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sur 90 à 100 grammes, l'eau est chargée de a5 fois son volume d'oxigène; on peut , en employant plus d'acide et en dissolvant à la fois plus d'oxide, charger l’eau de ix5 fois son volume d'oxigène ; mais lorsque l'eau contient plus de 5o volumes d’oxigènc , elle se décompose trop facilement, pour qu’il soit avantageux de continuer l’oxigénation par la baritc. Lorsque l’eau est suffisamment oxigénée , on la sature de deutoxide ; il se forme un précipité composé de silice , d’alumine et d’oxide de fer, qu'on sépare promptement au moyen d’un filtre de toile : cette opération doit se faire avec célérité , car une très-petite quantité d’oxide de manganèse libre produit un dégagement considérable d'oxigène. Il ne reste plus alors , pour avoir l'eau oxigenée parfaitement pure, qu’à séparer la baritc et l’acide hydro-cbloriquc; on précipite encore la barite par l'acide sulfurique , et on sépare le sulfate de Larite par la filtration; et enfin, on précipite l’acide hydro-cliluriquc par le sulfate d’argent, et l'acide sulfurique par la barite. On doit avoir soin d’employer du sulfate qui ne renferme point d’oxide libre , et dans toutes ces précipitations successives d’employer , autant que possible , exactement la quantité de réactifs nécessaire : c’est à quoi l’on parviendra par des tâtonnemens. Cependant , comme le point mathématique de saturation est extrêmement difficile à atteindre , il est préférable de laisser dans la liqueur un excès d'acide plutôt qu'un excès de base. Toutes les manipulations doivent se faire à la température de zéro; pour cela, le vase de verre dans lequel on fait les dissolutions et les précipitations doit rester environné d’une couche de glace que l’on renouvelle à mesure qu'elle se fond , et les filtrations doivent se faire dans un eDtonnoir double ( Jig. 58 ) ; l'entonnoir intérieur A B C U pénètre l’entonnoir extérieur A’ B’ C’ D’ , auquel il est réuni par une virole en cuivre , qui ferme exactement, par la partie inférieure , l’espace éjui les sépare ; cet espace est rempli de glace , et le filtre est placé daus l’entonnoir intérieur.
Après la dernière filtration , ou introduit la liqueur sous le récipient d’une machine pneumatique dans lequel on a placé une large capsule renfermant de l’acide sulfurique concentré ; on fait le vide, et l’évaporation continuelle, produite par l'absorption de la vapeur d’eau par l’acide sulfurique, concentre la liqueur de plus en plus et la fait parvenir au point de renfermer 4?» fois son volume d’oxigène.
On pourrait encore, pour faire l’eau oxigénée, se servir des peroxides de sodium, de potassium, de strontium, de calcium, et de plusieurs autres; mais il serait toujours plus difficile et souvent même impossible de séparer ces oxides de l’eau oxigénée.
77. Propriétés Chimiques. De tous les corps déjà examinés il n’en est que deux qui décomposent le deutoxide d’hydrogène , c’est le sélénium et le carbone. Le sélénium en poudre , mis en contact avec le deutoxide d'hydrogène concentré , le décompose subitement avec un grand dégagement de chaleur, s’acidifie et se dissout;
J. ta
lorsque l'oxide est /tendu d'eau, l'action est moins vive et se prolonge. Le charbon en poudre décompose aussi subitement le deutoxide concentré, et lentement celui qui ne l'est pas ; tout l'oxigène se dégage , et aucune portion n’est absorbée par le charbon. L’eau jouit de la propriété de dissoudre le deutoxide d'hydrogène en toute proportion.
78. Analyse et Composition. On peut facilement analyser ce corps , en le décomposant , par l'action de la chaleur ou â la température ordinaire , par le charbon , l’oxide d’argent ou l'oxide de manganèse; on se sert, pour cela, d'un tube de verre A B (Jig. 5g), long de 1S à 16 pouces , fermé par son extrémité supérieure , plein de mercure , et reposant par sa partie inférieure dans une cuvette M N pleine du même métal. On introduit , par l’aspiration, dans une petite ampoule de verre a , une quantité d’oxide dont on déteruvne le poids en pesant l’ampoule vide et pleine; on la ferme en fondant l’cxtrém'lé à la flamme d’une allumette, et on l'introduit dans le tube; elle gagne la partie supérieure, on la brise avec une tige de verre; et ensuite, si l’on veut décomposer l’oxide par la chaleur , on se sert de l’appareil [Jig. 60 ) qui est composé de deux cylindres concen triques en fil de fer , entre lesquels on place des charbons; on introduit le tube dans le cylindre intérieur, et la décomposition a bientôt lieu : mais comme elle se manifesterait subitement et même avec explosion si l’oxide était concentré, on doit toujours faire passer dans la cloche une certaine quantité d'eau distillée. Pour décomposer l'oxide par le charbon ou l'oxide de manganèse, il suffit d’introduire sous la cloche ces substances en poudre très -fine; elles s'élèvent par leur légèreté spécifique, et déterminent la décomposition par le simple contact il faut avoir soin d’agiter le tube, afin que, la totalité de ce liquide se trouvant successivement en contact avec le corps solide, on puisse être assuré que la décomposition est complète. Nous devons encore ajouter que, lorsqu'on emploie le peroxide de manganèse , il ftut d'abord faire passer dans le tube une petite quantité de potasse en dissolution, afin de neutraliser l'acide que l'eau oxigénee renferme presque toujours, et qui en agissant sur l'oxide de manganèse, pourrait le décomposer et produire un dégagement d'oxigèno. M. Thénard a trouvé, par ce procédé, que le deutoxide d'hydrogène au maximum de densité renferme deux fuis autant d’oxigène que l'eau ordinaire : on peut donc regarder chacune de ces molécules comme composée de a molécules d'oxigène et de a molécules d’hydrogène. Le poids de la molécule sera donc alors a,ta{3.
Le deutoxide d'hydrogène a été découvert par M. Thénard en 1818; c’est à ce célèbre chimiste que nous devons la connaissance de toutes les propriétés de ce corps singulier. Jusqu’ici l’eau oxigénée n’a été employée qu’à la restauration des dessins gâtés par l’altération du blanc de plomb ; l’hydrogène sulfuré , qui se produit si souvent dans la décomposition des matières végétales et animales , a la pro-