids relatifs des molécules des corps gazeux sont proportionnels à leur densité ; 3° que tous les protoxides sont formés d’une molécule de métal et d’une molécule d'oxigène ; 4“ que lé nombre des molécules élémentaires qui constituent les molécules composées étant connu , les poids relatifs de ces molécules s’en déduisent facilement. On s’est quelquefois écarté de ces règles générales par des considérations particulières que nous ne pouvons pas développer ici.

Cette détermination des poids des molécules est entièrement hypothétique et ne présente aucune certitude ; mais comme clic simplifie beaucoup toutes les considérations qui sc rapportent à la composition des corps, clic est admise par un grand nombre de chimistes. Au reste, tous les calculs sont entièrement iodépendans des idées physiques des atomes , et ils restent les mêmes , en remplaçant le mot molécule ou atome par celui de dose , mesure ou proportion ; ainsi , par exemple , quand nous disons que le protoxide d'azote est formé d’une molécule d'oxigène et d'une molécule d'azote , le deutoxidc de deux molécules d'oxigène et d’une d'azote etc., que l’atome d'oxigène pèse 10 , celui d'azote 17,705 , nous pouvons aussi , sans aucune hypothèse sur la conslitution des corps , et par suite nécessaire de leur analyse , dire que le protoxide d’azote est formé d’une mesure d’oxigène qui pèse 10 et d’une mesure d’azote qni pèse 17,705 , que le tfeuloxidc est formé d’une mesure d'azote et de deux mesures d'oxigène , etc.

1861. Dans les tables suivantes , qui renferment la composition d 'un grand nombre

«le corps, l'atome d’oxigène égale 10, et tous les poids des autres corps ont été calculés d’après les tables de M. Bcrzélius , de manière à ce que l’atome de tous les acides se combine arec un atome de protoxidc pour former un sel neutre. Pour toutes les bases salitiables, le protoxidc renferme toujours to d’oxigène; mais il n’en est pas ainsi pour tous les autres corps brûlés au minimum d’oxigénation: le bore, l’iode, le phosphore, le sélénium , l’arsenic et le tungstène renferment plus ou moins d’oxigène , afin qu’un atome des acides dont ils forment la base se combine avec un atome de protoxide pour faire un sel neutre. On remarquera aussi que les poids des atomes ne coïncident pas arec ceux que nous avons donnés dans le cours de cet ouvrage , i“ parce que , pour éviter des fractions, nous avons fait le poids de l’oxigène égal à 10; a» parce que pour satisfaire aux deux conditions énoncées plus haut , il a fallu quelquefois abandonner I "hypothèse sur laquelle nous avions fondé le poids des atomes des corps gazeux. An reste , nous le répétons , tout est arbitraire dans la détermination des poids des atomes ; tous les système; conduisent aux mêmes résultats , et le meilleur est celui dans lequel les calculs sont les plus simples ; or c’est ce qui a lieu pour celui que nous avons adopté , qui a «l’aillcurs l’avantage de donner pour les atomes des nombres identiques avec les nombres proportionnels de M. Thénard. Afin de rendre cette table facilement comparable , avec celle de M. Bcrzélius, nous avons placé b côté de chaque corps simple , dans le premier tableau , tin chiffre entre deux parenthèses qui indique le rapport de la molécule d’après M. Bcrzélius à celle du tableau-, il sera facile, d’après cela, d’écrire toutes les formules dans le système de ce célèbre chimiste.

Les corps simples sont désignés par la première lettre de leur nom , auquel on ajoute la seconde , lorsque plusieurs métaux ont la même initiale. Un corps composé est désigné par les signes des élctncns écrits ê la suite ; quand il y a plus d’une molécule de chaque élément , on en désigne le nombre par un chiffre placé à la droite du signe et un peu élevé, comme un exposant: ainsi Ar ■ O3 , indique un corps formé de deux molécules d’arsenic cl de trois molécules d’oxigêne. On s’est • écarté de cette marche pour les corps qui renferment une molécule du radical , et

1 , a , 3 , 4 , 5 , etc. , molécules d’oxigêne ; on écrit seulement le signe du radical et on place an-dessus autant de points que le composé renferme de molécules d’oxigène; ainsi A A A A A représentent le protoxidc , le dcutoxidc d’azote , l’acide hyponitreux , l’acide nitreux et l’acide nitrique.

