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RS TERRE DAS ree Les à
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. COURS nous prenons l'acide sulfurique pour exemple, il dégagera du gaz carbonique, et formera un sulfate; il se produira en même temps une effervescence très grande ; mais 1ci l’on ne remarque aucune odeur, et c’est même un caractère distinctif: si l'on avait, par exemple, de l’hydrosulfate, ilse produirait une odeur d'œufs pourris. Voilà du carbonate de chaux ; en versant dessus de l'acide sulfurique, nous aurons une effervescence lente, parce que ce sel est peu soluble. On ne sent aucune odeur; l'acide carbonique qui produit cette effervescence se dégage comme de la bière et des autres liqueurs qui le contiennent. Les minéralogistes se servent beaucoup de ce caractère pour reconnaître les carbonates.
Parmi les carbonates, quelques-uns sont solubles dans l'eau; ce sont ceux formés par la potasse , la soude et l'ammoniaque , alcalis éminemment solubles. Ces trois bases forment des sels en diverses proportions avec l'acide carbonique, mais toujours solubles. La lithine donne
lieu à un sel qui n’est pas très soluble; les autres
DE CHIMIE. 5 bases ou oxides métalliques forment des carbouates insolubles.
Les carbonates de soude, de potasse et d’ammoniaque, qui sont solubles dans l’eau, le sont peu dans l’alcoo!, mais ils se dissolvent fort bien dans les acides faibles. Commençons par laeide carbonique (on sait que l’eau peut tenir jusqu’à 100 volumes de cet acide). Si nous avons une eau chargée d'acide carbonique, et que nous y placions du carbonate , il se dissout. Ainsi nous dirons, en généralisant, que les carbonates se disslvent dans une eau chargée d’acide, pourvu que cet acide soit faible. Si nous prenons un acide concentré , nous aurons une vive effervescence ; cela tient à ce que la base se partage entre les deux acides, comme nous l'avons dit.
S1 nous versons une quantité d’acide sulfurique égale à la moitié de la quantité d'acide qui est dans le sel, la base va se partager entre les deux acides, et si l’acide carbonique est en trop grande quantité pour demeurer dans l'eau "1 s'échappe;
si, au contraire, la quantité d’eau est suffisante,
l'acide restera, et il n’y aura pas d'effervescence. Dans cette expérience, nous n’ayons pas du carbonate pur, mais un mélange de carbonate et de sulfäte. |
Voilà les caractères génériques de ces sels, c’està-dire ceux qui appartiennent à toutes les espèces du genre. Nous allons faire l’histoire des espèces, etnous commencerons par le carbonate de chaux.
Le carbonate de chaux est formé d'un atome d'acide carbonique et d’un atome de chaux , ou équivalent. (Je désirerais que nous pussions nous familiariser avec ce mot équivalent , parce qu'il indique que nous pouvons indifféremment nous servir de telle ou telle base, pourvu que
nous prenions les quantités correspondantes.)
L’équivalentd’acidecarbôniqueest. 2,70440
L’équivalent de chaux est. ....... 3,56019
Atome du carbonate de chaux... 6,32450.
La réunion des deux atomes forme une mo-
lécule composée, qui est celle de carbonate de
chaux.
(À ds
Le carbonate de chaux se prépare dans les lahoratoires, en mêlant la base et l’acide ; on l’obtient sous forme pulvérulente à l’état de craie. On ne peut le faire cristalliser, parce qu'il est insoluble; mais la nature, à laquelle le temps ne manque pas, fournit le carbonate de chaux cristallisé en abondance. On le trouve sous un grand. nombre de formes variées, mais qui peuvent toutes être ramenées à une principale, le rhomboëdre, comme dans le spath d'Islande, et que Haüy appelait forme primitive; un rhomboèdre dont les angles ont 105° 50! et 74° 55. Ce carbonate a la propriété de se diviser parallèlement à toutes les faces : de cette forme primitive dérivent toutes les autres. Ce carbonate se présente souvent: sous la forme d’un prisme hexaèdre régulieretsous beaucoup d’autres formes différentes; mais ilsuffit de savoir que le carbonate de chaux pent cristal liser et prendre les formes les plus variées. Le carbonate de chaux, en raison de son insolubilité ,
n'a point de saveur. Nous pouvons dire, en péné-
ralisant, que la saveur suppose de la solubilité.
