RD. PE, LULU 0 D
On peut faire ce carbonate de deux manières : . la plus simple est de prendre de l’eau chargée
. d'acide carbonique, de la mettre en contact avec
Does
,14 COURS du fer; il se produit du protoxide de fer qui se combine avec l'acide carbonique; mais l’on obtient | mieux par les doubles décompositions. Je prends | du carbonate neutre de soude, jy verse du sul-. fate de fer, et j'ai un précipité considérable, qui m se dissout facilement dans un excès d'acide car- & bonique ou dans un autre acide minéral. Je.
l’obtiens ici pulvérulent, mais la nature le présente cristallisé, sous forme de fer spathique, mais seulement quelquefois en petites lames. à Le carbonate de fer est remarquable par son existence dans les eaux minérales; celles qu'on nomme ferrugineuses doivent leurs propriétés à : l'existence de ce sel tenu en dissolution par un excès d'acide carbonique; mais ces eaux ayant. le contact de l’air, le fer qu’elles renferment passe à un élat supérieur d’oxidation, l'acide carbonique se dégage, et le fer se précipite à l'état d’une espèce d’ocre. Ce carbonate de fer se décompose facilement par l’action de la chaleur. Je rappellerai que le fer forme deux oxides, le
protoxide et le peroxide; celui-ci retient. l’oxi-
gène avec beaucoup plus de force, on ne peut
l'en séparer par la chaleur. En décomposant ce
carbonate par la chaleur, le fer passe à un état Supérieur d’oxidation » en sorte qu'après l'avoir | -desséché, on obtient un mélange de Saz Carhonique et de gaz oxide de carbone. C’est donc là leur caractère particulier.
Le fer passe ici à un état intermédiaire entre le peroxide et le protoxide, c’est-à-dire qu’il renferme deux atomes de peroxide et un atome de protoxide. On ne connaît pas de carbonate de peroxide de fer; cependant ce peroxide peut Former un carbonate double que l’on obtient au moyen du bi-carbonate de potasse et du péroxide de fer. Ce sel est stable et ne se décompose que par l’action de la chaleur.
Le manganèse forme une combinaison que nous désignerons sous le nom de neutre, ren-
fermant.
. Un atome d’oxide de manganèse. 4,55787 Un atome d'acide carbonique. . . 2,70440
D Aiome du sel. ... . . . . . PV7,32227.
es
On l’obtient, dans les laboratoires, en versant! un carbonate dans un sel de manganèse.
La nature nous présente ce sel cristallisé souss forme de rhomboëdre. (
Nous n’avons pas d'autre carbonate de manga
nèse, quoiqu'il y ait un grand nombre d’oxides..
Le cuivre forme avec l'acide carbonique plu— sieurs combinaisons sur lesquelles même on n'es pas parfaitement d'accord; on en cite trois : ur carbonate noir, un vert et un bleu, connu sou le nom d'azur de cuivre, ou de cendre bleue», Nous allons examiner successivement ces diverm sels.
Nous ne pouvons pas faire immédiatemenn un carbonate de cuivre neutre ; mais en suppo» sant quil existàt, il serait formé d'un atom d’oxide de cuivre. ............... 4,95605.
Et d’un atome d'acide carbonique. 2,76440
Poids atomistique du sel........ 7,72135:. |
Les carbonates que nous obtenons sont dei
sous-sels. Le premier serait un carbonate non
DE CHIMIE: ir que MM. Colin et Taillefert ont fait connaître, En l’examimant, j'ai trouvé qu'il renferme bien peu d'acide carbonique; je n’en, conclurai pas qu'il n'existe pas, mais je citerai quelques obser: vations que j'ai faites à ce sujet.
On a indiqué ce sel comme formé d’un atome d'acide et de deux atomes d'oxide ; ce serait un sel anhydre. On l’obtient en faisant bouillir le carbonate vert ou bleu avec l’eau. Je ne sais quelles précautions particulières ont employées MM. Colin et Taillefert, pour le préparer , mais je n’ai pu l'obtenir; et, comme on le verra tout à l'heure, j'ai trouvé que le carbonate vert ou bleu est entièrement décomposé par une assez longue ébullition avec l’eau , et qu'il ne reste que du deutoxide de cuivre.
