‹ Cours de composition musicale (volume 2)Chapitre 53 sur 130 · I.A SONATE DniiKMAriori · texte numérisé non relu

I.A SONATE DniiKMAriori

m^ troisiètne élément

Partie médiane qui contient une phrase toute nouvelle, modulant du ton d'ut à la D. de SOL, pour ramener la réexposition, comme plus tard dans le Rondeau-type. Voici ce passage :

Réexposition, où le thème B ne reproduit intégralement à la T. que ses deux derniers éléments : le premier est remplacé par un dessin mélodique qui semble tiré de la phrase apparue au cours de la partie médiane.

Il faut lire aussi le beau Larghetto de la 2' Sonate (Berlin, lySS), qui n'est pas sans faire présager certains Adagios beethovéniens, autant par ses nuances graduées que par sa ligne mélodique d'une intime tristesse :

Larghetto

Le II' recueil (i 7S0), dédié à Friedrich Heinrich, margrave de Schwed, ne contient que trois Sonates, toutes trois de la période de Hambourg (1774 a 17S0): la première d'un beau caractère, les deux autres très courtes et en deux mouvements seulement.

Le III' recueil (1781), dédié au baron van Swieten, ne compte aussi que trois Sonates : la 1", en là, écrite à Hambourg en 1774. n'offre aucune particularité, mais les deux autres, de l'époque berlinoise, sont fort intéressantes.

La 2', en ré (Potsdam, 1766), est même tout à fait remarquable. Le second thème du premier mouvement fait pressentir, en une forme plus fantaisiste, ceux de Mozart •

VAndante cantabile e mesio de la même Sonate est d'une dolente et pénétrante expression.

La 3» Sonate, en /j (Berlin, 1763), en trois morceaux que Forkel a intitulés « l'indignation, la réflexion, la consolation », mérite aussi d'être étudiée.

Le IV« recueil (1783), où commence la publication des Fantaisies qui en devaient assurer le succès, ne contient que deux Sonates, dont la première, assez curieuse par sa structure harmonique et enharmonique, fut composée à Hambourg en 1781.

Enfin, dans le V' recueil (1783), dédié au prince évêque de Lubeck,

LA SONATt: DITHÉVATIOLE jo^

et dans le VI« (1787), dédié à la comtesse .Marie-Thérèse de Leiningen ^^'esterburg, il n'y a également que deux Sonates. Les unes et les autres sont de la dernière époque, c'est-à-dire beaucoup moins Soiiales par leur forme que celles de l'époque de Berlin ; on doit pourtant les connaître en raison de l'humour et de la fantaisie qui y régnent. Leurs morceaux généralement courts se succèdent parfois dans des tonalités peu compatibles, croyons-nous, malgré leur réelle proximité (i) : par exemple, le charmant petit Allegretto en la mineur dans la Sonate en RÈ majeur (VI' recueil). Les deux Sonates du V« recueil, écrites à Hambourg en 1784, présentent certaines originalités; ainsi, dans la première, en w/, VAdagio, en i/r, déjà préparé par une transition qui l'unit au premier mouvement, n'est lui-même, pour ainsi dire, qu'une préparation de YAndantino final en .w/, de telle sorte que tous les morceaux sont enchaînés l'un à l'autre.

Le passage enharmonique reliant ces deux pièces mérite d'être cité :

Il faut lire aussi le joli finale dont le style fait penser à celui de Weber. La 2' Sonate (V recueil) contient un Largo extrêmement intéressant par ses modulations enharmoniques. Nous donnons ici un exemple de ces hardiesses peu communes à cette époque, et que, seul peut-être, Ph.-Emm. Bach a prodiguées dans ses dernières œuvres :

(1) Voir I" liv., p. 128 et i.g.

LA SONATE PRli-BEETIlOVENIENNE

Outre sa musique instrumentale et religieuse, le troisième fils du grand Sébastien a laissé un ouvrage fort important pour les pianistes qui s'intéressent au clavecin, et intitulé Versuch iibcr die wahre Art das Klavier \u spielen, mit Exempebi iiiid i8 Probestiickein 6 Soiialen (i) ; ce véritable traité de l'art du claveciniste est diviséen deux livres (parus en 1750 et 1762 à Berlin ; 2* et 3* édition à Leipzig, 1782 et 1787) ; le second traite particulièrement de la Fantaisie et de la manière d'interpréter ce genre spécial de musique, alors si répandu.

Dans le premier livre, on trouve cette maxime qui devrait être méditée par bien des virtuoses : « Il semble que la musique est appelée prin- « cipalement à toucher le cœur, et le claveciniste ne peut, selon moi, « y parvenir, s'il ne songe qu'à faire du bruit. »

(t) Essai sur la vraie numcre de loucher le Clavecin, a.cc des exemples et i8 pièces d ctuJe en 6 Sonates.

