‹ Cours de chimieChapitre 19 sur 166 · C. Cyanogène · texte numérisé non relu

C. Cyanogène

ii 7. Le cyanogène est un corps gazeux , incolore , d'une odeur vive et piquante ; 3 rougit faiblement la teinture de tournesol. Sa pesanteur spécifique est de 1,8064 • il est indécomposable par la chaleur.

Il n’existe point dans la nature. On l'obtient en décomposant par la chaleur le cyanure sec de mercure (1) ; le cyanogène qui se dégage doit être recueilli sous des cloches pleines de mercure.

Ce gaz est très- combustible ; il brille facilement dans l'air, par l'approche d’un corps incandescent ; les produits de la combustion sont de l'eau et de l’acide carbonique. Le chlore et l’hydrogène se combinent avec le cyanogène, et donnent naissance k deux acides , que nous désignerons sous les noms à' Hydro-Cyanique et de

(1) Si le ejfuart était humide , il ie formerait de l'acide carbonique , de l'ammoniaque et dej vapeur* d'acide bydro*cjranique.

DE en I MIE. 89

CUtjrocyanii/ue ; nous examinerons ces deux acides dans le chapitre suivant. D’après la nature et la combustibilité du cyanogène, il est facile de prévoir qu’il sera décomposé par tous les corps qui renferment de l’oxigène et qui le cèdent facilement. L'eau , à la température et sous la pression ordinaire , dissout 4 fois /■ son volume de cyanogène ; celte dissolution s’altère en peu île jours : il se forme de l'acide hydro-cyjuiique , du carbonate d'ammoniaque et une matière brune dont la nature n’est pas bien connue.

On analyse le cyanogène en le faisant détonner dans l’cudiomètre à mercure avec deux fois et demi son volume d'oxigène : les produits de la combustion sont 1 volume de gaz azote et a volumes d'acide carbonique. Le cyanogène est donc composé , en poids , de o,84 de carbone cl de o,g7 d'azote ; le premier nombre est le double de la différence entre la pesantrur spécifique de l'acide carbonique et celle de l’oxigène , le second est celle de l'azote ; par conséquent , une molécule de cyanogène est formée d'une molécule d'azote et d'une molécule de carbone , et son poids est représenté par le nombre a, a84- »

D. Hjdrog'ene Phosphore.

L’hydrogène et le phosphore se combinent en deux proportions différentes , et produisent deux corps gazeux désignés sous les noms d’ Hydrogène Perphosphoré et d’ Hydrogène Proto- Phosphore ; nous allons les examiner successivement.

Hj drog'ene Perphosphoré.

11 8. Propriétés PhysUjues. L'hydrogène perphosphoré est sans couleur; on ne connaît ni son odeur , ni sa saveur , attendu qu'aussitôt que ce gaz est en contact avec l'air , il change de nature. Sa pesanteur spécifique est de 0,9023. A une température très - élevée , il dépose une portion du phosphore. Par une série d'étincelles électriques , il cst.complétement décomposé en hydrogène et en phosphore.

1 19. Préparation. On obtient le gaz hydrogène perphosphoré en soumettant à l'action de la chaleur un mélange d'eau , de chaux et de phosphore ; on introduit ce mélange dans une fiole à médecine {fi g. 61 ) , dont le col est garni d'un tube recourbé qui s'engage sous des cloches pleines d'eau ou de mercure : l’eau est décomposée , scs deux clémcns se combinent avec le phosphore , et de ces combinaisons il résulte de

go COURS

l'hydrogène phosphoré , qui se dégage , et de l’acide hypo-phospiiorcu* , qui sc combine avec la chaux. On peut encore obtenir l’hydrogène perphosphoré par le procédé suivant , qui est dû à Thompson. Dans une cornue tubuléc , dont le col est garni d'un tube recourbé destiné à conduire le gaz dans des cloches pleines d'eau (fig. 19 ) , on met des fragmens de phosphurc de chaux , et , par le tube de sûreté , on introduit de l’acide hydro-chloriquc étendu de deux fois son poids d’eau ; on achève de remplir la cornue avec de l’eau privée d’air par une récente ébullition , et on chauffe modérément : >1 se forme de l’hydrochlorate de chaux , un acide de phosphore qui reste en combinaison avec la chaux, et une très-grande quantité d’hydrogène perphosphoré , quisc dégage. Une demi-once de phosphurc de chaux peut donner jusqu'à 70 pouces cubes de gaz.

