MERCURE
que l'on enlève à l'aide d'un tube ou d'une éprouvette en verre, que l'on promène sur la cuve.
A chaud, vers 350 degrés, le mercure absorbe lentement l'oxygène de l'air et se recouvre de paillettes rouges {mercure précipité /)er se) d'oxyde mercurique, dissociable à une température plus élevée ; c'est cette propriété qui a permis à Lavoisier de faire successivement l'analyse et la synthèse de l'air.
Le soufre et les halogènes s'unissent au mercure dès la température ordinaire ; l'acide azotique l'attaque à froid, comme le cuivre et le plomb, avec effervescence de peroxyde ou de bioxyde d'azote.
L'acide chlorhydrique n'agit que vers 300 degrés, en donnant de l'hydrogène et du chlorure mercureux.
2Hg + 2HC1 2H + Hg2C12.
L'acide sulfurique n'a sur le mercure aucune action à froid, mais vers 250 degrés il donne, comme avec le cuivre, un dégagement d'anhydride sulfureux.
Le mercure s'amalgame directement avec presque tous les métaux; les seuls qui lui résistent, à froid, sont le platine, le fer, le nickel et l'aluminium.
Le mercure est vénéneux; son contact prolongé et même le séjour dans les ateliers où l'on s'en sert donnent lieu au bout de quelque temps à une salivation abondante et à des troubles nerveux, surtout à des tremblements, caractéristiques de l'empoisonnement mercuriel.
352. Fabrication. — Le mercure existe en petite quantité dans la nature à l'état libre, mais le plus souvent on l'extrait du cinabre ou sulfure mercurique HgS, que l'on trouve en abondance en Espagne, à Almaden, et en Illyrie, à Idria.
MÉTAUX
Le cinabre est une matière cristalline, d'un beau rouge et très dense, qui se reconnaît facilement à ce qu'il se volatilise lorsqu'on le chauffe, sans laisser de résidu; pour en retirer le mercure, il suffit de le griller dans des fours spéciaux et de condenser les vapeurs qui se dégagent dans un réfrigérant.
HgS-|-20 = Hg + S02.
Usages. — Le mercure sert surtout à l'extraction des métaux nobles de leurs minerais; dans l'industrie, on s'en sert pour dorer les métaux, pour étamer les glaces et pour fabriquer les différents sels mercuriques ; enfin, on l'emploie dans les laboratoires pour recueillir les gaz solubles dans l'eau et pour construire les baromètres, les thermomètres et les manomètres à air comprimé.
353. Oxydes de mercure. — Le mercure, de même que le cuivre, donne avec l'oxygène deux combinaisons différentes : l'oxyde mercureux Hg^O et l'oxyde mercurique HgO. Tous deux sont basiques, insolubles dans l'eau et décomposables par la chaleur.
L'oxyde mercureux est une poudre noire qui se précipite lorsqu'on décompose par la potasse un quelconque de ses sels; l'oxyde mercurique est jaune quand il a été préparé par voie humide, en traitant un sel mercurique par la potasse, à froid, et rouge quand il a été préparé par voie sèche, en grillant du mercure ou en décomposant l'azotate mercurique par la chaleur.
Hg(Az03)2 =:2Az02 + O + HgO.
L'oxyde jaune de mercure est employé en médecine et, dans les laboratoires, comme oxydant.