Vient ensuite le carbonate vert, qu’on nomme aussi malachite. On le trouve dans la nature , avec une nuance d’un beau vert inégal ; on peut obtenir ce sel par précipitation. En versant dans une dissolution d’un sel de cuivre un carbonate
neutre, 1l se forme un précipité, et il semble G.-L. Chim. 4e xEgow. 2
rs de | COURS
que rien ne se dégage : on pourrait conclure qu’il c’est formé un carbonate neutre de cuivre; mais en prétant l'oreille, on entend l'acide carbonique qui s'échappe. Si on l’expose à l'air, l’acide carbonique se dégage, et il ne reste que le précipité. Ce sel est composé de la même mamière que carbonate noïr, mais il contient, de plus; deux proportions d’eau. Ce sel devient noir en perdant son eau.
Il se présente dans la préparation de ce sel des phénomènes intéressans. Si l’on verse du carbonate de soude dans un excès de dissolution de sulfate de cuivre , on obtient par double décomposition un carbonate de cuivre vert que l’on peut faire bouillir pendant dix heures avec la liqueur , sans qu'il se décompose ; il prend seulement une teinte plus verte.
Si l’on fait la même expérience en employant un excès de carbonate de soude, il suffit d'élever la température jusqu’à l’ébullition, pour que le carbonate passe du vert au noir, et au bout de très
peu de temps ce sel est entièrement décompose.
Les carbonates de cuivre ne sont pas les seuls sels qui éprouvent ce genre de décomposition : le sulfate de cuivre passe à l’état de sous-sel, et V'acétate noircit très promptement et finit par donner de l’oxide de cuivre.
Le carbonate bleu se fait en Angleterre, par
n moyen qui est tenu secret; on le nomme cendre bleue. Ce sel ne peut être produit immédiatement dans les laboratoires. L'analyse qu'on en a faite a donné le résultat suivant : trois atomes d’oxide de cuivre, deux atomes d'acide carbonique et un atome d'eau.
Nous pouvons, comme vous voyez, concevoir que cette combinaison soit formée d'un sous-sel dans lequel il y aurait trois atomes d’oxide de cuivre contre deux atomes d’acide carbonique, et qui serait combinée avec un atome d'eau. Mais si l’on remarque que l’eau joue le rôle d’un acide, qu'elle se combine même réellement avec les bases, en la regardant comme se partageant l’oxide avec l'acide carbonique,
uous aurons justement le nombre d’atomes né
enr rrtrorpeenness hr RTE ERREUR
cessaires pour former le sel neutre, puisque alors ce sera trois atomes d'acide contre trois atomes de base.
Les cendres bleues peuvent donc être considérées comme un sous-sel hydraté ou comme un sel double, formé par deux atomes de carbonate de cuivre neutre etun atome d’hydrate de cuivre. Nous donnerons la préférence à cette dernière manière, car on ne peut s'empêcher de reconnaître que l’eau joue le rôle d'acide.
Le plomb ne forme qu'une combinaison connue avec l’acide.carbonique, c'est le carbonate neutre. {J’emprunte le poids des atomes de M. Berzelius, qui les a donnés exactement.) Il est formé d’un atomed’oxide de plomb... 13,94408
Un atome d’acide carbonique. ..... 2,76440
Poids de l’atome du sel........... 106,70038.
Ce sel se présente en poudre blanche très pesante, qu'on nomme céruse ou blanc de plomb.
On peut l'obtenir par double décomposition.
La nature nous l'offre cristallisé, sous forme
DE CHIMIE. a1 d'un octaëèdre à base rectangulaire, Il se décompose par la chaleur ; on emploie même ce moyen pour faire la belle mine orange ou le minium. On opère à une température d’environ 406? :
alors l'acide carbonique se dégage et l’oxigène prend sa place, c'est-à-dire que le protoxide de plomb provenant de la décomposition du carbonate, passe à un état supérieur d’oxidation.
Le zinc se combine aussi avec l'acide carbonique et donne deux carbonates, D'abord le carbouate neutre qu'on ne fait pas directement , mais qu’on trouve dans la nature : il est formé d'un ue d'oxide de zinc (en retranchant le nombre 1 de l’oxigène, vous aurez le poids du métal lui-même), pesant. ......... 5,03226
Un atome d’acide carbonique. . . 2,76440
Poids de l'atome du sel. ,....... 779666.
Il se présente cristallisé en rhomboëdre obtus; on le trouve aussi combiné avec un atome d’eau. }
Le carbonate artificiel; qu’on fait par précipi-
G-L. 4° recçox. 2.
tation, est blanc, mais il n’est pas parfaitement neutre, et, d'après l'analyse de M. Berzelius, il est formé de trois atomes d'acide, quatre d’oxide et trois d’eau ; mais il est plus simple de supposer que nous avons trois atomes d’oxide avec trois atomes d'acide, et un atome d’eau avec un atome d'oxide, le tout combiné avec deux atomes d’eau : on peut choisir entre ces deux explications.
