POT
K. Oxides de Plomb.
627. Protoxide. Le protoxide de plomb ( liiharge ) est d’un jaune- rougeâtre sale , ordinairement sous la forme d'écailles brillantes ; il est fusible
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au-dessous du rouge -brun; à une température inférieure, il absorbe l'oxigène et se transforme en deutoxide; à la température ordinaire, il s’empare d’une petite quantité d’acide carbonique ; par la chaleur, il attaque la silice avec la plus grande facilite , et forme une substance vitreuse que nous examinerons lorsqu'il sera question des silicates. Le protoxidc de plomb n'cxislc dans la nature qu’à l’état de combinaison avec les acides carbonique , sulfurique et phosplioriquc. On peut l’obtenir en calcinant au rouge le proto-nitrate ou le deutoxide ; mais pour les besoins des arts , on le prépare en calcinant le métal dans un fourneau à réverbéré : le métal entre d’abord en fusion , bientôt sa surface se couvre d’une couche d’oxide qu’on enlève avec un ringard , et on répète cette opération jusqu'à ce que tout le plomb soit transformé en une masse solide grise ; ce premier résultat de la calcination est un mélange de plomb et d’oxide: pour séparer le métal nonoxidé,.on relire cette masse du feu en la laissant tomber sur le sol , on la refroidit en versant de l’eau dessus , on la triture et on l’agite dans l’eau ; le métal non oxidé gagne le premier la partie inférieure du vase , on décante et on laisse précipiter : on obtient ainsi de la litharge pure. Le produit de la calcination du plomb non lavé porte le nom de Massicot. Le protoxidc de plomb est formé de 92,86 de métal et de 7,14 d’oxigène. Sa molécule est composée d'une molécule de métal et d’une d'oxigène ; son poids est de i4-
Le protoxidc de plomb a dans les arts des usages très-multipliés ; on l’emploie dans la fabrication du blanc de plomb ( céruse ), de l’acétate de plomb ( sel de salurne), pour former les vernis sur les poteries; en pharmacie, combiné avec les graisses, pour former l’emplâtre diapalme, l’onguent de la mère ; pour rendre les huiles siccatives , etc.
628. Deutoxide. Le deutoxide de plomb ( minium ) est d’un rougeorangé très-brillant; une température au-dessous du rouge-brun le transforme en oxigène et en protoxidc. Le deutoxide n’existe dacis la nature ni libre ni combiné. On l’obtient en plaçant du protoxidc dans des caisses de fer-blanc larges et peu profondes , que l’on introduit dans un fourneau à réverbère chauffe presque au rouge, et dont on laisse diminuer lentement
la chaleur en le fermant; la lithargc absorbe l'oxigène de l’air, et passe à l’e'tat de deutoxide : l’opération dure 24 à 3o heures. Le deutoxide de plomb du commerce renferme toujours une certaine quantité de protoxide de plomb et d’oxide de cuivre ; lorsqu’on veut l’avoir parfaitement pur , il suffit de le faire digérer dans l’acide acétique : cet acide s’empare des deux derniers oxides. Le deutoxide de plomb est formé de go, 02 de métal et de 9,98 d’oxigene. Sa molécule est composée de deux molécules de métal et de trois d’oxigène ; son poids est de 29. Le deutoxide de plomb est employé dans la fabrication du cristal , et en peinture.
619. Tritoxide. Le tritoxide de plomb est d’un brun-puce ; soumis à l’action de la chaleur , il passe successivement h l’état de deutoxide et de protoxide ; lorsqu’il est sec , il enflamme le soufre par la trituration, et donne naissance à de l’acide sulfureux et à un sulfure. Il n’existe point dans la nature. On l’obtient en traitant le deutoxide par un excès d’acide nitrique étendu d’eau, à la température de l’ébullition ; le deutoxide se divise en deux parties , l’une passe à l’état de protoxide , et se dissout dans l’acide , l’autre absorbe l’oxigène abandonné par la première , et passe à l’état de tritoxide ; on lave par décantation , et on fait sécher. Le tritoxide de plomb est composé de 86,67 de métal et de i3,33 d’oxigène. Sa molécule est formée d’une molécule de métal et de deux molécules d’oxigène ; son poids est de i5. Cet oxide a été découvert par M. Proust ; il est sans usage.