‹ Cours de composition musicaleChapitre 31 sur 119 · ERREURS DES PLAIN-CHANTISTES DU XVII» SIECLE · texte numérisé non relu

ERREURS DES PLAIN-CHANTISTES DU XVII» SIECLE

La coexistence de la notation neumatique avec la notation proportionnelle a persisté pendant plusieurs siècles : elle a eu pour effet de jeter la plus grande incertitude dans l'interprétation des documents musicaux

de cette époque.

L'enseignement du plain-chant au xvn" siècle a propagé certames erreurs, qu'on a beaucoup de peine à redresser, même de nos jours, et dont l'origine doit être attribuée à cette coexistence de deux modes de notation, employant les mêmes figures de notes avec des significations

différentes.

Lâvirga du plain-chant, par exemple (r), est simplement une note plus aiguë que \q puiictwn (■) qui la suit. N'ena-t-on pas fait bien souvent une note plus longue, à cause de sa similitude de forme avec la îoîiga CDde la notation proportionnelle ? Et inversement, n'a-t-on pas enseigné que le losa?ige du plain-chant (♦), simple forme accidentelle du punctu?n carré dans le dimacus ^1%), était une note rapide, le confondant en cela avec la semi-brève (♦) de la notation proportionnelle (i) ?

(i) Le lusaiige n'est, en effet, pas autre chose qu'un punctum, ou note descendante : dans le clxmacus seul cas où le pw^cfum affecte la forme losangée, cette modification déforme tient sans doute à ce que le copiste tournait légèrement la main de façon à tracer les deux notes descendantes d'un seul mouvement, oblique par rapport aux lignes de la portée.

LA NOTATION

Quoi qu'il en soit, les différents systèmes de notation proportionnelle noire ou blanche constituent rintermédiaire nécessaire entre les neumes du plain-chant et notre notation moderne ; et c'est à eux qu'on doit la décomposition définitive des syllabes neumatiques en notes isolées constituant notre alphabet musical.

Cette dernière évolution s'accomplit définitivement vers le xvn<= siècle, lors de l'apparition de la barre de mesure, qui relègue de plus en plus au second plan l'ancienne notation des neumes.

Telle est sommairement la genèse de notre notation musicale contemporaine, essentiellement modifiable et perfectible, comme le génie humain, dont elle est l'œuvre lente et progressive.

Page 1