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LA TONALITÉ DANS LES TROIS ELEMENTS , DE LA MUSIQUE

Cette commune mesure, on le conçoit sans peine, ne saurait être toujours la même : tous les mouvements que nous percevons ne peuvent être rapportés au même point fixe, ni toutes les distances à la même unité de longueur.

De même en musique, lorsqu'il s'agit surtout d'une composition un peu longue et complexe, les périodes et les phrases qui s'y succèdent ne se rapportent pas toutes à la même tonique.

Toutes les successions musicales susceptibles d'être mises en rapport par notre esprit avec une tonique déterminée sont dites dans la même tonalité.

La Tonalité peut donc être définie : t ensemble des phénomènes musicaux que V entendement humain peut appj^éciey^ par comparaison directe avec un phénomène constant — la tonique — pris comme terme invariable de comparaison.

La notion de tonalité est extrêmement subtile, en raison de son caractère subjectif: elle varie, en effet, suivant les différences d'éducation musicale et le degré de perfection de notre entendement.

Elle s'applique du reste aux trois éléments de la musique ; chez certains peuples sauvages, où le seul caractère musical appréciable est la succession symétrique des bruits, la tonalité, simple unité de te7nps^ est purement îythnique {i).

Les monodies médiévales, dans lesquelles les relations entre les formules décoratives accessoires et la note principale s'établissent successivement, sont conçues dans des tonalités exclusivement mélodiques (2).

Tout autre est notre tonalité contemporaine, basée principalement sur la constitution harmonique des périodes et des phrases, c'est-à-dire sur les parentés ou affinités existant entre les sons, en raison de leur résonnance harmonique naturelle, supérieure ou inférieure.

(i) Cette sorte de tonalité purement rythmique n'est nullement une hypothèse ; on peut môme en citer un curieux exemple.

De nos jours, certains instrumentistes tout à fait illettrés et dépourvus d'éducation musicale, comme ceux des fanfares des Tirailleurs algériens, ne discernent au premier abord, dans les airs qu'on leur joue pour les leur enseigner, aucune différence mélodique d'intonation ; ils n'en perçoivent et n'en retiennent que les relations rythmiques, lesquelles revêtent dans leur entendement le caractère d'une véritable musique avec sa tonalité propre.

{2) Voir au chap. n , page 40, ce qui concerne la tonalité mélodique.

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