LOI DE LA MODULATION ENTRE LES TONALITES DE MEME MODE
C'est, en effet, suivant Vordre cyclique des quintes que la lumière et l'ombre se distribuent dans toutes les modulations de même mode.
Toutes les fois qu'une modulation aboutit à une tonalité située, sur le cycle des quintes, du côté de la quitite aiguë du ton principal (50/, ré, la, mi, par rapport à ut, par exemple), l'effet expressif est comparable à la montée vers la lumière, à l'expansion lumineuse.
Toutes les fois, au contraire, qu'une modulation aboutit à une tonalité située du côté de la quinte grave [fa, si \> , 7ni \, , la ^ , par rapport à ut), l'effet est comparable à la chute vers les ténèbres^ à la concentration dans robscurité.
En mode majeur, par conséquent, la modulation vers les dominantes éclaire, la modulation vers les sous-dominantes obscurcit.
Inversement, en mode mineur, la modulation vers les dominantes obscurcit, la modulation vers les sous-dominantes éclaire.
Dans le ton de la mineur, par exemple, la véritable fonction de dominante, par rapport à l'accord de tonique la-ut-MI (ayant pour prime MI), est constituée par l'accord ré-fa-LA (ayant pour prime LA), c'est-à dire par l'accord situé à la quinte grave, tandis que la véritable fonction de sous-dominante est occupée par l'accord situé à la quinte aiguë : mi-sol-SI (ayant pour prime SI).
Les tonalités de ré mineur, sol mineur, ut mineur, etc., plus sombres que celles de la mineur, sont donc bien du côté de la dominante, tandis que celles de ?ni mineur, si mineur, /a s mineur, plus claires, sont du côté de la sous-donntia?ite.
Mais l'usage a fait prévaloir des dénominations contraires à la réalité, car on appelle communément dominante la quinte aiguë et sous-dojninante la quinte grave, aussi bien en mode mineur qu'en mode majeur.
En langage vulgaire, on peut donc dire d'une manière absolue que, dans les deux modes, la modulation vers les dominantes éclaire, tandis que la modulation vers les sous-domitiantes obscurcit {i).