‹ Cours de chimieChapitre 40 sur 61 · CL. Chim. LL LECON: I · texte numérisé non relu

CL. Chim. LL LECON: I

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2 COURS habités et là où il existe des matières animales 55 qu'on a l'expérience que les terres qui ont été imprégnées de ces matières se nitrifiaient pari le contact de l'air, d’où l’on conclut que l’oxi-gène de l'acide est fourni par l'air, et l’azote pari les substances animales. Nous ajouterons que las quantité de salpêtre qui se développe est pro-portionnelle aux matières animales en décom— position , qu’ainsi il faut admettre qu'elles four-missent l'azote ; que, d'un autre côté, on voit qu'il n’y a pas assez d’oxigène dans ces matières: pour donner tout celui qui est nécessaire à l'acia dification, et que par conséquent, c’est l'air qui le donne. | On conçoit ce qui se passe dans cette transfor-

mation des matières animales en acide nitrique,, qui s'opère ordinairement dans l’espace de six semaines à trois mois. La matière animale com posée d'azote, de carbone, d'hydrogène et d'oxigène , lorsqu'elle est mélée avec de l’eau’, dégaget de lammoniaque; mais quand elle a le contact.

de l'air au moment où l'azote devient libre, s'il

rencontre de l’oxigène et une base, il se forme un sel.

Malgré la probabilité de ces observations, nous devons le dire, les circonstances positives de la formation desnitrates ne sont pas parfaitement appréciées ; mais voilà ce que l'expérience fait connaître , et cette expérience est mise en pratique dans des nitrières artificielles en Suéde, en Prusse, en France ; et l’on a toujours vu que si les matières animales n’existaient pas ostensiblement dans les terres qui donnent du nitre, elles y dont néanmoins réellement. Cest ainsi que les boues des chemins, les terres cultivées et celles des habitations contiennent réellement des débris de. substances animales.

1 faut même faire attention à la manière dont la matière animale existe dans les terres. On la verait les terres, que l’on ne détruirait pas toujours les substances animales qui y sont. La matière animale doit avoir fermenté pour être so-

Juble et être enlevée pour les lavages.

Le salpêtre qui se forme dans la nature n’est

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pas toujours du nitrate de potasse; c’est ordinai- 4 1 rement du nitrate à base de chaux mélé à du nitrate de magnésie, et quelquefois à du nitrate de Fi potasse ou de soude. Toute autre base alcaline 4 pourrait aussi servir à former le salpêtre. Les M salpêtres naturels contiennent encore des chioc $ :|

rures de calcium, de sodium et de magnésium. 4

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leur enlève tous les sels solubles qu’elles renfer- à

Il y a un art pour extraire le salpétre des.

terres où 1l est formé. C’est en les lavant qu'on

ment, et l’on a une dissolution de nitrates de

potasse, de chaux et de magnésie et de mel à | chlorures , comme ceux de sodium, de calcium | et de magnésium. ; | Tèm transformer les nitrates terreux en ni- M trate de potasse; pour cela on emploie du sul- 1 fate et du carbonate de potasse. Cette opÉtiS à |

n'avait qu'a mettre du carbonate et du sulfate de à ni

s'appelle saturation. Elle serait très simple si l’ on.

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potasse, jusqu à ce qu'iln’y ait plus de précipité; 4

| mais l’on n'obtient pas du nitrate de potasse en

proportion descarbonates et des sulfates employés,

et l'expérience a apprie qu il fallait s'arrêter à un

certain terme. Nous n’entrerons pas dans ces dé-

tails, qui se rapportent à l'art dn salpétrier. Après la saturation, on a du nitrate de potasse

mêlé à des chlorures de potassium et de sodium.

Alors on concentre de plus en plus la dissolution

par l’évaporation, et l’eau arrive à un terme où le sel marin se dépose. On le recueille. Le nitrate Le, potasse ne se dépose pas ; ilest très soluble : "Veau chaude à 100° en dissout 300 parties. On continue l’évaporation, eton enlève le sel marin. Quand la liqueur est suffisamment rapprochée, on laisse refroidir et il se dépose beaucoup de nitrate de potasse avec une faible quantité de sel marin. Il serait par conséquent à peu près pur s’il ne contenait pas encore des chlorures de potassium et de sodium. Tel est le nitre brut.

Cette matière a de la valeur dans le commerce;

mais-en l’achetant au poids, on veut en connaître

la richesse ou le titre ; ; c’est ce qui se fait par une | opération assez délicate. by a pour cela deux

: procédés que je vais mdiquer rapidement.

Le premier consiste à employer une disso- J Jution saturée de nitrate de potasse pour laver 14 4 salpètre brut. Cette opération repose sur ce fait, { que le nitrate de potasse dissoudra le sel marin et ne dissoudra pas le nitre. Prenez du sel ma- \

LS ul rin , jetez dessus une dissolution saturée de n|

nitrate de potasse, et il se dissoudra ES s. À ment. FE ê |

Ce procédé serait assez exact. Cependant dès M que le nitrate de potasse a dissous le sel marin, il

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{À dissout aussi le salpétre ; ainsi le zitre qui enré- \ sulte est un peu trop faible.

Il y a encore un autre vice dans SES elle ne fait pas connaître les chlorures qui sont. mélés au nitre. Pour ÿ parvenir, on ajoute du É: | chlorure de potassium au nitre : le chlorure PES L: cipite le salpêtre; mais ce procédé donne une ér”} 4 | reur par excès. | | "3. il

Il existe des tables qui marquent les correc=. | tions qu'il y a à faire, soit par excès, soit par |

défaut.

