REFRAIN
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Trai- ri dc-luriau, de-lu- riau, de-lu- riè- le.
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Trai- ri de-luriau, dc-Iu- riau, de- lu-
(1) Quelquefois, mais rarement, le couplet de la chanson de cette époque est fait de trois vers cette disposition ne modifie pas la forme mélodique.
LA CHANSON POPULAIRE
Hui-main je chevauchoie Lès l'o-riè-re d'un bois.
B bis
^^r^Hp^f P f ^5l^
Trouvai gentil bre- giè-re, Tant bè-le ne vit roys.
C) Ce couplet de quatre vers devient de plus en plus fréquent, et reste, à partir des xnf etxiv^ siècles, la forme type du chant populaire, généralement sans refrain ; il donne naissance alors à deux espèces de mélodies:
1°, une forme binaire, c'est-à-dire à deux périodes, composées chacune de deux vers, forme qui diffère peu de la précédente ;
2°, une forme ternaire, c'est-à-dire à trois périodes, dont une, la première de préférence, est répétée deux fois. YJÉpib^e farcie pour la fête du jour de l'an (Tiersot, p. 408) rentre dans cette dernière catégorie :
A bis
^mk
Bonne gent pour qui sau-
vement Dieu de chair ves-tir se daigna, Et en
bercheul vit hum-
ble-ment Qui tout
le monde
main a (i).
Quelquefois, les trois périodes de la mélodie ternaire sont enchaînées sans aucune répétition. La chanson Rotins m'arme, par exemple, dont l'auteur est Adam delà Halle (Tiersot, p. 5 11), peut se décomposer en deux périodes différentes mais d'égale longueur, suivies d'une troisième beaucoup plus courte :
'^=:à=^^^~^-^-A-J=^^t^r I fi' [ ^^ I ^ ^M J
Robins m'ay- me, Robins m'a... Robins m'a deman-
dé-
Si m'a- ra.
On trouve aussi, vers la même époque, des chansons avec refrain : celui-ci est fait, le plus souvent, avec l'une ou l'autre des périodes du couplet, comme nous l'avons vu déjà dans des pièces plus anciennes (voir le Jeu de Robin et Marion ci-dessus, p. 87).
(i) Comme types de l'ancienne chanson populaire française à quatre vers sans refrain, on peut citer encore celle du Roy Loys et celle àc Jean Renaud, bien connues l'une et l'autre, et aussi curieuses par leur texte que par leur mélodie.
LA CHANSON POPULAIRE
Voici un exemple intéressant de mélodie ternaire, avec répétition de la première période, et refrain tiré de la seconde : la Bêle Yolaiis (Ticrsot, p. 414):
A bis
^^f3mEî^^i=m^
-j--j-L j-ifrJ^ j J I r L*^-
Bè-le Yo- lans en ses chambres
se- oit; D'un bœn sa- miz u- ne robe
co- soit,
A son
mi tra-mètrc la vo- loit ;
(période B)
En sos-pi- rant, ces-te
&3igll^=EE?
-ri-j-y^^^^î^
chanson chan-toit
Dex,
tant est dous li nous d'amors,
nen cuidai
sen-tir do-
lors,
Les chansons relativement plus récentes, dont les couplets sont faits de six ou huit vers, n'ont point donné naissance à des formes mélodiques différentes : elles sont toutes tet^naires^ et semblables par conséquent à l'un ou à l'autre des types que nous venons d'examiner.
En résumé, les trois états successifs du couplet peuvent se ramener aux trois types primaire, binaire, ternaire, dont nous avons étudié la forme à propos delà phrase mélodique. (Voirchap. 11, p. 41 et suiv.)
Il semblerait qu'en raison de son adaptation à la danse, la construction de la mélodie populaire du moyen âge ait dû être toujours soumise à la carrure, ou division symétrique des mesures en 4, et en multiples de 4. Bien au contraire, cette forme carrée qu'on croit souvent populaire, alors qu'elle est seulement vulgaire, était à peu près inconnue avant le xvn* siècle : elle est donc postérieure à la Renaissance, et doit certainement une grande partie de son succès au mauvais goût prétentieux de toute cette époque (i).
(i) La forme carrée est contemporaine de la barre de mesure, de la basse continue, et de la forme irrégulière de la gamme mineure, dite improprement « gamme harmonique ». (Voir. ch. VI, p. loi et suiv.)
Bien que toutes ces innovations, plus ou moins regrettables, datent seulement du xvn« siècle, elles sont ducs très certainement à l'esprit de la Renaissance (xvi» siècle), dont les tendances pleines de préiention et de vaine personnalité firent subir au dcveloppemcnt de tous les arts un arrêt dont nous souffrons encore.
L'art musical, nous l'avons déjà constaté, n'échappe jamais aux évolutions — bonnes ou mauvaises — qui se succèdent dans les ans plastiques (architecture, sculpture, peinture).
90 LA CHANSON POPULAIRE