Ces métaux sont au nombre de cinq , savoir
Le Manganèse. L'Etain.
Le Zinc. Le Cadmium.
Le Fer.
A. Manganèse.
37!». Solide , très-cassant , grenu , d’un gris blanc ; sa densité est de 6,85 ; il n’est fusible qu'au plus haut degré de chaleur que nous puissions produire , à 160 degrés du pyromètre de W edgwood. ( Cours de Physique, IIe partie, ch. 1 ).
376. Il existe dans la nature en masses considérables à l’état de tritoxide , et quelquefois 1 l’état de sulfure , de sulfate et de phosphate ; on l’obtient en décomposant un de ses oxides par le charbon , h une très-haute température.
377. Le manganèse s’oxidc dans l’air humide à la température ordinaire , et dans l’air sec , à l’aide de la chaleur ; il se combine avec tous les corps simples non métalliques , à l’exception de l’hydrogène , de l'azote , du bore et du carbone. Il décompose l’eau à la chaleur rouge ; cette expérience doit se faire en introduisant le métal dans un tube de porcelaine , et en y faisant passer de la vapeur d’eau , lorsque le tube est incandescent. Il décompose l’eau à la température ordinaire, lorsqu'il est en contact avec de l'acide sulfurique , hydro-chlorique ou fluorique. A une température plus ou moins élevée , il décompose les acides nitreux , nitrique , sulfurique , sélénique et indique : le métal s'oxide et il se forme un sel. Les acides hydro-chlorique , hydro-sulfurique et hydriodique sont aussi décomposés par le manganèse ; il se forme un chlorure , un sulfure , un iodure métallique , et l'hydrogène se dégage : il est probable que l’acide hydro-séléniquc se comporterait de la même manière.
Le manganèse est sans usage; il a été découvert par Gabn , en 1784. Le poids relatif de sa molécule , déduit de scs combinaisons , est 3,5.
B. Zinc.
278. Le zinc est solide , d'un blanc bleuâtre; très-ductile à ioo* ;
il passe alors facilement au laminoir. Sa densité est (le 7,1 ; il entre en fusion à la chaleur rouge , et se volatilise à une température un peu plus élevée. La distillation du zinc peut sc faire très-facilement dans une petite cornue de grcs.
279. Le zinc se trouve dans la nature à l'état d’oxide ( Calamine ), de sulfure ( Blende ) , de sulfate et de carbonate ; on l’obtient en décomposant l’oxidc par le charbon.
280. Le zinc n’a point d’action sur l’air sec , à la température ordinaire ; il n’absorbe même que très-lentement l’oxigènc de l’air humide ; mais à une température élevée , il brûle avec une vive lumière. Pour effectuer cette combustion , on introduit du zinc dans un creuset que l’on ferme avec un couvercle percé à son centre d’un très-petit trou ; on assujettit ce couvercle avec une pâte d’argile et de sable, et ensuite on fait chauffer le creuset : lorsqu’il est rouge , on enlève le couvercle ; le métal se réduit ^en vapeurs , brûle avec un grand éclat , et il sc forme un oxide qui se présente sous la forme de flocons blancs très-légers. Le zinc se combine avec le chlore , le phosphore , le soufre , l’iode et le sélénium ; il décompose l’eau à la chaleur rouge , et à la température ordinaire , lorsque ce liquide renferme de l’acide sulfurique ou de l’hydro-chlorique , fluorique , etc. ; il agit sur les acides de la même manière que le manganèse ; mais son action est beaucoup plus vive , parce qu’il a peu de cohésion.
a8i.ÜLe zinc est employé pour doubler les navires , pour faire des conduits , des ustensiles (1), pour faire le cuivre jaune ( laiton ) ; plusieurs autres de scs combinaisons sont aussi employées dans les arts.
Le aine a été découvert dans le 16* siècle. Le poids de sa molécule est de 4. 125.
G Fer.
282. Propriétés Physiques. Le fer est solide à la température ordinaire , ductile , mais plus à chaud qu’à froid , passe mieux à la filière qu’au
(1) On ne pourrait pas s’en servir pour faire des ustensiles de cuisine , car le tint est très- facilement attaqué par les acide* les plus faibles , cl produit des sels soloLles qui ont en partie 1a vertu émétique.
