ACIDE SULFURIQUE
Plusieurs théories ont été admises pour expliquer cet effet des oxydes d'azote, nous ne rapporterons ici que celle de M. Sorel, qui parait être la plus exacte.
En présence d'acide sulfureux, l'acide azotique donne d'abord une combinaison complexe SAzO'^H, qui est connue sous le nom de eristaitoc des chambres ou à'aclde nitrososulfurique. Ces cristaux se forment en abondance quand on fait réagir l'anhydride sulfureux sur l'acide azotique dans une atmosphère sèche, mais dès que l'eau s'y trouve en léger excès, ils se dédoublent en acide sulfurique et acide azoteux qui, à l'air, reprend aussitôt sa forme primitive d'acide azotique et redonne les cristaux des chambres avec une nouvelle quantité d'acide sulfureux.
SAzO^H + H20 = S04H2 + Az02H.
Az02H + O f S02 rz. SAzOSH.
Les mêmes réactions se reproduisent alors indéfiniment dans le même ordre, tant qu'il arrive de l'air, de l'eau et du gaz sulfureux.
La fabrication s'effectue dans de vastes espaces dont les parois sont formées de lames de plomb réunies par soudure autogène et que pour cette raison on appelle chambres de plomb. Les chambres sont ordinairement au nombre de trois, communiquant entre elles par de larges conduites en plomb. ^ L'anhydride sulfureux est produit par la combustion du soufre ou de la pyrite de fer dans des fours spéciaux.
2FeS2 + 110 r= Fe203 + 4S02.
^Le gaz arrive d'abord, mélangé d'air, dans un cylindre vertical, appelé tour de Glover, où se trouvent des poteries à large surface, et dans lequel on fait
HYDROGÈNE ET MÉTALLOÏDES
couler constamment de l'acide sulfurique à 52 degrés, mélangé d'acide sulfurique nitr eux (provenant duGay Lussac) et d'acide azotique. Par sa haute température le gaz volatilise tous les produits nitreux, ainsi qu'une partie de l'eau contenue dans l'acide à 52 degrés, et les entraîne dans les chambres de plomb ; là, grâce à un excès de vapeur d'eau qu'on fait arriver en divers points, les réactions précédentes s'accomplissent et l'acide sulfurique formé s'accumule au fond des chambres, pour sortir enfin au dehors par des tubes de trop-plein.
Les gaz qui s'échappent de la dernière chambre traversent une colonne en plomb, nommée tour de Gay-Lussac, qui est remplie de coke mouillé d'acide
Fig. 37. — Chambres de plomb.
sulfurique concentré; là ils abandonnent les composés azotés qu'ils renferment encore et donnent l'acide sulfurique nitreux qui retourne auGlover. Finalement le résidu, qui est de l'azote presque pur, va se perdre dans l'atmosphère (lig. 37).
L'acide qui sort des chambres marque 52 à 55 degrés à l'aréomètre : il contient donc un excès d'eau; pour le concentrer on le chauffe, d'abord dans des