DES SELS
. Définition des sels. — Neutralisation, — Théorie des proportions chimiques. — Définition de la neutralité, — Tendance des corps à former des composés stables. — Classification des sels. — Caractères et propriétés des sels. — Décrépitation. — Dissolvans. — Eau de Réation — Fusion aqueuse. — Fusion ignée.
Dans la première partie de ce Cours, on a fait l'histoire des corps simples et des composés Dinaires. Ces derniers forment trois classes de corps
distincts : ce sont les corps composés, acides, | neutres et basiques, qu'on nomme aussi alca-
De En se réunissant deux: à deux pour former #
G.-L. China. 176 LEÇON. ï
des corps composés, les corps simples n’ont point épuisé toute Jeur affinité ; ils ont conservé une tendance à se combiner de nouveau en formant des corps d’un ordre plus compliqué , renfermant un plus grand nombre de principes élémentaires. Nous devons examiner ces nouvelles combinaisons ; mais nous fixerons particulièrement notre attention sur celles qui résultent de l’union d'un acide avec une base, et qu'on a nommées sels. Un sel sera donc pour nous une combinaison d’un acide avec une base.
Cette définition paraît simple; cependant on verra qu'elle n'embrasse pas toutes les combinaisons formées par un acide et par une base, et qu'il sera nécessaire de la modifier d’après la proportion de l'acide et de la base qui entrent en combinaison.
On se rappelle ce que c'est qu’un acide : c’est un Corps dont la saveur est plus ou moins aigre, qui a la propriété de rougir certaines couleurs végétales, de se combiner avec les bases, c’est là
son principal caractère, et enfin d’être doué d’une
énergie électrique négative. On reconnaïîtra bien-
tôt ce dernier caractère, dans le Cours de Phy-
sique, en traitant de l'électricité et du galvanisme.
On se rappelle qu’une base agitsur les couleurs
une mamere différente des acides: que quan d’ diff te d des; que quand elle a une certaine solubilité, sa saveur, au lieu d’être aigre comme celle des acides, est ce qu’on nomme alcaline. Le grand caractère des bases est de se combiner avec les acides : leurs molé-
cules élémentaires jouissent d’une énergie électrique positive.
Les acides et les bases, en se réunissant, per-
dent la plupart de leurs propriétés, et en pren-
nent de nouvelles : ainsi, la saveur, l’odeur, la volatilité, la fusibilité, sont en général changées; mais, parmi ces changemens, les plus remarquables tiennent à l'acidité et à l'aicalinité. Une
base alcaline solubie a la propriété de ramener
au bleu la couleur du tournesol rougie par un
- acide, et de verdir le sirop de violettes. Ce sont
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des moyens simples de constater la présence des G.-L. I se
bases alcalines et des acides. En mettant un acide dans une base, ou réciproquement, les propriétés d’altérer les couleurs vont changer, et l’on parviendra, en faisant ceite expérience avec soin, à un terme défini désigné par le mot de neutralisation.
Commençons par une base que nous mettrons en certaine quantité dans un verre, et dans laquelle nous verserons peu à peu un acide. Je commence par m'assurer des caractères de l’alcali que j'ai mis dans le verre : 1l ramène au bleu la couleur du tournesol altérée par l'acide; je verse de l'acide; et tant qu'on verra le papier plongé dans le liquide demeurer bleu, on sera sûr quil y aura de l’alcali en excès. Je ne tiens pas compte de l’effervescence et de quelques autres actions
qui se produisent. Si je verse de l’alcali en excès,
la liqueur prendra les caractères de celui-ci. Je \ puis maintenant prendre de l'acide dans un autre « | verre, et y verser une base. Je constate d'abords qu'il a la propriété de rougir le tournesol. Je
verse l’alcali, je vois la force de l’acide diminuer; |
DE CHIMIE. 5 etsi je continue, je parviendrai à un point où il n'y aura plus d'acide libre dans la liqueur. Ainsi, nous voyons le liquide, d’abord acide, devenir alcalin, et réciproquement, et nous trouvons un point intermédiaire pour lequel il n’y aura n1 acide ni alcali libre : c’est ce qu’on peut reconnaître en faisant l'expérience avec précaution. J'ai ici deux liquides mesurés d’avance ; l’un est acide, l’autre est alcalin. Je les mêle : si les proportions sont bién calculées, j’obtiendrai ce qu on nomme un liquide neutre. En effet, il n'agit pas sur le tournesol, donc il n’est pas acide; il ne change pas non plus le papier rougi, donc ü nest pas alcalin. Ainsi, mélés en proportions convenables, les deux liquides perdent leur propriété acide et leur propriété alcaline.
L’acide et la base n’ont pas besoin d’être dans ces rapports pour former des composés chimiques, et nous donnerons également le nom de sels à toute combinaison d’un acide et d’une base.
Quand on est parvenu au point où les proprié-