Lorsque dans un sel il y a plusieurs molécules d’acide , et que chacune est représentée par plusieurs lettres , on met ces lettres entre parenthèses et on place en avant un chiffre indiquant le noifihrc des molécules acides -, ainsi % (P* O1) C représente le phosphate acidulé de chaux ; si l’acide était désigné par une seule lettre , on se contenterait d’indiquer le nombre des molécules acides par un chiffre mis à la

droite , ainsi S’ Cu représente le sulfate de dentoxidc de cuivre. Les acides végétaux sont désignés par leur initiale , au-dessus de laquelle on a rais un trait horizontal ; quant aux sels doubles, leur formule est composée de deux parties, dont chacune représente un des sels ; ces deux expressions sont quelquefois suivies d'une troisième représentant la quantité d'eau. Dans le tableau de la composition des sels on a désigné par x le radical de l’oxide , et le point placé au-dessus indique qu'il doit être combine avec un atome d oxigène ; par conséquent , si la base est un protoxidc , il faudra, pour obtenir la formule du sel, mettre b la place de x celle qui représente ce protoxide ; mais si c’est un deutoxide , l’atome d'acide ne devra être combiné qu'avec un demi-atome d’oxide , ou deux atomes d’acide avec un atome de deutoxide. Quelques exemples rendront cette table facile b employer.

Supposons d’abord que nous voulions connaître la composition du nitrate de cuivre.

La formule des sulfates est A x et celle du deutoxide de cuivre est Cu ; or , comme cet atome en renferme deux d'oxigène , la formule du sel sera A1 Cu ; il y a donc deux atomes d’acide nitrique et un atome d’oxide ; l’atome d'acide est formé de 5o d'oxigène et de 17,707 d’azote , et celui de cuivre de ao d’oxigène et de 79,14 de métal. Par conséquent ce sel renferme i35,4i4 d’acide et 99,14 d’oxide.

Supposons qu'on demande combien il faut de nitrate de barite pour précipiter complètement une quantité donnée de sulfate de soude : la formule du premier sel est

A Ba , celle du second S So ; les deux bases étant des protoxides , il suffit de calculer la valeur de ces deux formules , ce seront les nombres cherchés; or, A = 6;,7o5, S=5o, Ba = 95,69 et So = 39,09 ; par conséquent, A Ba = 163,395 et S $3=89,09: il faudra donc 163,395 de nitrate de barite sec pour décomposer 89,09 de sulfate de soude anhydre. Si les deux sels qui doivent se décomposer renfermaient des oxides b des degrés différens d'oxidation , il faudrait, dans les deux formules qui représentent les sels, introduire le même nombre d’atomes d'acide : par exemple, s’il s’agissait du nitrate de barite et du deuto-sulfatc de cuivre , les deux formules seraient A Ba et S* Cu ; il faudrait doubler la première formule , parce qaeCu exige pour sa

saturation deux atomes d’acide nitrique , et que S1 sature également deux atomes de barite. •

Poids et Signes des Atomes des Corps simples.

Osigine

Hydrogène

Azote

Chlore

Phosphore

Soufre

Iode

Sélénium

Bore

Carbone

Silicium

Zirconium

Thorinium

Yttrium.. ..........

Glucinium

Magnésium

A lu m inium

Calcium..

Strontium

St

Barium

Lithium

Sodium

Potassium

Manganèse. ...... ..

Ma

Zinc.

Zi

Fer

Ssii

]5^ii3

4ÎÎÎ

as, 08

i5, 8f 11, 41 aS, 60

4o, 3a 33, gx

Etain £

Cadmium Cd

Arsenic Ar

Molybdène Mo

Chrome. Cr 1

Tungstène Tu

Colombium Co

Antimoine An

Uranc U

Cérium Ce

Cobalt......... Cb

Titane Ti

Bismuth...,,.. Bi

Cuivre....... Cu

Tellure.................... Te

Nickel N

Plomb Pb

Mercure Me

Osmium Os

Argent Ag

Palladium Pa

Rhodium .. Ts ............. . B

Platine PI

Or.. Or

Iridium. Ir

CO

io

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