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Agttato e cou dispsrapone

Johann Ladislaus DUSSEK, né à Tszaslau (Bohème), fut également un pianiste virtuose très remarquable; il voyagea dans toute l'Europe et occupa diverses positions : précepteur des enfants du gouverneur de

(1) Édition Breitkopf et Haertel, n* 6.

La Haye, en 1782, il fut ensuite secrétaire du prince Louis de Prusse qu'il suivit aux armées. En 1808, Talleyrand le fit engager à Paris comme second chef d'orchestre des théâtres impériaux; Dussek mourut, quatre ans plus tard, à Saint-Germain.

Il avait écrit quatre-vingts Sonates pour piano et violon, cinquantetrois pour piano seul et neuf pour piano à quatre mains. Il s'en faut de beaucoup que ces Sonates aient la valeur de celles de Clementi: elles portent au contraire la marque flagrante d'une instruction musicale tout à fait médiocre et ont plutôt le caractère d'improvisations inégalement réussies. Plusieurs d'entre elles sont des modèles d'incohérence, et l'immense succès qu'elles remportèrent en leur temps ne peut s'expliquer que par la virtuosité très spéciale qui s'y étale. On ne pourrait sans ridicule remettre actuellement au jour de telles œuvres, car la mode n'est plus à ce genre de difficultés ; mais est-il bien sûr que cette mode, à peine passée, n'ait pas été remplacée par une autre sorte de virtuosité, destinée à disparaître à son tour ?

La plus connue des Sonates de Dussek est intitulée Le Retour à Paris, op. 70 (i). Un éditeur anglais, désirant opposer cette ttuvre à celle que Woelfl(voir ci-après, p. 396) avait modestement intitulée Non plus ultra, lui donna, d'accord avec l'auteur, le titre encore plus modeste de Plus ultra ! Il convient d'analyser cette inénarrable Sonate en quatre mouvements (S. L. M. R.), afin de se rendre compte de ce qu'était la mauvaise musique au début du xix* siècle.

r Allegro non troppo, 0, en LAi> .

Exp. Th. A peu caractérisé, construit sur la T. et la SD., ce qui le renJ assez indécis ;

— Pont, en LA t>, où l'auteur cherche vainement à sortir de cette tonalité : trois tentatives successives et également infructueuses l'ayant ramené sur la tonique, il module inopinément, en cin^ mesures, à \a doininarile ;

— Th. B, en MI b ; en dépit de l'indication con aiiiorc (transformée en ainorosamente dans la réexp.), ce « thème " est un chef-d'œuvre de platitude mélodique bien digne d'être cité... à ce titre tout au moins :

— Ici apparaît 1 inévitable Irjil de puno, provenant du style Concerto dont il sera question ultérieurement.

(1) Dans l'cdilion .Marnioiucl-Hcugcl, teu. ucuvic poiic le u« 04 et J«ii> l'cdiiioii a tjUiie le II* 71.

Dév. qui contraste, par ses modulations des plus hétéroclites, avec Vexp. si embarrasséepour s'éloignerde sa tonique: en quatre pages, on voit apparaître, sans rime ni raison, les tons de nii t>, fa, fa S, LA, ré, si l>, RÉ 7 et fa marqué cette fois-ci par un brusque et impétueux arrêt sur sa dominante... tout à coup, en deux mesures ineffablement naïves, la tonalité principale est ramenée.

RÉExp. tout à fait digne de ce qui précède.

2° Adagio en Ml, simple recueil de formules pianistiques.

3' Miuuetlo en la a (d'après les indications de la clé); mais le rôle de cette tonalité est ici des plus infimes et n'apparaît guère qu'en fonction de dominante : le début de cette pièce est en fa u et son trio est entièrement en MI. Toutefois, ce Menuet vif, dans un style qui fait présager certains Scherzos de Weber, est beaucoup plus intéressant que le reste de l'œuvre.

