‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 25 sur 265 · GUI D AREZZO LES NOMS DES NOTES. — LA PORTEE · texte numérisé non relu

GUI D AREZZO LES NOMS DES NOTES. — LA PORTEE

L'ordonnancement de ces divers éléments s'imposait : c'est à Gui d'Arezzo, moine bénédictin, que cette importante réforme est généralement attribuée.

Gui, Guido ou Guion, que les uns disent originaire de la ville d'Arezzo, et les autres tout simplement de Paris, où il aurait été élevé au couvent de Saint-Maur, naquit en 996 et mourut en i o5o.

Deux innovations, également importantes dans l'histoire de la notation, ont immortalisé son nom, à tort ou à raison : i** les noms actuels des principales notes de la gamme ; 2° la portée.

r Depuis la plus haute antiquité, on avait eu recours aux lettres de l'alphabet pour désigner les sons musicaux, soit dans leur ordre descen-

dant, soit dans leur ordre ascendant ; au temps de Gui d'Arezzo, les sept sons constituant la gamme n'avaient donc point d'autres noms que :

Dans une réponse à un ami qui lui demandait un moyen de retenir l'intonation représentée par chacune de ces lettres, le savant moine observe que chaque fragment mélodique de la première strophe de l'hymne Utqueant Iaxis... (IP'' vêpres de la fête de saint Jean-Baptiste) commence précisément par chacune des six premières notes de la gamme dans leur ordre normal :

(i) Cette désignation des notes parles lettres de l'alphabet semble môme avoir servi de base à une sorte de notation grossière, dont le mécanisme est assez mal connu, et l'interprétation plus mal connue encore.

On fixait arbitrairement comme point de départ une note moyenne, commune à toutes les voix, et placée dans leur médium.

Les lettres de l'alphabet servaient à représenter les intervalles mélodiques au-dessus et au-dessous de ce point fixe appelé tnèse.

L'octave au-dessous de la mèse était représentée par les majuscules :

L'octave au-dessus de la mèse, par les minuscules :

La double octave au-dessus de la mèse par des doubles minuscules :

aa, bb, ce, dd, ee, ff, gg.

A cet ensemble permettant de représenter trois octaves, on ajoutait parfois, au grave, une note, inférieure à l'octave des majuscules, et sur l'intonation de laquelle on n'est pas d'accord.

Cette note ajoutée postérieurement s'appelait « la note moderne « et était représentée par un r [gamma), d'où notre mot gamme.

Quelle était au juste la gamme ainsi notée ( C'est là que gît la difficulté. Plusieurs solutions ont été proposées. La plus vraisemblable est celle dite des tétracorJes descendants soit conjoints:

UT IctracorJc

2e tétracordi;

soit disjoints

I 1er tétracordo 1 2c tétracordc

mais la lumière est loin d'être faite sur la théorie des tétracordcs.

Les données fort vagues qu'on possède sur cette espèce de notation sont tout à fait problématiques en ce qui concerne l'intonation, nulles en ce qui concerne le rythme. Tout au plus a-t-on quelques probabilités à l'aide des paroles, sur les documents représentant des chants.

'Sr

■ F" Si

- fk - i ■- -

UT que-ant la-xis

RE-soiiâ-re fibris D

Mira gesiô- E

rum

FA-muli F

tu- 6- ru m

jf

SOLve poUû-ti LAbi- i le-â-tum Sancte lo- ânnes. G A (I)

(Paroissien de Solesmes, p. 868.)

C'estàce simpleprocédé mnémonique que sont dues les dénominations des notes en usage depuis bientôt dix siècles.

2° Il appartenait aussi à Gui d'Arezzo de fixer la diastématie des neumes à l'aide des quatre lignes qui, pendant plusieurs siècles, constituèrent la portée.

La première ligne directrice dont les copistes avaient fait usage correspondait à la lettre F (note/a) : cette ligne fut tracée en rouge dans les manuscrits de Gui d'Arezzo. Une autre ligne correspondant à la lettre C (note w/) fut tracée au-dessus, en couleur J aime., généralement ; deux lignes secondaires noires complétaient la portée ;

Ligne jaune -T**-

Ligne noire

Ligne rouge . y Ligne noire £.

Cette disposition si pratique ne tarde pas à se généraliser; on trouve même une disposition inverse pour les mélodies plus aiguës, où la ligne C {ut) est en bas,et rinterligne F {fa, a. Toctave) est légèrement teinté en

rose

Interligne rose '^ Ligne jaune \J/''

Peu h peu, les neumes transcrits sur la portée s'y adaptent et prennent une forme précise. Dès les xii^et xiii^ siècles, leurs extrémités s'enflent, leur corps s'amaigrit, et, par une ingénieuse combinaison avec la notation en points, leur forme aboutit à la belle notation carrée du xV siècle, encore en usage dans les livres de plain-chant.

(i) C'est seulement vers le xvi» siècle que le nom de la note B {si), emprunté aux initiales des deux derniers mots de cette strophe (iancte yoannes), prévalut définitivement.

LA NOTATION b3

' punctum

1 virga

3 podatus

f" clivis

■^ torculus

^3 porrectus

? scandicus

V« climacus

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