LA SONATE DU HKMATIQUE
fitf'') troisième élément , , i
Partie médiane qui contient une phrase toute nouvelle, modulant du ton d'ut à la D. de SOL, pour ramener la réexposition, comme plus tard dans le Rondeau-type. Voici ce passage ;
RÉExposiTiON, où le thème B ne reproduit intégralement à la T. que ses deux derniers éléments : le premier est remplacé par un dessin mélodique qui semble tiré de la phrase apparue au cours de la partie médiane.
Il faut lire aussi le beau Larghetto de la 2* Sonate (Berlin, ly^S), qui n'est pas sans faire présager certains Adagios beethovéniens, autant par ses nuances graduées que par sa ligne mélodique d'une intime tristesse :
Larghetto
LA SONATE PRE-BEETHOVENIENNE
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Le II* recueil (i 780), dédié à Friedrich Heinrich, margrave de Schwed, ne contient que trois Sonates, toutes trois de la période de Hambourg (1774 a 17S0): la première d'un beau caractère, les deux autres très courtes et en deux mouvements seulement.
Le III' recueil (1781), dédié au baron van Swieten, ne compte aussi que trois Sonates : la i", en la, écrite à Hambourg en 1774, n'offre aucune particularité, mais les deux autres, de l'époque berlinoise, sont fort intéressantes.
La 2', en ré (Potsdam, 1766), est même tout à fait remarquable. Le second thème du premier mouvement fait pressentir, en une forme plus fantaisiste, ceux de Mozart '
Si
l'Audanle cantabile e mesio de la même Sonate est d'une dolente et pénétrante expression.
La 3* Sonate, en /Iî (Berlin, 1763), en trois morceaux que Forkel a intitulés « l'indignation, la réflexion, la consolation », mérite aussi d'être étudiée.
Le IV« recueil (1783), où commence la publication des Fantaisies qui en devaient assurer le succès, ne contient que deux Sonates, dont la première, assez curieuse par sa structure harmonique et enharmonique, fut composée à Hambourg en 1781.
Enfin, dans le V* recueil (1785), dédié au prince-évêque de Lubeck,
LA SONATE DITHÉMATIQUE 203
et dans le VP (1787), dédié à la comtesse Marie-Thérèse de Leiningen Westerburg, il n'y a également que deux Sonates. Les unes et les autres sont de la dernière époque, c'est-à-dire beaucoup moins Sonates par leur forme que celles de l'époque de Berlin ; on doit pourtant les connaître en raison de Vhiunour et de la fantaisie qui y régnent. Leurs morceaux généralement courts se succèdent parfois dans des tonalités peu compatibles, croyons-nous, malgré leur réelle proximité (1) : par exemple, le charmant petit Allegretto en la mineur dans la Sonate en «É majeur (VI' recueil). Les deux Sonates du V« recueil, écrites à Hambourg en 1784, présentent certaines originalités; ainsi, dans la première, en w/, VAdagio, en t/r, déjà préparé par une transition qui l'unit au premier mouvement, n'est lui-même, pour ainsi dire, qu'une préparation de VAndantino final en .w/, de telle sorte que tous les morceaux sont enchaînés l'un à l'autre.
Le passage enharmonique reliant ces deux pièces mérite d'être cité :
Il faut lire aussi le joli finale dont le style fait penser à celui de Weber. La 2« Sonate (V^ recueil) contient un Largo extrêmement intéressant par ses modulations enharmoniques. Nous donnons ici un exemple de ces hardiesses peu communes à cette époque, et que, seul peut-être, Ph.-Enim. Bach a prodiguées dans ses dernières œuvres :
(ij Voir I" liv., p. 128 et 1.9.
LA SONATE PRE-BEETHO\EN!ENi\E
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Outre sa musique instrumentale et religieuse, le troisième fils du grand Sébastien a laissé un ouvrage fort important pour les pianistes qui s'intéressent au clavecin, et intitulé Versuch iiber die wahre Art das Klavier \u spielen, mit Exenipeln uiid i8 Probestiicke in 6 Soiiaten (i) ; ce véritable traité de l'art du claveciniste est divisé en deux livres (parus en 1750 et 1762 à Berlin; 2* et 3* édition à Leipzig, 1782 et 1787); le second traite particulièrement de la Fantaisie et de la manière d'interpréter ce genre spécial de musique, alors si répandu.
Dans le premier livre, on trouve cette maxime qui devrait être méditée par bien des virtuoses : « Il semble que la musique est appelée prin- « cipalement à toucher le cœur, et le claveciniste ne peut, selon moi, « y parvenir, s'il ne songe qu'à faire du bruit. »
(i) Essai sur la vraie manière de toucher le Clavecin, a^ec des exemples et 18 pièce» d'étude en 6 Sonates.