La densité de ce corps est 2,5 à 2,8. Il est remarquable de voir le même minéral, avec la même composition, varier ainsi de poids; mais il peut y avoir erreur dans la détermination : on sait aussi que les cristaux, suivant les circonstances où ils se forment, prennent des densités différentes. Dans le sel qui nous occupe, c'est même un caractère; car cette densité donne lieu à un sel plus dur, qui raie le sulfate de chaux. On peut même distinguer le stuc du carbonate de chaux ou marbre, en ce que l’ongle suffit pour rayer le premier , tandis que le second possède une assez grande dureté.
‘Quand on regarde à travers le spath d'Islande, on voit deux images : c’est l’effet de la double réfraction. Ce sel est peu soluble dans l’eau : celle-ci n’en prend que 3 à 4 millièmes. Sr on le place dans de l’eau acidulée, il va se dissoudre facilement. Dans cet état, en raison de sa transparence , on ne croirait pas que l’eau contint quelque corps étranger. Ce phénomène est produit
par la nature ; nous en avons même des preuves
DE CHIMIE. 9 aupres de nous : les eaux d'Arcueil renferment du carbonate de chaux en dissolution dans l’acide carbonique; cela est même très sensible à la source; mais l’eau, dans son cours, abandonne son acide carbonique. On sait qu’à l'air ce gaz se dégage; il se dégage aussi par l’action de la chaleur. Dans cette circonstance, le carbonate, qui était dissous à la faveur de l'acide carbonique, estprécipité et encrasse les vases qui le renferment. On trouve fréquemment dans la nature le carbonate de chaux en dissolution dans des eaux minérales.
Les eaux d’Arcueil perdent leur acide carbonique par l’action de la chaleur, et detemps à autre on est obligé de dégager les tuyaux du carbonate qui s'y dépose. Les eaux de la Seine contiennent aussi de ce sel, lors même qu’elles sont filtrées. On trouve des eaux tellement chargées de ce carbonate, qu'avec le temps elles finissent par former de vastes constructions. Il existe en France des eaux de ce genre, qu'on désigne par le nom de
minérales. On trouve, près de Clermont, une
source d’eau minérale renfermant du carbonate de chaux; elle est un peu chaude , elle fume même : jé n’en sais pas exactement la température, mais elle peut être de 25°. Ses eaux, au contact de l'air, perdent leur acide carbonique et déposent le carbonate. On expose dans ces eaux des feuilles, des plantes, des animaux, et au bout d’un mois ou six semaines , ces objets sont couverts de carbonate de chaux et paraissent pétrifiés. On trouve aussi de ces eaux en Toscane, aux bains de Saint-Philippe.
Le carbonate de chaux est décomposé par la chaleur rouge, et c'est sur ce fait que repose la : fabrication de la chaux. Il sufit de prendre de la pierre calcaire, c’est-à-dire une combinaison d'acide carbonique et de chaux, et de l’exposer à une bonne chaleur rouge ; car à un rouge obscur, le gaz ne se dégage pas. Les carbonates qui n'abandonnent pas leur acide sous l'influence de la chaleur se fondent quand on les expose à une chaleur suffisante. Si l'on pouvait conserver à la
chaux son acide carbonique, on pourrait la
DE CHIMIEe TI
fondre ; mais comment empêcher l'acide de se dégager? Cest en la plaçant dans des vases hermétiquement fermés. On peut se servir de la craie ou carbonate de chaux sans agrégation , que l’on place dans un canon de fusil ; on forge l’extrémité du canon , afin qu’il soit bien fermé : en portant pendant long-temps cet appareil à une température d’un rouge cerise, on fera fondre la craie. Si ensuite on laisse refroidir lentement, on est tout surpris de retrouver une matière cristallisée imitant le plus beau marbre.
- Ge fait acquiert une grande importance pour la Géologie; car avant quil eüt été observé par sir James Hall, on supposait que tous les carbonates avaient été déposés par l’eau; car, disaiton, peuvent-ils devoir leur formation à l’action du feu, qui les décompose si facilement et ne produit que de la chaux vive ? Ainsi, avant cette expérience, on croyait que tous les carbonates devaient incontestablement leur formation à l'eau : 1l est certain cependant qu’il y a beaucoup
. de pierres calcaires qui sont le résultat de dépôts
12 COURS faits par l'eau , comme à Clermont et à Sainte Allyre, où l’on voit un pont de go à 100 pieds, d’une hauteur considérable, formé par les eaux. 1] y a des pierres calcaires dont l’origine ne pourrait être expliquée par l’action de l’eau, et qui l’est parfaitement par l’action de la chaleur.
