‹ Cours de chimieChapitre 60 sur 166 · C. Bariie ( Proloxide de Barium · texte numérisé non relu

C. Bariie ( Proloxide de Barium

550. Propriétés Physiques. Les propriétés physiques de la baritc sont les mêmes que celles de la strontiane.

551. État Naturel et Préparation , La baritc se trouve dans la nature, consmc la strontiane, à l'état de carbonate et de sulfate; ce dernier est très-répandu. On obtient la barite comme la strontiane en calcinant le nitrate de barite.

55a. Propriétés Chimiques. La barite se comporte avec les corps comme la strontiane et la chaux; comme clics, elle est décomposée par le chlore à une très -haute température; elle se combine avec le phosphore, le soufre, l'iode et le sélénium, et donne naissance à des corps composés qu'on obtient de la même manière , et qui jouissent des mêmes propriétés ; comme elles , elle absorbe l'eau en dégageant beaucoup de chaleur , forme un hydrate très-fusible ; elle est à peu près deux fois plus soluble dans l'eau que la strontiane; l'eau â la température ordinaire en dissout et ■/„ à 100". Mais la barite diffère essentiellement des deux alcalis que nous avons déjà examinés , par son action sur l’air et sur le gaz oxigcnc à une haute tempe-

rature , dans l'air , la karité absorbe l’oxlgènc et l’acide carbonique , il se forme un deutoxide de barium et un proto - carbonate , et si la calcination est suffisamment prolongée , la baritc se transforme en totalité en proto-carbonate; dans l’oxigène pur, la barite absorbe très-facilement ce gaz , et passe à l'état de deutoxide.

553. Composition , Usages , Histoire. D'après la composition dn sulfate de barite, cet oxide renferme 875 parties de métal et 100 d’oxigène. Sa molécule est formée d'une molécule de métal et d'une d’oxigène ; son poids est de g, 75. La barite n'est employée que dans les laboratoires. Elle a été découverte par Scliéclc en 1 774.

554. Deutoxide de Barium. Le deutoxide de barium est solide , gris-blanc ; une très-bautc température le ramène à l’état de protoxidc; dans l'air, à la chaleur rouge, il absorbe l'acide carbonique, laisse dégager une partie de son oxïgènc, et se transforme en proto - carbonate ; il est décomposé par un courant galvanique, par tous les corps qui ont une grande affmité pour l’oxigène , par l'hydrogène , le phosphore , le soufre , le bure , le carbone , un grand nombre de métaux et plusieurs corps composés. Dans chaque cas particulier , il est facile de prévoir la nature des corps qui résulteront de cette décomposition. L’eau froide versée sur le deutoxide , le délite sans élever sa température : l'eau bouillante le décompose ; il verdit le sirop de violette , et agit sur toutes les matières colorantes comme le protoxidc ; mais il est probable que ces cfTets sont dus à une partie de ce deutoxide qui se décompose. Les acides en dissolution dans l'eau qui forment des sels solubles avec le protoxidc , ne dégagent pas d’oxigène ; ce qui peut s'expliquer en admettant ou qu’il se forme urr sel de deutoxide, ou que i’oxigène reste en combinaison avec l’eau ou l'acide en excès; mais les acides qui forment des sels insolubles avec la barite, précipitent cette dernière , et l’oxigènc se dégage ou reste en dissolution dans l'eau , suivant les circonstances ( 75 , 76 , 77 , 78 ). Le deutoxide de barium n'existe point dans la nature; on le prépare en faisant passer un courant d’oxigène sec à travers un tube de porcelaine ou de verre luté incandescent, renfermant de la barite. On peut aussi le former par un procédé analogue 5 celui que l’on emploie pour préparer les deutoxides de calcium et de strontium ; en versant une dissolution concentrée de barite dans de l’eau chargée de 10 k ta fois son volume d’oxigène , l'hydrate de deutoxide de barium se précipite ; le deutoxide de barium renferme deux fois autant d’oxigène que la baritc ; on ne l’emploie que pour faire l’eau oxigénée.

D. Lithinr ( Oxide de Lithium. )

555. La lilbine est une substance blanche , sans odeur , très-caustique , jouissant de toutes les propriétés alcalines; elle est fusible et facilement réductible par la pile.

