CHRONOLOGIE DES SONATES DE BEETHOVEN
Ludwig van Beethoven naquit à Bonn le i6 décembre 1770. Sa famille était d'origine flamande et habitait au xvii' siècle les environs de Louvain. Son grand-père, Ludivig, auquel il ressemblait beaucoup physiquement, était venu s'établir à Bonn en 1733, en qualité de musicien de la cour de l'Evêque, et avait pris, en 1 761, la charge de Kapellmeister en remplacement du français Touchemoulin. Johamiy père de Beethoven, fut également musicien de cour ; de son mariage avec Anna-Magdalena Kewerich naquirent trois fils : seul, le jeune Ludivig suivit la carrière de ses ancêtres.
Après de sérieuses études sous la direction de Ch.-G. Neefe, maître érud'it et intelligent qui, non content d'enseigner le métier, savait cultiver l'esprit de ses élèves par l'exemple, en les initiant aux belles œuvres (le C/ai^mw de Jean-Sébastien, les Fantaisies de Ph. -Emmanuel Bach, les premières Sonates de Rust), Beethoven partit en 1792 pour Vienne, où il reçut les conseils de J. Haydn, conseils qui lui furent fort utiles et dont il subit l'influence pendant toute sa première période de production. Il travailla aussi le contrepoint avec Albrechtsberger, auquel Haydn l'avait adressé pour parfaire son éducation technique. Ce fut donc seulement après quatorze ou quinze ans d'études assidues que Beethoven osa commencer à produire des œuvres, car on ne peut compter pour telles les quelque quarante compositions, variations,lieder ou morceaux d'ensemble, qu'il écrivit avant ses trois premiers Trios, et dont il fit lui-même bon marché par la suite : ce ne sont, en effet, que devoirs ou esquisses sans intérêt artistique.
Familier, malgré la rudesse de son caractère, avec l'aristocratie habitant alors à Vienne, les Breuning, les Waldstein, les Lichnovv^sky, Browne, Rasoumowsk}', Erdody, qui lui facilitèrent à maintes reprises la pratique de la vie, il put, jusqu'à la ruine de l'Autriche en 1809, mener une existence relativement tranquille, entrecoupée seulement d'amours incompris et de passions éphémères, et donner libre cours à son génie novateur.
Plus tard, il connut la douleur ph3rsique et morale ; la fin de sa vie fut empoisonnée, d'une part, par la terrible infirmité qui, dès 1800, avait attaqué son organe auditif, et lui enlevait bientôt toute possibilité de communication immédiate avec le monde extérieur; ensuite, par l'ingratitude et la mauvaise conduite d'un neveu qu'il chérissait comme un fils.