Nous avons à examiner maintenant un minéral qui est aussi de la chaux carbonatée, et auquel on donne le nom d'aragonite. Il se présente sous une forme différente de celle du carbonate de chaux ordinaire. Haüy croyait que l'aragonite devait sa différence de forme à des substances étrangères qui entraient dans sa composition; elle a des propriétés physiques différentes ; elle est plus dense. Le carbonate a une cassure spathique (spath est un mot allemand qui désigne les substances qui se divisent facilement ; on en a formé le mot spathique pour indiquer une substance qui se divise en lames); l’aragonite a une cassure, au contraire, vitreuse ; sa densité va jusqu’à 2,9;
L'aragonite renferme toujours un eu pde stror-
QY
tiane, 2 Ou 3 centièmes; il se peut quelle joue un certain rôle, et qu’elle influe sur la forme mème et sur les propriétés de cette substance. Le carbonate de chaux est répandu avec une étonnante profusion dans la nature : d’abord il forme la craie, qui se distingue des pierres calcaires en ce quelle n'a pas d’agrégation. Il forme ensuite les madrépores, les coraux, les stalactites ducs à des dépôts de carbonates primitivement tenus en dissolution dans l'acide carbonique ; les marbres, qui sont plus ou moins beaux, selon que leur cristallisation est plus ou moins complète ; on peut même reconnaître dans quelques-uns la structure spathique.
Nous trouvons ensuite ce qu’on nomme lumachelle, marbre non cristallisé, remarquable par sa couleur et sa bigarrure; la brèche , qui donne par le poli des dessins remarquables; les pierres calcaires compactes, dont la cassure ne laisse pas apercevoir de cristallisation ; le moel-
… lon, qui est une pierre calcaire impure, mêlée
avec de l’oxide de fer, de la silice et de l’alu-
mine à l'état d'argile. La pierre calcaire est quelquefois beaucoup plus dure , et présente une pierre compacte à grains fins , ce qui est précieux pour la lithographie.
La masse de ces diverses substances est très considérable et forme une grande partie de la croûte de la terre. Aux environs de Paris, on trouve de la pierre calcaire et de la craie, qu'on rencontre aussi sous le lit de la rivière. Les plaines de la Champagne sont couvertes de craie; le Jura, les Vosges, dans une bonne partie, sont calcaires; tous les Apennins sont calcaires. Dans les montagnes primitives de granit, y a toujours des chaînes de calcaire ; on cite en Suisse des montagnes calcaires qui s'élevent jusqu'a 4,000 mètres de hauteur. Tout cela justifie les détails dans lesquels je suis entre.
Nous n'avons pas de bicarbonate de chaux mi de sesquicarbonate, car on ne peut faire chauffer ces corps sans que l’acide carbonique se dégage;
cependant on est porté à considérer le carbonate
de chaux dissous dans l’acide carbonique, comme un bicarbonate.
À côté du carbonate de chaux vient le carbonate de baryte qui porte le nom de whiterite, parce que c'est le docteur Whitering qui en a
fait connaître la nature.
IL est formé d’un atome de baryte. . ... 0,5688
D'un atome d'acide carbonique... .... 2,70644
Poids atomistique du carbonate de baryte. 12,3332
L’atome de carbonate de baryte est donc deux fois plus pesant que celui de carbonate de chaux.
Les proportions que nous donnons ici sont celles du carbonate que nous préparons dans les laboratoires; il ne contient pas d’eau. On peut l'obtenir au moyen de la baryte et de l'acide carbonique, ou mieux, par double décomposition.
La nature nous présente ce sel en masse; en le brisant, on remarque que ce sont des aiguilles prismatiques, qui paraissent diverger d’un centre commun , et qui dérivent d’un rhomboèdre,
mais diflèrent de celui de carbonate de chaux.
Ce carbonate est peu soluble, mais 1lle devient dans de l’eau chargée d’acide carbonique, et se. sépare par l’action de l'air qui débarrasse le liquide de son excès d'acide.