Je prends un mélange contenant 70 parties de. 4

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DE CHIMIE. 7 nitrate de potasse et 30 parties de sel marin. Je suppose qu'il pèse 400 grammes. Je le lave deux fois avec une dissolution de nitrate de potasse saturée (un demi-litre) ; le déchet devrait être de 30, mais on le trouve de 35,5, c’est-à-dire qu'il y a à peu près 6 parties de nitrate qui ont été dissoutes en même temps que le sel marin.

Je prends ensuite un mélange semblable et je verse dessus du chlorure de potassium qui préci- ‘pite le nitre : ici le déchet sera de 27,8 au lieu de 30. Ainsi les deux déchets sont en sens inverse. On voit que par ce procédé il est difficile d’ob- tenir un résultat bien précis. | Les salpêtres contiennent ordinairement dix à douze parties sur cent de matières étrangères et d'eau. di | LE à Si l’on voulait avoir le titre du salpêtre d’une manière plus exacte, voici cominent 1l faudrait s’y prendre. On transformerait le nitrate en carbonate de potasse en le calcinant avec du charbon ; ‘alors on peut connaître au moyen de l'acide

sulfurique la quantité de potasse qui existe dans

le carbonate, et par conséquent la quantité denitrate qui existe dans le salpêtre.

Cette opération demande quelques précautions que nous allons indiquer. En mettant le charbon dans un creuset avec le nitre, il y aurait explosion. Au lieu de cela, on prend 10 grammes de nitre, 5 de charbon et 40 de sel marin pur; on met le tout dans une cuiller ou capsule en fer, que l’on recouvre d’un dôme pour empècher l’effusion de la matière, et l’on chauffe.

Ce procédé est plus long que l’autre, On pourrait avec le premier faire 20 ou 30 essais par heure; avec celui-ci, on n’en pourrait faire que deux.

Il,y en a d’autres plus précis, qui sont chimiques et trop compliqués pour les considérer comme procédés praticables dans les arts.

Quand on a détermimé le titre du salpètre, il faut le purifier.

Supposons que l'on ait de l’eau chargée de mitre, on s’en sert pour laver le nitre brut; elle”

. dissout le sel marin; ensuite on jette le salpêtre

dans une chaudière pour procéder à la dissolution. Quand elle est opérée, on chauffe, on laisse reposer et l’on fait cristalliser. La cristallisation se fait dans un bassin très large et peu profond ; l’évaporation est prompte. Un homme remue pen-

dant l’évaporation, pour empêcher que de grands

cristaux ne se forment. On trouble autant qu'on :

le peut la cristallisation, et l’on a du nitre dont

l'apparence est celle du sucre ou du sable. On

met ce nitre dans des réservoirs particuliers, et on l’arrose avec l’eau qui a servi aux opérations précédentes ou bien, avec de l’eau pure.

Le troisième lavage laisse le nitre à peu près

pur. #

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Ce procédé est fondé sur ce que Îles substances étrangères me sont que dans l’eau-mère et que les lavages enlèvent cette eau. Une objection se présente. Les cristaux du nitre sont tres petits et ils offrent plus de surface. pour la dissolution quand on Îles lave ; il faut en convenir ; Mais quand les cristaux sont petits, on a observé qu'ils

se lavaient plus facilement, que l’eau passait à

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travers ; au lieu que si l'on prenait de gros cristaux ils pourraient renfermer des eaux-mères dans leur intérieur, que les lavages n ‘enléveraient pas,

ne pouvant y pénétrer.

On a trois eaux de lavage : la première est la !

plus impure; les autres le sont moins. On se

sert de la première eau pour laver les salpétres

bruts ; les autres servent pour faire le lavage du nitre purifié, |

Cest ainsi que l’on obtient un salpètre qui contient un dix-millième, et quelquefois un vingt-millième de substances étrangères. |

Je passe à l'examen des autres nitrates, sur lesquels nous nous arréterons peu.

Le nitrate de soude était connu autrefois sous le nonr de ritre cube, d’après sa manière de cristalliser. Il est peu utile dans les arts.

Il'est beaucoup plus soluble que le nitrate de potasse à froid. À zéro, +00 parties d’eau en prennent 73 parties ; à 100°, la même quantité en

dissout 173 parties. Ce sel, sous ce rapport,

un quinze-millième

DE CHIMIE. : 11 est d’une purilication moins facile que le nitrate de potasse.

Quand on le décompose par l'action de la chaleur , il donne à peu près les mêmes résultats que le nitrate de potasse, de l’azote’et de l’oxigène.

À l'air, il est plus déliquescent que le salpétre. Si l’on S ‘en servait pour faire de la poudre, elle serait plis difficile à conserver. On pourrait cependant faire de véritable poudre avec ce sel ;

elle serait très bonne, quoiqu’un peu moins in-

flammable. On le irouve natif ir quelques con-

trees lointaines.

Le nitrate d'ammoniaque s obtient directement par la combinaison de l’acide et de l'ammoniaque ; ce sel affecte différentes formes cristallines. Si l’on. fait évaporer sa dissolution à une douce chaleur, on l'obtient en prismes hexaèdres : si l'éva- poration a lieu à roo?, les prismes sont très fins et soyeux. Si on le fait évaporer à une chaleur plus élevée, il se prend en masse. Ces trois aspects annoncent des quantités d’eau différentes. L’ana-

lyse n’en a pas été faite exactement.

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