120. Propriétés Chimiques. Le gaz hydrogène perphosphoré s’enflamme spontanément dans l'air atmosphérique à la température ordinaire , avec un grand dégagement de chaleur et de lumière et une odeur aillacéc très - forte ; il se forme d’épaisses vapeurs blanches , qui sc déposent promptement ; les produits de la combustion sont de l’eau et de l’acide phosphorique : ainsi l’hydrogène et le phosphore se brûlent en même temps. Si l'on faisait arriver le gaz hydrogène perphosphoré dans un tube très-étroit , le phosphore seulement serait brûlé , et cette combustion ne serait pas accompagnée d’un dégagement de lumière , parce que , la quantité d’air étant très-petite , la combustion n’aurait lieu que successivement; elle produirait peu de chaleur , dont une grande partie serait d’ailleurs absorbée par la substance du tube.

L» soufre , à l’aide de la chaleur , décompose l’hydrogène perphosphoré ; il sc forme du phosphurc de soufre solide et de l’acide hydrosulfurique , qui occupe le même volume que l’hydrogène perphosphoré. L'iode décompose aussi l’hydrogène perphosphoré ; il sc forme du phosphurc d'iode et de l’hydrogène. Le chlore agit sur l'hydrogène perphosphoré avec une très-grande énergie à la température ordinaire , il sc forme du chlorure de phosphore et de l'acide hydro-chloriquc ; cette décomposition est accompagnée de chaleur et de lumière : pour faire cette

expérience i il faut faire arriver du chlore bulle à bulle dans une cloche pleine d'hydrogène perphosphoré et reposant sur l’eau.

On conçoit d’apres cela , que les corps composés qui renferment de l’oxigènc ou du chlore , qui ne sont retenus que par une faible affinité , doivent aussi décomposer le gaz hydrogène perphosphoré : aussi les oxides de chlore et le protoxidc d'azote décomposent l'hydrogène perphosphoré avec la plus grande facilité. L’eau , à la température ordinaire , dissout à peine */<„ de son volume d'hydrogène perphosphoré.

i2i. Etat Naturel. L’Hydrogène perphosphoré paraît se former quelquefois dans les cimetières par la décomposition de la matière cérébrale , dont le phosphore est un des élémens ; il est probable que ce gaz s’échappe à travers les fissures de la terre , vient brûler à sa surface et produit ces flammes vacillantes qu’on observe fréquemment pendant la nuit dans les cimetières humides et auxquelles on a donné le nom de feux-follcts.

ia». Analyse. Le gaz hydrogène perphosphoré , décomposé par un courant d’étincelles électriques , donne un égal volume d’hydrogène ; il est donc composé d’un poids de phosphore représenté par la différence entre la pesanteur spécifique de l’hydrogène perphosphoré et celle de l’hydrogène , et d’un poids d’hydrogène représenté par la pesanteur spécifique de ce gaz , ou de 92 ,3i de phosphore et de y.Gq d’hydrogène , et chaque molécule est composée de deux molécules de phosphore et d’une d’hydrogène , et son poids est représenté par 7,90.

ia3. Histoire. Le gaz hydrogène perphosphoré a été découvert par Gengembre en 1783. 11 est sans usage.

Hydrogène Proto-P/iosp/ioré.

124. Le gaz hydrogène proto-phosphoré est incolore ; son odeur est analogue à celle de l'arsénié en combustion. Sa pesanteur spécifique est de 0,9716. 11 est décomposablc par une série d’étincelles électriques, et il jouit de toutes les propriétés chimiques de l’hydrogène perphosphoré, seulement il n’est point combustible spontanément dans l'air atmosphérique ; il exige, pour absorber l'oxigènc , une température de i5o° ; du moins , c’est à cette température seulement que détonne un mélange d’oxi-

gène et d'hydrogène proto - phosphore : cependant , sous une trèsfaible pression il est combustible à la température ordinaire. Il paraît qu’il se forme dans la nature de même que l’hydrogène perphosphoré. On I obtient en abandonnant de l’hydrogène perphosphoré à l’action de la lumière solaire ; on l’obtient encore en décomposant par la chaleur de l'acide phosphoreux ou phosphatique (i). En décomposant par l'électricité l’hydrogène proto-phosphoré , on obtient 2 volumes d’hydrogène. Thompson le regarde comme composé de la même quantité de phosphore que le gaz hydrogène perphosphoré , combiné avec une quantité double d’hydrogène : sa composition en poids sera donc de 85,73 de phosphore et de 14,27 d’hydrogène.