Le carbonate de baryte se fond sans se décomposer ; en l’exposant à la chaleur blanche, 1l entre en fusion, et par le refroidissement, il prend une apparence vitreuse ou cristallisée. Cependant, si on le mêle avec du charbon et qu’on chauffe, le gaz se dégage en se décomposant , et l’on obtient la baryte pour résidu. On avait prétendu que le carbonate chauffé dans un creuset donnait de la baryte; c’est qu’on ne s'était pas servi de creusets . de Hesse, mais de creusets de plombagine, qui contiennent du carbone. Le carbone agissait sur le carbonate , et le faisait passer à l’état de bary te caustique.
Pour obtenir la baryte, il est plus simple de traiter le carbonate par l'acide nitrique et de décomposer le nitrate par la chaleur, ou de préparer un nitrate ou un hydrochlorate, et d'en
précipiter la baryte par la potasse.
Nous avons vu que l’eau ne dissout qu’une très faible ‘juantité de ce sel: sous l'influence d’une chaleur rouge, ce même liquide pourra le décomposer entièrement, J'ai ici cette expérience préparée d'avance : on prend un tube de porcelaine dans lequel on place le carbonate de baryte; le tube est ensuite porté à une haute température. À l’une de ses extrémités, on adapte un vase ren fermant de l’eau; on chauffe cette eau ; elle se vaporise et passe sur le carbonate. Si l'on recueille ce qui se dégage, on aura du gaz carbonique.
Ainsi le carbonate de baryte, et c’est un fait curieux , est décomposé à chaud par l’eau, et donne pour produit de l’hydrate de baryte et de l'acide carbonique qui se dégage. Mais ce qui est encore plus singulier, c’est qu'on peut maintenant décomposer l’hydrate par lacide carbonique à la même température. Si nous reprenons cet hydrate de baryte, et que nous fassions passer à la même température un courant de gaz acide carbonique,
mous allons chasser l’eau et reformer le carbo-
ate ; c'est un fart général. Cela tient ici à la pré- G.-L. Chim. 3e LECON. 2
vo
dominance de l’eau sur le gaz, ou du gaz sur l'eau. En faisant passer un grand excès d'eau sur le carbonate, l’acide est mis en liberté, et réciproquement. Ensuite 1l y a affinité entre l’eau et la baryte, ainsi qu'entre la baryte et l'acide ; en sorte que, dans ce cas, on peut assimiler l’eau à un acide, la baryie ayant pour certaines bases une affinité analogue à celle qu'elle a pour les acides faibles. Il en résulte que quand nous mettons l’eau en contact avec le carbonate, son ac-. tion est analogue à celle d’un acide. On voit donc qu'il devra y avoir d’abord partage de la baryte ‘entre l'acide carbonique et l’eau, et que, si l'on continue de faire passer de l’eau, la décomposition sera complète. |
Ainsi, quand les bases ont de l’aflinité pour Veau, celle-ci peut décomposer leurs sels sous l'influence de la chaleur, et celle-ci à son tour pourra être chassée aussi par les acides à l’aide de la chaleur. Ces expériences, qui paraïssaient contradictoires, sont propres à montrer que les corps
se partagent entre ceux avec lesquels 1ls peuvent
DE CHIMIE. 19 se combiner, pourvu que l’un de ceux-ci ne soit pas en excès.
Le carbonate de baryte peut se combiner avec une demi-proportion d’acide de plus, pour produire un sesquicarbonate , sur lequel je n’insiste pas , Car il ne présente aucun intérêt, *
Le carbonate de baryte est un poison ; à la dose de plus d’un gramme, il peut faire périr un chien. Onletrouveen An gleterre employé comme mort-aux-rats. Îl n’a ni saveur ni odeur, ce qui fait que ces animaux le mangent sans défiance.
À côté du carbonate de baryte, on peut placer, comme faisant un même groupe, le carbonate de strontiane ; ils ont un air de ressemblance. Je m'y arrèterai peu. Je pourrais substituer la strontiane à la baryte, et réciproquement, sans qu'on s'apercüt de la différence.
Sous l’influence de la chaleur, le carbonate de strontiane se décompose difficilement. L'action . de l'eau sur ce sel est la même que sur le carbo- | nate de baryte. | Sa composition est :
G.-L. 3e Leçox. 2e.
