‹ Cours de chimieChapitre 62 sur 166 · C. Oxides de Fer · texte numérisé non relu

C. Oxides de Fer

583. Proloxirie. Le protoxide de fer est blanc à l’état d’hydrate , infusible et indécomposable par la chaleur , mais facilement réductible par la pile. Cet oxide n’existe dans la nature qu’en combinaison avec l’acide carbonique ; on l’obtient en précipitant le proto-sulfate de fer par une dissolution de potasse ou de soude ; on lave le précipité dans de l’eau privée d’air par l’ébullition , et on le fait sécher dans le vide ou dans l’azote. Le protoxide de fer absorbe facilement l’oxigène de l’air à la température ordinaire , et passe successivement du blanc au vert et du vert au rouge. Il est sans usage. Il est formé de 79 de métal et de 21 d’oxigène ; c’est ce que l’on peut facilement reconnaître en traitant le fer par l’acide sulfurique -étendu , et recueillant l’hydrogène qui se dégage. Sa molécule est composée d’une molécule de fer et d’une d’oxigène ; son poids est de 4*5.

584. Deuloxùle. Le deutoxidc de fer est noir, fusible, indécomposable par la chaleur , décomposablc par la pile , magnétique , mais moins que le fer et que le protoxide.

583. Le deutoxide de fer est très-répandu dans la nature ; on le rencontre cristallisé en octaèdre , en petits grains et en niasses fibreuses ; il est rare en France , mais assez commun en Corse , en Suède , en Norwège , en Sibérie , etc. Comme le deutoxide naturel n’est jamais pur , on le prépare directement en faisant passer un courant de vapeurs d’eau dans un tube de porcelaine incandescent plein de tournure de fer décapée. Cet oxide est formé de 72 de métal et de 28 d'oxigène. Plusieurs chimistes regardent sa molécule comme composée d'une molécule de protoxide et de deux de tritoxidc.

586. Tritoxide. Le tritoxidc de fer est d’un rouge violacé, plus fusible que le fer , indécomposable par la dialcur , réductible par la pile , non magnétique.

587. Cet oxide est très- répandu dans la nature ; toutes les espèces de terrains en renferment. C’est lui qui colore tous les terrains cultivés ; on le trouve aussi en masses , en filons et en couches ; tantôt il est cristallisé , et possède l'éclat métallique , on le désigne alors sous le nom de Fer Oligùte ou de Fer Spéculaire ; tantôt il est d’un violet terne , en masses mamelonnées, formées de fibres convergentes, on le désigne alors sous le nom A' Hématite; tantôt, enfin, il est en masses irrégulières, d’une structure confuse ; il porte alors les noms de Fer Oxide Brtut ou de Fer Oxidé Bouge , suivant que sa poussière est de l’une ou l’autre de ces couleurs. Les mines de fer les plus célèbres sont celles de l’ile d'Elbe, de Suède et de Sibérie.

588. On peut obtenir le tritoxide de fer pur par plusieurs procédés différons , i‘ en calcinant l^fcr en contact avec l’air ; 2“ en décomposant les sels de protoxide ou de deutoxide de fer par la chaleur ; l’oxide qui se précipite , passe promptement à l’état de tritoxidc par l’absorption de l’oxigène de l'air ; 3* en calcinant le nitrate ou le carbonate de fer ; 4" en traitant le fer par l'acide nitrique ; 5° en calcinant le proto-sulfate ( eouperosc ). De tous ces procédés , c’est le dernier qui est le plus économique ; aussi , c’est le seul qu'on emploie pour se procurer celui que l’on consomme dans les arts.

58q. Le tritoxide de fer , à l'état d’hydrate , absorbe l'acide carbonique

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de l’air ; sec , il l’absorbe encore , mais à une température élevée ; il est absolument insoluble dans l’eau , dans les dissolutions alcalines , et ne se combine que difficilement avec les acides.

5go. Les usages du tritoxide de fer sont très-importans ; c’est en décomposant cet oxide par le charbon que l'on se procure la plus grande partie du fer que l’on consomme dans les arts ; le tritoxide de fer est aussi très -employé pour polir les glaces et les métaux ; on le désigne alors sous le nom de Colcothar ou de liotige d'Angleterre. On l’emploie en médecine sous le nom de Safran de Mars Astringent et de Safran de Mars Apéritif ; ce dernier renferme un peu d’acide carbonique , parce qu’on le prépare en exposant la limaille de fer à l’air humide.

