COURS tés acides et alcalines ont disparu, on dit quil
y a neutralisation. Quelquefois, cependant, on
! même effet; mais ces deux mots n'ont pas exac-
tement la même signification. Célui de saturation
veut dire qu’un liquide ne peut plus dissoudre , pour la température où il se trouve, une nouvelle quantité d’un corps, quoiqu à une autre température il puisse en dissoudre une autre proportion.
Dans la neutralisation, la capacité des acides
et des alcalis n’a pas cessé d'exister; et la preuve,
‘se sert du mot de saturation pour désigner le
c'est qu'on peut faire prendre à un acide à l’état:
de neutralisation de nouvelles quantités d’une base, et former ainsi un sel acide. De même on peut faire prendre à un sel neutre une nouvelle quantité de base, et former des séls alcalins où
basiques.
Nous avons donc à considérer en général la.
combinaison des acides avec les alcalis ; elle nous”
Pr man
mène à des sels neutres, ou bien à des sels en
proportions différentes, qui seront ou avec excès
d'acide, alors nous les nommerons acides, ou
DE CHIMIE. p
bien avec excès de base, et nous les nommerons sels alcalins , ou mieux sels basiques.
La neutralité, l’alcalinité et l'acidité d’un sel se reconnaissent en général au moyen des réactifs colorés; en sorte que si l’on nous présentait une dissolution saline , nous y plongerions du papier bleu et du papier rouge : sil n'y avait pas altération, nous en conclurions quele sel étaitneutre ; si le papier bleu devenait rouge, nous reconmaîtrions qu’il y avait excès d'acide, et si le papier rouge devenait bleu , nous dirions qu'il y avait excès de base.
Cependant on ne peut s’en rapporter toujours a l’altération des réactifs pour prononcer sur la véritable nature d’un sel relativement à l’acidité ou à l’alcalinité , car 1l y en a qui sont considérés comme neutres et qui agissent sur les réactifs colorés; suivantleur action, on Îes prendrait pour acides ou alcalins, et cependant on doit, par des considérations d’un ordre plus élevé, reconnaître que ce sont des sels neutres. Ainsi je prends le phosphate de soude, par exemple, jy plonge
un papier rouge; il devient bleu : cependant ce
sel est considéré comme neutre.
Pour bien comprendre ce que c’est qu’un sel + neutre , il faut s'élever à des considérations prises dans la théorie des proportions définies. On se rappelle que le fait qui sert de fondement à cette
| | théorie consiste en ce que, si l’on prend deux corps de même ordre, comme deux acides, par exemple, et qu’on chérche la quantité de chaque acide nécessaire pour donner avec deux alcalis un degré constant de neutralisation : que si, notant les quantités pondérales des acides qui saturent la même quantité d’alcali, on prend un quatrième corps, un deuxième alcali en quantité quelconque, il faudra, pour le saturer, deux nouvelles quantités d’acides dans le même rapport que celles qui ont été nécessaires pour saturer le premier alcali; c’est-à-dire que les quan- | tités pondérales de deux corps nécessaires pour * procurer un même degré de saturation àvec un
autre corps, conservent le même rapport dans
toutes les combinaisons avec un corps nouveau. M
Je suppose, raisonnant d’une manière gené- ‘ rale, que nous avons deux corps À, B; ce sont deux acides en quantité telle, qu ils peuvent se | combiner avec une quantité M d'un alcali. IL nous faudra, par exemple , deux kilogrammes de l'acide À ; il en faudra six de lacide B pour saturer le même aleali M. Si l’on me donne un alcali N en quantité quelconque, pour le saturer, il faudra une certaine quantité de À; au lieu de
deux D ce sera le double, je sup-
Cds
FD 4 6B— LB. Or ces quRe quantités ont entre elles le mème rapport que les deux premières : c’est la base sur laquelle repose la théorie des proportions chimiques. En généralisant , si l'on a une série d'acides À, B, C, D, et un alcah M; que lon cherche les quantités de chacun des acides qui peuvent neutraliser la base M; que l’on prenne | ensuiteune série d’alcalis M, N,0,P,en quan- { tités telles qu'ils neutralisent de la même maniere
. l'acide À , il est évident qu'il sera indifférent que
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