E. Hrdrure de Soufre.

taÜ. L’hydrure de soufre est une substance de consistance oléagineuse ; son odeur est analogue à celle du gaz hydrogène sulfuré ; il se décompose , h la température ordinaire , en soufre , qui se dépose , et en gaz hydrogène sulfuré , qui se dégage ; il s’en flamme dans l’air, par l'approche d'un corps en ignilion ; il est insoluble dans l'eau. On l'obtient en versant peu à peu de l’acide hydro-cbloriquc dans une dissolution d'hydro-sulfate sulfure de potasse ; l' acide hydro-chlorique s'empare d’une portion de la putasse , il se forme un sel double , et l’hvdrure de soufre se précipite. On peut le conserver en l’introduisant dans un flacon de verre dont le bouchon est fortement assujetti , on doit placer ce flacon dans un lieu frais. On ne connaît point la proportion des élémens qui le constituent

F. * Hydrogène Carboné.

126. L’hydrogène et le carbone paraissent se combiner dans un grand nombre de proportions différentes ; cependant, plusieurs chimistes n’admettent que deux combinaisons , désignées sous les noms d’Hydrogène Percarboné et d'Ilydrogène Proto-Carboné , qui , par leur mélange en différentes proportions, constituent tous les autres gaz qui sont composés d'hydro-

(1) A la fîo de l’operation il se forme toujours de l'hydrogène perphosphoré; on doit, par conséquent , essayer de temps en temps si le gai est inflammable spontanément. Dans l'extraction du gai hydrogène perphosphoré par le phosphore , l’eau et la chaux (119), U *e dégage aussi de l’iiydrogeue proto-phosphoré à la Un de l’operation.

gène et de carbone dans d'autres proportions : nous adopterons cette hypothèse.

Indépendamment des combinaisons gazeuses de l'hydrogène et du carbone , il parait qu’il en existe d’autres qui sont liquides ; telles sont l’huile de naphtc et l’huile essentielle de térébenthine ; mais nous n’examinerons ces combinaisons que dans la seconde partie de ce Cours.

Hydrogéné Percarboné.

127. Propriétés Physiques. Gaz incolore , dont la pesantebr spécifique est de 0,9816. Soumis à une température très-élevée , il augmente graduellement de volume en déposant du charbon. M. Berthollct, à qui cette observation est duc, a observe qu’à la chaleur rouge -cerise il double de volume , et qu’il acquiert un volume trois fois plus grand à la température la plus élevée que nous puissions produire. C’est de ces expériences que M. Berthollct crut devoir conclure que le carbone et l'hydrogène se combinent en un grand nombre de proportions différentes. Ces expériences se font au moyen de l’appareil ( fig. 47. ) ; une des vessies est pleine de gaz hydrogène percarboné , l’autre est vide ; lorsque le tube de porcelaine est incandescent , on le fait passer par la pression d’une des vessies dans l’autre ; les serpentins sont nécessaires pour éviter de brûler les vessies. Le fluide électrique agit de la même manière que la chaleur ; l’expérience se fait dans l’eudiomctre simple (fîg. 3i ).

1 28. État Naturel. Le gaz hydrogène carboné se dégage continuellement dans toutes les mines de houille , et de toutes les matières végétales en décomposition , ou par la putréfaction , ou par l’action de la chaleur ; mais les gaz qui se dégagent dans ces différentes circonstances , ne sont presque jamais composés de la même proportion d’hydrogène et de carbone.