5qi. On peut déterminer la composition du tritoxide de fer par un procédé très -simple; il consiste à traiter un poids connu de fer par l’acide nitrique : le fer passe à l’état de tritoxide ; on fait évaporer et calciner ; l’excès de poids du résidu sur celui de fer employé représente la quantité d’oxigène absorbé ; on a trouvé ainsi que le tritoxide de fer est composé de 70 de fer et de 3o d’oxigène. Sa molécule est formée de deux molécules de métal et de trois d'oxigène ; son poids est de 10.

D. Oxides d Étain.

592. Proto.ride. Le protoxide d’étain est blanc à l’état d'hydrate , et d’un gris-noir lorsqu’il est pur ; il est indécomposable par la chaleur et réductible par la pile. Il n’existe point -dans la nature. On l’obtient en précipitant l’hydro-chloratc de protoxide par la chaleur ; le précipité est d’abord blanc , mais il noircit en séchant. On peut aussi l’obtenir en faisant passer de la vapeur d’eau dans un tube de porcelaine incandescent renfermant de l'étain. Il est insoluble dans l'eau , et brûle comme de l’amadou à une température élevée ; on détermine sa composition en traitant l’étain en limaille par l'acide hydro-chlorique et recueillant le gaz hydrogène qui se dégage ; on a trouve ainsi que cet oxide était formé de 88 de métal et de 12 d'oxigène. Sa molécule est composée

d’une molécule d’oxigène et de deux de métal ; son poids est de 8,37. Il est sans usage.

5g3. Deutoxide. Cet oxide est blanc , fusible , indécomposable par la chaleur, réductible par la pile. 11 existe principalement en Angleterre, dans le comté de Cornouailles , en Espagne dans la Calice , en Bohême , en Saxe et en Asie , à Banca et à Malaga ; mais il n’est jamais pur : il renferme de la silice et de l'oxide de fer qui le colore en noir ; il est souvent cristallisé ; on ne le trouve que dans les terrains primitifs ; il accompagne le tungstate de fer , le quartz et le fluatc de chaux. On peut obtenir l’oxide d’étain parfaitement pur , 1* en calcinant l’étain en contact avec l’air ; 2* en traitant l’étain par l’acide nitrique , évaporant jusqu’à siccité et calcinant le résidu. C’est en transformant l’étain en oxide par ce dernier procédé , et pesant le produit , que l’on parvient à déterminer la composition de cet oxide ; on a trouvé qu’il était formé de 78,5 de métal et de 21, 5 d'oxigène. Sa molécule est composée d’une molécule d'étain et de deux molécules d’oxigène; son poids est 809,37. Le deutoxide d’étain naturel est la seule mine d'étain exploitée ; le deutoxide artificiel , mêlé avec le protoxidc de plomb , est employé sous le nom de Potée <T Étain, pour polir les marbres; on obtient la potée d’étain en calcinant un alliage d'étain et de plomb; l'oxidation se fait trèsrapidement , beaucoup plus que si ces métaux étaient isolés , probablement à cause de l’affinité des deux oxides.

E. Oxide de Cadmium.

594- L’oxide de cadmium, obtenu par la calcination du métal , est d'un jaunebrnnâtrc ; mais sa teinte est quelquefois d’un brun clair , foncé ou noirâtre ; à l'état d'hydrate , il est incolore. 11 est infusible et irréductible par la chaleur. Cet oxide u’a été trouvé jusqu'ici qu'à l’état de sous -carbonate dans certaines espèces de ealatnines. On l'obtient , ou en calcinant le métal en contact avec l'air , ou en calcinant le carbonate et le nitrate , ou enfin en décomposant un de scs sels solubles par un alcali : le charbon le réduit très-facilement , mais à la chaleur rouge. L'oxide de cadmium est formé , d'après M. Stromeyer , de 87,45 de métal et de ia,5 d’oxigène. Il est sans usage.

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