‹ Cours de composition musicale (volume 3)Chapitre 86 sur 265 · PÉRIODE ITALO-ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

PÉRIODE ITALO-ESPAGNOLE

Italiens

COSTANZO FeSTA I4.. f 1645

Giovanni Animuccia i5.. •{• iSyi

Andréa Gabrieli . i5iof i586

Giovanni Pierluigi da Palestrina . . i5i5 -i* 1^94

Giovanni Maria Nanini 1645 f 1607

Espagnols

Cristofano Morales 1490 f i553

Francisco Guerrero i528 f 1B99

TOMASO LUDOVICO DA VlTORIA .... I 540 f 1 6o8

Flamand Roland de Lassus i53o f 1594

Avec cette seconde période, nous sommes en pleine floraison du motet; l'écriture s'épure, la forme s'élargit, le style devient plus noble et plus élevé, sinon plus expressif.

CosTANZo Festa, engagé en i5i7 comme chanteur de la chapelle pontificale, paraît avoir été le véritable précurseur des grands maîtres de cette période, celui qui opéra la fusion entre la gravité flamande et la grâce italienne. On a conservé de lui un certain nombre de motets à trois et quatre voix, et un Te Deum qui est encore au répertoire de la Chapelle Sixtine.

Giovanni Animuccia, maître de chapelle de Saint-Pierre de Rome avant Palestrina, puis du Vatican, en i555, est moins connu pour ses recueils de messes et de motets que par la création de Voratorio, qui lui est, peut-être un peu à tort, attribuée. Nous le retrouverons lorsque nous traiterons de ce genre, dans la troisième partie de cet ouvrage.

Andréa Gabrieli, vénitien, élève de Willaert et attaché à la chapelle de Saint-Marc, de i536 à i566, publia des motets sous les titres de : Sacrœ cantioncs (i565), à cinq voix, Cantiones ecclesiasticœ (1576), à quatre voix, Cantiones sacrje[\b']^)^ de six à seize voix.

COURS DE COMPOSITION. Il

lôa LE MOTET

Voir le motet Sacerdos et Pontifex (Anthol., vol. I, p. i88), constitué en trois grandes périodes ou phrases,

Sacerdos et Pontifex Et virtutum opifex, Pastor bone in populo,

avec une invocation terminale,

Ora pro nobis Dominum,

qui offre cette particularité, peu commune alors, d'un développement agogique du thème par diminution.

Giovanni Pierluigi (nommé aussi Gianetto), né à Palestrina, et universellement connu sous le nom de son lieu de naissance, fut appelé à l'âge de trente-cinq ans au poste de maître de chapelle de Saint- Pierre de Rome, puis admis par le pape Marcel II au nombre des chanteurs de la chapelle pontificale; mais cet emploi, exclusivement résen'^é aux ecclésiastiques, lui fut, en raison de son mariage, retiré par Paul IV. Palestrina devint alors, en i555, maître de la chapelle de Saint-Jean de Latran, pour laquelle il composa les célèbres Impf^operia (i56o), revendiqués par le pape Pie IV comme propriété de sa chapelle privée, et exécutés chaque année à la Sixtine, le Vendredi saint. En i56i, Palestrina passa à la basilique de Sainte-Marie-Majeure, oij il resta dix ans. Lors de la décision du concile de Trente au sujet de la musique d'église, Palestrina fut chargé de présider à cette réforme, et sauva par son génie le style polyphonique, qui risquait d'être banni de l'église. Il fut, à ce propos, nommé compositeur de la chapelle papale, position qu'il conserva jusqu'à sa mort. La revision du chant grégorien, longtemps attribuée à Palestrina, fut en réalité opérée par son élève Guidetti, et fort imparfaitement mise en lumière par son fils Hyginius.

Ses œuvres principales sont, outre les Impr^opena^ près d'une centaine de messes, parmi lesquelles la célèbre Messe du pape Marcel (iSôy), cent trente-neuf motets de quatre à douze voix, trois livres de Magnificat, et le Stabat Mater à deux chœurs, l'une de ses œuvres les plus connues.

Comme modèles du motet palestrinien on peut citer :

a) Assumpta est {Anthol., vol. II, p. 63), dont la seconde partie, Quœ est ista, est en parfaite concordance de construction avec la première.

b) Peccantem me quotidie, à cinq voix (Anthol., vol. I, p. 4), dont nous donnons ici Tanalyse.

LE MOTET i63

Ce motet peut se diviser en trois parties,

I Peccantem me quotidie / par le | et non me pœnitentem,

2" partie Timor mortis conturbat me, / Quia in inferno " \ nulla est redemptio,

suivies d'une invocation :

Miserere mei, Deus, et salva me (r).

La première et la troisième partie constituent chacune une phrase mélodique à deux périodes procédant par entrées successives très serrées, tandis que la seconde s'expose en un solennel et mystérieux groupement harmonique.

Voici la ligne mélodique générale de toute la pièce :

1'-" phrase

lL«per..

i ■ o -U^ ^^ ^ r ni- r

Pec can - tem me quo.ti . di

2î:pér.

et

me pœ ni

ten

22 phrase (harmonique)

Page 1