129. Préparation. On peut obtenir le gaz hydrogène percarboné en décomposant par la chaleur les huiles fixes ou les graisses ; il suffit pour cela de les faire chauffer clans une cornue de verre dont le col est garni d’un tube qui se rend sous des cloches pleines d’eau ; mais comme une partie de l’huiic est entraînée sans être décomposée , il faut faire passer

les vapeurs à travers un canon de fusil incandescent. On peut en-, corc , et c’est le procédé qu'on suit ordinairement , traiter à une douce chaleur un mélange de quatre parties d'acide sulfurique et d’une partie d’alcool ; l'alcool pouvant être regardé comme composé d’eau et d’hydrogène pereprboné , l’acide sulfurique s’empare de l’eau , et l'hydrogène pcrcarboné se dégage ; mais, à mesure que la température devient plus élevée , l'acide sulfurique est décomposé en partie , par l’hydrogène et le carlionc de l'alcool , il se forme de l'acide sulfureux , de l'acide carbonique et un dépôt de charbon. On sépare l'acide carbonique et l'acide sulfureux qui se dégagent en même temps que l'hydrogène percarboné , en agitant le mélange de ces trois gaz dans une dissolution de potasse.

«3o. Propriétés Chimiques. Le gaz hydrogène pcrcarboné brûle trèsfacilement dans l’air atmosphérique , par la présence d’un corps en ignition , ou par une étincelle électrique , la flamme est très-brillante ; un mélange de quatre parties d’oxigène et d’une partie d'hydrogène perearboné détonne avec la plus grande force ; les produits de la combustion sont de l’eau et de l’acide carbonique. Quoique le gaz hydrogène pcrcarboné soit très-combustible , il ne peut point être enflammé à travers un tissu métallique suffisamment serré ; c’est ce qu'on peur facilement reconnaître , en introduisant dans une cloche pleine de ce gaz , une lampe ^ B ( fig • 67 ) , sur laquelle est monté à vis un cylindre de toile de laiton M N , fermé à la partie supérieure par une plaque métallique ; le gaz qui s’introduit dans la lampe par les mailles du tissus se brûle ; la flamme remplit toute la capacité du cylindre , mais ne se propage pas dans la masse de gaz qui 1 environne. Cet appareil , connu sous le nom de Lampe de Sûreté , a été découvert par Davy. Elle est maintenant généralement employée en Angleterre , dans toutes les houillères , pour prévenir les détonations auxquelles le dégagement presque continuel du gaz hydrogène carboné donnait lieu , et qui produisaient souvent de funestes accidens (i). Le mineur , averti par la détonation qui a lieu dans la lampe ,

(1) Pour que la lampe de sùrctc ne communique pas la combustion lorsqu'elle est plongée dans une atmosphère composée d’air et d'hydrogène carboné , il but que le litssu métallique renferme au motos

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de l'existence du gaz inflammable en quantité suffisante pour produire avec l’air un mélange explosif, se retire , et on emploie les moyens connus pour renouveler l'air de la galerie.

Le soufre décompose l’hydrogène percarboné à la chaleur de la lampe , il se forme de l’acide hydro-sulfurique , et le charbon se précipite. Le chlore le décompose aussi par l’action directe des rayons solaires ou par la présence d'un corps en ignition ; il se forme de l’acide hydro-chlorique cl un dépôt de charbon ; c'est ce dont il est facile de s’assurer en plongeant une bougie allumée dans un mélange de a volumes de chlore et d’un volume d’hydrogène percarboné : le mélange s’enflamme et détonne ; mais lorsqu'un mélange de chlore et d’hydrogène n’est soumis qu’à la lumière diffuse , ou placé dans l’obscurité , ces deux gaz se combinent et donnent naissance à une substance liquide oléagineuse , d'une odeur éthéréc , et qui a été désignée sous le nom d’ Hydro-Carbure de chlore. C’est à cause de cette propriété que le gaz hydrogène percarboné fut désigné long-temps sous le nom de Gaz olffiant.

L’iiydro-carbure de chlore peut s’obtenir très-facilement en faisant rendre lentement dans un grand ballon un courant de chlore et d’hydrogène percarboné ; il faut , pour l'avoir pur , le laver plusieurs fois avec de l’eau. Sa pesanteur spécifique est de 1,13 ; il bout à 66", 74. A une température de 3o à 4°* , >1 s'enflamme par l’approche d’un corps en ignition ; il se forme de l’acide hydro-chlorique et un dépôt de charbon ; sa vapeur se décompose également en passant à travers un tube de porcelaine incandescent ; mais alors il se dégage une petite quantité d’hydrogène carboné. A la température ordinaire , les alcalis n'ont sur cette substance qu’une action très-faible; il parait, d’après les expériences de MM. Colin et Robiquet, qu’il est composé d'un volume de chlore et d’un volume de gaz hydrogène percarboné.