Parmi les carbonates, il y en a plusieurs qui peuvent se réunir entre eux et former ce qu'on nomme des sels doubles. On entend par sel double la réunion de deux sels au même état de neutralité pouvant donner des cristaux renfermant les élémens des deux sels.
Les sels, en se mêlant, se combinent dans les rapports atomiques; ainsi c’est un atome d'un carbonate avec un atome d'un autre carbonate, par exemple, qui entrent en combinaison.
Parmi les carbonates, il y en a deux, celui de magnésie et de chaux, tous deux insolubles dans l'eau, qui peuvent $e réunir et que Îa nature
présente en masse considérable. Ce sel-compose
prend le nom de dolomie, de Dolomieu qui l’a découvert; on le trouve en cristaux petits, durs, présentant tous les caractères des carbonates, et formé d’un atome de chaux et un de magnésie, el par conséquent deux d'acide carbonique.
Il existe aussi des mélanges qu'on pourrait appeler des combinaisons en proportions variables du carbonate de chaux et du carbonate de magnésie ; mais On verra que les molécules des corps peuvent se substituer les unes aux autres sans que pour cela la loi des proportions définies soit chan- gée. Nous nous occuperons de cet objet en traitant de l’isomorphisme.
Il existe encore d’autres carbonates doubles. Le carbonate de soude cristallisé peut se combiner avec le carbonate de chaux d’atome à atome : ce sel composé est insoluble dans l’eau, et il reuferme une molécule et demie de ce liquide. Nous ne parlerons pas des autres. Je vais finir en vous parlant des décompositions doubles. J'en ai cité ; quelques exemples : nous allons généraliser.
Il est à remarquer que la solubilité des corps
simples ou composés a une grande influence sur ce qu’on appelle les affinités. J’ai dit qu'on ne peut pas les mesurer, parce qu’elles varient suivant les circonstances. Ainsi, relativement à la potasse et à la chaux par rapport à l’acide carbonique, nous avons dit qu'on peut conclure que la potasse a plus d’aflinité que la soude pour cet acide, quand on les expose toutes deux à la chaleur ; tandis que si l’on opère par les dissolutions, on est porté à une conclusion .touté contraire. Pour parler de l’affinité d’une manière générale, il faudrait que les résultats fussent constans.
On peut dire que toutes les fois qu’il peut se former dans une dissolution un composé insoluble dans ce liquide même, ce composé se produira. Ainsi, nous mélons de la chaux et de la siontiane, qui sont solubles, avec de l'acide carbonique ; elles peuvent former , avec cet acide, des sels insolubles : ces sels se formeront. Îc1 on peut faire intervenir la force de cohésion; mais cette cohésion ne doit pas
étre assimilée à celle dont nous ayons parlé
‘en Physique, et qui se mesure par des poids. . La force de cohésion, en Chimie, est ce qu'on peut appeler, à proprement parler, l’insolu- bilité dans les liquides. La résine, par exemple, a une grande force de cohésion par rapport à l'eau, car elle y est complètement insoluble ; c'est qu'il n'y a aucune affinité entre ces deux corps. Si nous placons cette résine dans l'alcool, elle s'y dissoudra très bien : donc la force de cohésion serait détruite. La force de cohésion, en Chimie, sera donc le rapport du liquide au solide; en sorte que quand un corps est - insoluble dans un liquide, on dit qu’il a une certaine force de cohésion. Nous pourrons encore
définir la cohésion, la résistance à la dissolution. Revenons aux sels doubles, et prenons des exemples. Ce seront, je suppose, des carbo-
nates de chaux, de magnésie, de stontiane qui
sont insolubles; je prends deux sels solubles,
du carbonate de soude et du nitrate de chaux;
je les méle. On conçoit que l'acide nitrique
carbonique avec la chaux; alors nous aurions. deux nouveux sels, du carbonate de chaux et du nitrate de soude. L'un de ces sels est insoluble, tandis que les deux sels employés étaient solubles; le sel insoluble se forme:
Voici à cet égard la loi que M. Berthollet à découverte.
Toutes les fois qu'on mêle deux sels ayant:
une certaine solubilité dans le liquide, s'il peut: se former, par double échange, deux sels dont ; l'un soit moins soluble que ceux que l'on ai employés, la double décomposition aura lieu. . Dans l'expérience que nous venons de faire,, il y en a un moins soluble; ainsi la double:
décomposition se produira; ainsi, toutes les: fois qu'on connaîtra la solubilité des sels em-ployés et des sels qui peuvent se former, on pourra prédire ce qui arrivera.
