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LES PRÉDÉCESSEURS DE BEETHOVEN

Franz Joseph Haydn 1782 f 1809

WOLFGANG AmADEUS MoZART. . . I756 f I79I

Friedrich Wilhelm Rust . . . . 1789 f 1796

Franz Joseph HAYDN, fils d'un charron musicien de Rohrau-sur- Leitha, fit son éducation comme enfant de chœur à la Stephanskirche

(i) Ces six Sonates furent éditées, croyons-nous, avec une Suite de Chansons, apparemment dans le but d'attendrir les éditeurs et de faciliter la vente... Déjà

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de Vienne. A partir de l'âge de seize ans, ayant perdu sa voix de soprano et, par suite, sa place d'enfant de chœur, il commença à végéter misérablement. Il raconta lui-même plus tard qu'il lui était arrivé fréquemment de remplacerun repas par la lecture, sur un clavecin vermoulu, des belles œuvres qu'il pouvait se procurer. Il fit ainsi véritablement sa nourriture des Sonates wurtembergeoises d'Emmanuel Bach, qui venaient de paraître. Elles suscitèrent en lui le plus grand enthousiasme et lui servirent pour ainsi dire d'éducatrices, au point de vue du style et de l'écriture.

Après avoir essayé de plusieurs métiers, notamment de celui d'accompagnateur chez Porpora, où il apprit à écrire pour les voix, il fut distingué par le comte Morzin qui lui confia la direction de sa chapelle à Lukawec, en lySg. Enfin, en 1761 , il devint maître de chapelle et directeur de l'orchestre du prince Esterhazy, position qu'il occupa pendant trente ans. Vers la fin de sa vie, en 1790, il commença à vo3'ager et se rendit deux fois en Angleterre, pour diriger ses Symphonies aux concerts organisés par le violoniste Salomon. C'est dans l'un de ces voyages, en passant par Bonn, qu'il connut le jeune Beethoven, son futur élève. Très patriote, Haydn mourut de chagrin, lors de l'entrée des Français vainqueurs dans la capitale de l'Empire allemand en 1809.

Le style musical de Haydn est, sans conteste, la continuation de celui de Philippe-Emmanuel Bach avec lequel il a, surtout en ses premières années de production, bien des analogies. Ses thèmes sont cependant plus caractérisés que ceux du musicien de Hambourg ; ils possèdent cette pointe d'italianisme commune à tous les compositeurs du sud de l'Allemagne, et aussi une certaine allure populaire, assez inattendue chez un maître de chapelle qui passa son existence dans une cour princière.

La Sonate de Haydn est souvent bien plus indéterminée, comme forme, que celle de ses prédécesseurs. Il y intervertit fréquemment les types de mouvements, sans grand souci des habitudes alors en vigueur, terminant, par exemple, la Sonate sur un Menuet varié ou remplaçant la pièce lente du milieu par un Rondeau^ etc.

Le Menuet ^tmhXe être sa forme favorite; il use avec prodigalité de cette danse, abandonnée à l'époque précédente, et qui, dernier legs de la forme Suite, finit par trouver un asile définitif dans la Sonate, où elle engendrera le moderne Scherzo.

Haydn construit la plupart de ses Sonates en trois mouvements ; quelques-unes sont en deux^ et la première, seule, en quatre mouvements.

il écrivit :

1° six Sonates y>o\ii baryton (sorte de violoncelle de petite dimension, qu'afl'ectionnait particulièrement le prince Esterhazy) ;

1" trois Sonates pour violon et pianoforte ;

S» quarante Sonates pour pianoforte, sur lesquelles trente-sept seulement ont été publiées.

Nous allons passer en revue celles qui, dans cette collection, offrent par leurs thèmes ou leur structure un intérêt particulier.

La I" Sonate, en SOL, publiée en 1767 (i), compte, nous l'avons dit, quatre mouvements .

i« Allegro d'ancienne forme, sans reexposition ; 2° Menuet, en SOL. avec trto à la tonique mineure ; 3» Adagio, en 50/, de forme Suite ; 40 Allegro, de coupe ternaire.