L’eau dissout, suivant M. Dation, de son volume d'hydrogène percarboné , et , suivant M. Théodore de Saussure , à peu près /, ; il est

748 ouverture* par pouces carre* , cl qu’il soit réuni au cercle qni «'adapte sur le réservoir d'huile et au couvercle supérieur avec dca vis , de manière à ce que nulle part il n'y ait d'ouverture plus grande que celle de la toile. Lorsque, pour obtenir plus de lumière , on veut alimenter la flamme de la mrtrlie par un courant d'air intérieur comme dans la lampe d’ Argand , il faut garnir d’une toile métallique l’ouverture inférieure par laquelle s'introduit le courant d’air. La tige a b et qui passe à travers la douille M N est destinée à faire mouvoir b mèche sans démonter le cylindre M N.

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* probable que les oxides de chlore et les oxides d’azote décomposeraient ce gaz à une température plus ou moins élevée.

i3t- Analyse. En introduisant dans un cudiomèlrc i volume d’hydrogène pcrcarboné et 3 volumes d’oxigène , une étincelle électrique , qui traverse le mélange , produit une violente détonation , il se forme de l’eau et s volumes d'acide carbonique : or , comme l’acide carbonique renferme un égal volume d’oxigène , l’hydrogène du gaz combustible a dit absorber un volume d’oxigène ; mais comme l’oxigène se combine avec deux fois son volume d’hydrogène , il en résulte qu’un volume d’hydrogène pcrcarboné contient deux volumes d'hydrogène , et le poids du carbone sera représenté par la différence entre la pesanteur spécifique de l'hydrogène pcrcarboné et deux fois celle de l'hydrogène. La composition en poids sera donc de 1 > r d’hydrogène et de 85,8g de carbone , et comme ces nombres sont dans le même rapport que les poids d’une molécule de carbone et de deux molécules d’hydrogène , il en résulte que la molécule du gaz oléfiant est composée de deux molécules d’hydrogène et d'une molécule de carbone.

t3a. Usages. C’est par la combustion du gaz hydrogène carboné qu’on $c procure toutes les lumières artificielles ; dans les appareils destinés à l’éclairage et dans lesquels on emploie des substances combustibles liquides , l’huile s’élève au-dessus de son niveau dans les interstices capillaires des blâmons qui composent la mèche ; elle s’y décompose et produit un courant de gaz hydrogène percarboné , qui , en se brillant , constitue la flamme ; c’est ce dont il est facile de s’assurer en éteignant la flamme d’une lampe de manière que la mèche conserve encore queL ques points en ignition ; on voit se dégager un courant de fumée qu'on peut enflammer au-dessus d’une toile métallique sans rallumer la mèche: dans les bougies et les chandelles il se forme , dans la partie inférieure de la mèche découverte , une petite capsule dans laquelle la chaleur maintient toujours en fusion une portion de la matière qui s’élève continuellement dans la mèche , où elle se décompose (i) ; la flamme du bois est encore

(l) Dan» U» lampes ordinaire» , la mèche ayant une grande épaisseur et le gai rombuilible n'étant en contact avec l’air que par u surface , une portion du gai rombuilible s'échappe par l’aac de la llamnir lani le brûler ; ou obvie b cet inconvénient , en employant de» mcchc* plate» , ou mieux encore, comme dan» le» lampes d'Argant , de» mèche» circulaire» au centre desquelles on établit un courant d’air : dan» ce» appareil» la combustion est rendue encore plus active , par le coude fermé v par la cheminée de verre qui réfléchit U chaleur sur la mèche.

produite par la même cause ; le bois , par l'action de la chaleur , se décompose et donne naissance à un dégagement de gaz hydrogène carboné mêle devapeurs d'eau , d'acide acétique et d'une substance analogue au goudron. Si la température est assez élevée pour déterminer la combustion de cette fumée , le lieu oit cette combinaison se produit devient lumineux et constitue la flamme , dont la forme , la direction et la couleur dépendent toutes de la' vitesse , de la direction et de la nature du courant de fumée.

