‹ Cours de composition musicale (volume 5)Chapitre 68 sur 71 · LE POÈME SYMPHONIQUE ORCHESTRAL · texte numérisé non relu

LE POÈME SYMPHONIQUE ORCHESTRAL

m. SOIR : Final sur les deux tonalités de la première pièce, mais en ordre

inverse. Forme générale d'un Rondeau classique : a) Refrain en SI : chant joyeux des paysans qui rentrent le soir, exposé au quatuor ;

Quatuor

Un pont modulant relie ce Refrain au Premier Couplet, sorte de Cantique d'action de grâces, exposé ici en SOL et par fragments se répondant au cor anglais et aux flûtes, tandis que nous le retrouverons à la fin dans son texte exact, en SI ; b) Deuxième Refrain au ton principal, abrégé et suivi d'un développement épisodique (analogue à celui de la forme Ouverture).

c) Deuxième Couplet , développement qui n'est autre que le retour par fragments des thèmes du Premier Tableau : ce sont d'abord des lambeaux du « thème du Soleil n, dont la clarté décline peu à peu, puis le thème « nuageux » : les brumes du soir se lèvent, les cris des oiseaux de nuit reparaissent, et les accents recueillis du Cantique reviennent çà et là ;

d) Réexposition complète du Cantique formant troisième Couplet, mais sans redite préalable du Refrain : il est maintenant au ton principal Si et apparaît intégralement sans interruption, le premier cor et le cor anglais se partageant la mélodie avec une sonorité presque identique :

lercor

ce thème, que nous avons tenu à citer ici complètement, est la transcription exacte, sauf le rythme, d'une Antienne grégorienne appartenant à l'Office des i^"' vêpres de la Fête de l'Assomption { i), qui se chantent la veille au soir, à la chute du jour : c'est pourquoi nous l'avons employé à cette place de notre « triptyque » ;

(i) Le texte grégorien dont nous nous sommes servis est celui de VAntiphonaire^ Bénédictin (1897), le seul connu à l'époque où cette œuvre fut composée. Le texte de l'Edition Vaticane, paru depuis, contient quelques variantes. . V. L

33o LE POÈME SVMPHONIQUE ET LA FANTAISIE

c) Refrain exposé une dernière Yois, comme dans le lointain ;

/) Développe menl tertniiial : retour brusque en ut, par l'équivoque de la tierce ; rappel abrégé des éléments du début ; la brume, la nuit (avec l'arpège desceniant), enfin l'appel lugubre du hibou que la Hùte répète une dernière fois :

En nous ellbrçant de maintenir cette composition dans le cadre symphonique, nous ne pensons pas avoir nui à la compréhension de son « programme descriptif » : nous avons considéré plutôt comme un avantage d'épargner par ce moyen à l'auditeur un certain sentiment d'inquiétude que nous éprouvons toujours, en ce qui nous concerne, en écoutant des reuyres où le souci de r« idée extramusicale » a été poussé jusqu'à la suppression totale de ces « points de repère », que nous persistons à juger indispensables dans n'importe quelle composition, pour peu qu'elle prétende justifier cette appellation.

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