4° Scherio. Allegro cou spirito. Malgré son titre, ce finale est un Rondeau, sans le moindre intérêt musical d'ailleurs, et développé tout à fait maladroitement. Il faut connaître le thème initial avec sa « surprise » à la quatrième mesure, d'une délicieuse trivialité :

AircoM spirito

Daniel STEIBELT, Berlinois d'origine, se fixa, après une existence des plus mouvementées, à Saint-Pétersbourg, où il mourut en qualité de chef d'orchestre de l'Opéra français. Ses innombrables oeuvres sontd'une très faible valeur : outre plusieurs opéras, il écrivit soixante Sonates pour piano et violon ainsi que des Sonates pour piano seul en très grande quantité : on n'en connaît même pas le nombre total. Ce ne sont, en général, que de véritables « pots-pourris » d'Airs variés, sur des thèmes qui n'ont même pas le mérite d'être populaires. On y retrouve surtout les Romances à la mode : l'op. ^o à lui seul n'en contient pas moins de quatre ; l'op. 62 est fait sur l'air A body met a body, etc. La plus réputée de toutes ces œuvres est une Sonate en Ml f , datée de i8o3 et dédiée à M""' Buonaparte.

Johann Baptist CRAMER, né à Mannheim, habita Londres où il fut l'élève de Clementi. Il est surtout célèbre par l'ouvrage intitulé Grosse Pianoforteschule : les quatre-vingt-quatre Etudes connues des pianistes constituent la V* Partie de cet énorme recueil. Mais Cramer a laissé

aussi cent cinq Sonates pour piano, consistant pour la plupart en suites à' Airs fartés sur des thèmes alors en vogue.

Joseph WOELFL (dont le nom est souvent écrit Wolffl) ne doit guère sa notoriété qu'au titre de « rival de Beethoven » qui lui fut décerné par les admirateurs de la virtuosité, sans doute à la suite de bizarres concours d'improvisation, où il se mesura avec l'auteur de la Pathétique. C'est bien là en vérité une question de « mesure », car Woelfl avait reçu de la nature des doigts d'une telle longueur qu'il pouvait compliquer sans effort ses « improvisations » de passages inexécutables pour tout autre : telle est sans doute la raison de ses succès.

La Sonate pour piano qu'il avait intitulée Non plus ultra, ce qui lui valut la réplique de l'éditeur de Dussek que nous avons signalée cidessus (p. 394), passait à cette époque pour le summum de la difficulté (combien dépassé, depuis I). Certains écarts de doigts, suggérés sans doute à l'auteur par sa véritable difformité physique, sont en effet des plus dangereux, en mouvement vif :

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Le finale de cette Sonate consiste en une série de variations sur le thème de la romance Life let us cherish : comme Steibelt, Cramer et d'autres encore, Woelfl transforme volontiers ses Sonates en « pots-pourris » : on en compte vingt-deux pour piano et violon, trente-six pour piano seul, une pour violoncelle et une pour flûte.

Sur la fin de sa vie, Woelfl, qui était de race Israélite, s'occupa de spéculations diverses : il mourut, complètement oublié, à Londres.

Johann Nepomuk HUMMEL, Hongrois, fut élève d'Albrechtsberger et de Salieri, à Vienne, oîi il connut Beethoven; en 1804, il succéda à Haydn, en qualité de maître de chapelle du prince Esterhazy, et garda cette fonction, toujours à titre provisoire, jusqu'en 1 811. Après avoir fait de nombreuses tournées comme virtuose, il devint maître de chapelle à "Weimar, où il mourut.

Les oeuvres de Hummel sont d'un style tout à fait semblable à celui de Beethoven ; leurs dispositions au point de vue de l'exécution sont même meilleures, mais le génie en est totalement absent : les thèmes sont inconsistants; ils débutent souvent d'une façon assez heureuse mélodiquement, mais ils ne tardent pas à se résoudre en simples traits, surtout en traits de piano. Nous avons déjà constaté, chez Dussek et

chez d'autres, une tendance analogue : cette intrusion du trait dans la forme Sonate provient des usages du Concerto à solistes, dont nous étudierons la forme et le style dans la Seconde Partie du présent Livre. Une telle confusion de genres si différents ne pouvait avoir d'autre résultat que d'abâtardir la belle forme Sonate, et nous verrons bientôt que les meilleurs Romantiques, Schubert et Weber lui-même, ne purent se soustraire complètement à cet effet désastreux.

