Eudiomc-Lre de Riban
Voxijde de cuivre.
3« Par synthèse au moyen de M. Dumas, en 1843, a déterminé la composition en poids de l'eau en se fondant sur ce fait bien connu que l'hydrogène réduit l'oxyde de cuivre, au rouge, pour donner du cuivre métallique et de l'eau.
L'hydrogène devant être absolument pur et sec, on le fait passer d'abord dans une série de tubes renfermant des sels de cuivre et d'argent, ainsi que de^ matières desséchantes, pour éliminer l'acide sulfliy-
drique, riiydrogène pliosphoré, l'iiydrogene arsénié et la vapeur d'eau qu'il renferme à l'état brut; à la suite se trouve un tube témoin a anhydride pliosphorique,
qui ne doit pas changer de poids pendant l'expérience, enfin le gaz passe sur de l'oxyde de cuivre chauffé. La
HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
vapeur d'eau qui se forme est recueillie dans un ballon vide où elle se condense partiellement et dans des tubes à ponce sulfurique ; un dernier tube témoin permet de s'assurer que toute la vapeur d'eau a bien été retenue (fig. 29).
L'augmentation de poids de cette dernière partie de l'appareil donne la quantité d'eau formée, la perte de poids du ballon à oxyde de cuivre donne la quantité d'oxvgène que cette eau contient; l'hydrogène est alors connu par différence.
M. Dumas a ainsi trouvé que l'eau renferme, pour 100 parties en poids, 88,89 d'oxygène et 11,11 d'hydrogène; le rapport de ses deux composants est donc égal à 8, ce qui concorde avec sa composition en volume, puisque la densité de l'oxygène est 16 fois plus grande que la densité de l'hydrogène.
93. Eaux potables. — L'eau n'existe pas dans la nature à l'état de pureté absolue : pour l'avoir sous cette forme il faut distiller l'eau ordinaire. Celle-ci contient en dissolution un certain nombre de corps étrangers, parmi lesquels on trouve toujours les gaz de l'atmosphère : oxygène, azote,- argon et acide carbonique, ainsi que quelques matières salines, qui restent comme résidu lorsqu'on évapore l'eau jusqu'à siccité.
Ces matières salines sont le plus souvent formées de bicarbonate et de sulfate de calcium, avec un peu de chlorure de sodium et d'azotates alcalins.
Les eaux qui renferment une petite quantité de bicarbonate de calcium sont dites calcaires, on les reconnaît à ce qu'elles rougissent la teinture jaune de campéche; leur saveur est assez agréable et on peut les consommer sans inconvénient.
Les eaux incrustantes sont des eaux très fortement
calcaires, qui déposent du carbonate de calcium à la surface des objets qu'on yplonge; elles sont nupropres à tout usage domestique et même à l'alimentation des chaudières à vapeur.
Les eaux qui renferment du sulfate de calcium (plâtre) en dissolution sont appelées séléniteuses ; on les reconnaît à l'aide du chlorure de baryum, acidulé d'acide chlorhydrique, qui y donne un précipité blanc de sulfate de baryum, insoluble dans tous les réactifs; la présence du calcium peut d'ailleurs y être caractérisée, ainsi que dans les eaux calcaires, par l'oxalate d'ammonium, avec lequel il donne un précipité blanc d'oxalate de calcium, insoluble dans l'ammoniaque et soluble dans l'acide chlorhydrique. Les eaux séléniteuses sont indigestes et doivent être rejetées de l'alimentation.
Les chlorures se reconnaissent au moyen de l'azotate d'argent, acidulé d'acide azotique, qui donne avec eux un précipité blanc de chlorure d'argent, soluble dans l'ammoniaque et noircissant à la lumière.
Pour déceler la présence des azotates, on évapore à sec une petite quantité d'eau et on verse sur le résidu une goutte d'un mélange d'acide sulfurique et de sulfate de fer : il se produit immédiatement une coloration rouge.
Certaines eaux, particulièrement les eaux stagnantes, renferment en outre des matières organiques en dissolution : on les reconnaît au moyen du permanganate de potassium, qui est décoloré, ou au moyen du chlorure d'or qui, à l'ébullition, se décompose et précipite de l'or métallique.
On peut apprécier rapidement la valeur d'une eau potable en l'additionnant d'une solution alcoolique desavon : le précipité qui se forme est d'autant plus abondant que l'eau est moins pure.
HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
Les eaux naturelles contiennent toujours des particules solides en suspension, qui la troublent quand elles sont abondantes; il est alors nécessaire de les filtrer. Pour éliminer sûrement les microorganismes qui s'y trouvent et qui parfois sont nocifs (la fièvre typhoïde se propage surtout par l'eau), il est nécessaire d'employer des filtres à pores très étroits, que l'on a soin de nettoyer le plus souvent possible; la bougie Chamberland, en porcelaine dégourdie, est l'un des modèles les plus répandus de ce genre de filtres.
Un moyen encore plus efficace de stériliser une eau suspecte est de la faire bouillir: il est alors indispensable de la laisser à l'air pendant quelque temps avant de la consommer, de façon à ce qu'elle reprenne à nouveau les gaz que l'ébuUition lui a fait perdre; autrement elle serait fade et fort désagréable à boire.
Eau oxygénée, H^O^.
94. Propriétés physiques. — L'eau oxygénée, ou peroxyde cV hydrogène, est un liquide incolore, inodore, d'une saveur fortement métallique et d'une consistance légèrement sirupeuse; on la reconnaît, même en dissolution très étendue, par le réactif amyloioduré, qu'elle colore en bleu comme l'ozone, ou par l'acide chromique, qui se change à son contact en acide perchromique bleu.
L'eau oxygénée est peu volatile, sous la pression ordinaire; sa densité, par rapport à l'eau, est égale à 1,452.
93. Propriétés chimiques. — La chaleur de formation de l'eau oxygénée est inférieure à celle de l'eau ordinaire; elle est donc endothermique par rapport à