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NOTIONS GENERALES

On appelle Harmonie l'émission simultanée de plusieurs mélodies différentes.

Cette émission simultanée donne naissance à des combinaisons de sons auxquelles les traités d'harmonie ont donné le nom d'accoi^ds.

La Musique étant un art de mouvement et de succession, les accords, en tant que combinaisons de sons, n'apparaissent que par l'effet d'un arrêt dans le mouvement des parties mélodiques, dont ils sont composés nécessairement.

Musicalement, les accords n'existent pas, et l'harmonie n'est pas la science des accords.

L'étude des accords/^owr eux-mêmes est, au point de vue musical, une erreur esthétique absolue, car l'harmonie provient de la mélodie, et ne doit jamais en être séparée dans son application.

La notation représente la succession (mélodie) dans le sens horizontal, et la simultanéité (harmonie) dans le sens vertical.

Les phénomènes musicaux doivent toujours être envisagés, graphiquement, dans le sens hori:{ontal {système de la mélodie simultanée) et non dans le sens vertical, comme le fait la science harmonique, telle qu'elle est enseignée de nos jours.

ga L'HARMONIE

ORIGINE DE l'harmonie

DIAPHONIE ; déchant; contrepoint; polyphonie

En raison de la structure de leurs organes vocaux, les enfants et les femmes chantent d'ordinaire à l'octave aiguë, par rapport aux voix d'hommes.

Une cantilène monodique, exécutée par une collectivité d'individus d'âge et de sexe différents, ne constitue point, comme on le dit communément, un chant à Vunisson^ mais une véritable successiofi d'octaves.

Cette disposition, due à une cause physiologique, est dépourvue de tout caractère hannonique, car elle présente un redoublement de la même mélodie et non des mélodies différejites exécutées simidtanément.

Le peuple associé, comme on l'a vu, au chant liturgique depuis les premiers siècles de l'Église chrétienne, chanta donc à l'origine enoctapes.

Toutefois, certaines voix peu exercées, atteignant difficilement les notes trop aiguës ou trop graves pour elles, leur substituèrent instinctivement dans la mélodie des sons intermédiaires plus accessibles.

Ainsi qu'il arrive encore de nos jours dans les campagnes, chacun dut s'efforcer de faire une sorte d'accommodation individuelle de la cantilène grégorienne à ses moyens vocaux : les uns suivant rigoureusement la mélodie des chantres-, d'autres la doublant à l'octave, d'aucuns enfin hésitant entre les deux, en raison des limites étroites de leur voix, et créant ainsi une sorte de partie nouvelle, qui formait avec le chant principal un ensemble parfois heureux, barbare le plus souvent.

C'est sans doute en observant cet état de choses que, dès le x^ siècle, certains musiciens reconnurent l'utilité de déterminer et d'écrire ces parties intermédiaires, en réglementant leur juxtaposition avec la mélodie principale.

Il en résulta d'abord cette sorte d'accompagnement parallèle en quartes et quintes — rarement en tierces — qu'on nomma diaphonie ou organum (voir chap. x). A vrai dire, ces premiers essais de mélodies simultanées sont d'un effet assez médiocre.

Les progrès de la diaphonie^ pendant plus de trois siècles, semblent avoir été à peu près nuls ; car des exemples du xiii^ siècle, qui nous ont été conservés, présentent encore des agglomérations de sons tout à fait inacceptables pour notre entendement moderne (voir chap. x).

Le goût de l'ornementation, très développé à partir de cette époque, fit bonne justice de la diaphoîiie barbare et servile, et lui substitua petit à petit une forme nouvelle plus libre et plus artistique, qu'on peut considérer comme la première manifestation caractérisée de Vharmoiiie.

Autour du chant principal {cantus firmus) que les voixde la foule tenaient

L'HARMONIE gî

(d'où le nom de teneur — en bas latin : teuor]^ des chantres exercés improvisaient des sortes de broderies, en forme dialoguée, qu'on appela déchant ou chant sur le lipide.

Plus tard, ces improvisations libres revêtirent des formes déterminées qu'on figura par des points diversement placés contre ceux qui représentaient la mélodie principale.

Le co/z/rejcc)/;// se perfectionna fort lentement; jusqu'au xv^ siècle, ce n'est encore qu'un art assez rudimentaire. Il fallut l'habileté géniale des maîtres du xvi« siècle pour l'élever jusqu'aux formes si expressives de la musique polyphonique.

Depuis, par suite de la recherche et du raffinement exagérés introduits dans l'écriture contrapontique, cette forme est tombée en désuétude ; mais l'usage de faire entendre simultanément plusieurs parties vocales ou instrumentales différentes n'en a pas moins subsisté, et tout porte à croire qu'il est entré dans notre art musical d'une manière définitive.

Cet usage, relativement récent, comme on peut le voir par ce rapide exposé de ses origines, a enrichi la musique contemporaine d'un élément nouveau, considéré aujourd'hui comme très important : Vharmonie.

Uhainnonie résulte donc de la superposition de deux ou de plusieurs mélodies différentes.

C'est seulement vers le xvn® siècle, plus de quatre cents ans après les premiers essais de juxtapositions mélodiques, que des théoriciens commencèrent à discerner et à dégager de la polyphonie le véritable principe générateur de l'harmonie^ c'est-à-dire VAccot^d.

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