Ainsi toutes les substances qu’on emploie dans l’éclairage ordinaire , produisent , en se décomposant dans la mèche, de l'hydrogène pcrcarboné, qui se dégage en entraînant avec lui une portion de la matière végétale ou animale non décomposée ; et c'est la combustion partielle ou totale de ces substances qui donne naissance à la flamme. On conçoit d'après cela qu’on obtiendrait le même effet en faisant dégager , par un orifice capillaire , un courant de gazhydrogènc carboné : le dégagement étant continuel, la flamme serait permanente , et on pourrait faire varier sa direction , sa hauteur et son volume , en modifiant d’une manière convenable la direction , la vitesse et le diamètre du jet. C’est ce qu’on peut facilement vérifier au moyen de l’appareil ( Jig . 3o )décrit page 26. Si , pour produire le gaz hydrogène carboné , on était obligé d'employer les procédés que nous avons indiqués précédemment ( 126 ), l’éclairage , par le gaz, deviendrait beaucoup plus dispendieux que par les huiles , soit à cause des frais d’extraction du gaz, soit parce que l’on obtiendrait, par la décomposition des matières végétales , un résidu de charbon qui ne serait pas employé h la combustion, tandis que , dans les lampes d’Argant , toute la substance de l’huile est brûlée et concourt à augmenter l'intensité de la flamme ; niais comme on peut extraire le gaz hydrogène carboné de la houille , avec fort peu de dépenses , dans un grand nombre de circonstances , l’éclairage par le gaz devient beaucoup plus économique que par les huiles. Nous allons décrire les appareils qu’on emploie pour extraire le gaz hydrogène carboné du charbon de terre , et ensuite nous donnerons un précis des résultats obtenus , en 1820 et 1821 , h l'hôpital S1- Louis de Paris.

L’appareil se compose : i° d’un cylindre de fonte A B (Jîg- 68 ) placé horizontalement dans un fourneau construit en maçonnerie ; ce cylindre est /. t5

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exactement fermé par son extrémité A ; l’autre extrémité B peut s’ouvrir et se fermer au moyen dé la plaque m’ ri , qu’on fixe par des écrous ; 2* d’un serpentin C qui communique avec le cylindre AB par le tuyau a b c. ; 3" d'un tonneau D qui reçoit le tuyau inférieur du serpentin ; 4° de deux tonneaux E et F renfermant chacun une gouttière renversée ; le premier communique avec le tonneau D au moyen du tuyau defg qui part de la partie supérieure du tonneau D et plonge jusqu'au fond du tonneau E , où il vient aboutir à l'origine de la gouttière renversée ; la partie supérieure du tonneau E communique de même avec la partie inférieure du tonneau F , au moyen du tuyau h i kl ; 5* d’une grande cuve en maçonnerie qui reçoit une cloche en tôle G H 1 K suspendue librement au moyen de la corde u x y qni passe sur les deux poulies M,N, et dont l’extrémité porte un plateau P chargé d’un poids équivalent à celui de la cloche. On introduit du charbon de terre dans le cylindre A B au moyen de la plaque mobile m ri ; de l’eau froide dans le tonneau qui renferme le serpentin C , un mélange d’eau et d’acide sulfurique dans le tonneau E ; un mélange d’eau et de chaux dans le tonneau F ; enfin , on remplit d’eau la cloche G II 1 K en fermant le robinet Q, en ouvrant le robinet R, qui établit par le tuyau rst une communication entre la partie supérieure de la cloche et l’air extérieur, et en ôtant les poids renfermés dans le plateau P. On chauffe le cylindre AB, et il se dégage un mélange de vapeurs d’eau , de goudron , de souscarbonate d’ammoniaque, d’acide- carbonique , d’acide hydro-sulfurique et de gaz hydrogène carboné : le goudron et la vapeur d’eau ,

condensés dans le serpentin C , s’écoulent et se réunissent dans le tonneau D ; les gaz viennent alors traverser le liquide renfermé dans le tonneau E en suivant le chemin tracé par la gouttière , l’ammoniaque est absorbé par l’acide sulfurique ; les gaz passent ensuite de la même manière à travers la dissolution alcaline , contenue dans le tonneau F , qui absorbe l’acide carbonique et l’acide hydro-sulfurique : le gaz , ainsi purifié , se rend enfin , par le tuyau m n op q , dans la partie supérieure de la cloche ; on a soin , lorsque les gaz se dégagent , de mettre la cloche en équilibre , en remettant des poids dans le plateau P , d'ouvrir le

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