CHAPITRE III
métalloïdes bivalents
Oxygène.
82. Propriétés physiques. — L'oxygène est un gaz incolore et sans saveur, que Ton reconnaît à ce qu'il active toutes les combustions, et en particulier à^ ce qu'il rallume une allumette qui ne présente plus qu'un point rouge.
On le distingue du protoxyde d'azote, qui possède les mêmes caractères, parce qu'il donne des vapeurs rutilantes avec le bioxyde d'azote.
L'oxygène est un peu plus lourd que l'air; sa densité est égale à 1,105.
L'oxygène est très peu soluble dans l'eau, qui n'en absorbe que les 0,041 de son volume à 0% et très difficilement liquéfiable : il faisait autrefois partie des gaz permanents. Il a été liquéfié en 1877 et 1878 par MM. Cailletet et Pictet; quelques années plus tard MM. Wroblewski et Olszewski, puis M. Cailletet luimême, en profitant du froid produit par l'évaporation rapide de l'éthylène liquide, réussirent à avoir une quantité d'oxygène liquide assez grande pour en déterminer les principales constantes physiques : sous
94 HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
cette forme il bouta — 184« sous la pression atmosphérique et à — 210« dans le vide ; son point critique est situé à —118^ sous une pression de 50 atmosphères ; sa densité par rapporta l'eau est voisine de 1, enfin il semble présenter une légère teinte bleuâtre quand on l'examine en masse.
^ L'oxygène est absorbé, au rouge, par l'argent ou la litharge fondus; il se dégage de ces dissolutions par le refroidissement et donne ainsi lieu au phénomène du rochage.
L'oxygène est le seul gaz qui puisse entretenir la vie, il est aussi indispensable au règne végétal qu'au règne animal.
L'oxygène pur, sous la pression ordinaire, détermine, dans l'organisme des animaux supérieurs, une combustion exagérée qui peut devenir rapidement dangereuse; mais, ainsi que l'a fait voir M. PaulBert, on peut le respirer sans inconvénient sous pression réduite : il peut alors rendre service aux aéronautes qui désirent s'élever dans l'air à de grandes hauteurs.
^ La plupart des êtres inférieurs (mycodermes, bactéries vulgaires, etc.) ont également besoin d'oxygène pour vivre ; on en connaît cependant un certain nombre qui ne se développent bien et ne manifestent leur activité qu'en l'absence de ce gaz : ce sont les organismes anaérobies de M. Pasteur (bacille butyrique, vibrion septique, etc.). Au lieu de s'assimiler l'oxygène gazeux, comme le font les animaux terrestres, ou l'oxygène dissous dans l'eau, comme le font les animaux aquatiques, ces êtres singuliers s'emparent de l'oxygène existant déjà en combinaison dans les matières qui leur servent d'aliment et, en conséquence, déterminent une altération profonde du milieu dans lequel ils vivent : la putréfaction qui, comme on le sait, ne peut