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On voit par cet exemple quelques-uns des innombrables procédés dont disposaient les compositeurs de cette époque pour varier l'exposition d'une idée mélodique. On pourrait étudier de la même manière les Thèmes des pièces lentes ci-dessous désignées, dans les Sonates pour piano de Beethoven (i) :

Sonate op. 2 n» i : Adagio, en Fi4 ;

— op. 7 : Largo con gran espressîone, en UT;

— op. ion" I : Adagio tnoito, en la ii ;

— op. 22 : Adagio con moW espressione, en A//l>;

— op. 28 : Andante, en ré;

— op. 3i no I : Adagio gra^ioso, en LT;

— op. 54: In Tempo d'un Miuuetto, en /-.i (premier mouvement);

— op. 106 -, Adagio, en fa z, dont l'admirable Thème cité ci-dessus (p. 24S)

passe par les interprétations mélodiques les plus variées.

De ces divers Thèmes, le dernier seul (op. 106) appartient aux œuvres de la troisième manière : son exposition est déjà beaucoup plus simple que celle des précédents. Et si Ton compare ceux-ci avec les Thèmes de la IX* Symphonie (surtout celui du finale), avec VArietta de la Sonate, op. III, ou avec les diverses idées appartenant aux pièces lentes des derniers Quatuors à cordes (XIIP, XIV% XV% XVI*), cet accroissement de simplicité sera plus frappant encore.

Des constatationsanalogues, faites sur les oeuvres de tels autres grands musiciens, tendent à prouver que les idées musicales des hommes de génie se simplifient au furet à mesure qu'ils avancent dans leur carrière, qu'elles se dépouillent des vains ornements et se rapprochent de la ligne primitive ou schématique dans toute sa pureté. La caractéristique propre à l'artiste accompli et conscient, c'est cette ferme volonté de ne traiter que des sujets ayant \iu.q y qXqmv par eux-mêmes et ne l'empruntant pas aux vêtements ou aux ornements dont ils sont parés.

La recherche du détail pittoresque ou amusant, l'inutile complication sont inhérentes à la jeunesse: l'artiste parvenu à l'âge mûr, fortifié par ce métier qui constitue proprement son talent, doué de cette invention qui est le réel génie, peut seul dégager en ses lignes simples l'essence même des choses, et la montrer à nu, en quelque sorte, dans son éternelle beauté.

L'œuvre de Beethoven est des plus instructives à cet égard.

Après lui, on retrouve chez les Romantiques la Variation ornementale emplo3^ée surtout dans les pièces de mouvement lent : Schubert, Mendelssohn, Liszt même en usent largement. Seul, Schtjmann y met plus de réserve et s'éloigne moins des formes mélodiques simples.

Quant à Chopin, ses idées musicales ont ceci de particulier qu'elles

(i) Dans la IV» et ddns la V» Symphonie, on trouve des Thèmes d'Adagio qui sont aussi du même ordre.

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