LA NOTATION PROPORTIONNELLE NOTATION NOIRE. — NOTATION BLANCHE
Il manquait cependant à la notation neumatique une indication essentielle : celle delà durée relative des sons. Dans la monodie grégorienne, cette indication était peu importante : toutes les notes ayant, quoi qu'on en ait dit, une durée à peu près égale, lorsqu'on voulait marquer un allongement, on répétait plusieurs fois le signe correspondant à la note longue (i).
Ce procédé rudimentaire devint bientôt insuffisant; car la musique mesurée [Ars mensurabilis), qui, depuis les débuts du xii* siècle, tendait à supplanter la monodie rythmique, se vulgarisait et se répandait chaque jour davantage. En même temps, Tusage se généralisait de superposer harmoniquement une partie vocale figurée au-dessus du cantiis Jîrmus ou plain-chant, comme nous le verrons à propos des origines de l'Harmonie (chap. vi, p. 92).
La détermination exacte de la durée relative de chaque note devenait nécessaire : une notation proportionnelle, inventée à cet effet par des théoriciens, ne tarda pas à s'établir.
Dans sa première forme, cette notation se réduisait à quatre signes, de couleur noire, empruntés aux figures des neumes simples, et groupés en
(i) Ainsi s'expliquent les neumes suivants :
— *fi
Pressus : "^^^ ^-
Strophicus : distropha
ti istropha
Oriscus ' ou •.Jlt.'xa strophica.
Ces divers signes de durée sont désignés, chez beaucoup d'auteurs (notamment Jean de Mûris), sous le nom générique de pressus.
ligatures affectant des formes identiquec à celles des neumes composés :
m duplex longa ou maxima
^ longa perfecta
■ brevis
• semibrevis
Ces quatre signes, sur la valeur desquels on n'est pas absolument d'accord, firent place, vers le xve siècle, à une notation blanche, plus complexe sans être beaucoup plus précise. Celle-ci comporte sept signes de valeurs proportionnelles, issus à la fois de la notation noire et des neumes ;
maxima
longa
brevis
semibrevis
minima
semiminima
fusa