LE RÔLE DE LA QUINTE
Pour nous, la tonalité résulte de la valeur harmonique ({ue nous attribuons à l'Accord, et cette valeur doit nécessairement s'établir par comparaison.
Toute comparaison suppose au moins deux termes différents : V Accord^ pour devenir déterminatif d'une tonalité^ doit donc être entendu au moins deux îo'is^ de deux façons différentes et comparables.
Mais comme l'Accord reste identique à lui-même tant qu'il est engendré dans le même sens, — ou dans le même mode, — par une noteprime déterminée, — ou par ses octaves, — il faut nécessairement changer cette note prime, pour obtenir les deux termes différents de comparaison, servant à établir la valeur harmonique de l'Accord.
La même raison qui a fait préférer le rapport de quinte à tout autre pour la genèse de la gamme ( i ) s'applique ici à la genèse de la tonalité : la quinte étantle plus simple des intervalles réels (i/3), un son quelconque est plus aisément comparable avec sa quinte,— aiguë ou grave, — qu'avec tout autre ; et, par voie de conséquence, l'harmonie naturelle d'un son quelconque est plus aisément comparable avec celle de sa quinte, — aiguë ou grave, — qu'avec toute autre.
Ainsi, l'accord ayant pour prime Ut en résonnance supérieure par exemple, a plus d'affinité et s'enchaîne plus naturellement avec l'accord ayant pour prime soit sa quinte supérieure Sol, soit sa quinte inférieure Fa, qu'avec n'importe quel autre.
La mise en rapport, par émission successive, d'un accord quelconque avec celui de sa quinte supérieure ou inférieure, constitue le minimum nécessaire à l'établissement d'une tonalité.