‹ Cours de composition musicale (volume 2)Chapitre 50 sur 130 · I. Kxp. du th. A, en SOL · texte numérisé non relu

I. Kxp. du th. A, en SOL

— Passage de transition ;

— Th. A, exposé à la D.;

— Passage de transition ;

— Th. A, exposé à la T., en forme abrégée.

1. Fragments du th. A, exposés à la SD., à la T , « la û et au Rel. de

la D., avec conclusion. 3. Reproduction intégrale de la première partie en sol.

Cette composition marque une sorte d'état intermédiaire entre la Sonate-Suite et la forine définitive : c'est en cela surtout que consiste son intérêt.

Qeorg Philip TELEMANN. né à Magdebourg, commença par étudier le droit à l'université de Leipzig; mais bientôt, cédant à sa passion pour la musique, il abandonna la jurisprudence et devint, en 1704, organiste de \a Neu-Kirche, à Leipzig. En 1709, il fut choisi comme maître de chapelle des cours de Baireuth et d'Eisenach ; ce fut pendant ses séjours dans cette dernière ville qu'il se lia d'amitié avec J.-S. Bach dont il tint sur les fonts baptismaux le troisième fils Charles-Philippe-Emmanuel. Ayant accepté, en 1721, le poste de directeur de la musique à Hambourg, il passa dans cette ville tout le reste de sa vie.

Ses œuvres dans la forme Sonate furent, pour la plupart, gravées de

(1) Fondations d un Arc de iriumplic.

LA SONATE ALLEMANDE l'HIMIllVE 189

sa main ; elles consistent en douze Sonates pour violon, en deux recueils (1715-1718); six Sonates pour deux flûtes (ou deux violons) sans basse; six Sonates pour clavecin et douze Sonates mélodiques pouv violon (ou flûte), avec basse continue.

Son ouvrage der getraue Alusikmeister, paru en 1728, contient aussi plusieurs Sonates.

Christoph QRAUPNER, né à Kirchberg, dans les montagnes de Saxe, d'abord élève de Kuhnau à l'école Saint-Thomas de Leipzig, devint, en 1709, maître de chapelle de la cour de Darmstadt; ses dernières années furent attristées par l'affaiblissement graduel et la perte de sa vue.

Graupner fut l'un des plus importants disciples de Kuhnau et parut même désigné, à la mort de celui-ci, pour le remplacera la tête de la Thomas Schule\ mais il retira modestement sa candidature devant celle de J.-S. Bach.

Comme tous les musiciens de son époque, il grava lui-même la plus grande partie de ses œuvres, et laissa aussi un grand nombre de manuscrits qui n'ont point été publiés. Ses principaux ouvrages sont deux recueils de Sonates, parus sous les titres Monatliche Klavierfriichte (1722) et die vier Jahres\eiten (1733).

Qeorg Friedrich H^NDEL (voir ci-dessus, p. 146) publia, avant 1740, douze Sonates pour violon (ou flûte) avec basse chiffrée, et ensuite, treize Sonates pour hautbois (ou violon, ou flûte) avec basse continue ; ces dernières seules sont dans la forme Sonate proprement dite.

Johann Sébastian BACH (voir ci-dessus, p. 76 et 147). Aucune forme ne pouvait rester étrangère au génie qui synthétise dans son œuvre toutes les tendances de l'art musical de la première moitié du xvui' siècle ; aussi retrouvons-nous le grand Bach au chapitre de la Sonate comme à ceux de la Fugue et de la Suite, et cependant ce n'était pas à ce prodigieux esprit qu'il était réservé d'affranchir la Sonate du joug de la suite, pour la doter de sa forme définitive. Mais il était écrit que le nom de Bach devait être attaché à l'idée de progrès musical, et ce fut le troisième fils de Jean-Sébastien qui accomplit la réforme nécessaire, comme nous le verrons plus loin (p. igS).

Si nous citons ici les Sonates de J.-S. Bach, ce n'est point qu'elles se rattachent toutes au genre que nous traitons; un certain nombre d'entre elles présentent, en elTet.tous les caractères de la musique en trio.

Style qui relève de la Musique de Chambre (i), mais il nous a semblé qu'on s'étonnerait à bon droit de ne point voir cités ici, au moins dans une nomenclature, ces chefs-d'œuvre si connus. D'autre part, comme nombre de ceux-ci sont en forme ternaire, nous ne sommes point hors de notre sujet en les analysant dans ce chapitre.

Bach composa une vingtaine de Sonates environ : six pour orgue (en trio)^ trois pour flûte et clavecin (en trio)^ trois pour viole de gambe et clavecin, six pour violon avec clavecin accompagnant ; enfin, quelques autres pour plusieurs instruments : deux violons, deux clavecins, flûte, violon et basse continue, etc.

La plus grande partie de ces Sonates datent, ainsi que les Suites, de la période de Cœthen *, seules, les six Sonates pour violon, écrites de 1726 à 1730, peuvent être attribuées à l'époque de Leipzig.