26 | COURS Un atome de strontiane.....,..,+: 6,47 285 Un atome d’acide carbonique...... 2 76440
Poids atomistique du sel.......... 0,23725
On rencontre, mais rarement, ce sel dans quelques eaux minérales.
Nous passons mainienant à des carbonates d'un autre ordre, et qu'on peut considérer comme formant un groupe particulier : ceux de polasse et de soude. Les sels du groupe que nous venons d'examiner sont peu solubles, la potasse et la soude en forment qui le sont beaucoup plus. La Br et la soude ont beaucoup de ressemblance à l’état caustique, ce qui fait que nous les considérons comme formant un même groupe. Dans les arts, ces carbonates peuvent être remplacés l'un par l’autre, excepté pour la fabrication du flint-glass.
La potasse peut se combiner en trois proportions avec l’acide carbonique.
Si nous prenons le carbonate de potasse anby-
dre , nous le trouverons formé de
Un atome de potasse. ,...,....... 5,80016
Un atome d’acide carbonique. .... 2,76440 . Poids atomistique du sel... ....... 8,66356
Ce sel peut être obtenu cristallisé, et alors il contient deux proportions | déan étalée... die ces /2;24000
Poidsatomistique du sel cristallisé.. 10,91315
Vous voyez comme, en Chimie, les atomes
se compliquent en se réunissant. En combinant l'acide et la base, vous obtenez une molécule complexe, laquelle se combine avec deux pro portions d’eau, pour former une nouvelle molécule plus complexe.
La cristallisation de ce sel n’est pas facile; on l’obtient cependant en prenant une dissolûtion concentrée, à 1,66 à chaud : après le refroidissement, on obtient de grandes lames rhomboïdales.
Les carbonatés du premier groupe étant insolubles, n’ont pas de saveur sensible; mais
ceux-ci, étant très solubles, ont une saveur
Sd
fortement alcaline, maïs qui cependant n'est pas caustique.
L'eau a une grande affinité pour le carbonate : de potasse; elle peut en dissoudre la moitié de son volume. Si l'on expose ce sel à la chaleur, il perd non-seulement son eau de dissolution, mais aussi celle de cristallisation. Il résiste ensuite à une chaleur rouge cerise; il faut le porter jusqu'à la chaleur blanche pour le fondre; on ne peut, à la plus haute température possible, lui faire perdre son acide carbonique. Si l’on fait passer un courant de vapeur sur du carbonate de potasse, l’acide est dégagé et l’on obtient un hydrate. Si ensuite on dirige sur cet hydraite un courant de gaz acide carbonique , on forme de nouveau le carbonate. Ce sel tombe promptement en déliquium, en sorte qu'on s’en sert pour dessécher l’air ou les gaz. |
Les décompositions de ce sel sont analogues à celles que nous venons de voir pour les
autres. Lie charbon peut le décomposer, et
donner même le potassium pur à une haute température.
La potasse étant une base. très puissante et très soluble, on pourrait croire qu'elle ne peut être déplacée par une autre base; mais on peut dire que ce qu'on nomme affinité est une chose qui ne peut être mesurée, et qui dépend des circonstances dans lesquelles les corps sont placés.
Ainsi nous voyons que la potasse conserve:
son acide carbonique à une haute température, que la chaux au contraire, à cette température, le perd entièrement: nous serions de suite portés à conclure que la potasse a plus d’affinité pour lacide carbonique que n’en a la chaux. Si nous faisons varier les circonstances, nous obtiendrons des résultats qui nous porteront à une conelusion toute contraire: car si nous mettons en contact de la chaux et de la potasse avec de Pacide carbonique sous l'influence de l’eau, il se formera un précipité de carbonate de chaux ; d'où
nous tirerions la conséquence que la chaux
a plus d’aflinité pour l'acide carbonique que n'en a la potasse. Mais si l'on fait attention qu’un acide en présence de deux bases se partage entre ces deux bases, on reconnaîtra facilement qu'il doit y avoir précipité, puisque le carbonate de chaux est insoluble dans l’eau : la déconiposition de cette manière peut aller jusqu'a être complète. On se sert de ce procédé pour rendre la potasse caustique; quand on veut ensuite obtenir cette potasse parfaitement pure, on la traite par l'alcool.
