L ACCORD
L'^ccor^ consiste dans l'émission simultanée de plusieurs sons différents, dont les rapports d'intonation sont déterminés par la résonnance natuî^elle des corps sonores.
L'Accord étant le principe générateur de l'harmonie ne saurait en être le but.
Les combinaisons appelées accords dans les traités d'harmonie ne constituent pas davantage un but, puisqu'elles n'ont pas d'existence réelle: ce sont des moyens harmoniques, artificiels le plus souvent.
Il n'y a, en musique, qu'un seul accord.
L'étude de la mélodie nous a déjà révélé l'existence de relations d intojiation, de rapports ou intervalles perçus par notre oreille, en vertu d'une faculté réflexe, développée par l'éducation musicale.
Il s'établit en effet dans notre entendement, entre les notes consécutives d'une mélodie isolée, une perpétuelle comparaison, laquelle
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s'applique également aux notes simultanées de deux ou de plusieurs mélodies concomitantes.
Les rapports des sons entre eux se manifestent donc à la (ois mélodtquement et harmoniqueme7it.
Dans ce travail inconscient de comparaison et de classement, chaque note prend, en raison de ses rapports avec les autres, une valeu?^ à laquelle elle doit sa signification et son effet esthétiques.
Aussi bien dans les rapports mélodiques que dans les rapports harmoniques, cette valeur peut être absolue ou relative.
Une note dont nous apprécions la valeur absolue est dite pritne {prima ratio), parce qu'elle constitue un poijît de départ auquel nous rapportons les autres notes pour juger de leur valeur (i).
Une note dont nous n'apprécions la valeur (\}ie par rapport à une autre est dite dérivée (seconde, tierce, quinte, etc.).
On nomme intervalle le rapport existant entre les intonations de deux sons.
Uintonation de chaque son varie suivant le fiombre des vibrations sonores qui le constituent. •
NOTIONS d'acoustique
Les lois qui régissent les rapports des sons, c'est-à-dire les rapports des vibrations, sont du domaine de la science, et plus spécialement de V acoustique.
L'étude des mouvements vibratoires est une des branches les plus vastes et les plus fécondes de la physique : ce n'est point ici le lieu de l'entreprendre. Il est toutefois utile d'exposer brièvement ce qui concerne les vibrations sonores.
Tout corps possède à des degrés différents la propriété de vibrer, c'est à-dire que ses molécules constitutives, écartées par une cause extérieure quelconque de leur point d'équilibre naturel, tendent à y revenir par une série d'oscillations de plus en plus petites de part et d'autre de ce point.
Ces oscillations ou vibrations sont tout à fait comparables au mouvement d'un pendule qu'on éloigne avec la main de sa position verticale, pour l'abandonner ensuite à lui-même.
Les vibrations sonores se propageant à travers un milieu élastique (l'air, généralement) viennent frapper notre oreille et constituent le son.
(i) Le qualificatif de prime, avec cette signification, est emprunté à Hugo Riemann {Harmonie simplifiée, trad. française, p. 2).