OXYGÈNE
du desséclieinent rapide du suc de l'arbre à laque et de sa transformation en vernis (Bertrand).
La respiration des animaux est une véritable combustion lente, qui s'accomplit dans tout le réseau circulatoire et se manifeste au dehors par une production d'acide carbonique et par un dégagement de chaleur, qui élève la température du corps.
84. Préparations. — 1« Par électrolfjse de l'eau. — L'expérience s'effectue dans le voltamètre ; l'oxygène qui se dégage sur l'électrode positive est toujours mélangé d'ozone.
2*^ Par décomposition ignée de certains oxydes métalliques. — Les oxydes de métaux nobles se décomposent entièrement par la chaleur en oxygène qui se dégage et métal qui reste comme résidu : le meilleur exemple qu'on en puisse citer est l'oxyde de mercure, avec lequel Priestley a découvert l'oxygène en 1774.
HgO=.Hg + 0.
L'expérience se fait en chauffant l'oxyde de mercure
Fig. 23. — Préparation de l'oxygène par l'oxyde de mercure.
dans une cornue de verre, munie d'un tube abducteur (fig. 23).
HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
Un grand nombre de peroxydes métalliques se décomposent partiellement, an rouge vif, en dégageant de l'oxygène : c'est le cas du bioxyde de manganèse
Fig. 24. — Préparation de l'oxygène par le bioxyde de manganèse.
{pyrolusite des minéralogistes) et du bioxyde de baryum (fig. 24).
3Mn02 = Mn304 + 20.
Ba02=:BaO + 0.
Boussingault a proposé autrefois d'utiliser cette dernière réaction à la fabrication industrielle de l'oxygène : la baryte qui reste comme résidu peut en effet régénérer le bioxyde de baryum quand on la chauffe au rouge sombre dans un courant d'air et, par conséquent, resservir un très grand nombre de fois; la dépense se réduit alors, théoriquement, à celle du combustible nécessaire au chauffage des appareils.
MM. Brin frères ont réussi à rendre la méthode de Boussingault réellement pratique en faisant varier la pression dans l'intérieur des cornues où l'on chauffe le bioxyde de baryum ; en abaissant cette pression au-dessous delà tension de dissociation du bioxyde on
OXYGIlNL: 99
détermine sa décomposition complète en oxygène et baryte; si alors on envoie sur celle-ci de l'air comprimé, la transformation inverse s'effectue, en sorte qu'il suffît de diminuer de nouveau la pression, sans changer la température, pour avoir un second dégagement d'oxygène. Dans ces circonstances, la baryte ne s'altère que fort peu et fournit un service beaucoup plus prolongé.
3« Par Vaction de racicle sulfurique sur les peroxydes. — Les mêmes peroxydes qui dégagent de l'oxygène quand on les calcine en donnent aussi quand on les chauffe avec de l'acide sulfurique : la réaction s'effectue alors à une température moins élevée.
C'est ainsi qu'on peut obtenir facilement de l'oxygène en chauffant dans un ballon de verre un mélange de bioxyde de manganèse et d'acide sulfurique (Scheele, 1774).
Mn02 + S0'^H2 = SO^Mn ~ H^O -f O.
4° Par décompos/tio72 ignée du chlorate de potassium. — Le chlorate de potassium se décompose entièrement, quand on le chauffe un peu au-dessus de son point de fusion, en chlorure de potassium et oxygène pur.
ClO^K^KCl-30.
Il se produit d'abord, dans une première phase de la réaction, du perchlorate de potassium ClO^K dont la décomposition ultérieure est assez brusque ; il en résulte que le dégagement trop rapide du gaz peut donner lieu, s'y l'on n'y prend garde, à des pressions dangereuses. On remédie à cet inconvénient en mélangeant au préalable le chlorate avec la moitié de son poids de bioxyde de manganèse ou, à son défaut, avec
HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
un excès d'une matière inerte quelconque (oxyde de fer, oxyde de cuivre, sable, etc.). Le dégagement gazeux est alors d'une régularité parfaite et cette méthode est la meilleure qu'on puisse employer dans les laboratoires.
L'appareil est une simple cornue en verre ou en fonte, que l'on chauffe vers 400 degrés (fig. 23 et 25).
Fig. 25. — Cornue en fonte pour la préparation de l'oxygène.
Etat naturel — L'oxygène existe à l'état libre dans l'air, dont il forme environ le cinquième en volume, et en combinaison dans une foule de corps dont l'eau, le carbonate de calcium et les silicates naturels sont les plus communs : c'est donc l'un des corps simples les plus répandus à la surface et à l'intérieur de la terre.
Usages. — L'oxygène pur n'a qu'un petit nombre d'usages : on l'emploie surtout pour alimenter le chalumeau oxhydrique, avec lequel on peut fondre industriellement le platine, et pour faire fonctionner la lampe de Drummond.
En médecine on s'en sert quelquefois dans le traitement des affections pulmonaires.
Mélangé avec l'azote et l'argon, dans l'air normal,