‹ Cours de chimieChapitre 164 sur 226 · C — C ^ CH · texte numérisé non relu

C — C ^ CH

et le dtpropargyle ou hexadiine 1,5 :

CH^C— CH2— CH2~C~ CH

Ce dernier corps est intéressant, au point de vue théorique, parce qu'il est isomère du benzène C^H^.

CHx\PITRE III

ALCOOLS DE LA SÉRIE GRASSE

405. Définition, classification des alcools. — On appelle alcool tout corps organique oxygéné qui se combine aux acides, avec élimination d'eau, pour donner un éther ; un alcool e&t mono atomique , dlatomique ou triatomiquey suivant qu'il peut, au cours de cette combinaison, prendre une, deux ou trois molécules d'acide monobasique. On connaît actuellement des alcools décaatomiqueSy qui s'unissent à dix molécules d'acide.

L'étude approfondie des alcools montre que tous ces corps renferment des groupes oxhydrijles OH, en nombre égal à leur atomicité; il en résulte cette autre définition, plus théorique, mais aussi importante que la première :

Un alcool est le produit de la substitution de l'oxhydr(jle OH à Vh(jdrogène d'un hydrocarbure quelconque.

Ces deux définitions rappellent à s'y méprendre celle des hydrates métalliques ; les alcools peuvent donc être comparés aux bases de la chimie minérale et représentés par des formules du même ordre : c'est ce que montrent clairement les équations suivantes, où l'on met en regard l'action de l'acide azo-

CHIMIE ORGANIQUE

tique sur des alcools et sur des bases de même atomicité :

cmnou) + AzO^H

;2H5(Az03).

Alcool.

Azotate d'éthvle.

KOH + AzO^H

H20 + KAz03.

Potasse.

Azotate de potassium.

C2HHOH)2 -[- 2Az03H

2H20 + C2HHAz03)2.

Glycol.

Azotate d'éthylène.

Ca(OH)2-2Az03H

2H20+Ca(Az03)2.

Chaux.

Azotate de calcium.

Dans le premier cas, l'éthyle monovalent joue, dans ralcool et dans son éther azotique, le même rôle que le potassium dans la potasse ou ses sels ; dans le second, l'éthylène remplace le calcium sans que la structure générale de la molécule en soit modifiée.

La seule différence profonde qu'il y ait à signaler entre les alcools et les bases proprement dites, c'est qu'ils ne donnent quun dégagement de chaleur très faible en s'unissant aux acides et qu'ils n'ont pas d'action sur les réactifs colorés : ce ne sont donc, en définitive, que des bases très peu énergiques, dont la fonction ne se révèle que dans des circonstances toutes particulières.

Quoi qu'il en soit, nous avons le droit de les considérer comme résultant de l'union d\in radical quelconque avec Toxhydryle, et nous pourrons toujours les représenter par les symboles R^OH), R''(;0H)2, R'"i;0H;)3, etc., sous la seule condition que les radicaux R, R", R", etc., n'aient pas de propriétés fortement électro-négatives, auquel cas la fonction alcool pourrait être remplacée par une fonction d'acide. Les alcools sont, en un mot, des hydrates de radicaux

ALCOOLS DE LA SÉRIE GRASSE

alcooliques, au même titre que les bases sont des hydrates de métaux.

Dans l'hydrocarbure fondamental d'où dérive un alcool quelconque, l'oxhydryle peut occuper une place également quelconque ; on est convenu d'appeler alcools primaires ceux dont l'oxhydryle est situé au bout de la chaîne, dans un groupe terminal CH'^(0H; ; les alcools secondaires sont ceux dont l'oxhydryle est situé dans la chaîne même, à l'intérieur d'un groupe divalent CH(OH); enfin les alcools tertiaires sont ceux dont l'oxhydryle fait partie, d'un groupe trivalent C(OH), naturellement situé au point de bifurcation d'une chaîne arborescente. Les formules qui suivent donnent des exemples de ces différentes espèces d'alcools :

CH'(gg^>CH-CH2-CH3. gJj3>GH-CH(OH)-CH3.

Alcool amylique primaire. Alcool amylique secondaire.

J^g3>C(OHj-CH2-CH3.

Alcool amylique tertiaire.

Il est facile de distinguer ces corps en examinant leurs produits d'oxydation : les alcools primaires donnent successivement, quand on leur ajoute un ou deux atomes d'oxygène, une aldéhyde et un acide; les alcools secondaires donnent seulement une. acétone, sous l'action d'un atome d'oxygène, et enfin les alcools tertiaires se décomposent entièrement, lorsqu'on les oxyde, sans jamais fournir de dérivés simples.

On donne le plus souvent aux alcools le nom même du radical qu'ils renferment; il est mieux de leur donner le nom de l'hydrocarbure correspondant, auquel on ajoute la terminaison ol; la position de l'oxhy-

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dryle dans la chaîne est indiquée, comme d'habitude, par un numéro d'ordre.

Exemples :

CH20H-CHOH-CH2-CH3. . . Butane cUol 1.2^. CH20H-CHOH-CHOH-CH3. Butane triol 1.2.3.

Il est impossible de fixer plus d'un oxhydryle sur le même atome de carbone : l'atomicité d'un alcool n'est donc jamais supérieure au nombre d'atomes de carbone qu'il renferme ; cette remarque est importante pour l'établissement des formules de structure.

406. Propriétés. — Les alcools sont tous des corps liquides ou solides, volatils, généralement solubies dans l'eau, au moins quand leur poids moléculaire n'est pas trop considérable, que l'on reconnaît à ce qu'ils s'éthérifîent au contact des acides énergiques, v

Les alcools monoatomiques ont une saveur forte et brûlante, les autres sont généralement sucrés ; les sucres proprements dits sont d'ailleurs, ainsi que nous le verrons plus loin, des corps à fonction d'alcool.

Les corps oxydants les attaquent en donnant un acide, une acétone ou des produits de décomposition complexes, suivant qu'il s'agit d'un alcool primaire, secondaire ou tertiaire.

Les déshydratants énergiques (acide sulfurique ou chlorur(î de zinc) les transforment en hydrocarbures incomplets; enfin, dans certaines conditions, ils peuvent, par perte d'eau, se changer en^éthers-oxydes; c'est ce

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