LA SOXXTF n'THltNUTIQUE 305

Ph.-Emm. Bach avait aussi rassemblé en un précieux recueil, aujourd'hui fort rare, les portraits de trois cent trente musiciens célèbres, depuis Bacchus, le dieu de la chanson, jusqu'à l'auteur luimême.

Johann Georg Leopold MOZART, le père du célèbre auteur de la Zauberjlote, était fils d'un relieur d'Augsbourg. Il se rendit à Salzbourg, où il devint valet de chambre du chanoine comte de Thurn, puis violoniste de la chapelle de l'archevêque. En 1762, il était nommé maître de chapelle. Musicien distingué, il écrivit, outre son Traité de l'école du violon (17D6) qui forma tous les violonistes allemands de la fin du xviii* siècle, un certain nombre de pièces dans la forme ternaire, notamment trois Sonates parues dans le recueil de soixante-douze Sonates en douze livraisons, connu sous le titre Œuvres mêlées, de Haffner (Nuremberg, 1755 à 1767). Dans ces trois Sonates, assez importantes pour l'histoire de cette forme, on trouve fréquemment l'entrée de la seconde idée soulignée par un changement complet de mouvement et de mesure (i).

Georg BENDA, né à Stare-Benadky, en Bohême, fut musicien de chambre à Berlih, puis, en 1750, maître de chapelle du duc de Gotha. Sa célébrité comme compositeur dépassait de beaucoup, en Allemagne, celle de J.-S. Bach. Il écrivit un certain nombre de Sonates de forme ternaire.

Johann Christian BACH, dit le « Bach de Londres », né à Leipzig, fit son éducation musicale sous la direction de son frère Charles-Philippe- Emmanuel. D'abord organiste à Milan, il devint, en 1739, chel d'orchestre et compositeur d'opéras à Londres, où il passa le reste de sa vie.

On a de lui plusieurs recueils de Sonates pour le clavecin, en forme ternaire; le plus connu est l'op. 6, dédié au duc de Mecklembourg et contenant six Sonates, dont trois sont en deux mouvements seulement.

Johann Wilhelm H/ESSLER, né à Erfurt, pratiqua conjointement avec l'art musical le métier de fabricant de casquettes, voyagea dans toute l'Europe et finit par se fixer à Moscou où il mourut. Compositeur fort intéressant au point de vue de l'écriture du piano, il laissa près de quarante Sonates, dont la forme est assez variable : outre un grand nombre de pièces dans la forme de l'ancienne Suite (Allemandes, Rondeaux, Menuets, etc.), on y rencontre plusieurs pièces lentes en forme lied, et même des morceaux de construction ternaire à peu près régulière, comme dans les véritables Sonates.

Haesler a publié :

i* quatre Sonates avec une Fantaisie (1773) ;

(1) Voir J.-S. SlieJlock : The pianoforte Sonata (Londres, iSgî).

3o6 LA SONATE PRE-BEETIIOVEMEN.NE

^ 2° six Sonates (1776), dont la 6', en la, contient un finale nettement ternaire comme coupe, car sa partie médiane est distincte des deux expositions, mais très voisin de la Suite par sa tonalité qui oscille de la tonique au relatif dans l'exposition initiale, et du relatif à la tonique dans la réexposition (i);

3° six Sonates faciles [Leichte Sonaten) (1780), dont la première contient un finale de forme ternaire tout à fait régulière ;

4° dix-huit Sonates faciles, en trois livres (1786 à 1788).

Pietro Domenico PARADISI, né à Naples, fut élève de Porpora et s'établit, vers sa trente-cinquième année, à Londres, où il britannisa son nom (Paradies) et eut de grands succès comme professeur et compositeur de pièces pour piano. Dans sa vieillesse, il voulut revoir l'Italie et mourut à Venise, âgé de quatre-vingt-deux ans.

Son œuvre la plus connue consiste en douze Sonates pour clavecin, mi primée s à Londres en 1754 (2* édition à Amsterdam, en 1770). Ces Sonates, qui ne sont point toutes dans la forme ternaire et semblent un alliage germano-italien des styles respectifs de Ph.-Emm. Bach et de D. Scarlatti, sont cependant intéressantes comme écriture, la 8* notamment. Elles sont en deux mouvements, pas toujours de caractère opposé, et pour la première fois dans la Sonate pour clavecin, on y voit apparaître un système d'accompagnement qui consiste à arpéger l'harmonie en triolets ou en doubles croches, au lieu de la soutenir en accords liés :

Ce système que Paradies fut le premier à employer et dont tous les compositeurs, jusques et y compris Mozart, abusèrent singulièrement, est connu sous la dénomination de basse d'Alberti, sans doute en souvenir du nom de son inventeur.

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