Cependant, pour que le précipité se forme, il faut qu'il n’y ait pas assez d’eau pour tenirt lé .sel en dissolution. :
Quand on a mélangé ainsi deux sels, 1ll
. faut concevoir (je demande que vous adoptiez le fait de confiance), il faut concevoir un simple mélange, puisque nous avons des équivalens. Si c’est du sulfate de soude et du nitrate de chaux que nous avons employés, il est indifférent que l'acide sulfurique soit mêlé avec la chaux ou avec la soude, et, je le répète, cela se passe comme si c'était un simple mélange. Dans ce cas, les molécules de chacun des acides se combineront indifféremment avec June et l’autre base: il se formera donc du sulfate de chaux qui pourra d’abord demeurer en dissolution ; mais si la quantité augmente, il sera précipité.
Ainsi nous voilà parvenus à un fait; c’est que l'insolubilité détermine les échanges et les précipités.
Nous reconnaissons donc que toutes les fois qu'on mêlera deux sels, et quil pourra se former un sel moins soluble que ceux que l’on
‘emploie, il y aura double décomposition. Pour
xpliquer cet effet, nous admettons que lorsque
deux sels sont mélangés, il est completement t indifférent pour les acides et les bases de see combiner en tel ou tel ordre, mais que Sii l’un des oxides peut former un sel insoluble;,
il se fera un précipité.
D RSR LEE REA ce 0 ES IMPRIMERIE DE HUZARD-COURCIER, ; rue du Jardinet, n° 12.
5° LECON. — 95 AvRIL 1828.
SOMMAIRE
Phosphates. — Léurs caractères. — Phosphate de soude. — Bi-phosphate. — Phosphate de potasse. — Bi-phosphate. — Phosphate de baryte.—Bi-phosphates et phosphates basiques.
: — Phosphate de strontiane, — Phosphate de chaux. — Il se forme des phosphates de chaux en proportion non définies. — Bi-phosphates et phosphates basiques. — Phosphate des os, — Préparation du phosphore ; sa purification. — Phosphate d'ammoniaque.—Bi-phosphate.— Phosphate d’ammoniaque et de soude. — Phesphate de magnésie, — Phosphate d’ammoniaque et de magnésie. —- Le même sel basique.
Dans cette séance, nous nous occuperons de l'histoire du phosphore.
Nous considérerons les phosphates neutres
List
. comme formés par un atome de base ét un atome
d'acide phosphorique. Nous prendrons pour ; G.-L. Chim. 5e LEÇON. L
équivalent de lacide phosphorique le nombre 4,46155, dans lequel il y a 23 d’oxigène. On avait admis que l'acide phosphorique pouvait être considéré comme contenant 2 atomes de radical ou de phosphore; mais nous devons rester fidèles à la théorie des équivalens, et regarder comme poids de l'atome d’acide la quantité qui neutralise un atome de base : on trouve que c'est
321, c'est-à-dire 1 de phosphore et 2; d’oxigène.
L’atome de phosphore est égal à... 1 96155
Les 2! atomes d’oxigène. ........ 2,5
Poids de l'atome d’acide phosphor.. 446155. |
L’acide phosphorique se combine avec les bases en proportions très variées, mais nous devons nous attacher aux plus importantes. Nous verrons qu'il existe des sels neutres, des sels ba= siques et des sels acides : voilà les trois genres; mais il y a dans-chacun d'eux des sels qui sont! plus ou moins acides ou basiques.
Nous devons nous occuper d'abord des carac--
tèrés des phosphates neutres : ces caractères se=-
ront en général les mêmes pour les phosphates basiques et acides; car ici l'objet principal est de déterminer les caracières de l’acide qui se trouve dans les phosphates.
Un premier caractère des phosphates consiste en ce que, si l’on verse dessus de l'acide sulfurique, il ne se dégage aucun gaz, ce qui distingue les phosphates de tous les sels qui renferment des acides gazeux ou pouvant prendre .la forme de vapeurs; et, sous ce rapport, on ne peut les confondre qu'avec les arseniates, les borates et les sulfates. Or, nous verrons que les sulfates se distinguent aisément; nous avons appris à reconnaître les borates ; les arseniates sont aussi faciles à distinguer.
Nous verrons, en second lieu , que quand on mêle un phosphate avec de l'acide borique en quantité convenable et du charbon, et qu’on expose à une haute température, ä se produit du phosphore. L’acide borique est excessivement faible à la température ordinaire , et peu soluble ;
. mais à la température du rouge blanc, l'acide
G.-L. 5e Leçon. Lo
Las ET 4 à LE
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