‹ Cours de composition musicale (volume 2)Chapitre 17 sur 130 · ITALIENS ET ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

ITALIENS ET ESPAGNOLS

X Antonio de Cabezôn . . . .. . iSiof 1 5>66

X Andréa Gabrieli iDioj i586 ""

% Giovanni Gabrieli i557 f i6i3 —

y Adriano Banchikri 1567 f 1634

>; GiKOi.AMO Frescobai.di iSS3 f 1644

)< Bernardo Pasquini 1Ô37 7 17 10

Do.MENlCO Zu'OI.l 16. . f 17. .

Antonio de CABEZÔN, natif de Castrillo de Matajudios (province de Bu rgos) et aveugle de naissance, devint, malgré cette infirmité, organiste et maître de chapelle de l'empereur Charles-Quint, puis de Philippe II, et conserva cette situation pendant quarante ans. On possède de lui un certain nombre de versets ou /^/cerc^/-/ pour orgue, parmi lesquels ceux qu'il désigne sous le nom de Tieiitos, présentent une analogie bien plus étroite avec la forme Fugue définitive, que beaucoup de compositions de ce genre écrites par des musiciens de l'époque postérieure. X,

Nous citons ici le commencement d'un Tieiito de Cabezôn (i) dont les entrées se suivent régulièrement et sont conformes à la disposition adoptée par J.-S. Bach dans quelques-unes de ses Fugues :

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(1) Hisyjuix schohv musLa saci\i, public p;ir .M. I". rcJicll. v.il. N'IIl.

Andréa GABRIEL! (i) publia, en 1371, un livre de Ca}f;onefrancese per l'orgatio, conçu dans le style fugué. Trois recueils de Ricercari pour orgue parurent après sa mort, en iSqb. v

Giovanni GABRIELI (2) publia plusieurs recueils de Ricercari à 4, en I 587. >':,

Adriano BANCHIERI, eu Adriano di Bologna, moine olivétain au couvent de Saint-Michel de Bologne, est l'auteur d'ouvrages théoriques fort importants pour l'histoire de !a musique, et notamment du célèbre Organn suouariuo (161 1); il écrivit aussi, en style fugué, des Caii'^oui per sonar et des Ricercari. Pour montrer l'état rudimentaire des prudeptes imitations qui constituaient alors tout l'art de la Fugue, nous extrayons de VOrgaito siionariiio la pièce ci-dessous, que Banchieri donne en exemple, et qu'il intitule pompeusement Sonata prima a due soggetli: ^

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(I Voir i" liv., p. 161.

(3) Voir I" liv., p. 209.

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Girolamo FRESCOBALDI, né h P'errare, séjourna quelque temps dans les Pays-Bas. où il dut connaître son émule Sweelinck (voir ci-après, p. 72); il retourna ensuite en Italie où il devint titulaire de l'orgue de Saint-Pierre de Rome, poste qu'il conserva jusque vers la fin de sa vie. Organiste sans rival à son époque, Frescobaldi appliqua à l'orgue un nouveau système de doigté qui en accroissait considérablement les ressources. Il écrivit et publia, en 161 3, des Ricercari et Can\oiii francese. 11 passe pour le créateur de la Fugue italienne.

J.-S. Bach tenait les œuvres de ce maître en telle estime qu'il copia de sa main, en 1714, les cent quatre pages du recueil intitulé / fiori musicali, suite de versets destinés à l'accompagnement de l'office liturgique (t) ; et, de fait, le style fugué de ces versets n'a pas été sans influencer le génie du Cantor de Leipzig dans ses premières manifestations, comme on pourra le constater par la pièce ci-après (2) qui présente, en raccourci, les caractères d'une exposition de Fugue suivie de strettes ; ,

^ Sujet I

(i) Cette copie de Bach est contervée .i la Bibliothèque de l'Institut de Musique religieuse à Berlin.

»1 Dttixiime tenel sur Ibymne Lucit creator of/imt. (Publicauoii de M. Al. Ouilrriant.)