Le carbonate de potasse s'obtient en brülant les plantes qui croissent sur le bord de la mer, et lessivant ensuite les cendres; mais le carbonate ainsi obtenu n’est jamais pur, il contient du sulfate de potasse et du chlorure de potassium. La matière calcinee se nomme potasse du commerce, et prend le nom du pays où elle est fabriquée. On la purifie de la maniere suivante dans les laboratoires.
Le carbonate de potasse est très soluble dans
l’eau; celle-ci peut en prendre 1,6 de son
poids. En cet état, il a une grande affinité pour l'eau, et cette affinité est telle, que les autres sels ne peuvent réster en dissolution en présence de la potasse quand la dissolution est tres concentrée : les autres sels sont donc précipités, et il suffit de décanter. C’est là un premier moyen, mais il est insuffisant; le meilleur est de transformer ce sel-en bicarbonate, qui est moins soluble; il cristallisera parfaitement en abandonnant tous les sels étrangers qui demeurent en dissolution dans l’eau-mère ; il suffit ensuite de laver ces cristaux à l'extérieur pour avoir le bicarbonate pur, qu'on pourra ensuite soumettre à la chaleur pour lui faire abandonner la moitié de son acide et Le faire passer à l'etat de carbonate.
Si l’on veut obtenir immédiatement le carboünate de potasse sains ces diverses opérations, on prend un sel qu’on nomme crème de tartre, qu’on obtient pur par cristallisation. En le calcinant seul, ou mieux en jetant dans une chau-
dière de fer rougi un mélange de deux parties
de crème de tartre et d’une partie de nitre, om obtient le carbonate de potasse pur. Dans le commerce, il est important de connaitre la quantité d’alcali renfermée dans le carbonate de potasse, et l’on ne peut espérer de prospérer dans les arts qui en font usage, si l’on ne sait pas déterminer la quantité de potasse pure qui se trouve dans le sel, c’est-à-dire si l’on ne sait pas en déterminer le titre. On peut y parvenir en cherchant la quantité de potasse qu'une quantité donnée d’acide peut saturer. On a pour cela un acide destiné à cet usage, dont on connaît bien la puissance, et qu'on nomme alcalimétrique ; nous indiquerons plus tard les moyens de faire l'expérience.
Le bicarbonate de potasse renferme un atome dé -potasse re MP NE RON MERE 00e
Deux atomes d’acide carbonique... 5,52880
Et un atome d'eau... 1512479
Il se présente sous forme de beaux cristaux
rhomboïdaux, volumineux, mais peu réguliers.
Ce sel s'obtient facilement, en saturant le carbonate de potasse simple d’acide carbonique : on fait l’opération dans un vase communiquant à plusieurs flacons. ( Fig. 1°, pl. r.) On met dela craie dans le vase avec de l’eau, on y verse de l'acide sulfurique : l’acide carbonique est mis en liberté ; il se dégage, traverse un premier flacon qui contient de l’eau pure, et dans laquelle 1l dépose les substances étrangères qu'il aurait pu retenir; il se rend ensuite dans un second flacon contenant de la potasse, qu’il fait passer à l’état de bicarbonate. On peut placer à la suite d’autres flacons, et l’acide avance successivement de flacon en flacon à mesure qu’il a saturé les premiers. On peut aussi, si l’on veut, placer des bases differentes dans les divers flacons. Il y a des appareils ingénieux dont on n'a pas besoin de s'occuper, une fois qu'ils sont mis en train; vous les avez vus dans l’autre partie du cours : tel est l'appareil de Woulf. Ce sel a une saveur faiblement alca-
line ; il agit beaucoup moins fortement que le
carbonate simple sur les couleurs végétales. L'eau le dissout mal : 100 parties en prennent 25 à froid, c’est-à-dire à r0 ou 15°. La chaleur en dégage facilement l'acide carbonique. I suffit de faire bouillir une dissolution de ce sél pour le ramener à l’état dé sesquicarbonaté ; si on le soumet à la même température pendant plus longtemps, on le réduit a l’état de carbonate simple. Le sesquicarbonate est formé d’un de base, d’un et demi d'acide et de six proportions d’eau, d'après le docteur Thomson: |
Je passe au carbonate de soude ; il est formé de
Un atome d’acide carbonique...... 2,70440
Un atome de soude. ............. 3,90897
Poids atomistique du sel. ........ 6,67337 Dans cet état, il est anhydre, mais
il peut prendre 10 atomes d’eau. .... 11,24700 Et le sel, à l’état d’hydrate, forme
ho, total dé... SES CR
On voit donc qu'il renferme à peu près deux
tiers d'eau; aussi cela explique les diverses for-
mes sous lesquelles il se présente cristallisé, suivant la quantité d’eau qu'il contient. L'eau le dissout assez bien; à froid, elle en prend la moitié de son poids.
