LES COMPOSITEURS ALLEMANDS
DiETRicH Becker i554-|-
JoHANN Hermann Schein. . . . I 586 f
Samuel Scheidt 1687 -j-
Clamor Heinrich Abel 16. . -j-
Heinrich Johann von Bip.er. . . . 1644 f
Johann Kuhnau 1660 -j-
Georg Friedrich Haendel. . . . i685 -{-
Johann Sébastian Bach .... i685 f
Dietrich BECKER, de Nuremberg, étudia à Venise sous Andréa Gabrieli. Son style pourrais servir de trait d'union entre l'art contrapontique des Gabrieli et celui des Corelli et des Kuhnau.
Becker laissa deux recueils publiés à Hambourg, en 1668 : l'un, de Sonates pour violon en forme Suite ; l'autre, de pièces instrumentales avec basse continue, sous le titre Musikalische Friihlings-Fruchte. Ces publications furent très répandues en Allemagne, où elles contribuèrent efficacement à l'éducation des compositeurs.
Johann Hermann SCHEIN, Saxon, étudia le droit à l'Université de Leipzig, puis embrassa la carrière musicale et devint finalement cantor de l'école Saint-Thomas de Leipzig, en j 616.
Il publia, en 161 7, un Banchetto 77iusicale newei^ anmiithige)^ Padoanen Gagliarden^ etc., comprenant vingt Suites de cinq danses chacune, pour la plupart ainsi disposées : 1° Pavane, 2° Gaillarde, 3** Courante, 4° Allemande, 6° Tinpla (Gigue). Ces Suites sont à quatre et cinq voix.
Samuel SCHEIDT, né à Halle, apprit la musique à Amsterdam sous la direction de Sweelinck, et devint par la suite maître de chapelle du Margrave de Brandebourg, à Halle, où il mourut.
Outre de nombreuses œuvres d'orgue, Scheidt laissa deux livres de Liidi musici (162 1-1622), recueils de Paduanen, Gagliarden, Allemande, Can^onen iind Intraden, à quatre, cinq, six et sept voix
Clamor Heinrich ABEL, Concertmeister de la cour de Hanovre, écrivit trois livres de Suites instrumentales (.4//ewa«^(?, Courante, Sarabande et Gigue), publiés de 1674 à 1687, sous le titre Erstlingc musikalischer Bliimen et réimprimés en 1687 sous le nom Opéra tnusica.
Heinrich Johann von BIBER, violoniste, né en Bohème, mourut à Salzbourg, où il occupait le poste de maître de chapelle de l'archevêque, après avoir séjourné à la cour de Bavière.
On connaît de lui, outre six Sonates pour violon (16S1) qui sont
d'un grand intérêt pour l'étude de cet instrument, deux autres Sonates ou Suites instrumentales, publiées en 1676 avec la singulière mention: tam avis quant au lis ser-vientes (i).
Johann KUHNAU, l'un des plus importants compositeurs allemands de l'époque antérieure à Bach, né à Neu-Geysing (Saxe), ne fut pas seulement un musicien, mais un profond érudit, versé dans la connaissance du grec et de l'hébreu. Reçu avocat à l'Université de Leipzig, il exerça longtemps cette fonction conjointement avec celle de cantor de l'école Saint-Thomas, poste auquel il avait été appelé en remplacement de Kuhnel, en l'année 1684; il devint, en 1700, directeur de la musique de l'Université.
Esprit chercheur et inventif, Kuhnau laissa dans tous les genres un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels il faut citer son Traité de Composition encore manuscrit, et le roman intitulé le Chat^làtan musical {der musikalische Quacksalber), publié en 1700 et contenant la critique des musiciens italiens de son époque.
Kuhnau fut le premier qui osa écrire des Sonates de Chambre pour clavecin seul, le titre de Sonate étant jusqu'alors, en Allemagne, exclusivement réservé aux œuvres pour violon, conformément à son étymologie. Il composa environ vingt-sept Suites ou Sonates (2): celles qu'il intitule Biblischen Historien (1700) seront examinées dans la Seconde Partie du présent Livre à titre d'origines du Poème Symphonique, et l'on verra ci-après (chap. m) les sept Sonates rassemblées sous la dénomination de Frische Klavier Frilchte (1696) ; les seules que nous ayons à retenir ici sont les quatorze Suites en deux livres, publiées sous le titre Neue Klavier Uebung.
Le P"" livre, paru en 1689, contient sept Suites ou Partien^ dans tous les tons majeurs employés sur le clavicorde, c'est-à-dire UT, ré, MI, FA, SOL, LA, SI t> ; chaque Partita est divisée en Prélude (le plus souvent suivi d'une Fugue), Allemande, Couinante, Sarabande et Gigue.
Le II* livre, qui est le plus remarquable, fut gravé en 1692 et édité à nouveau en 1695, 1708 et 1726. Il consiste en sept Suites dans les tons mineurs, suivies d'une Sonate en si i> très appréciée à son époque.
(i) Nous devons mentionner ici, à son rang chronologique, Henry Purcell (i658 f lôgS), organiste de l'abbaye de Westminster depuis 1680. Cet Anglais, le seul qui mérite d'être cité dans cette période de l'histoire de la Suite, fut surtout compositeur de théâtre ; on connaît de lui, cependant, douze Sonates pour deux violons et basse continue (168 3), plus huit Suites pour instruments à clavier, parues sous le titre Lessons foi- the Harpsichord or Spinnet et imprimées en 1696. Elles sont toutes parfaitement construites, et l'une d'elles notamment, la 5« en UT, est composée de huit pièces que l'auteur intitule Prélude, Almand, Courante, Saraband, Cebell (Gavotte), Minuel, RiggaJ.oon, Mardi.
(2) Les oeuvres complète» pour clavecin de Kuhnau ont été éditées d'après leur texte original dans les Denkmdler Deutsclier Tonkunst (Breiikopf et Hârtel, 1901).
LES ALLEMANDS
Le Prélude de la i'« Suite, en ut, est tout à fait séduisant par la forme soignée de ses contours mélodiques et l'élégance de son style presque identique à celui de J.-S. Bach. Il paraît du reste fort probable que Bach avait attentivement étudié les œuvres de son prédécesseur à l'école Saint- Thomas. Ce Prélude est en deux parties; l'une, agogique, débute ainsi :
La seconde est d'un mouvement plus calme, quoique son dessin principal et son rythme soient tirés de la première ; nous donnons ici tout le commencement de cette seconde partie, afin d'en mieux montrer l'analogie avec certaines pièces de Bach :
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Cours du comiosition. — t. ii.
La 7* Suite, en si, est également pleine d'intérêt, depuis le Pt^éîude rempli d'une gaîté « bon enfant » jusqu'à la charmante Gavotte que nous reproduisons ici tout entière : .
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