556. La lithine n’a encore été trouvée que dans 4 minéraux , savoir : dans la

pètalite, le triphane, la tourmaline et la rubellile. Dans la pètalite , la lithinc est combinée avec la silice et l’alumine ; le triphane renferme en outre de l’oxide de fer ; la tourmaline, des oxides de fer, de manganèse et de l'acide borique; enfin, la rubellile est roui|KiScc des miiucs élcmcns que la tourmaline, plus d'une petite quantité de soude.

55;. Pour extraire la litiiinc de la pélalilc ou du triphane, -on emploie le procédé suivant : après avoir réduit la pierre en une poudre impalpable , 011 la mêle avec 4 fois son poids de sous-carbonate de baritc , et on fait fortement calciner le mélange dans un creuset de platine pendant deux heures ; on dissout la masse dans un excès d’atide hydro-chloriqoe faible, et on fait évaporer jusqu'à sicci té ; ou verse de l'eau bouillante sur ce résidu , et on le jette sur uu filtre; la silice reste sur le filtre , et on obtient en dissolution des hydro-chlorates de lithinc , d'alumine , de baritc et de fer ; on précipite la baritc par l'acide sulfurique ; on sature l’excès d’acide par l’ammoniaque , et en versant dans la liqueur du sous-carbonate d'ammoniaque , on précipite l’alumine , ainsi que les oxides de fer et de manganèse ; par la filtration , on sépare le sulfate de baritc et les oxides de fer et de manganèse ; l'eau ne tient plus alors en dissolution que du sulfate de lithinc , de l'acide bydro-chlorique cl du sulfate d'ammoniaque. Pour séparer ces derniers corps, il suffit de faire évaporer la liqueur jusqu'à siccité , et le résidu calciné est du sulfate de lithine parfaitement pur ; il ne reste plus alors qu’à enlever l’acide sulfurique : pour cela on dissout le sulfate dans l’eau , et on verse de l'eau de baritc jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; ou fait ensuite évaporer l’eau dans une cornue de verre, afin que la lithinc , n'étant pas en contact avec l'air , ne se transforme pas en carbonate ; il iaudra , enfin , terminer l’évaporation dans le vide , car , lorsque la dissolution de lithinc est concentrée à la température de 100° , elle peut attaquer le verre. La lithinc ainsi obtenue, renferme toujours de l’eau dont jusqu'ici on n’est pas parvenu à la débarrasser , car il faudrait pour cela la faire calciner , et elle attaque avec la plus grande facilité les vases de grès , de platine , de verre et de porcelaine.

5â8. La lithinc , mise en contact avec l’air , n'en absorbe pas l’humidilé , mais elle se convertit lentement en carbonate ; sa solubilité est plus grande que celle de la baritc ; elle attaque facilement tous les corps qui renferment de la silice , ainsi que le platine. La lithine se combine avec le soufre ; on ne connaît point par expérience sa manière d'agir sur les autres corps simples non métalliques ; mais il est probable quelle se comporterait aussi avec eux comme la chaux , la stroutianc et la barile.

55<j. La lithine paraît composée de 100 parties d'uxigène et de ia5 de métal. Sa molécule est formée d'une molécule d'oxigène et d’une de métal ; son poids est de a,aS. Cet alcali a été découvert par Arfwcdson en 1819.

E. Potasse ( Protoxide de Potassium ).

SGo. Propriétés Physiques. Le protoxide de potassium parfaitement pur est blanc , trcs-caustique , fusible au-dessus de la chaleur rouge , facilement réductible par la pile.

56 1. Etat Naturel. La potasse pure ne se trouve point libre dans la nature ; on ne la rencontre jamais qu'à l'état de combinaison avec les acides carbonique, acétique, sulfurique, hydro-chlorique , tartarique, nitrique et siliciquc ; combinée avec les 4 premiers , elle existe dans un grahd nombre de végétaux; avec le 5', dans les raisins; avec les acides liydrochloriquc , sulfurique et nitrique , dans les matériaux salpctrés ; enfin , avec la silice, on la trouve dans le feldspath, et dans plusieurs produits volcaniques.