Frcscobaldi écrivit également un giand nombre de compositions fuguées Lur des thèmes populaires ; il rccla niait pour l'exécution de ses œuvres une grande fantaisie rythmique, une sorte de tempo riibato continuel.\Il joue, dans l'histoire de la musique d'orgue, le rôle d'un véritable « créateur qui, malgré des formules vieillies, fait pressentir « tout un au-delà, non sans laisser transparaître, sous quelque afféterie, « le regret de ne pouvoir l'atteindre (i) ».\

Beriiardo PASQUINI, né à Massa et longtemps organiste de la basilique de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, écrivit nombre de pièces pour orgue et pour clavecin en style fugué. Ses sujets sont plus longs et plus musicaux que ceux traités par ses contemporains; voici, par exemple, celui de l'un de ses Ricercari :

Après une double exposition de ce sujet, paraît la réponse, ainsi disposée :

I; Aiulrt Pirro, L'oif;iic de J -S. lUcli. Tisclibachcr. iff>p.

l'iKKiDi; l'KiMi ri\i;

puis viennent de nombreuses entrées plus rapprochées qui terminent la pièce en une brillante stretie. Comme on le voit par cet exemple, l'écriture de Pasquini est plus dégagée et ses contrepoints sont plus élégants que ceux de ses prédécesseurs.

Domenico ZIPOLI fut organiste de l'église du Gesit, à Rome, et publia en 1716 plusieurs recueils de Ricercari pour orgue, d'un style qui rappelle plus celui de Bach que les productions italiennes de son temps.

ANGLAIS et ALLEMANDS

Thomas Tai.i.ys i5. .fiBSBA ^

William Byru i538 f ibi3

Jan Pieters Sweelinck I 562 t 1621 >< --

Samuel Scheidt 1 587 f 1654 X

Johann Jacob Frouergeu 16. . f 1667 jx:

Geoug Muffaï . 16. . t 1704 )<^ .

DlETRlCH BUXTEHUDE 1*537 f ' 7°?

Johann Pachelbel it333 f ^lo'ô

Thomas TALLYS, ou Tallis, fut organiste de la cour d'Angleterre sous )<. Henry VIII, Edouard VI et sous les reines Marie et Elisabeth. On le regarde comme le promoteur du style fugué dans l'école anglaise.

William BYRD, ou Bird, ou Byrcd^ né à Londres, élève de Tallys et organiste à Lincoln en i563, publia des pièces pour clavecin et instruments à clavier dont on trouve les plus remarquables dans le Virginalbook (livre de Virginale) de la reine Elisabeth, ainsi que dans celui de lady Nevil. Mattheson (i) attribue à Byrd le célèbre Canon d'Oxford, que l'on voit inscrit au-dessus de la porte de la salle de musique de l'Université. La réalisation à trois voix de ce canon ne laisse pas que de produire des agrégations d'une écriture quelque peu barbare, en dépit des louanges que lui prodigue l'auteur de l'LV/rt'/j/^/b/Vt;.

(i) L)ev voUkommene K.ifellmeister, cJ. Je I73i), p. 409.

L\ rUGUK Canon Oxford len.s! s (perpetuus)

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Jaii Pieters SWEELINCK, né à Amsterdam, étudia à Venise sous la -iirection de Zarlino, puis succéda, en iS8o, à son père dans les fonctions d'organiste de la « vieille église » (Onde Kirk) de sa ville natale, fonctions qu'il exerça toute sa vie. Il est généralement regardé comme le principal fondateur de la Fugue pour orgue, ou du moins d'un système de pièce fuguée plus logiquement construite que le simple Kiccrcar (i).

Samuel SCHEIDT, né à Halle, en Saxe, et élève de Sweeiinck. se livra surtout au perfectionnement de l'écriture du Choral varié pour orgue, qu'il traita en imitations fuguées, dans la manière des versets

il) L'oeuvre de Sweeiinck a éié publiée au complet, en douze volumes, par les soins du H' Max Seiffert en looi

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