Caractères des sels de plomb
Hydrogène sulfuré. ......
Suif hydrate d'ammonmque
Ac. sulfurique et sulfates solubles ' •
Ac. ehlorhydrique et chlorures solubles.
Bases alcalines
Carbonates alcalins
Pr. noir de PbS.
Pr. noir de PbS insoluble
excès.
Pr. blanc de SO^Pb.
Pr. blanc de PbCP.
Pr. blanc de Pb (OH)2sol.
excès.
Pr. blanc de CO^Pb.
Cuivre.
343. Propriétés. — Le cuivre est un métal d'un beau rouge, très malléable et très ductile, excellent conducteur de la chaleur et de l'électricité, qui fond àu rouge vif, vers 105U degrés ; à l'état liquide il dissout une certaine quantité de gaz qui se dégagent lorsqu'il se solidifie et donnent lieu à des soufflures ; cette propriété s'oppose' à ce qu'il puisse être travaillé par moulage.
En revanche, il se laisse marteler aussi bien que les métaux nobles, sans se rompre ni se fissurer.
Le cuivre est le plus tenace des métaux usuels après le fer ; sa densité est égale à 8,95.
Le cuivre ne s'oxyde pas à froid dans l'air sec ; mais il se recouvre peu à peu, dans l'air ordinaire, d'une couche verdâtre qùe l'on appelle vulgairement vertde-gris, et qui est un carbonate de cuivre hydraté. C'est lui qui forme la patine des cuivres et des bronzes anciens ; il empêche, par son imperméabilité, Faccès
de l'air et, par conséquent, l'altération des couches métalliques sous-jacentes.
Le cuivre s'oxyde rapidement et totalement au rouge : on le voit alors se recouvrir d'une pellicule noire d'oxyde cuivrique CuO, qui se détache dès qu'elle a atteint une certaine épaisseur, et se renouvelle aussitôt, jusqu'à destruction complète du métal.
Le soufre et les corps halogènes se combinent très facilement au cuivre : il brûle avec incandescence dans la vapeur de soufre et dans le chloré, pour donner le sulfure de cuivre CuS ou le chlorure cuivreux Cu2C12.
L'eau n'est décomposée par le cuivre dans aucune circonstance; l'acide azotique seul l'attaque rapidement à froid en donnant, suivant qu'il est concentré ou étendu, du peroxyde ou du bioxyde d'azote.
Cu + 4Az03H = 2Az02 + Cu (Az03)2 + 2H20. 3Cu + 8Az03H = 2AzO + 3Cu (Az03)2 -f 4H20.
L'acide chlorhydrique concentré l'attaque lentement à froid, plus vite si l'on chauffe, avec dégagement d'hydrogène ; l'acide sulfurique n'agit que vers 250 degrés, en donnant de l'anhydride sulfureux et du sulfate de cuivre.
Cu + 2S04H2 = S02 + SO^^Cu + 2H20.
Les acides faibles, au contact de l'air, peuvent en dissoudre de petites quantités; c'est pourquoi il ne faut jamais laisser séjourner les boissons ou les aliments dans des vases de cuivre non étamé.
L'ammoniaque, en présence de l'air, attaque également le cuivre : il se forme ainsi un liquide bleu foncé, mélange d'azotite d'ammoniaque et d'azotite de cuivre, qui sert dans les laboratoires, sous le nom de réactif de Sehweitzei\ pour dissoudre la cellulose.
MÉTAUX
Le cuivre donne avec les autres métaux quelques alliages d'une grande importance pratique, parmi lesquels nous rappellerons le laiton (cuivre et zinc), le bronze ordinaire (cuivre et étain), le bronze d'aluminium (cuivre et aluminium), le maillechort (cuivre, zinc et nickel) et les alliages monétaires ou d'orfèvrerie.
Le bronze phosphoré est un métal très dur et très bon conducteur, qui convient parfaitement à la fabrication des coussinets de machines, à celle des câbles électriques et même à la construction des appareils de physique ; on l'obtient en ajoutant un peu de phosphore au bronze ordinaire, pendant sa fusion.
Les alliages de cuivre sont tous très fusibles et se laissent très bien travailler par moulage.
Le cuivre est vénéneux, mais beaucoup moins que le plomb.
344. Fabrication. — Le cuivre existe à Tétat métallique dans la nature, notamment sur les bords des grands lacs américains ; le plus souvent on le retire de ses minerais oxydés^ dont les principaux sont Voxydule ou sous-oxyde Cu^O, la malachite et Vazurite, carbonates de cuivre hydratés reconnaissables à leur belle couleur verte ou bleue, ou encore de ses minerais sulfurés, parmi lesquels nous citerons la ehalkosîne ou sulfure de cuivre Cu^S et la ehalkopyrite ou pyrite cuivreuse, qui est un sulfure double de fer et de cuivre, d'une belle couleur jaune d'or, à éclat métallique.
Pour extraire le cuivre de ses minerais oxydés, il suffit de les fondre avec du charbon.
2Cu20 + C 2C03Cu-f-.C
= 3C02-|-2Cu.
Pour Textraire de ses minerais sulfarés, qui senties seuls abondants dans l'Europe occidentale, il faut d'abord éliminer le soufre; pour cela, on grille et on fond le minerai trois fois de suite, dans des fours à réverbère. Chaque grillage brûle une partie du soufre et oxyde une partie du fer, chaque fusion donne lieu à une scorie ferrugineuse, que l'on rejette, et à un produit plus riche en cuivre que les précédents, qui porte le nom de matte ;[8i troisième matte ou cuivre noir est presque entièrement formée de cuivre, ne renfermant plus qu'un peu de sulfure : on Taffine par un dernier grillage énergique qui fournit un métal légèrement oxydé, le cuivre rosette. On refond finalement ce dernier avec du charbon, qui réduit l'oxyde et laisse du cuivre pur.
Le cuivre noir est quelquefois argentifère ; pour en retirer le métal précieux, on y ajoute du plomb argentifère, on moule l'alliage en rondelles minces et on réchauffe doucement celles-ci : il se produit alors une liquation, par suite de laquelle tout le plomb se sépare du cuivre, en entraînant avec lui la totalité de l'argent; on obtient comme résidu du cuivre pur et on traite le plomb argentifère qui s'est écoulé par le patinsonage et la coupellation.
On peut aussi affiner les mattes cuivreuses par insufflation d'air, dans des appareils semblables au convertisseur Bessemer.
Usages. — Le cuivre sert à fabriquer des chaudières, des ustensiles de ménage, des tubes pour conduites de vapeur ou de gaz, des fils conducteurs de Pélectricité, etc. On l'emploie aussi pour la fabrication de ses alliages et de la plupart de ses sels : c'est un des métaux les plus utiles qui existent, après le fer.