On possède de Hummel huit Sonates pour piano et violon et six pour piano, soit à deux mains, soit à quatre, soit même à trois ! Les quatre Sonates à deux mains sont les plus intéressantes (op. i3, en Mii>, Sonate de r Alléluia; op. 20, en/a, dédiée à Haydn; op. 81, en /a 5, et op. 106, en RÉ, datant de 1820).

John FIELD, né à Dublin, fut élève de Clementi et le suivit, d'abord à Paris, puis à Saint-Pétersbourg où il s'établit et acquit bientôt une grande renommée. Il écrivit quatre Sonates pour piano dans lesquelles l'influence beethovénienne est manifeste. Ensuite il renonça à cette forme et produisit des espèces de « miniatures musicales », à la manière de celles qu'on intitula originairement Bagatelles. On doit aussi à Field la « création » du genre Nocturne pour piano, qui fut depuis si répandu.

Ferdinand RIES naquit à Bonn, comme Beethoven, dont il fut même le seul véritable élève pendant quatre ans, de 1 800 à 1 804. Il écrivit une biographie de son maître, en i838, et mourut à Francfort, où il était directeur de la Cecilien Verein. Ries est l'auteur d'une Sonate pour violoncelle et de vingt Sonates pour violon.

Friedrich Wilhelm Michael KALKBRENNER, élève du Conservatoire de Paris, remporta de grands succès comme virtuose entre 1806 et 1814; il voyagea ensuite pendant une dizaine d'années et revint se fixer, en 1824, à Paris, où il devint associé de la maison Pleyel.

En passant par l'Allemagne, il avait subi sans doute l'influence de Beethoven : aussi écrivit-il treize Sonates pour piano (dont trois à quatre mains) et quatre Sonates pour violon. Mais il ne tarda pas à se montrer jaloux de l'auteur des neuf Symphonies, pour lequel il manifestait, à tout propos et hors de propos, un fâcheux dédain (i). Il se borna dès lors à écrire, comme la plupart des virtuoses de son temps, des pièces de piano « pour salon ».

Toutes les œuvres de Kalkbrenner, sans exception, n'ont d'autre but que de faire valoir, au détriment de la musique, l'agilité des doigts de l'exécutant.

(i) Voir \V. de Lenz., op. cit.

Ignaz MOSCHELES, né à Prague, travailla, ainsi que Hunimel, avec Albrechtsberger et Sàlieri, à Vienne, oîi il connut également Beethoven : il devint même son ami et fut chargé par le maître de préparer la transcription pour piano de Fidelio. Il s'établit à Londres en 182 i, puis en 1846 à Leipzig, où il mourut. Il écrivit une Sonate caractéristique, op. 27, une Sonate mélodique, op. 49, et un grand Duo pour deux pianos, en forme Sonate, op. 92, intitulé Hommage à Haendel.

Karl Maria Friedrich Ernst, baron von Weber. 1786-]- 1824

Franz Peter Schubert 1797 f 1828

Jakob Ludwig Félix Mendelssohn-Bauthoi.dy. , 1809 f 1847

Frédéric-François Chopin 1 809 f 1849

Robert Schumann iSiof i856

Ces cinq compositeurs appartenant à la période romantique n'ont donné à la forme Sonate aucun essor nouveau : par l'etfet de leur inaptitude à la construction ou de leur simple indifférence, ils l'ont laissée telle qu'elle avait été consacrée avant eux par Haydn, Mozart et Beethoven, se bornant à y introduire cette exagération expressive qui caractérise, dans tous les domaines, les productions du Romantisme. Ainsi, cette époque, pourtant si féconde en tentatives nouvelles dans la littérature et les arts plastiques, semble submerger peu à peu la belle forme Sonate sous le flot chaque jour grossi des « morceaux romantiques », pièces fantaisistes et sans formes nettes, dont il sera question à propos du genre descriptif et du Poème Symphonique dans la Seconde Partie du présent Livre. Et c'est seulement à l'Ecole Française contemporaine qu'il était réservé d'accomplir la véritable rénovation cyclique de la forme symphonique traditionnelle (voir ci-après, p. 422 et suiv.).

