‹ Cours de composition musicaleChapitre 3 sur 119 · INTRODUCTION. — L'ART · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. — L'ART

« extérieurs, communiquera d'autres lessensations et sentiments qu'elle « a éprouvés elle-même. «(L. Tolstoï : Qu'est-ce que l'Art ? 1898.)

Un exposé des origines de l'Art, des qualités de l'artiste et des caractères de l'œuvre d'art, fera mieux comprendre comment ces deux définitions se corroborent mutuellement : « moyen de progrès », disonsnous, « puissance de coynmunication », affirme Tolstoï, c*est toujours la condition essentielle d'enseignejiient que nous allons retrouver à la base de tout art.

Un des premiers besoins de l'homme fut de se mettre à l'abri des intempéries du climat ; il dut se construire des habitations.

De cette nécessité est issue V Architecture, première manifestation tangible de l'esprit humain dans le domaine de l'Art.

L'appropriation à un usage spécial des parties de l'habitation donna naissance à la Sculptin^e. Confondue avec l'architecture au début, elle ne tarda pas à vivre de sa vie propre sous une forme plus définie : la statuaire.

La coloration nécessaire de certaines surfaces ou de certaines saillies du bâtiment engendra la Pei?iture, accessoire de l'architecture à l'origine, ainsi que le montrent ses formes les plus anciennes, la mosaïque, la fresque murale. Gomme la sculpture, la peinture acquitplus tard par le tableau une existence distincte.

Les sentiments d'admiration pour les héros ou pour les beautés naturelles donnèrent bientôt au langage son vêtement artistique, et la Littérature prit naissance, sous forme de poésie primitive ou de chant simple.

En même temps, ou peut-être un peu plus tard, le poète, obéissant au désir d'union inhérent à la nature humaine, voulut associer tout le peuple à ses pensées et le faire chanter avec lui Alors apparut le chant collectif, la monodie rythmée, origines de la Musique.

Telle paraît être la genèse primitive des cinq arts libéraux ; Architecture, Sculpture, Peinture, Littérature, Musique.

Mais l'état dans lequel nous venons d'examiner ces arts n'a trait qu'à Vutilité àtlSi vie ; pour les /zZ'erer de leur attache corporelle, il fallait un mobile plus élevé, le quid dimtium du poète, qui va nous faire assister à la transmutation de cet état utilitaire en état religieux. En effet, le principe de tout art libre est incontestablement la foi religieuse.

Sans la Foi, il n'est point d'Art.

C'est par la foi, et même, si Ton veut, par la religiosité que l'art

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