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LK MOUVEMENT LENT. — LA FORME LIED. — TYPE L

De tout temps, semble-t-il, et peut-être dans tous les genres musicaux, les fragments lents furent les plus « chantants ». Nulle part, en effet, la mélodie n'tsi plus apparente et plus indispensable que dans les pièces lentes, naturellement plus souples et plus affranchies de ce qu'on pourrait appeler les servitudes rythmiques inhérentes à tout mouvement un peu rapide.

Contrairement à l'opinion des adorateurs de la fioriture italienne, c'est-à-dire de cet art qui consiste h faire entendre le plus grand nombre

(0 11 est à remarquer que cet usage de la reprise avait presque eniièrcmcnt disparu dans les Sonates de ioime. monotlièmatique antérieures à celles-ci.

i66 LA SON'ATE PRE-BEETHOVENIENNE

de notes inutiles dans le plus court espace de temps, le vrai chant est lent;... la plainte, traduite en langue musicale, s'exprima d'abord en notes longues et douloureuses ; et, lorsque la gaîté vint apporter le contraste de ses notes brèves ou brillantes à la musique, celle-ci, fille de la mélancolie et de la prière, était depuis longtemps déjà la consolatrice des hommes.

Il n'est donc pas surprenant de retrouver dans les vieux chants grégoriens l'ancêtre authentique des phrases mélodiques qui devaient reparaître de préférence dans les pièces lentes, à mesure qu'elles oublieraient les rythmes coutumiers des danses, pour se rattacher définitivement à « ce qui chante », à VAriay au Lied.

Ce type de ^YvvdiSt ternaire précédemment défini (i) et souvent employé dans les chants grégoriens (2), se retrouve aussi en plusieurs occasions sous la plume de J.-S. Bach (3). Il ne fallut rien moins que l'omnipotence de l'usage des danses pour l'écarter momentanément des formes symphoniques, où. il devait bientôt reprendre sa place, par une juste réaction des qualités émotives des compositeurs, soumises à une véritable contrainte dans la pièce initiale (type S), en raison de l'effort intellectuel dépensé pour sa nouvelle construction.

Tant que cet effort absorba toute l'attention du musicien, la pièce lente des premières sonates resta conforme aux types de danses : toujours binaire, en rythme de Sicilienne, de Courante, etc., cette pièce ne varie guère que par sa tonalité ou par son rang. On la voit s'établir, soit dans un ton voisin du ton principal, soit après le mouvement modéré (4), mais aucune modification de forme n'y apparaît encor^^.

Cependant, la mélodie à trois périodes, dont la dernière est symétrique de la piemière, l'antique phrase lied des cantilènes sacrées revient peu à peu chanter tristement dans les pièces lentes. Le retour au thème initial, innovation si simple et pourtant si laborieusement fixée dans le type S, apparaît ici sans effort et comme spontanément, donnant ainsi aux pièces du type L la véritable forme lied, forme ternaire comme la phrase lied dont elle est l'image agrandie, et analogue par conséquent, mais non identique à la forme ternaire du type S.

Le Lied en a// naturel que nous analysons ici est un vrai modèle du

(i) Voir I" liv., chap. II, p. 41 et 42.

(3) Voir dans le Liber Graduai ts (a» éd.), le Kyrie (p. i5*), les Alléluia et certïines antiennes comme : Vei ba mea (p. i 22).

(3) Voir notamment la phrase de la Sonate pour violon ei clavecin en uf mineur ciiée au Premier Livre, p. 48.

(4) Voir ci-après, dans la section historique, les œuvres de Corelli, (p, 179, 180).

genre. II est extrait de la Sonate en^v/o, op. 1 18, de Joseph Haydn (i) : chacune de ses trois grandes sections constitue par elle-même une petite phrase lied, subdivisée en trois périodes {a, b, a ou c, d, c\ etc.), avec symétrie entre la première et la dernière.

DQ -EXPOSITJON de]a plirase.7iW pria£ipal« (a) période initiale ^Adagio

redoQblement-de.la-pé ri ode initiale

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inflexion vers la D

retour à In D

(1) Voir dans la section historique du présent chapitre fp. 200 et suiv).

FRAGMENT CENTRAL modulant (jc) période initiale

(A^ période initial

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