Contrairement à ce qui se produisit chez les compositeurs italiens, il semble que Bach ait voulu accroître le nombre des pièces de la Sonate au lieu de le restreindre. En effet, ses premières Sonates paraissent construites comme celles de Locatelli : les Sonates pour orgue et celles pour flûte, par exemple, ne comptent que trois mouvements. Les œuvres postérieures au contraire (Sonates pour violon et pour viole de gambe) en offrent toujours quatre, parfois même cinq, et se rapprochent ainsi de la construction cyclique de Corelli. Il s'en faut toutefois qu'elles procèdent de la même esthétique, car leur écriture en trio révèle déjà une tendance vers l'art collectif de la Musique de Chambre, tandis que chez Corelli, l'instrument récitant, toujours traité comme une personnalité à part, fait présager l'avènement prochain du style décadent qui donnera naissance au Concerto.

Nous allons examiner rapidement les plus importantes de ces Sonates. Les six Sonates en trio, dites pour orgue, furent composées par Bach de 1722 à 1727, pour le clavecin à deux claviers et pédalier, dans le but de préparer son fils aîné Wilhelm-Friedemann au jeu de trois claviers indépendants. La plupart sont écrites dans la forme de la Suite ou du Concert (2); seule, la b' en ut présente, en ses trois parties, les caractères de la Sonate primitive. Le premier mouvement contient une réexposition très nette h la tonique, et le second morceau {Largo, 6/8) est un vrai lied en trois sections.

Des trois Sonates en trio pour flûte et clavecin, la i", en si, est à

(1) Bach donne lui-même, dans ses manuscrits, la dénomination de trio h la j« Sonate pour tiùic.ct écrit, en tcte des six Son.itcsdc violon, c tiire suivant qui ne laisse aucun doute sur sa pensée é cet éfçard : .S>i Siionate a Cembalo c Violiiio solo, col basso pf Viola d» Gamba accompagnaio se pidce. Tout ce qui concerne la musique en trio et la Musique de Chambre sera étudié dans la Seconde Partie du présent I.i»re.

(3} Voir !■ Seconde Partie du présent Lirre.

L\ SONAIF. AM.EMANDL: l'RIMITlVK u,

étudier attentivement, car sa construction est très en avance sur celle des autres Sonates de Bach.

En voici l'analyse et le thème principal :

Exi>. du thème unique (A) en .si ;

— Passage modulant;

— Th. A, exposé à la SD-, en fa S;

Partie médiane, avec repos en SOL et mi. par A; Réexp. du th. A, en si, avec canon et Conclusion.

Ce thème si expre'îsif s'accroît encore en inrérêt, lors de la rèexposition de son second membre de phrase {oimani canon sur divers degrés, pendant près de vingt mesures ;

LA SONATE PRK-BEETHOVEMENNE

Ce mouvement initial est, à tous points de vue, une pièce de premier ordre.

Le Largo au ton relatif majeur est traité en forme binaire.

Quant au Presto final, il commence par une Fugue et se résout en un Allegro, binaire également, simple variation du sujet de la fugue précédente.

Les deux autres Sonates, en m, et la, offrent aussi des mouvements en forme ternaire avec réexposition apparente du thème.

Il en est de même des trois Sonates pour viole de gambe ; deux d'entre elles sont précédées d'une large introduction.

Arrivons aux Sonates pour violon dont l'étude, cependant si féconde en enseignements précieux pour les violonistes, a été jusqu'à présent bannie, on ne sait pourquoi, des programmes officiels.

La 2% en la, est ainsi construite :

1* Adagio, en canon interrompu seulement par trois cadences à la D ., au Rel. et à la T.\

2* Allegro, fugué, dans la forme du Concert (i| avec réexposition complète dans le ton principal ;

3" nd le (en fa S), admirable phrase de vingt-neut mesures en canon régulier entre le violon et la partie haute du clavecin;

4» Presto de coupe ternaire avec réexposition

La 3', en m/, présente une coupe identique.

La 5*, en fa, débute par un Largo en forme lied d'une expression

(i) Voir la Seconde Parue Ju présent Livre.

LA SONATE DITHÉMATIQUE ,9,

calme, dont nous ne retrouverons plus d'exemple que dans les grands Aiidante beethovéniens:

Enveloppée dans ce dessin persistant, s'expose, au grave du violon, une noble et pénétrante mélodie. Bien peu de violonistes savent la présenter d'une façon assez soutenue pour rendre saisissable la belle envergure desaligne synthétique. Les trois sections de cet admirable Ul'J sont ainsi constituées :

Sect. I. Exp. en fa, avec cadence enLAt>; Sect. II. Pa'-tie modulante, revenant vers le ton principal ; Sect. III. Réexp. en fa simplifiée mélodiquement, et s'enchaînant à VAl' tegro au moyen d'une cadence à la D.

Les autres mouvements sont également de coupe ternaire. La 6' Sonate, en sol, se rapprocherait davantage du style de la Suite: elle est en cinq mouvements :

1» Allegro en SOL avec réexposition ;

2' Largo en mi ;

3" Allegro en mi ;

4» Adagio en si ;

5» Allegro final en SOL, avec réexposition.

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