Les six Sonates, op. i3, publiées en 1774 par J. Hummel, à Amsterdam (i), présentent encore des artifices d'écriture (imitations, canons, etc.) qui sentent le travail d'école et une certaine préoccupation d'imiter les anciens maîtres du contrepoint. Les trois dernières figurent, sans raison, dans les éditions allemandes, comme écrites pour le violon.

Les six Sonates, op. 14, impiiniées chez Longmann et Broderip en 1776 (3), méritent un plus long examen, car elles donnent vraiment la caractéristique de la première époque du maître, celle où l'art et l'esprit d'un Ph.-Emm. Bach régnent en despotes sur sa pensée.

De ces six Sonates, une seule, la 5% en mi, n'a que deux mouvements; deux se terminent par des Menuets, les trois autres sont construites ainsi ;

:« Premier mouvement, de forme Sonate;

20 Menuet ;

3» Rondeau, avec reprises variées.

Il est à remarquer que fow/es les pièces finales de cet op. 14, soit Metîuets, soit Rondeaux^ présentent l'aspect de variations.

Dans le premier mouvement de la 3*, en fa, le second thème (B) semble être sorti de la plume d'Emmanuel Bach :

( 1) N» 33 des éditions Holle et LitolÉF.

(2) Trois de ces Sonates seulement ont été publiées à nouveau ; elles portent les n<" a6, 37 et 28, dans les éditions Holle et LitolfT.

(3) N" lo à ai, éd. Holle et Litoiff.

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mais le trio en fa, du Menuet, offre au contraire un jeu de rythmes contrariés assez rare à cette époque :

La 4* Sonate, en la, a été surnommée la « Sonate des cors », parce qu'une sorte de fanfare de chasse clôt chaque reprise, et circule à travers le premier mouvement où l'on chercherait en vain un second thème. A la fin de la f^éexposition, les fanfares disparaissent et la pièce s'enchaîne à un court Adagio, simple transition légèrement modulante entre deux morceaux de même tonalité et de même nature.

Les six Sonates publiées par Artaria, à Vienne, en 1 780 ( i), et dédiées à Franziskaet Marianne von Auenbrugger, marquent l'époque médiane de la carrière du compositeur, sa « seconde manière », dirait-on aujourd'hui. Elles apparaissent dégagées de toute influence, et certaines d'entre elles méritent d'attirer l'attention par leur fraîcheur mélodique et leur belle tenue.

Telle la 2* Sonate, en w^ ff , dont le premier mouvement présente cette particularité que le second thème (B) ne semble d'abord être qu'une transposition du premier (A) au ton relatif; mais on s'aperçoit bientôt que, tout en empruntant à celui-ci ses éléments principaux, il est conduit d'une façon toute différente au point de vue expressif et ■arrive à former un ensemble complet :

(i) Nos I, 10, II, 17, I? et 14 lies éditions Holle et l.itolft. Cours de composition. — t. ii, i

R) second thème rappel de a'

H lé)

Ret. (mÎ)

rappel de ft"

fe

^injJs^'CJ fVi\

Le rythme de toute \d^ partie 7nédiane est tiré de ce second thème.

la 7-éexposition se fait, comme on pouvait s'y attendre, par une fusion des deux thèmes, car la répétition du second au ton principal aurait engendré nécessairement une fastidieuse monotonie, grave défaut dans la composition musicale.

Le Scher^ayido, en forme de Rondeau varié, qui suit ce premier mouvement, est construit sur une mélodie absolument identique à celle du Rondeau placé au début de la 5« Sonate de ce même recueil. C'est bien à dessein que Haydn traite deux fois ce même thème au cours de la même publication : il s'en est expliqué avec son éditeur en lui enjoignant de mettre au verso du titre de la 5* Sonate une note pour avertir qu'il l'a « fait exprès ».

On peut constater, par les extraits de ces deux pièces que nous donnons ci-après, l'utilité de cet avertissement;

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Scherzand') ^2:.Sonate)

Rondeau, initial

(5t: Sonate )

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