LE REFRAIN SON RÔLE DANS LA MUSIQUE SYMPHONIQUE
Quant au refrain, il est à peu près impossible de lui assigner des formes déterminées. On a vu par les exemples précédents que son adjonction au couplet est faite le plus souvent sans la moindre préoccupation de correspondance poétique, ou même musicale. C'est un simple cri, une vocalise, une onomatopée, ou bien quelques paroles sans suite, que le peuple répète en dansant, sans chercher à comprendre.
Le refrain offrirait donc par lui-même peu d'intérêt, s'il n'avait eu plus tard un rôle important dans la genèse de certaines formes musicales de la troisième époque.
On verra notamment, à propos du rondeau^ comment cette forme instrumentale, éminemment française, a son origine dans l'alternance régulière du couplet et du refrain.
Qui ne reconnaîtrait également dans l'apparition traditionnelle du tutti après le solo^ cette vieille coutume du peuple, reprenant le refrain après le couplet du chanteur ?
Ainsi se vérifie de plus en plus cette espèce de filiation, qui rattache nos formes symphoniques contemporaines aux anciens arts du rythme dans le geste, par l'intermédiaire des danses et chansons populaires du moyen âge.
Toutefois il n'en reçoit généralement le contre-coup qu'après un temps plus ou moins long. Ainsi s'explique cette différence équivalant à un siècle environ, entre la Renaissance proprement dite (xvi« siècle) et ce que nous pourrions appeler la Renaissance musicale (xvii* siècle. Voir chap. xii).
UHARMONIE