‹ Cours de chimieChapitre 20 sur 166 · D E C TI I M I E · texte numérisé non relu

D E C TI I M I E

robinet Q et de fermer le robinet R ; alors la cloche s’e'lève à mesure qu’elle se remplit. Lorsque la cloche est pleine , on fait facilement écouler le gaz d’une manière continue par le tuyauX, en ouvrant le robinet R, fermant le robinet Q et en enlevant une partie des poids places dans le plateau P ; de là le gaz se rend , par des canaux, dans les lieux où il doit se dégager pour être brûle.

L’épuration du gaz hydrogène carboné , à laquelle est destinée une grande partie de l’appareil que nous venons de décrire , est une opération absolument indispensable ; car la combustion immédiate des produits de la distillation des houilles est accompagnée d’une odeur hépatique et empyrcumatiquc très-désagrcablc. On peut brûler le gaz en le faisant dégager par un orifice très-capillaire ; mais il est beaucoup plus avantageux de le brûler dans des appareils semblables à la lampe d’Argant. Ces appareils sont composés de deux cylindres concentriques ; l’intervalle qui les sépare est fermé en-dessus et en- dessous; la partie supérieure est garnie d’une rangée de trous disposés circulairement ; audessus , on place une cheminée en verre , de manière qu’il puisse s’établir un courant d’air en dehors du cylindre extérieur et en dedans du cylindre intérieur ; le gaz indroduit , par un tuyau inférieur, dans l’espace qui sépare les deux cylindres , sort par les orifices capillaires, et la série des flammes disposées circulairement produit le même effet que la flamme circulaire continue des lampes d’Argant ; la flamme est très-blanche et ne laisse échapper aucune odeur désagréable et aucune fumée , lorsqu’on a soin de régler la pression du gazomètre , de manière à ne pas fournir plus de gaz que n’en peuvent brûler les deux cou rans d’air. Un kilogramme de houille de bonne qualité donne environ 4 pieds cubes de gaz hydrogène carboné : un bec produisant une lumière équivalente à celle d’une lampe d'Argant ordinaire , consomme par heure o,33 de pied cube de gaz ; ainsi , un kilogramme de houille peut fournir une quantité de gaz capable d’alimenter une lampe d'Argant pendant 12 heures. La quantité de charbon de terre employée pour chauffer les cylindres varie entre '/, et ’/j de la quantité de houille distillée. La houille , après la distillation , porte le nom de Coke : cette substance est encore très-

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combustible ; elle brûle sans odeur ; on l'emploie dans l'économie dômes* tique et dans un grand nombre d’arts.

D’après les expériences faites , en 1820 et 1821 , à l'hôpital S-Louis , il re'sultc , que ce vaste établissement , pour être éclairé avec de l'huile , comme il l'est maintenant parle gaz, exigerait une dépense annuelle de 24,000 f. ; tandis que les frais d'éclairage par le gaz ne s’élèvent qu’à la somme de 7,i34 f. 38 c., compris l’intérêt du capital de 4°iO°° , somme à laquelle s’élèverait le prix d'un appareil uniquement destiné à fournir à la consommation locale. (Voyez , pour plus de détails , Annales de Physique et de Chimie , tom. 2;).),

Le grand avantage de l’cclairagc par le gaz extrait du charbon de terre , sur l’éclairage ordinaire , l'a fait adopter depuis long-temps en Angleterre; en 1820, on y consommait, par nuit, 1,200,000 pieds cubes de gaz , ce qui représente 5o,ooo lampes d'Argant , brûlant pendant 8 heures. Paris renferme déjà plusieurs grands établissemens qui ont entièrement adopté ce nouveau système d’éclairage.

Histoire. L’hydrogène percarboné a été découvert , en «796, par des chimistes hollandais , qui lui donnèrent le nom de Gaz Oléfiant. La formation du gaz hydrogène carboné , dans la distillation des houilles , a été découverte par l’ingénieur français Lebon.

