‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 186 sur 265 · I. Exp. : Thème Qi. en RÉ · texte numérisé non relu

I. Exp. : Thème Qi. en RÉ

(^ Allegro

mf

Passage de transition, conduisant à la : deuxième idée (^ tn LA :

(1) Gœthe's Jahrbuch, vol. Vli, p. ii8, et Vlll, p. i37, édition L. Geiger, 1886.

LES PRÉDÉCESSEURS DE BEETHOVEN

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2. Partik mkoiane : allant de RÉ à mi ; repos en mi par l'idée (g).

Développerrïent delà partie terminale de (^, aboutissant à :

3. RÉExp. régulière des 2 thèmes, avec un assez long point d'orgue

terminal.

La deuxième et dernière pièce de la sonate consiste, nous l'avons dit, en une intéressante antithèse entre un thème grave et un allegretto pastoral. En voici la construction :

1. Th. (X\ grave, en ré, arrêté sur la dominante. Th. (||), pastoral, en FA ;

2. Th. (/V, en sol, s'infléchissant vers la dominante du ton principal : Th. (|i) en RE, avec une conclusion en dépression qui rappelle

d'assez près la péroraison des Papillons de Schumann.

Outre les perfectionnements considérables apportés par Rust dans l'écriture technique de l'instrument à clavier, le compositeur de Dessau tenta de nombreuses innovations visant la diversité des timbres. Il est vrai de dire que l'a plupart de ces recherches, faciles à rendre sur le clavicorde dont la mécanique restait toujours à découvert, deviennent inexécutables sur nos instruments modernes, si parfaits à d'autres points de vue.

A l'appui de cette assertion, nous pouvons citer la 9^ Sonate, en SOL^ dont, malheureusement, \q finale seul offre quelque intérêt musical.

Au cours de cette œuvre, que précède, dans le manuscrit, une assez longue préface explicative, Rust se livre à diverses imitations : timbales., timbales avec som^dine, psaltérion, et er>6n, sous la dénomination : suoni di liuto, il y fait un fréquent usage des sons harmoniques obtenus, comme sur la harpe, au moyen d'un doigt de la main droite posé sur la partie médiane d'une ou de plusieurs cordes ; les sons, joués par la main gauche, sortent ainsi à l'octave supérieure de la note écrite.

Au reste, notre auteur emploie également ces sons harmoniques dans d'autres œuvres, notamment dans la 10® sonate, en ut, comme si le procédé était généralement connu.

Voici des exemples de l'écriture dont il se sert pour imiter le timbre du psaltérion et pour faire sortir les sons de luth (harmoniques).

Psaltérion :

pizZi , «enipre pizz,

tenute

(t^' Sonate. — Octobre 1791.)

L'accord de la main gauche reste soutenu au clavier, tandis que les doigts de la main droite se promènent légèrement sur les cordes coriespondantes de l'accord tenu.

Sons harmoniques ;

(harmoniques) Suoni rli li'i'o

vr-rt

Effet à Voreille

■iM.m.

(lo* ;>onate. — Finale.)

Appuyer légèrement l'index de la main droite à mi-longueur des cordes, et jouer les notes écrites, avec la main gauche seule.

Tel est, dans son ensemble, l'œuvre de piano si caractéristique et si primesautier de Rust, à qui personne assurément n'osera refuser désormais le titre de « précurseur ».

Il ne restait peut-être qu'un pas à faire pour pénétrer dans la contrée symphonique nouvelle, dont l'existence avait été pressentie déjà par de si grands musiciens... mais c'était un pas de géant.

Seul, Beethoven pouvait, d'un génial effort, franchir l'obstacle et permettre enfin à l'art musical d'entrer dans la Terre Promise.

LA SONATE

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