562. Préparation. On obtient le protoxide de potassium anhydre , en exposant des lames minces de potassium au contact de l’air sec , ou en faisant chauffer un mélange d’une partie de deutoxide et deux parties de métal. Le protoxide pur n'est jamais employé ; c’est toujours à l’état d’hydrate que l’on fait usage de la potasse. L’hydrate de potasse s’obtient par le procédé suivant : on prend de la potasse du commerce , qui est un mélange de sous - carbonate de potasse , de sel marin , de sulfate et d’hydro-cldorate de potasse ; on le môle avec un poids égal de chaux vive et environ i5 fois son poids d'eau, et on abandonne ce mélange à lui-mcine pendant plusieurs jours , ou bien on le fait bouillir pendant quelques heures : la chaux s'empare de l’acide carbonique du sous -carbonate de potasse, et forme un sel insoluble qui se précipite: lorsque la liqueur filtrée ne fait plus effervescence avec les acides, l’opération est terminée ; on passe à travers une toile , qui retient la chaux en excès et le sous-carbonatc de chaux, on lave à plusieurs reprises ce résidu avec de l’eau bouillante ; on fait ensuite évaporer la liqueur très-rapidement , afin que la potasse ne retourne pas à l’état de sous-carbonate par l'absorption de l'acide carbonique de l'air , et lorsque la matière est desséchée , on la fait fondre et on la coule dans une bassine de fonte ,

où clic sc solidifie promptement. La potasse obtenue par ce procédé , porte le nom de Pierre à Cautère , ou de Potasse à la Chaux ; elle est loin d'être pure ; elle contient tous les sels solubles qui étaient renfermés dans la potasse du commerce , et de plus une certaine quantité d'oxide de fer provenant des vases dans lesquels l’évaporation et la fusion ont été opérées , et auquel elle doit la couleur rougeâtre qu’elle a ordinairement. Pour la purifier complètement , il faut mettre la potasse à la chaux concassée , dans 3 ou 4 luis son poids d’alcool à 36" ; l'alcool dissout l’hydrate de potasse , et tous les sels étrangers se précipitent ; on décante et on fait évaporer la dissolution alcoolique dans une cornue de verre dont le col communique avec un ballon destiné à recueillir l’alcool (Jig. 49 ) î la liqueur étant concentrée au point d'être en consistance sirupeuse , on la verse dans une bassine d’argent , et on fait évaporer rapidement les dernières portions d’alcool ; lorsque la matière , quoique à une température très-élevée, est en fusion tranquille , on la coule dans une bassine d’argent , où elle se solidifie. La potasse obtenue par ce procédé , porte le nom de Potasse à l'Alcool , ou à' Hydrate de Potasse. La potasse purifiée successivement par la chaux et l’alcool est parfaitement pure ; elle ne renferme ni acide carbonique ni aucun des sels que contiennent les potasses du commerce ; cependant , comme il arrive quelquefois que ces dernières retiennent du sous-carbonate de soude , la potasse à l'alcool est mêlée d’un peu d'hydrate de soude. Pour éviter ce mélange qui, dans certaines analyses, pourrait induire à de graves erreurs , il vaut mieux se servir, au lieu de potasse du commerce, du produit de la calcination d’une partie de salpêtre et de deux parties de crème de tartre : ce résidu est du sous-carbonate de potasse qui ne renferme pas un atome de soude.

563. Propriétés Chimiques. Le protoxide de potassium anhydre est très - caustique ; exposé h l’air , il en attire l’eau et l’acide carbonique ; il absorbe l’oxigène à une haute température , et passe à l’état de dcutoxidc ; mis en contact avec le chlore sec , il s’y unit d’abord , mais à une liante température il est décomposé : le phosphore , le soufre agissent sur le protoxide de même que sur la chaux ; l’iode et le sé-

lénium le décomposent : il sc forme des iodures» et 4c* sélcniures métalliques cl un pcroxidc de potassium.

LMiydratc de potasse est solide , blanc , très-caustique , déliquescent , et sc comporte avec tous les corps de la même manière que le protoxide anhydre ; seulement les produits varient en raison de l'eau qui est souvent décomposée.

Le protoxide de potassium anhydre ou à l’état d'hydrate est décomposé par le charbon , le fer , l'antimoine et un grand nombre d'autres métaux ; mais ces décompositions n'ont lieu qu'à une température extrêmement élevée. Avec le carbone et le fer , le potassium est mis en liberté, et sc dégage en vapeurs ; avec les autres métaux, il reste à l’état d'alliage.

La potasse en dissolution dans l’eau jouit de la propriété de dissoudre un grand nombre d'oxides métalliques.

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