Hydrogène Proto-Carboné.

t33. On désigne ainsi la combinaison d’hydrogène et de carbone qui se dégage des eaux stagnantes ; on peut facilement le recueillir au moyen d’une fiole pleine d’eau , renversée et dont le goulot , plongé dans l’eau , est garni d’un entonnoir , et en agitant la vase , afin d’accélérer le dégagement. Ce gaz est presque toujours mêlé d’une petite quantité d'acide carbonique , d’oxigène et d’azote ; on peut facilement absorber le premier par la potasse , le second par le phosphore ; quant à l’azote , il est impossible de l'enlever ; mais comme il ne se trouve jamais qu’en très-petite quantité , on peut le négliger. Le gaz hydrogène proto-carboné , ainsi purifié , est incolore et sans odeur ; sa pesanteur spécifique

est de o,555 ; il est très-combustible : un mélange d’hydrogène percarboné et d’oxigène détonne avec violence par une étincelle électrique ; mais il faut , pour que la combustion ait lieu , employer , sur too parties de gaz combustible , plus de 100 parties d'oxigène et moins de 25o ; il exige , pour sa combustion , deux fois son volume d’oxigène , et il se forme un égal volume d’acide carbonique ; ainsi , la moitié de l’oxigène a été employée à la formation de l'acide carbonique , puisque l’acide carbonique contient un égal volume d’oxigène , et l’autre moitié s'est combinée avec l’hydrogène. Il résulte de là , que l’hydrogène proto-carboné contient 2 fois moins de carbone que l’hydrogène percarboné. Le gaz hydrogène proto-carboné ne sc combine point avec le chlore , et n’est pas sensiblement soluble dans l’eau.

Le gaz qui se dégage des houillères parait être de même nature ; mais les gaz combustibles qu’on obtient par la distillation des matières végétales , sont formés de quantités très-variables d’hydrogène perearboné , d’hydrogène proto-carboné , d’oxide de carbone , d’hydrogène , et d'acide carbonique.

G. Chlorure d' Azote.

i3£. Le chlorure d’azote est un liquide oléagineux , très-volatil , d’une odeur insupportable , il se volatilise en Ircs-pcu de temps à la température ordinaire ; A celle de 3o* , il détonne avec violence. Le chlore et l’azote ne sc combinent point à l’état de gaz ; on obtient le chlorure d'azote en faisant passer un courant de chlore à travers une dissolution d’hvdro - chlorate d’ammoniaque ; on se sert j, pour cela, d’un entonnoir dont la partie inférieure, éfilée à la lampe, ne présente qu’une très-petite ouverture ; on plonge l’entonnoir par la partie inférieure dans une capsule pleine de mercure , et on met dans l’entonnoir d'abord une couche de 3 à 4 centimètres d'une dissolution concentrée de sel marin , et au-dessus , la dissolution ammoniacale , qui doit être formée de 30 parties d’eau et d’une partie de sel ammoniac ; la dissolution de sel marin reste à la partie inférieure par sa pesanteur spécifique , elle est destinée 3 soustraire le chlorure d’azote à l’action du sel ammoniac , qui le décomposerait en partie ; on fait ensuite arriver un courant de chlore dans la dissolution de sel ammoniac , mais de manière qu'il n’atteig-nc pas la surface de la dissolution de sel marin et qu’il n’agite pas assez le liquide qu’il traverse pour mêler les deux dissolutions ; le chlore est d’abord absorbé en grande partie i mais , au bout de quelque temps , on voit des bulles de gaz se former

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cl sc dégager , cl bientôt des bulles de chlorure d'azote qui se précipitent et se réunissent au fond de l'entonnoir à la surface du mercure ; lorsqu’on a recueilli une quantité su (Usante de chlorure d’azote (<) , on enlève l'entonnoir , en fermant son extrémité avec le doigt , et on fait écouler le chlorure dans une capsule pleine d’eau distillée , pour le laver. Le chlorure d’azote est décomposé à la température ordinaire par le phosphore , le soufre et par plusieurs combinaisons du phosphore, par l’acide hydro-sulfurique , les huiles , les savons et un grand nombre d'autres corps ; avec le phosphore ou les huiles , la décomposition produit une violente détonation ; avec lc soufre , il sc forme d abord un composé triple qui sc décompose à mesure avec une effervescence continuelle ; les produits de cette décomposition paraissent être de l’azote, de l’acide hydro - chlorique cl de l'acide sulfureux. Les huiles qui sc manifestent dans la dissolution pendant la formation du chlorure d'azote , paraissent formées d'azote et de vapeurs de chlorure d'azote ; elles sc décomposeut quelquefois spontanément dans l’air avec détonation. D’après l’analyse faite par M. Davy , le chlorure d’azote est composé de 4 volumes de chlore et d’un volume d’azote. La découverte de ccttc singulière substance a été faite par M. Dulong , en »8n.

