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MERCURE

L'oxyde rouge a servi à Priestley, en 1774, à préparer l'oxygène pour la première fois.

354. Sulfures de mercure. — On en connaît deux, qui ont même structure moléculaire que les oxydes précédents ; ce sont le sulfure mercureux] Hg^S et le sulfure mercurique HgS.

Le premier n'a aucun intérêt, le second est un corps noir ou rouge, suivant son état d'agrégation physique, volatil à chaud et complètement insoluble dans l'eau ou les acides vulgaires.

Lorsqu'il est rouge, il possède un très vif éclat, qui le fait employer en peinture sous le nom de vermillon.

On prépare le vermillon en triturant du mercure métallique avec du soufre et faisant ensuite digérer le produit avec une solution de persulfure de potassium ou de calcium : il se forme d'abord du sulfure noir, qui devient peu à peu rouge en subissant une transformation moléculaire interne; on arrête l'opération quand le précipité a pris la couleur qu'on désirait obtenir.

Le cinabre est du sulfure mercurique rouge naturel, qu'on emploie surtout à la métallurgie du mercure.

355. Chlorures de mercure. — Ils sont au nombre de deux : le chlorure mercureux ou calomel Hg^CP et le chlorure mercurique ou sublimé corrosif HgCP.

Le chlorure mercureux est un sel blanc, complètement insoluble dans l'eau, qu'on peut obtenir bien cristallisé par voie de sublimation.

On s'en sert en médecine comme purgatif et on le prépare en traitant le sulfate mercureux par le chlorure de sodium, soit par voie sèche, soit par voie humide; dans le premier cas, on le recueille en faisant

passer les vapeurs qui se dégagent de la cornue où l'on chauffe le mélange dans un réfrigérant ; on l'appelle alors calomel à la vapeur.

S04Hg2 + 2NaCl = S04Na2 + Hg2C12.

Dans tous les cas, il faut avoir soin de le laver avec de grandes quantités d'eau avant de s'en servir, de manière à enlever jusqu'aux dernières traces les petites quantités de chlorure mercurique vénéneux qu'il pourrait contenir; il est même prudent, lorsqu'on a pris du calomel, de s'abstenir de tout aliment salé, car le chlorure de sodium en excès pourrait le transformer partiellement en sublimé corrosif.

Le chlorure mercurique est un sel blanc, bien cristallisé et volatil comme le calomel, mais soluble dans l'eau et dans l'alcool.

C'est un poison redoutable et un antiseptique des plus puissants, dont on fait un grand usage en médecine : la liqueur de Van Swieten est une dissolution de sublimé à 1 gramme par litre.

On prépare le chlorure mercurique en dissolvant du mercure dans l'eau régale ou en sublimant un mélange de sulfate mercurique et de chlorure de sodium.

SO^Hg -t- 2XaCl S04Na2 + HgCP.

356. lodures de mercure. — Il existe deux iodures de mercure : l'iodure mercureux Hg2I2 et Tiodure mercurique HgP. Le premier est vert sombre, le second est d'un très beau rouge à la température ordinaire; tous deux sont volatils et complètement insolubles dans l'eau.

L'iodure mercureux se prépare en précipitant un

MERCURE ^^'à

sel merciireiix soltible par l'iodure de potassium ; il sert eu mcdeciue.

■ Hg2(Az03)2 + 2KI = 2Az03K+Hg2P.

L'iodure mercurique s'obtieut de la même manière, eu partant d'un sel mercurique; il est très soluble dans l'iodure de potassium, avec lequel il forme une combinaison incolore. Il devient jaune lorsqu'on le chauffe et redevient rouge par refroidissement, surtout si on le frotte avec un corps dur ; ces deux états correspondent à deux formes cristallines différentes, qui ne sont stables qu'entre certaines limites de température .

Les solutions d'iodure mercurique dans l'iodure de potassium servent comme antiseptiques, de même que les solutions de sublimé.

357. Sulfates de mercure. — Aux deux oxydes de mercure correspondent autant de sulfates, qui sont le sulfate mercureux SO^Hg^ et le sulfate mercurique SO^Hg.

Ces deux sels, qui ont beaucoup d'analogies, se distinguent aisément par la potasse caustique qui donne, avec le sulfate mercureux, un précipité noir de sousoxyde Hg20, et avec le sulfate mercurique, un précipité jaune d'oxyde ordinaire HgO.

On les emploie indifféremment pour le montage des piles dites de Marié Davy et on les prépare en chauffant du mercure avec de l'acide sulfurique; suivant ■que le mercure se trouve en excès ou non, on obtient du sulfate mercureux ou du sulfate mercurique.

358. Azotates de mercure. — Il existe également deux azotates de mercure : l'azotate mercureux (Az03)2Hg2 et l'azotate mercurique (Az03)2Hg. Ce sont des sels

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blancs, solubles dans l'eau et décomposables par la chaleur, que l'on peut distinguer par la potasse caustique, qui donne avec eux les mêmes réactions qu'avec -les sulfates de mercure.

Les azotates de mercure se préparent en dissolvant le mercure dans l'acide azotique; ils n'ont aucun usage important.

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