Écoutons les principaux moyens de ces trois systèmes
Voici d'abord venir le premier, qui soutient que soit d'après le texte même de la loi, soit d'après ses motifs, on ne doit étendre aux père et mère naturels l'application d'aucun de ces trois articles :
Le texte!... que dit, en effet, l'article 383?
« Les articles 376, 377, 378 et 379 sont applicables « aux père et mère des enfants naturels.... »
Il s'arrête à l'article 379.,.. et vous, vous voulez continuer! mais c'est ajouter à la loi, qui évidemment au-
rait compris, dans son énumération, les articles 380, 381 et 382, si elle avait voulu les appliquer aussi aux père et mère naturels.
Les motifs de cette différence sont d'ailleurs faciles à comprendre : l'enfant naturel est très-souvent mécontent de son sort, irrespectueux, et dès lors, plus insoumis, plus difficile à gouverner que l'enfant légitime.
Or, précisément les père et mère naturels ont euxmêmes moins d'ascendant et d'autoriîé morale.
Il fal'ait donc que la loi leur donnât une autorité légale plus forte et plus énergique, non pas dans leur inté- ]êt à eux-mêmes, mais dans lintérêt de l'enfant et de la société tout entière.
Qu'on ne se récrie pas contre cette différence, qui fait que les père et mère naturels auront une puissance plus grande que les père et mère légitimes ; car cette différence est fondée sur la raison, sur la nécessité même.
En conséquence, cette opinion conclut :
1° Que la mère naturelle pourra faire détenir, par voie d'autorité, son enfant âgé de moins de seize ans ; l'article 383 ne déclare-t-il pas l'article 376 applicable aux père et rrière des enfants naturels?
2° Qu'elle n'aura pas besoin du concours de deux pergonnes, pour le faire détenir par voie de réquisition;
3o Que l'enfant, âgé de moins de seize ans, pourra toujours être détenu, par voie d'autorité , soit par son père, soit par sa mère, lors même' qu'il aurait des biens personnels ou qu'il exercerait un état;
4" Enfin , que malgré le mariage du père avec une autre que la mère de l'enfant, ou de la mère avec un autre que le père, chacun d'eux conserve la plénitude du droit de correction (comp. Proudhon, t. I, p. 248, 249; Duranton, t. lll, n°360; Zachariae, Aubry et Rau, t. IV, p. 711 ; Taulier, t. I, p. 484, 485, Allemand, du Mariage, X. II, nM089).