H. Chlorure de Phosphore.

i35. Le phosphurc s’unit avec le chlore en deux proportions différentes , et forme ainsi deux composés , que nous désignerons sous les noms de Dculo-Chlorurc et de Proto-Chlorure de phosphore.

Deuto- Chlorure de Phosphore.

i36. Ce corps est solide , blanc , rougit facilement le papier de tournesol sec. Il est très-volatil ; fondu sous une pression plus grande que celle de l’atmosphère , il cristallise , par le refroidissement , en prismes transparens. On l’obtient en faisant passer un courant de chlore sec dans un ballon qui renferme du phosphore ; on sc sert pour cela d’un appareil (/%. 65 ) composé d'une cornue d’où sc dégage du chlore , d’un tube a b renfermant du chlorure de chaux , pour dessécher le chlore , et d’un ballon renfermant les cylindres de phosphore. Il est décomposé par l’oxigène de 1 air à la flamme d’une bougie ; les produits de celte décomposition sont

(1) On ne doit jimaii recueillir que de trèi'ptlilft quantité» de chlorure d'aiote , car cette substance détonne si facilement et avec tant do violence, qu'on courrait de grands danger» en opérant sur de» quantité» un pea considérables. L'exemple de M. Dulong , qui a été blessé à deux reprise» différente» , fait voir combien on doit preodre de précaution» dan» les manipulation» de cette substance.

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du chlore et de l’acide phosphorique. L'hydrogène le décompose également à une température élevée , il te forme de l’acide liydro - chloriqiie , et le phosphore est mis en liberté. L'eau le décompose subitement à la température ordinaire , il se forme de l’acide hydro-sulfurique et de l’acide phospborique ; pour que la décomposition soit complète , il faut que l’eau soit en excès et que le chlorure soit en poudre , autrement une portion du chlorure est volatilisée par la chaleur qui se dégage ; il se forme d'abord des gouttes d'une substance oléagineuse , qui paraît être de l'hydrate de chlorure ; elles se rassemblent bientôt au fond du vase , et disparaissent en peu de temps. Le dcuto-chlorure de phosphore se combine avec l'ammoniaque et donne naissance à UDe substance blanche , fixe , insoluble et indécomposable par les alcalis. D'après M. Dulong , le deuto-chlorure de phosphore est composé de 100 parties de phosphore et de 5iq parties de chlore , et , d’après M. Davy , de too parties de phosphore et de Gïo de chlore. Ce corps a été découvert en >810, par M. Davy ; il est sans usage.

Prolo - Chlorure de Phosphore.

«37. Liquide , incolore , répand dans l’air, à la température ordinaire, des vapeurs très - piquantes ; il rougit la teinture de tournesol, mais non le papier de tournesol sec ; il bout à une température peu élevée. Le proto-chlorure de phosphore s’obtient de la même manière que le dcuto-chlorure , seulement on arrête le courantde chlore aussitôt que le liquide commence il se troubler , c'est-à-dire , aussitôt qu'il commence à se former du deuto-chlorure ; On le purifie en le distillant à une douce température ; on peut encore l'obtenir en combinant 7 parties de deuto-chlorure avec une partie de phosphore. l*c proto-chlorure de phosphore se comporte avec l'air comme le dcnto-chlorure. L’eau le décompose et donne naissance à de l'acide hydro-chlorique et à de l’acide phosphoreux. L'ammoniaque forme un précipité de dcuto-chlorure de phosphore ammoniacal et de phosphore. Le proto -chlorure de phosphore peut dissoudre une nouvelle quantité de phosphore , il est alors troublé par l’eau qui précipite le phosphore ; du papier imbibé de cette substance s'enflamme par son exposition à l’air. D’après M.' Davy , le prolo -chlorure de phosphore est composé de 100 parties de phosphore et de 3oo de chlore. Ce corps a été découvert par MM. Gsy-Lussac et Thénard , en 1808.

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