Karl Maria von WEBER naquit à Eutin, dans le duché d'Oldenbourg, d'une famille de musiciens apparentée à la femme de Mozart, Konstanze von Weber. Il s'occupa d'abord de lithographie et contribua beaucoup à perfectionner les procédés que venait de découvrir Senefelder ; mais il ne tarda pas à abandonner cet art pour la musique, qu'il étudia à Vienne avec l'abbé Vogler. Après avoir occupé divers postes, notamment h la cour de Wurtemberg, Weber fut nommé chef d'orchestre du théâtre national h Prague, en 181 3 ; peu de temps après, en i8ib, le roi de Saxe le chargea d'organiser à Dresde un Opéra allemand. C'est donc principalement dans le Troisième Livre de cet ouvrage que nous étudierons le rôle de Weber dans l'art musical dramatique: ses

oeuvres de forme Sonate, qui sont beaucoup moins importantes, se répartissent ainsi :

1° six Sonates progressives pour piano et violon, op. 22 ;

2° première Sonate pour piano seul, en ut, op. 24 (181 2) ;

3" deuxième Sonate pour piano seul, en LA t>, op. 3g (1816) ;

4° Duo concertant pour piano et clarinette, en Ml t>, op. 48 (1816) ;

b° troisième Sonate pour piano seul, en ré, op. 49 ( 1816) ;

6° quatrième Sonate pour piano seul, en wî, op. 70(1819-1822);

7° une Sonate pour piano à quatre mains.

Les quatre Sonates pour piano seul, que Spitta qualifie assez justement de « Fantaisies en forme Sonate », méritent d'être étudiées, non pour leur construction, parfois très imparfaite, mais pour les trésors d'invention que le génie si prime-sautier de Weber y dépense, afin de suppléer, sans doute, à son inexpérience de l'architecture.

Cette fantaisie, souvent si séduisante, suffit amplement à alimenter l'intérêt des expositions et réexpositions ; mais il n'en est malheureusement pas de même dans les parties de développement, toujours défectueuses.

On retrouve dans toutes ces œuvres, comme dans le Freischut\ et dans Eurjanthe. l'influence du Romantisme allemand, se dressant comme une perpétuelle protestation contre l'opéra italien et contre la musique française, dont le goût s'éuiit répandu simultanément dans la plupart des Cours allemandes depuis la fin du xviu° siècle.

Chez Weber, le mouvement initial de la Sonate affecte presque toujours un aspect dramatique et parfois même tragique. Le finale, au contraire, redevient un simple divertissement, en général de forme Rondeau, sans s'élever jamais à la haute portée qu'avait su lui donner Beethoven : de ce côté, il y a un véritable recul, comme si Weber avait voulu plutôt se rapprocher du style de Haydn. Dans les pièces lentes, on voit apparaître pour la première fois un procédé dont on a gravement abusé depuis, et qui consiste à faire entendre un même thème avec plusieurs harmonies différentes, en modifiant les « accords » employés sans toucher aucunement à la mélodie.

Nous donnons ci-dessous le plan de chacune des quatre Sonates de piano.

Première Sonate, op. 24, en f r. — Dédiée à la grande-duchesse Maria Paulowna.

— Composée à Berlin, en 181 2.

— En quatre mouvements (S. L. M. R.) :

\o Allegro, en Ul, de forme Sonate.

Exp. Th. A à la T.

— Pont et Th. B, très agogiques et ne se distinguant pas nette-

ment l'un de l'autre.

Dév. sans intentions précises et modulant à des tonalités assez mal

choisies, comme ré.

RÉExp. Th. A, en Ml t).

— Pont et Th. B à la T.

2° Andante, eviFA, construit comme un Lied simple.

r. Thème principal en F,4.

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