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DIFFÉRENCE ENTRE LES DOMINANTES ET LES SOUS-DOMINANTES

L'impression d'expansion causée par les modulations vers les domi-

(1) Le côté sous-dominante pourrait être comparé au violet du prisme, tandis que le rouge figurerait le côté dominante.

L'EXPRESSION i3i

liantes {quintes aiguës) doit être attribuée à un effort, à une tension de la volonté créatrice du musicien, quelque chose comme une force mécanique, mise en action pour sortir de la tonalité et monter plus haut (i).

Sitôt que cette force cesse d'agir, il se produit une réaction^ une chute, un retour vers le point de départ : la tonalité initiale reparaît pour ainsi dire mécaniquement, naturellement. C'est pourquoi la modulation à la dominante (quinte aiguë) n'est pas destructive de la tonalité.

Il n'en est pas de même des modulations vers les sous-dominantes [quintes o-raves) : l'impression déprimante qu'elles provoquent n'est plus attribuable à un effort, à une force mécanique, mais au contraire à une détente, à un affaissement de la volonté créatrice, qui se laisse aller à sortir de la tonalité.

Dès lors, il ne suffit pas que cette détente cesse, pour que la tonalité initiale reparaisse : il faudrait un effort nouveau pour y remonter. Ainsi s'explique cette tendance bien connue de la modulation vers la sousdominante (quinte grave) à devenir définitive, et à se substituer rapidement à la tonalité initiale, laquelle, en reparaissant, produit alors l'effet d'une dominante.

Un corps lancé en l'air redescend naturellement par une trajectoire égale à sa montée : c'est le cas de la modulation vers la dominante.

Un corps qu'on laisse tomber reste sur le sol, et ne tend pas à remonter : c'est le cas de la modulation vers la sous-dominante.

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