Si l’on expose à la chaleur ce sel cristallisé, il subit la fusion aqueuse.
J'ai déjà dit qu'il ne faut pas croire qu'un sel effleuri soit anhydre : il contient plus ou moins d'eau, suivant l'état hygrométrique de l'air. |
Quand le sel est fondu, si on le soumet à un courant de vapeur, il perd son acide carbonique, et réciproquement, si l'on fait passer sur un hydrate de soude un courant d’acide carbonique, on forme de nouveau le carbonate: nous nous sommes occupés de cet objet en commençant la lecon.
Parmi les corps simples, nous citerons le phosphore , qui décompose le carbonate de soude pour donner naissance à un phosphate et à du charbon.
Comme le phosphore se volatilise a 500° et
qu’il n’agit sur le carbonate de soude qu'à 400°, si on le mélait simplement avec le sel, le phos- * phore se volatiliserait sans produire aucune action; il faudra, pour remédier à cet inconvénient, . placer le phosphore au fond d’un tube, et le carbonate par-dessus, faire rougir la partie du tube où se trouve le sel, et chauffer ensuite le phosphore qui, réduit en vapeur, traverse lamasse du sel et le décompose. On obtient pour résultat du charbon provenant de la décomposition de l'acide carbonique, et le phosphore s'empare de tout l’oxigène pour se convertir en acide phosphorique qui se combine avec la soude pour
former un phosphate.
om tm
IMPRIMERIE DE HUZARD-COURCIER ; rue du Jardinet, n° 12.
SOMMAIRE
Décomposition du carbonate de soude. — Circonstances où il se trouve dans la nature. — Fabrication. =— Bi-carbonate de soude — Ses caractères. — Moyen de l’obtenir. — Sesquicarbonate de soude. -— Carbonate d’ammoniaque. — Sa composition, ses caractères. —Moyen de l'obtenir ; ses caractères. —Bi-carbonate d’ammoniaque.—Ses caractères .—Sesquicarbonate d’ammoniaque. — Ses caractères. — Les carbonates d’ammoniaque sont produits par la nature. — Carbonate de magnésie. — Ses caractères; action de l’eau. — Bi-carbonate de magnésie. — Ses caractères. — Sesquicarbonate de magnésie. — Ses caractères. — Carbonate de fer. — Moyen de Vobtenir; ses caractères. — Bi-carbonate de fer. —Ses'éaractères. — Carbonate de manganèse. — Ses caractères ; moyen de l’obtenir. -— Carbonate de cuivre, noir, vert, bleu. — Moyensdeles obtenir ; leurscaractères.— Carbonate deplomb. — Moyen de l’obtenir; ses caractères. — Carbonate de zinc. — Formation et caractères du carbonate neutre.— Définition
de la cohésion chimique. — Théorie des doubles décompositions.
Nous en sommes restés, dans la dernière séance, à l'examen de l’action du phosphore
sur le carbonate de soude. Nous avons vu
G.-L. Chim.4e 1eçon. 1
mm re
qu’au moyen de la chaleur il décompose ce carbonate et donne naissance à du phosphate de soude et à du charbon. Ce charbon peut êire séparé par des lavages. Le potassium peut aussi décomposer ce carbonate et mettre le charbon à nu.
Il faut ajouter une chose pour terminer l’histoire de ce sel : c’est que les bases qui agissent sur lui sont celles qui forment, avec l'acide carbonique, des combinaisons insolubles. Ainsi, quand on verse de l’eau de chaux, de baryte ou de strontiane sur le carbonate de soude, on lui enlève tout son acide carbonique et l’on obtient la soude caustique, qui peut ensuite se combiner avec les huiles pour former les savONS. |
Le carbonate de soude est très répandu dans la nature; on le trouve sous forme d'efflorescence. Là où 1l y a du sel Marti DIE carbonate de chaux, il n’est pas rare de voir des efflorescences qui recouvrent les murs et
les terrains qui depuis quelque temps n'ont
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