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laminoir ; c’est le plus tenace de tous les métaux connus. Sa densité est de 7,788 ; il est fusible à i3o* du pyromètre de Wedgwood ; il est attire par l'aimant , et susceptible d'acquérir momentanément la faculté magnétique , par son contact avec un aimant naturel ou artificiel , par le choc , la torsion , une décharge électrique , etc.
283. Etat Naturel. Le fer parait n’exister à l’état natif que dans des masses plus ou moins volumineuses gisant à la surface de la terre , sur des terrains qui ne renferment point de fer ou qui ne sont pas de nature à en produire (1). Telles sont les masses de fer natif découvertes en Sibérie , dans l'Amérique Méridionale près de St.-Yago ; la première pèse environ 600 kilogrammes, la seconde i5ooo : telle est aussi une énorme masse de fer natif malléable , placée sur les bords du Sénégal , et depuis long-temps exploitée par les Maures. Pendant long-temps on n'a su quelle origine attribuer à ces masses métalliques ; aujourd'hui , l’opinion généralement admise est qu’elles sont tombées de l’atmosjflière , et qu’elles ont la môme origine que les aérolithes (2). On trouve encore le fer en très-grande quantité à l'état d’oxide , de sulfure et de sel.
284. Préparation. C’est en désoxigénant l’oxide de fer naturel par le charbon à une très-haute température , qu'on obtient tout le fer que l’on consomme dans les arts.
285. Propriétés Chimiques. Le fer est inaltérable dans l'air sec , mais il s’oxidc trcs-facilcment dans l’air humide ; il paraît qu’il absorbe alors l’oxigènc tenu en dissolution par l'eau ; à la chaleur rouge , il brîtè avec la plus grande facilité dans l'air et dans l oxigène pur ; cette combustion est accompagnée d'une vive lumière. ( pag. 16 ).
Le fer se combine avec tous les corps simples non métalliques , excepté l’hydrogène et l’azote.
Le fer décompose l'acide phosphorique à la chaleur rouge ; il se forme
(1) Cependant , plusieurs minéralogistes ont assuré aroir trouvé le fer natif dans des filons de fer spathiqoe , et dans une gangue de grenat ; mats ces laits ne sont pas encore bien constatés.
(a) Les aérolithes sont des pierres qui tombent de l'atmosphère ; on a observé la chute d’un trèsgraud nombre : ils renferment une quantité de fer natif malléable très-considérable , ci les autres principes sont les méuies que ceux des mines de fer natif dont nous venons de parler.
un phosphate : l’acide nitrique , à la température ordinaire ; l'action est très-rire , il sc dégage beaucoup de deutoxide d’azote , qui , par le contact de l’air , sc transforme en acide nitreux , et il sc forme un dépôt de tritoxidc de fer , un nitrate acide de tritoxide et une certaine quantité de nitrate d’ammoniaque (1) : l’acide nitreux ; l’action est aussi très-rire et présente des phénomènes analogues : l’acide sulfurique concentré à une température un peu élcrée ; il se forme un sulfate et un dégagement d’acide sulfureux : les acides sélénique et iodique : enfin, les acides hydrogénés secs ; le fer s’empare de leurs bases , et il sc dégage de l’hydrogcne.
Le fer décompose l’eau à la chaleur rouge ; et à ta température ordinaire , lorsqu'il est en contact arec les acides sulfurique , hydro-chlorique et fluorique. Il jouit aussi de la propriété de décomposer le gaz ammoniaque à une température très-élevée ; dans cette décomposition les deux élémens de l’ammoniaque sont séparés , le métal n’en absorbe aucune portion , mais il devient très-cassant. On fait cette expérience en introduisant du fil de fer dans un tube de porcelaine dans lequel on fait passer un courant d'ammoniaque , lorsqu’il est incandescent.
Les usages du fer sont si nombreux et si connus , que nous croyons inutile de les décrire. Le fer est connu de toute antiquité ; on le désignait autrefois sous le nom de Mars. Le poids de la molécule de fer , déduit de ses combinaisons , est de 3, 5.